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Le devoir de libération

De
104 pages
Lutter entend avant tout se libérer. Le droit de lutter se lit correctement comme le devoir de libération. Se libérer donc et d’abord de soi-même. Lutter contre les dogmes et les pratiques esclavagistes. Intérioriser l’exil contre (entre autres) le triple mythe du Blanc supérieur, du mobutisme salvateur, de l’Occident paradisiaque...Et choisir la liberté pour soi, l’indépendance véritable pour la nation, l’oecuménisme de l’humain pour l’homme tout court.
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LE DEVOIR DE LIBÉRATION Esclave, libère-toi toi-même

Collection Points de vue
BABU-ZALÉ : Le Congo de Lissouba, 246 p. NKAINFON PEFURA Samuel: Le Cameroun du multipartisme au multipartisme, 254 p.
OKALA Jean-Tobie: La décennie Biya au Cameroun

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De la grâce à la

disgrâce, 206 p. NSAFOU Gaspard: Congo de la démocratie à la démocrature, 268 p. ASSIÉ-LUMUMBA N'DRI Thérèse: Les Africaines dans la Politique - Femmes Baoulé de Côte-d'Ivoire, 208 p. MOUELLE KOMBI Narcisse: La politique étrangère du Cameroun, 238 p. ANTONIO AFRICANO Manuel: L'UNIT A et la 2ème gue rre angolaise, 284 p. SUANT Jacques: Afrique du Sud - du principe à la nécessité, 124 p. DIARRAH Cheikh Oumar : Le défi démocratique au Mali, 316 p. GUIS SOU Basile: Burkina Faso, un espoir en Afrique, 218 p. ADAMON AFIZE D. : Le renouveau démocratique au Bénin - La Conférence Nationale des Forces vives et la période de transition, 224 p.
TSHIONZA MATA T. Georges: Les médias au Zaïre

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S'aligner ou se

libérer ?, 256 p. KOUMOUE KOFFI Moïse: Politique économique et ajustement structurel en Côte d'Ivoire, 138 p. KOUMOUE KOFFI Moïse: Dévaluation et politique de développement économique en Côte d'Ivoire, 176 p. DIÉGOU BAILLY: La réinstauration du multipartisme en Côte
d'Ivoire

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ou la double

mort d'Houphouët-Boigny,

284 p.

COUBBA Ali : Le mal djiboutien - Rivalités ethniques et enjeux politiques, 172 p. ÉBOUASamuel: D'Ahidjo à Biya - Le changement au Cameroun, 224p KUOH Manga : Cameroun un nouveau départ, 160 p. KISSANGOU Ignace, Une Afrique, un espoir, 144 p. BEMBET Christian Gilbert, Congo: impostures "souveraines" et crimes "démocratiques ", 136 p. EMONGO Lomomba, L'esclavage moderne. Le droit de lutter, 128 p. @ L'harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-5669-3

Lomomba EMONGO

L'E DEVOIR DE LIBÉRATION

Esclave, libère-toi toi-même

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

DU MÊME AUTEUR
L'instant d'un soupir (roman), Prix Interalliance franco-zaïroise, Paris, Présence Africaine, 1989 La tradition comme articulation ambiguë (thèse de doctorat en Philosophie et Lettres), chez l'auteur, 1995 Le droit de lutter. L'esclavage moderne, Paris, L'Harmattan, 1997

EN PRÉPARATION
Lisière (roman)

Le pont des temps (poésies)

Aux ennemis des ennemis de la liberté!

SIGLES
CCG : Collège des Commissaires Généraux CNS : Conférence Nationale Souveraine EIC : État Indépendant du Congo MINUAR: Mission des Nations-Unies pour l'Assistance au Rwanda UDPS : Union pour la Démocratie et le Progrès Social US : Union Sacrée

AVANT-PROPOS
Il rentra à la maison. Bredouille une fois de plus! Comment faisait-il, celui qui venait de loin, pour attraper du gibier tous les jours dans ses propres forêts? Voilà ce que Nkoy ne comprenait pas... Quand il l'accueillit chez lui, il y avait quelque temps, Nkoy fasciné par le procédé de chasse de son hôte avait décidé d'abandonner l'ancien procédé, que lui avait légué ses ancêtres. Pourquoi se briser les reins à creuser des fosses profondes, alors qu'un pieu planté tout en bas faisait aussi bien l'affaire! Mais il avait beau imiter son hôte, Nkoy ne rapportait pratiquement plus rien à la maison. -Laisse-moi t'accompagner en forêt, supplia-t-il. De cette façon, je verrai comment tu t'y prends, toi. Ils partirent ensemble, Nkoy et celui qui venait de loin. Mais celui qui venait de loin cacha son jeu et Nkoy n'y vit que du feu. -Va maintenant, dit l'hôte à Nkoy, et essaie de mettre en pratique ce que je viens de t'enseigner. Nkoy s'en alla tout heureux, rêvant du festin qu'il allait pouvoir offrir, enfin, aux siens. Le jour suivant, tous les gibiers tombés dans ses pièges en étaient ressortis et il ne rapporta rien à la maison. Il n'y avait pas à dire, Nkoy se convainquit qu'il portait en lui une tare, qu'il n'était pas fait pour être .unbon chasseur, que celui qui venait de loin était de toute façon plus intelligent que lui et qu'il n'avait qu'à accepter les miettes de ses repas copieux. --C'est peut-être le destin, confirma celui qui venait de loin. -Tu dois avoir raison, opina le pauvre Nkoy. Et, depuis lors, Nkoy et les siens dépérissaient à vue d'oeil, au milieu de leurs forêts giboyeuses. Un matin, vint à passer Mboloko. Or, Mboloko et Nkoy étaient des parents par alliance, à cette époque. Or, aussi, Mbolo-

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ko s'était fait accompagner de Nkéma, ne voulant pas débarquer tout seul dans sa belle-famille... Alors, pourquoi Nkoy ne venait-il pas l'accueillir au coude du chemin, comme d'habitude? Aurait-il l'intention de lui faire honte devant son ami Nkéma ? Inquiet, Mboloko se dit que cela n'était pas normal et voulut en avoir le coeur net... -Attends-moi là, demanda-t-il à son compagnon. Il s'approcha sur la pointe des pieds, le cou tendu, les naseaux grand ouverts, l'oreille dressée au moindre bruit. On ne sait jamais! pensait-il. Tout était pourtant calme... --Qu'en penses-tu ?s'enquit-il auprès de son ami Nkéma, qui s'impatientait et ne comprenait pas cette façon qu'on avait chez Nkoy de recevoir un gendre. -Allons-y voir ça de plus près, proposa le fûté Nkéma. Ils trouvèrent Nkoy tellement faible qu'il n'eut même pas la force de se lever pour leur donner l'accolade! -Ainsi, celui qui vient de loin pille les forêts de mon beaupère, fait bombance sur ses ressources et lui, le puissant Nkoy que j'eus à craindre moi-même pendant si longtemps, il n'a que des miettes à glaner... --C'est peut-être le destin, se lamenta Nkoy, répétant la leçon apprise de la bouche de celui qui venait de loin. --C'est ce qu'on va voir! s'écria Mboloko, révolté et irrité de voir sa belle-famille en si piteux état. -Doucement, conseilla son ami Nkéma. Donnez-moi un jour et une nuit, ajouta-t-il, et j'en saurai peut-être davantage. Mboloko se moqua de Nkéma et s'enfonça lui-même dans la forêt. Mais jamais il ne ramena le moindre gibier à la maison...l

1 Et l'on raconte dans les veillées que cette histoire n'est pas encore finie, à ce jour...

INTRODUCTION
Devant la grande « fallacie » de la guerre froide, la haute trahison des dictateurs-ustensiles et la mascarade de démocratisation au Zaïre, s'impose la lutte comme, à la fois, une hérésie et une rébellion.2 Devant l'esclavage moderne du tiersmonde, la lutte doit être sublime; elle a ses ennemis premiers et panni les plus farouches dans celui qui est appelé à en devenir le héros, à savoir l'homme concerné, l'esclave moderne en tant qu'il est une victime complice. Mais il existe une illusion de la lutte, pire que l'esclavage: la débrouille! Alors que la lutte appelle le matin du renouveau, qu'elle se nourrit d'espérance, qu'elle refuse conformisme, contentement, accommodation des demi-solutions, etc. la débrouille est, elle, un siège installé dans l'à-peu-près quotidien. Elle se vautre dans la conjoncture qu'elle tente de se concilier. Elle cultive l'idée du bonheur dans des satisfactions et des joies révisées à la baisse. Elle démissionne globalement par rapport à l'avenir. Elle rétrécit I'horizon de la dignité humaine. La débrouille est, en fait, le rapport de survie qu'entretient l'homme avec son monde, un monde désenchanté qu'il ne combat plus pour le changer, mais qu'il s'efforce de se rendre moins rude en évitant d'avoir à l'affronter. En fin de compte, elle devient un rapport très spécial de l'esclave avec son propre esclavage. En effet, l'esclave trouve lui-même des justifications à sa propre condition inhumaine. Il n'a plus rien à reprocher aux esclavagistes et, s'il reconnaît encore quelque tort à quelqu'un, c'est bien à lui-même,. de ne pas savoir se débrouiller «comme

2 Voir EMONGO L., Le droit de lutter. L'esclavage L'Harmattan, 1997.

moderne, Paris,

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tout le monde ». Bref, il devient auto-esclavagiste et à son bonheur suffisent des miettes qu'il ne discute pas. La débrouille peut donc être plus meurtrière que la trahison délibérée des Seigneurs de la honte, en tant que procédé (pour l'essentiel) inconscient de collaboration active à son propre esclavage. C'est peut-être le point le plus bas de la condition humaine, où l'être humain oublie ou s'interdit de rêver, d'aspirer au supérieur, et s'efforce de coïncider sans plus avec ce qu'il accepte comme un destin irrévocable! En fait, la débrouille est la lutte ramenée aux combats pour la survie immédiate, mais non plus pour quelque idéal que ce soit. Ici s'impose la lutte portée à son ampleur plénière, en tant que lutte sublime! Et elle s'impose d'abord à l'esclave, frappant au coeur de la débrouille d'où elle dit à l'homme ainsi ravalé: esclave, libère-toi toi-même! Or, la lutte comme la débrouille a une histoire dans le cas spécifique du Zaïre; c'est l'histoire glorieuse des combattants de la liberté! Au départ, tout pouvoir politique a ses idéaux utopiques qu'il croit indépassables, ses terrains d'empoignade qu'il proclame légaux, ses clefs loyales et, surtout, ses coups bas qui constituent la plupart du temps son visage empirique, vrai. Le pouvoir politique est donc, à la fois, idéal et empirique; qu'il ne soit ou ne devienne qu'idéal ou rien qu'empirique est une distorsion, très fréquente hélas! Idéalement, la politique interne d'un pays doit viser l'intérêt supérieur de la nation à travers l'État qui en est garant. La légitimité des intérêts partisans des personnes ou des groupes de personnes ne devrait se confondre en aucune façon avec cet idéal national. Ils doivent y tendre, à travers les idéologies professées et devraient y participer effectivement, comme pouvoir légal ou comme opposition légale à ce pouvoir. Au Zaïre, il y a eu un État Indépendant du Congo (EIC), né de la victoire des conquérants étrangers sur nos ancêtres. Dans l'EIC, l'idéal national congolais relevait de la volonté triomphante du Roi Léopold II, tandis que l'intérêt supérieur du