L'Odyssée Mamelouke

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Publié le : lundi 1 janvier 0001
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EAN13 : 9782296144378
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L'ODYSSÉE MAMELOUKE
A L'OMBRE DES ARMÉES NAPOLÉONIENNES

Du même auteur
La société arménienne au XIX' siècle (1981). L'Arméno-Cilicie} le royaume oublié (1982). et chez le même éditeur: Les Arméniens au xX' siècle (1984).

Sous presse: Coutt4mes et traditions arméniennes. En préparation:
Les Hospitaliers.

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Béatrice KASBARIAN-BRICOUT

L'ODYSSEE

MAMELOUKE A L'OMBRE
DES ARMÉES NAPOLÉONIENNES

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

En couverture, Napoléon entouré de ses généraux et suivi de
son fidèle Roustam. (Photo

J. Bricout,

collection de l'auteur)

@ L'Harmattan, 1988 ISBN: 2-7384-0032-9

A Jacques QUI; durant de très longs mois, a accepté de vivre à l'ombre de l'épopée mamelouke.

Introduction

Bien que les faits historiques ne changent pas de « substance », l'Histoire a sa perspective qui se modifie avec le temps; on envisage les faits d'une autre manière, on les juge avec moins de passion... De plus, aujourd'hui, il est plus facile de parler des hommes et des choses de cette époque, sans craindre de heurter des passions trop vivaces ou de se heurter à des susceptibilités presque épidermiques. Tâcher de faire connaître ce passé de gloire, de panache, d'uniformes éclatants mais également d'uniformes en loques et sanglants, des lendemains victorieux mais aussi des lendemains tragiques... Raconter ce passé sans légende ou contre-légende, tel qu'il fut vécu, car cette période a non seulement marqué ses contemporains mais continue d'alimenter l'imagination des adolescents et même des adultes: peu ont échappé à la fascination exercée par le « Petit Caporal ». Pour permettre au lecteur peu versé dans l'histoire de cette époque mouvementée de mieux suivre le parcours de ces hommes valeureux, nous avons fait souvent de longs et d'abondants ajouts, et si, dans ce texte, il n'y a plus de place pour le mystère, c'est que nous avons voulu voir non seulement en ces hommes des êtres hors du commun mais également des hommes.

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Historique des mamelouks

Il nous faut, pour mieux comprendre ces hommes, aborder ici brièvement leur histoire. Le mot « mamelouk », traduit le plus souvent par esclave, vient du mot arabe «malak », signifiant posséder. Par extension le mot mamelouk deviendra synonyme d'esclave. En fait, le mot ne sera utilisé que pour désigner les esclaves destinés au métier des armes. Au xI" siècle, dès 1055, de riches tribus turcomanes venues d'Asie centrale prennent Bagdad, s'imposent aux califes de la dynastie abbasside, et fournissent à leur armée, moyennant finance, des jeunes gens enlevés lors de razzias, élevés à la dure, et « dressés» à l'attaque. Ces très jeunes soldats seront appréciés pour leur bravoure, et leur réputation parviendra jusqu'en Egypte, où règne la dynastie ayyoubide, incitant les Sultans du Caire à les demander comme gardes du corps. Leur seule exigence portera sur l'origine de ces jeunes gens: ils devront être originaires, par ordre de préférence, du Caucase, de Circassie ou des steppes méridionales de Russie. Très rapidement, l'effectif de ces gardes du corps atteindra un nombre considérable. Un acte de vente établi par un Khan mongol précise que: « [...] douze mille jeunes gens convertis de force à l'Islam iront grossir la ga~de personnelle du sultan ayyoubide [...] ». En 1198 un des fils de Saladin, Malik al Aziz, gouverne l'Egypte et au cours d'une tournée d'inspection meurt d'une chute de cheval. La garde mamelouke, alors déjà puissante, fait appel au frère du défunt Malik al Mdal qui, après deux ans de
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règne, sera chassé par son oncle ~

qui s'est donné pour

l'un de ses fils le gouvernement de l'Egypte. Au début du XIII'siècle, en 1227, les hordes de Gengis Khan, puis celles des Tatars-Mongols se débarrasseront de leurs esclaves en les vendant sur les marchés des villes orientales. Un très grand nombre de ces jeunes adolescents iront grossir le contingent des gardes du corps des Sultans égyptiens. En 1238 le sultan ayyoubide Al Kamil meurt; ses fils se disputent le trône et, après deux ans de luttes fratricides, Az Salih Ayyoub dépossédant son frère aîné prendra le pouvoir. Peu sûr de son entourage, le nouveau sultan formera une garde particulière - sélectionnant parmi les esclaves du contingent ceux qui lui paraissent les plus forts - et les cantonnera sur une petite île du delta, à Rodah près du Caire. Ces hommes prendront le nom de Baharites, soit Soldats du Fleuve. Cette milice turbulente et mal disciplinée prendra au fil des mois de plus en plus d'importance, et quelques années lui suffiront pour s'imposer au pays. En 1250, l'armée croisée sera capturée par les mamelouks d'Egypte; forts de cette éclatante victoire, ces hommes se débarrasseront du dernier descendant du fier Saladin, et le tombeau des Ayyoubides deviendra le berceau des Sultans mamelouks. Mais pour assurer leur pouvoir, les mamelouks devront combattre la dynastie ayyoubide qui règne en Syrie; ils mèneront campagne, et la victoire de Abbâra affirmera dès 1251 leur autorité sur l'Egypte pour deux siècles. Mais ce ne sera qu'en 1254 que le chef mamelouk Aïbeg épousera la veuve du dernier sultan ayyoubide, fondant ainsi la première dynastie mamelouke des Baharites. Trois ans plus tard il sera assassiné par sa femme, mais les Ayyoubides n'en seront pas gagnants pour autant, puisqu'en 1259, ce sera le mamelouk Qoutouz qui montera sur le trône vacant et s'emparera de la Syrie occupée par les Mongols. L'année suivante son esclave et ami préféré, le mamelouk Baîbars, mettra fin à son règne éphémère en l'assassinant. Durant dix-sept ans le cruel Baïbars dominera le Proche-Orient musulman. A sa mort, en 1277, il laissera un empire uni et centralisé, avec, pour seul appui, l'armée. Mais celle-ci est un redoutable instrument pour maintenir l'ordre dans l'Empire, et impressionner les autres Etats. Ce sera un des fidèles lieutenants de Baîbars, le mamelouk Kalaoun qui

mission de reconstituer l' empire de Saladin - et confiera à

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lui succédera, ne démentant jusqu'à sa mort ni la politique, ni la cruauté de son maître. A sa mort, en 1290, son fils Al Ashraf Khalil lui succédera, et, avec la prise de Saint Jean d'Acre l'année suivante, mettra le royaume franc de Syrie à genoux. Il sera tué deux ans plus tard par deux de ses émirs. Mais ceux-ci ne parviendront pas à s'entendre, faisant ainsi le jeu d'un curieux mamelouk, Melik Al-Mansour, qui, en 1296 montera sur le trône égyptien. Cet homme était un renégat, et qud renégat! Allemand de l'Ordre Teutonique, il troquera l'habit monastique contre la cotte de maille de la milice mamdouke. Sitôt enrôlé, il se convertira à l'Islam, et parvenu au sultanat, mettra à profit sa connaissance du pays - où l'Ordre Teutonique avait l'écoute des rois ciliciens - y envoyant de nombreuses troupes. Ses trophées comprendront un grand nombre de places fortes et villes d'Arméno-Cilicie. Ses incursions répétées affaibliront le royaume arménien - seule enclave chrétienne dans la région depuis la disparition des principautés et. comtés francs - et entraînera sa chute en 1375. Le roi sera emmené en captivité au Caire. Ainsi,. à quelques années d'intervalle, les Mamelouks d'Egypte auront enchaîné deux rois chrétiens: le roi de France, Saint Louis, et Léon VI de Lusignan, roi d'ArménoCilicie. Dix ans plus tard, un nouveau chef mamelouk Barkouk renversera le sultan, et fondera la dynastie Bordjite, du nom de la citadelle du Caire. Mais à l'Est, une puissance s'impose, et en 1453 le sultan Méhemet II assaille et enlève Constantinople, et menace sérieusement la dynastie régnant en Egypte. Ne parvenant pas à la soumettre, il composera avec, et ce ne sera qu'en 1516 que le sultan ottoman Sélim 1er battra, près d'Alger, les mamelouks du sultan égyptien Kansou, qui trouvera la mort peu de temps après à la bataille de Merj Dabek. Son successeur Touman Bey tentera dès son accession au trône en 1517 d'enrayer la progression de Sélini 1er,mais battu et capturé, il sera pendu; sa mort mettra fin à l'indépendance égyptienne. Devenue province ottomane l'Egypte sera administrée par un pacha désigné par Constantinople ; il en résultera une période de troubles que Soliman II tentera de combattre en dépêchant dans le pays en 1524 son vizir Ibrahim. Pour calmer les esprits, le vizir nommera des beys qui auront la responsabilité de certains secteurs, tout en demeurant sous la tutelle du pacha, donc de Constantinople. Mais l'éloignement de la province égyptienne entame fortement l'autorité du Sultan, qui se verra contraint de compter 12

avec la milice mamelouke qui aidée par les nombreuses rivalités intérieures agit en véritable féodalité militaire. En 1767, le mamelouk Ali, originaire des bords de la Mer Noire, se débarrassera de ses concurrents, rétablira l'ordre par la force et refusera de payer tribut au Sultan' de Constantinople. TIsera chassé par son gendre et mourra en exil en 1773. Au XVIII"siècle, l'Egypte, bien que charnière de l'axe Mrique-Asie, est considérée par l'Empire Ottoman comme une simple province ayant à sa tête un Pacha, nommé pour une période d'un an et révocable selon l'humeur sultanienne. Toutefois, le pacha a sous ses ordres 24 beys - qui assument les fonctions incombant aux préfets - ces derniers achètent des esclaves originaires, pour la plupart, du Caucase, et chrétiens de préférence, dont ils feront de parfaits cavalierscombattants. Ces hommes leur seront entièrement dévoués, et pourront accéder à leur tour, après avoir fait leurs preuves, à différents grades, et se voir promus, après avoir obtenu leur affranchissement, et si la chance les aide, au titre très envié de Bey. Mais cette promotion est rare car tributaire des places vacantes, et ces dernières ne le sont qu'exceptionnellement. Aussi les mamelouks se contenteront d'être «kâchef» (fonction cumulant les charges de lieutenant et de chef administratif) . Les beys convoitaient le pouvoir, et tous les moyens pour y accéder étaient utilisés: l'intrigue, la lutte franche, rarement utilisée, le poignard, le poison, etc. N'avaient-ils pas promulgué en loi politique l'homicide, pour éviter toute querelle à l'occasion de la succession au trône! Théoriquement les mamelouks étaient sous le commandement de 24 beys, mais en fait, seulement sous celui de Mourad Bey et d'Ibrahim Bey, le premier ayant le commandement de l'Armée, le second celui de l'Administration. Ce sera ce contexte politique que Bonaparte découvrira en 1798 lorsqu'il débarquera en Egypte. Mais il est nécessaire de préciser qu'à cette date, il existait un abîme profond entre les mamelouks des premières dynasties et ceux qui vivaient en cette fin du XVIII" siècle en Egypte... Un relâchement des mœurs chez les beys laissait prévoir le déclin de la toute-puissance mamelouke. Rappelons que ce fut sous le règne des sultans mamelouks que l'art des « moucharabiehs» fut à son apogée en Egypte ; parallèlement l'artisanat de serrures en bois se développait dans le pays. Ces serrures, inconnues en Occident, étaient composées de petits loquets de bois sculpté et de fil d'archal.

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Toujours sous leur règne, la verrerie émaillée .atteignit un tel degré de perfectionnement que les Cours européennes se l'arrachaient. L'Egypte, bien que gouvernée par des hommes sans passé militaire ou nobiliaire, était menée de mains de maître avec une énergie inégalée permettant au pays de vaincre les Croisés et les Etats chrétiens. Son prestige allait croissant, et ses troupes devenaient un rempart inviolable face aux hordes mongoles; les puissances la craignaient, composant avec, car son économie était exceptionnelle. Mais en 1517 l'Egypte sera intégrée à l'Empire Ottoman, et dès lors entrera dans l'ombre. Les mamelouks se recrutaient donc tous par voie d'achat, et généralement parmi les individus natifs de Transcaucasie: Arméniens, Circassiens, Géorgiens, Mingréliens. Lorsque ces races «privilégiées» faisaient défaut, les Musulmans se « rabattaient» sur des Polonais, des Russes, des Hongrois, et parfois même des Allemands. La valeur « marchande» des mamelouks oscillait entre quarante et cent cinquante piastres. Quoi qu'il en soit, si les premiers mamelouks furent « importés» par les Fatimides, ceux qui font ici l'objet de notre étude n'ont aucune racine avec eux. Ce sont des mamelouks de fraîche date, puisque les plus anciens ne vivent dans le pays que depuis une ou deux décennies. Leurs seuls points communs sont leur origine, leur conversation forcée à l'Islam et leur apprentissage particulier.

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,La vie des mamelouks au Caire

A l'occasion de fêtes religieuses telles les circoncisions « en série », le Ramadam, et le jour anniversaire de la naissance du Prophète, les beys organisaient des festivités exceptionnelles. C'est ainsi que se déroulaient devant la foule des tournois particuliers... Nullement empreints de l'élégance chevaleresque des tournois occidentaux puisque le vainqueur, le champion, n'obtenait le titre qu'après avoir endommagé irrémédiablement son adversaire; et si le coup n'était pas mortel, il écartait à jamais le perdant non seulement des jeux de l'arène, mais de la vie normale... Le mamelouk que l'on désignait pour cette lutte ne reculait devant aucun moyen pour enlever le titre; ignorant tout scrupule... il se devait de gagner ou bien mourir... car laissé vivant, handicapé à jamais, il n'aurait qu'une solution: mendier à la porte des mosquées et certains n'auraient même pas cette chance! Joutes humaines rappelant les combats de gladiateurs. Mais ces réjouissances barbares ne figuraient qu'au programme des grandes fêtes religieuses et celles-ci ne jalonnaient pas trop souvent le calendrier musulman. Dans le palais du Bey régnait une atmosphère de faste majestueux, atmosphère ouatée empreinte, aux yeux de l'étranger, d'une joie de vivre que nous appellerons la « dolce vita ». Mais celle-d était parfois bien éphémère et ce bonheur pouvait, si le bey en avait décidé ainsi, n'être qu'un feu de paille.. . La ligne de conduite des beys était régie par l'emploi de la force sans aucun garde-fou: ils suivaient en cela la ligne tracée 15

par les fondateurs de la dynastie mamelouke, soit une succession d'actes de terreur et de meurtres; ils se devaient d'entretenir un climat d'incertitude. ils récompensaient sans raison apparente un tout jeune mamelouk, l'accablant de bienfaits et pouvaient, si leur humeur changeait, le charger le lendemain de toutes les vilenies, entrainant punitions et

sévices.

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Le jour de leur arrivée en Egypte, les jeunes déracinés avaient le droit, si leur âge n'atteignait pas huit ans, d'aller où bon leur semblait dans les jardins du Palais, à condition toutefois d'avoir une attitude servile: garder la tête basse sans attarder les regards sur les choses et les gens. Ils devaient se familiariser avec les pratiques musulmanes autres que l'épreuve de la circoncision, c'est-à-dire réciter les cinq prières réglementaires, tournés vers La Mecque, s'abstenir de certains aliments et boissons, observer le jeûne du Ramadan, et demeurer silencieux devant le Maître. ils devront, dès qu'ils le pourront pratiquer l'aumône et se préparer longuement et sérieusement à accomplir le pèlerinage de La Mecque. Si le nouveau venu est au moins âgé de huit ans, il sera conduit auprès de l'homme de confiance du bey qui l'a acheté, généralement un eunuque, qui suivant tout un cérémonial, lui retirera ses vêtements de coupe européenne, pour le revêtir de la longue robe-gandoura aux larges manches retombant sur les mains. Ainsi habillé, le jeune esclave chaussera des babouches et apprendra à marcher, ou plus exactement à glisser avec, sur le marbre des couloirs. La nourriture, exceptées les dattes, qu'ils adoptèrent très facilement, leur était familière: légumes confits dans le vinaigre, oignons et concombres leur rappelaient la maison; mais ils avaient quelque peine à digérer le« dourah », sorte de pain fait de farine de maïs et de farine de fèves. Si les lentilles rouges, toujours cuites à l'eau, leur paraissaient quelque peu fades, ils pouvaient, certains jours, se rattraper sur la viande grillée. Leur boisson était selon la stricte observance de la loi coranique à base d'eau, agrémentée les jours fériés de jus de fruits. Lorsque les mamelouks avaient atteint l'âge « adulte », soit 16 ans, ils pouvaient se marier, après avoir obtenu l'autorisation du bey auquel ils appartenaient. Ils devaient se conformer à cet usage même s'ils avaient acheté leur liberté. Les mamelouks avaient le gîte et le coùvert, et percevaient une somme d'argent importante lorsqu'ils avaient subi avec succès toutes les épreuves exigées pour un futur mamelouk. 16

Cette somme, bien que rondelette, suffisait à peine à couvrir les dépenses que le jeune mamelouk devait assumer -: achat et entretien d'un cheval, harnachement et vêtements de parade, et si le jeune promu voulait être respecté par ses semblables, il devait pourvoir à l'entretien de deux « fellahs» égyptiens. Cette première somme dépensée, le mamelouk se contentait d'une rétribution infime, mais celui qui le souhaitait pouvait « se louer» à de riches autochtones, à condition, toutefois, que . le service auprès du bey qui l'avait acheté n'en souffre pas. Et, on s'en doute aisément, les exigences du bey étaient difficilement conciliables avec un travail extérieur; quoi qu'il en soit, certains mamelouks y parvenaient. Les mamelouks adultes pouvaient circuler librement dans la capitale égyptienne, ainsi que sur tout le territoire, mais en fait, le temps leur étant compté, ils ne pouvaient que très rarement sortir du Caire. La capitale comptait alors deux cent mille habitants, et Coptes, Grecs et Turcs s'y côtoyaient sans pour autant se mêler. TI va sans dire que si les douze mille cavaliers mamelouks du Caire obtenaient les faveurs des femmes égyptiennes, ils étaient considérés par les indigènes comme des étrangers.

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