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Le VocabulAIDE

De
721 pages
Ouvrage essentiel pour ceux qui veulent soigner et enrichir leur français écrit, Le VocabulAIDE permet de trouver et de repérer les anglicismes et les emplois influencés par l’anglais dans le lexique quotidien. Ce guide de référence aide à acquérir un vocabulaire approfondi et de le rapprocher de l’usage général du français.
Tous les mots et expressions sont présentés avec l’exemple d’une phrase authentique tirée des principaux journaux du pays, le mot anglais qui porte l’influence, des remarques et notes explicatives au sujet de l’emprunt et les équivalents en français général.
Le VocabulAIDE contient :
• Plus de 1200 mots et locutions influencés par l’anglais, courants au Québec, en Acadie, en Ontario et parfois aussi en Europe francophone
• Plus de 2000 attestations tirées des journaux et magazines canadiens et européens
• Plus de 8000 équivalents en français général
• Des centaines de notes explicatives et comparatives sur l’usage canadien et européen contemporain
• Un répertoire alphabétique de 350 faux anglicismes et usages en transition
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Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page i
MDLe VocabulAIDE
Influences de l’anglais
– vraies et prétendues –
et usages en transition
Pierre Cardinal
Avec la collaboration de Marie-Paule Laviolette-Chartrand
et le concours de
Christine Hébert et Christiane Melançon
Les Presses de l’Université d’OttawaVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page ii
MDLE VOCABULAIDE
Copyright © 2009, Pierre Cardinal
Tous droits réservés. La reproduction d’un extrait quelconque de ce livre, par
quelque procédé que ce soit, tant électronique que mécanique, en particulier par
photocopie et par microfilm, est interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.
LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA
Infographie: Roseau infographie inc.
Dépôt légal – 2009
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
Imprimé au CanadaVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page iii
Ce livre est dédié à mes ancêtres paternels Simon Cardinal et
sa femme Michelle Garnier, arrivés en Amérique il y a
exactement trois siècles et demi, en 1659. Avec quelques
centaines de leurs compatriotes, ils nous ont apporté du vieux
continent notre langue maternelle, le français, cet héritage
inestimable que nous avons façonné à notre image et à notre
ressemblance. Et aujourd’hui, en ce début de millénaire, nous
vivons dans l’espoir que nos enfants et leurs enfants auront la
volonté et la possibilité de continuer à l’enrichir et à le
transmettre aux générations à venir.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page ivVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page v
REMERCIEMENTS
MDCeux et celles qui ont contribué au VocabulAIDE – soit par leur soutien
(les collègues et les organismes subventionnaires), soit par leurs questions et
travaux ponctuels (les étudiants) – sont trop nombreux pour qu’ils puissent
tous être remerciés personnellement ici. D’autres par contre m’ont prêté leur
concours, à divers titres et à des degrés différents, et à deux moments distincts.
À l’étape du projet, en préparation du chantier de réalisation, j’ai pu
compter sur l’aide précieuse de Jacqueline Bossé-Andrieu, professeure à
l’Université d’Ottawa, de mes collègues de l’Université du Québec en Outaouais
Lucien Crustin, Alain Danik, Thierry Karsenty, Paul Longpré et des regrettés
Jean-Pierre Jousselin et Robert Vilain, ainsi que sur celle, efficace, des
assistants de recherche Gilles Bellerive, Stéphanie Demers, Jean-Philippe Doyon,
Dominique Guénette, Louise Hétu et Serge-Érik Thériault.
Pour le lancement des travaux et le début de leur réalisation, la
participation de Christine Hébert a été indispensable. Pour les mêmes étapes et le soutien
matériel de l’entreprise, le concours de ma collègue Christiane Melançon
a été précieux. J’ai aussi reçu l’aide efficace des assistants de recherche
Marylène Grenier, Éric Lyman et Andrée Proulx. Par la suite et pendant la
majeure partie du travail, Marie-Paule Laviolette-Chartrand a assumé
intégralement la responsabilité du traitement des données avec une intelligence, une
efficacité et une amabilité inimitables.
Marie-Paule Laviolette-Chartrand et Christiane Melançon ont
généreusement assumé la tâche de corriger les épreuves avec moi. Les conseils et les
interventions de l’éditeur Claude Charbonneau et de mon collègue Charles Le Blanc
ont été déterminants dans la parution de l’ouvrage. Et Richard Ouellette et
Sylvie Boisvert se sont vraiment dépassés pour sa composition graphique.
Je suis très sensible au fait que mes proches, en particulier mes enfants
ainsi que LM et CP, ont toujours encouragé et soutenu « ma passion
inépuisable» pour notre langue et sa variété nord-américaine. Qu’ils sachent tout ce
que je leur dois.
À vous tous, et à celles et ceux dont le nom aurait pu aussi figurer ici,
j’exprime ma plus humble et profonde gratitude.
Pierre Cardinal Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page viVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page vii
TABLE DES MATIÈRES
Présentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ix
Liste des journaux, revues et sites consultés et cités . . . . . . . . . . xxiii
MODE D’EMPLOI:
MDComment lire un article du VocabulAIDE . . . . . . . . . . . . . . . . . xxv
Abréviations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxxiii
Bibliographie essentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxxiv
MDLe VocabulAIDE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1-673
Répertoire alphabétique des faux anglicismes
et des usages en transition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 675-680Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page viiiVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page ix
PRÉSENTATION
Pour une nouvelle approche des influences lexicales de l’anglais
«L’anglicisme, voilà l’ennemi!» s’écrie en décembre 1879 le
journaliste Jules-Paul Tardivel à l’occasion d’une causerie qu’il prononçait à
Québec. Tardivel résumait ainsi le fond d’une tradition séculaire de lutte
acharnée, quasi-obsessive à la limite, et souvent menée sans que soit
faite la distinction essentielle entre les interférences (personnelles) et les
emprunts (collectifs) à l’anglais. Ces derniers ne constituent, en effet,
rien de plus qu’une sous-classe de mots et de locutions – nettement
minoritaires dans l’ensemble du lexique – qui se sont imposés dans l’usage
courant de notre communauté linguistique. Or, les mêmes causes – les
pressions universelles de l’anglais – entraînent les mêmes effets : un
nombre croissant de ces emprunts, d’abord faits par le français
canadien, finissent aussi par passer dans l’usage européen, comme on pourra
MDle constater dans plusieurs centaines d’articles du VocabulAIDE ,
articles illustrés par des exemples cités, et donc vérifiables. Malgré ces
faits de langue, ignorés sinon occultés par certains spécialistes de la
question, les emprunts à l’anglais passés ou en voie de passer dans
l’usage général du français continuent d’être critiqués ou condamnés,
souvent sans nuances ni explications, par les partisans d’une certaine
1conception de la norme .
Prenant pour ainsi dire le contre-pied de l’attitude de Tardivel, l’ouvrage
que vous tenez entre vos mains vous propose d’abord de tenter de
transformer les emprunts à l’anglais en alliés dans la longue lutte des locuteurs
et des locutrices d’ici pour enrichir leur vocabulaire en s’éloignant le
1 Un bon exemple de répertoire est le Grand Glossaire des anglicismes du Québec
(GGAQ) de Jean Forest, publié en 2008 chez Triptyque, à Montréal. L’ouvrage a
toutefois des retombées pédagogiques limitées, ne présentant ni exemples ni explications
des usages critiqués. De son côté, le Dictionnaire québécois français (DQF) de Lionel
Meney (Guérin, Montréal, 1999 et 2003), qui inclut tous les types de québécismes et
les accompagne d’exemples et, fréquemment, d’explications succinctes sur l’usage,
nous paraît novateur et très utile sur les plans à la fois descriptif et didactique.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page x
x
moins possible du français général. Cela, bien évidemment, en tenant
compte de leur situation de francophones nord-américains. L'ouvrage
devrait ainsi contribuer à améliorer la maîtrise du français et à développer
la compétence à l'écrit, que ce soit en milieu scolaire ou professionnel.
Il s’agit, en effet, d’opérer un changement radical dans la conception et
le traitement de ces mots et locutions propres – ou considérés comme
tels – au français québécois et canadien. D’écarts, d’erreurs, de fautes
dans la conception « fidéliste » de la norme, ils deviendraient ainsi de
simples moyens d’expression lexicaux influencés par l’anglais. D’où le
terme – plus objectif – proposé ici d’influence de l’anglais pour atténuer
les connotations dépréciatives qu’a prises chez nous la désignation
traditionnelle d’anglicisme, irrémédiablement entachée, chez le locuteur ou
2la locutrice moyenne, de négativité au mieux, et de culpabilité au pire .
Une fois négocié, ce virage idéologique aura, nous en sommes
convaincus, des effets thérapeutiques certains sur l’insécurité langagière qui
inhibe trop souvent les locuteurs et les locutrices québécois et canadiens.
Il contribuera ainsi, nous le souhaitons, à ramener un peu de sérénité, et
donc une plus grande objectivité, dans l’étude de ces moyens
d’expression critiqués.
Notre méthode pédagogique: sensibilisation et (in)formation, sans
culpabilisation
Nous n’avons évidemment pas pour ambition de « vider la question »,
mais plus modestement de contribuer, avec d’autres équipes déjà au
travail, à la renouveler qualitativement. Sur le modèle de certains
dic3tionnaires bilingues ou « bivariétaux », nous avons donc opté pour
une approche explicitement normative mais descriptive plutôt que
prescriptive. La différence essentielle entre les deux est que l’approche
2 Nous conformant à une tradition plus que centenaire, nous ne pourrons
malheureusement éviter d’avoir régulièrement recours au terme anglicisme. Mais nous
l’emploierons plutôt dans son sens descriptif de «mot d’origine anglaise», comme le
font d’ailleurs encore la plupart des dictionnaires européens du français.
3 Le dictionnaire bivariétal traite de deux variétés de la même langue, comme le font
le DQF et le GGAQ, déjà cités, pour le français québécois et le français européen.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xi
xi
descriptive présente, sans critiquer, ce qui s’écrit mais pourrait s’écrire
autrement (les lecteurs et les lectrices reçoivent l’information leur
permettant de faire librement des choix). L’approche prescriptive, quant à
elle, critique souvent ce qui s’écrit et tend à dicter ce qui devrait s’écrire
autrement (les lecteurs et les lectrices étant nettement «orientés» dans
leurs choix).
Notre but fondamental sera donc de fournir aux locuteurs et aux
locutrices d’ici le maximum d’information objective sur ce chapitre controversé
de notre lexique qu’est la description normative des influences lexicales
de l’anglais relevées depuis un peu plus d’un quart de siècle dans les
principaux médias francophones écrits du Canada.
Cela se fera en deux étapes:
La première étape vise à aider les locuteurs et les locutrices à prendre
conscience de la présence de certaines influences de l’anglais dans leur
usage personnel. En effet, comme le rappelait il y a quelques années la
lexicographe Marie-Éva de Villers (auteure du Multidictionnaire de la
langue française) en faisant état des résultats de sa recherche sur le
lexique des journalistes du quotidien Le Devoir de Montréal :
« Ces emprunts semblent résulter davantage d’interférences
entre le français et l’anglais que d’un choix conscient des
journalistes. En conséquence, il est permis de penser que le nombre
des emprunts à l’anglais critiqués […] diminuerait
notablement si les auteurs étaient informés à ce propos.», (Le Devoir,
5 janvier 2005, page A7).
Et de renchérir Jean-Francois Lisée, la même année et sur le même fait
de langue, mais en adoptant une approche un peu plus prescriptive cette
fois :
«[…] il faut agir avec tact et patience, et se fonder sur le fait que
nombre des fautifs ne demandent pas mieux que de s’amender.
La vérité est qu’une bonne partie des journalistes et animateurs
ont un stock d’erreurs de langage qu’ils répètent sans que jamais
personne les leur signale. » (L’actualité, 15 mars 2005, page 63).Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xii
xii
Cela explique le choix que nous avons fait, pour le présent ouvrage,
d’une méthode didactique «douce», qui cherche à informer et à former
sans culpabiliser.
La deuxième étape de notre travail consiste à illustrer en contextes les
mots et les locutions sélectionnés au moyen d’exemples authentiques
tirés des principaux médias écrits du pays. Nous expliquons ensuite ce
en quoi ces usages sont influencés par l’anglais, et nous fournissons le
maximum possible d’équivalents contextuels en français général. Suivent
des remarques explicatives sur l’usage contemporain et des
comparaisons avec le français européen, le tout visant essentiellement à aider les
locuteurs et les locutrices à enrichir, à diversifier et à nuancer leur
vocaMDbulaire. D’où le titre retenu de VocabulAIDE .
Les influences prétendues de l’anglais et les usages en transition
Un autre des objectifs du présent ouvrage est de débusquer un certain
nombre d’usages lexicaux traditionnellement considérés en français
canadien comme des influences de l’anglais mais qui, en fait, ne le
sont pas ou sont entrés dans les dictionnaires. En effet, comme l’écrit
Fredelin Leroux dans ses Mots de tête (page 99) :
«[…] j’en profite pour inviter les défenseurs de la langue […]
à ne pas se contenter de dépister les calques de l’anglais. Car
ils ont aussi le devoir – non moins important – de démasquer
les faux anglicismes. Après tout la liste des “vrais” est bien
assez longue. Inutile d’y ajouter. »
Cette mise à jour en matière d’influences de l’anglais constitue une
pre4mière sous la forme d’un dictionnaire sélectif . On trouvera donc dans
nos pages quelque 350 mots, locutions et leurs variantes (soit plus du
4 Voir un modèle différent du genre, sous forme de recueil de «Chroniques
impertinentes sur les tabous de notre langue» (sous-titre), les Mots de tête, de Fredelin Leroux
fils (Les Éditions David, Ottawa, 2002). On trouvera également de nombreux articles
de ce chroniqueur émérite dans L’Actualité langagière, revue trimestrielle publiée à
Ottawa par le Bureau de la traduction du Canada.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xiii
xiii
quart des unités traitées) considérés à tort comme des anglicismes en
français canadien:
soit parce qu’ils ne l’ont jamais été : ce sont des faux anglicismes (voir
par exemple les articles à l’année longue, collecter, de seconde main,
extension, privé, pulpe et papier, etc.);
soit que, bien que d’origine anglaise, ils doivent être maintenant
considérés comme des usages lexicaux en transition à la fois dans le temps
e e(entre le 20 et le 21 siècle) et dans l’espace (entre le français du Canada
et le français d’Europe). En effet, empruntés également par le français
européen, ils sont:
a) ou bien intégrés depuis un certain temps dans la langue courante,
et ils font maintenant partie de l’usage général du français. Ils
seront alors qualifiés d’usages contemporains (voir les articles
biaisé, croiser les doigts, encouru, patate chaude, senior (2),
timing, etc.) ;
b) ou ils sont en voie d’être intégrés. Ceux-là seront appelés
néologismes: (voir les articles agenda caché, capitaliser sur, compléter (2),
focusser sur, immature, momentum, plan B, sécure, etc.).
La liste complète de ces mots et locutions figure, en annexe du
MDVocabulAIDE , dans le Répertoire alphabétique des faux anglicismes
et des usages en transition (le Rafaut).
MDLe VocabulAIDE a donc aussi pour objectif essentiel de lutter contre la
désinformation que l’on trouve parfois dans certains dictionnaires,
glossaires et autres ouvrages de commentaires sur le français québécois
et canadien. En effet, on a trop souvent l’impression que leurs auteurs
se contentent – par manque d’information ou surtout, croyons-nous, par
refus plus ou moins conscient de reconnaître l’évolution de la langue
– de reprendre à leur compte les positions normatives de leurs
prédécesseurs sans s’assurer que celles-ci étaient fondées en leur temps ou
qu’elles le sont encore.
Dans une interview donnée au Soleil il y a quelques années sur la
qualité de la langue au Québec (et que le journal a intitulée « Le français ne
se dégrade pas, il change!», le lexicographe Lionel Meney a très
clairement résumé toute cette question en quelques lignes:Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xiv
xiv
« Il faut aussi prendre en compte la différence de génération.
La langue, comme la vie, est en perpétuelle évolution et
chaque génération a tendance à penser que celle qui la suit parle
une langue “abâtardie”. Si l’on acceptait cette idée, le français
se dégraderait depuis des siècles… En réalité, il ne se dégrade
pas: il change.» (Le Soleil, 6 décembre 2003, page D7).
Des objectifs réalistes de contribution à l’enrichissement lexical
Chercher à ralentir l’évolution de la langue en luttant contre l’emprunt,
ou même simplement s’imaginer pouvoir agir sur l’usage, c’est mener un
combat contre nature, et donc perdu d’avance. Par fidélisme idéologique,
et après bien d’autres, l’auteur de ces lignes a d’ailleurs très longtemps
cru à ce noble idéal : toutefois, après un contact prolongé et intense
(grâce, entre autres, à l’avènement des bases de données informatisées)
avec les textes médiatiques d’une bonne partie de la francophonie, en
particulier ceux du Canada francophone, il s’est vite amendé. En effet,
on constate rapidement que ce combat est une illusion pure et simple,
une espèce de baroud d’honneur incessant et donquichottesque contre un
« moulin à mots » – le lexique – dont les pales tournent inexorablement,
poussées par les vents constants des exigences de la communication
mise au service de la vie individuelle et de la vie commune.
D’autre part, si nous devons tenir compte de l’évolution de notre
situation dans le temps, nous ne pouvons non plus ignorer notre place dans
l’espace, à la fois sur les plans géographique et social. Dans la même
interview du Soleil, Lionel Meney rappelle aussi une vérité
incontournable à propos de notre variété nationale de la langue transnationale
qu’est le français :
« Il faut enfin considérer la différence de société. La langue est
faite pour exprimer les besoins de communication des membres
d’une société donnée. La société québécoise a des spécificités
par rapport aux sociétés française, belge, suisse, etc. Il faut
donc reconnaître qu’il y a des différences non seulement
légitimes, mais aussi nécessaires.»Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xv
xv
À côté de ces différences lexicales légitimes et nécessaires dont parle
Lionel Meney, on trouve en français canadien un bon nombre d’usages
lexicaux influencés par l’anglais. C’est ceux-là qu’on appelle
couramment anglicismes et qu’on critique depuis toujours : ils constituent la
MDmatière de près des trois-quarts du VocabulAIDE . La position
traditionnelle à leur égard estime que la plupart d’entre eux font double
emploi et que, à ce titre, on doit les considérer comme fautifs et
superflus, et donc les écarter sans hésitation. Malheureusement cette position
classique manque souvent de nuance quand elle n’est pas carrément
erronée, comme on le verra dans nos nombreux commentaires sur
l’usage (sous la rubrique remarque, signalée dans les articles par un
petit crayon). Elle passe surtout à côté d’une magnifique « opportunité »
de faire de l’étude traditionnellement négative des influences de l’anglais
un formidable outil pédagogique positif. C’est donc cela que propose
MDLe VocabulAIDE : transformer une sélection d’un peu plus d’un millier
d’influences de l’anglais en autant d’outils individuels d’enrichissement
lexical.
L’enrichissement lexical possible et souhaitable que nous proposons se
ferait d’abord sur le plan personnel puis, dans un deuxième temps, sur le
plan collectif par l’intermédiaire de l’école et surtout des médias. Il faut
reconnaître d’ailleurs qu’il s’agit là souvent de l’objectif, avoué ou non,
5de tous ceux qui, depuis toujours, se sont lancés dans la redoutable
aventure dictionnairique, quelles que soient la nature et les ambitions
de leur projet. Toutefois, au nom d’un réalisme se fondant sur la lucidité
et l’humilité que les lois de la vie imposent, il faut ramener à de justes
proportions les ambitions des lexicographes et la portée effective de
leurs entreprises. En effet, il nous semble y avoir en matière d’usage
linguistique deux réalités incontournables qu’il ne faut jamais oublier
sous peine d’amère déception. Sous le nom un peu prétentieux de
5 À ceux et celles qui douteraient de la pertinence du mot redoutable ici, qu’il suffise
de rappeler deux données parfois connues des gens du métier:
– malgré l’avènement de l’informatique, la durée moyenne d’un gros chantier
dictionnairique (pour un dictionnaire général, par exemple) n’a été ramenée que de 25 à
14 ans;
– 90% des projets de dictionnaires avorteraient avant leur réalisation. Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xvi
xvi
6Loi universelle du comportement linguistique normal , je résumerais la
première ainsi:
«On ne peut pas passer sa vie à se corriger.»
Cette loi nous paraît particulièrement pertinente quand on se rappelle
les attentes normatives, pas toujours réalistes, que certains locuteurs et
locutrices d’ici s’imposent ou se sont souvent laissé imposer, en matière
de correction langagière. Mais si cette première loi du comportement
langagier – et humain ! – ne parvenait pas à convaincre les incrédules,
7on pourrait leur en rappeler une deuxième, énoncée celle-là par le
eréputé grammairien belge du 20 siècle, Maurice Grevisse (auteur du
Bon usage):
« L’usage, c’est-à-dire une langue qui vit, […] a une autorité
souveraine; on peut dire que l’usage a toujours raison, même
quand il a tort.»
Pour clore cette réflexion sur un ton qui plaira sûrement aux
volontaristes de la langue (et au nombre desquels nous nous comptons),
nous rappellerons également aux lecteurs et aux lectrices de ces lignes
el’aphorisme attribué à un sage du 17 siècle, l’éducateur espagnol
Baltazar Gracian :
«Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de
réussir pour persévérer.»
En effet, ces paroles nous semblent expliquer en bonne partie pourquoi
les êtres humains ont toujours osé s’aventurer dans des entreprises à
l’issue périlleuse ou incertaine, comme celle de faire naître, survivre,
vivre et s’épanouir, de façon originale et dans la fidélité idéologique
à ses origines, une minuscule mais vaillante communauté humaine de
langue française dans un continent dominé par l’anglais. En fait, le vrai
6 L’auteur a énoncé cette loi, il y a un certain nombre d’années, à la suite d’une
discussion particulièrement inspirante avec un de ses anciens maîtres de l’Université Laval
à l’occasion d’un colloque scientifique.
7 Au cours d’une interview journalistique.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xvii
xvii
sujet d’étonnement à propos des francophones du nord de l’Amérique,
ce ne devrait pas être qu’il y ait tellement d’influences de l’anglais dans
leur français, mais qu’il y en a relativement si peu, surtout dans leur
8langue écrite publique , même si on est évidemment encore loin de les
avoir toutes débusquées et décrites objectivement.
La notion de français canadien écrit
En français canadien parlé, on sait que la variation régionale est souvent
nettement marquée (par l’accent et le vocabulaire surtout), d’abord
à l’intérieur du Québec, puis entre celui-ci et l’Acadie d’une part, et
l’Ontario et l’Ouest francophones de l’autre. Or, la fréquentation
assidue des journaux de ces trois zones géographiques du français canadien
ne nous a pas permis (dans les limites de notre étude) de constater des
différences significatives entre elles par rapport aux influences lexicales
de l’anglais, sauf évidemment dans les références aux réalités
culturelles, économiques, politiques, etc., locales ou régionales. Ici aussi,
les mêmes causes – les pressions de l’anglais – entraînent les mêmes
effets. On retrouve donc hors Québec, dans le français médiatique écrit,
une bonne partie des mêmes influences lexicales de l’anglais qu’au
8 Jean Forest (déjà cité) avance le chiffre de 10 000 pour les seuls anglicismes et
reconnaît (page 15) que sa nomenclature est incomplète. Mais son Glossaire traite
autant de langue parlée que de langue écrite, et il inclut les registres familier et
populaire, urbain et rural, ainsi que des usages contemporains et d’autres qui sont vieillis,
ce qui a pour effet de gonfler considérablement sa nomenclature. Par contre, dans son
étude sur le lexique propre au Devoir (dont nous avons déjà cité plus haut le résumé
journalistique), Marie-Éva de Villers ne relève en tout que 3 194 québécismes (mots
et expressions) écrits, dont seulement 415, ou 13 %, sont des emprunts à l’anglais.
Comme on pourra le constater en consultant Le VocabulAIDE, nos corpus
(collections de textes), représentatifs de l’ensemble des médias écrits du Canada francophone
depuis 1980, révèlent toutefois un nombre total d’influences lexicales de l’anglais bien
supérieur aux 415 de Marie-Éva de Villers, peut-être parce que son étude se limite au
seul journal Le Devoir. Notre propre nomenclature, sélective, aurait pu aussi en
comprendre beaucoup plus, sans compter toutes celles, parfois subtiles, que le DQF,
le GGAQ et le Multidictionnaire (déjà cités), pour ne nommer que ces ouvrages, nous
ont fait connaître. Et sans oublier celles que le futur Dictionnaire usuel du français
standard en usage au Québec nous permettra de découvrir. Comme on le voit, ce
dossier, riche et complexe, est loin d’être clos.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xviii
xviii
Québec. C’est ce qui explique que nous ayons inclus dans notre corpus
les quotidiens Le Droit, pour l’Ontario, et L’Acadie Nouvelle, pour le
Nouveau-Brunswick, province où vivent la majorité des Acadiens du
pays.
L’homogénéité relative du français « pancanadien » médiatique écrit
s’explique vraisemblablement par des facteurs permettant à l’usage
québécois d’imposer sa norme à l’ensemble de la communauté
linguistique : majorité écrasante du nombre de journalistes québécois, influence
centralisatrice du français «radiocanadien», longtemps essentiellement
montréalais, recours quotidien aux dépêches et aux textes de l’unique
agence de presse «nationale» (la Presse canadienne), etc.
Cela dit, nos nombreuses incursions ponctuelles, depuis plus d’un quart
de siècle, dans les meilleurs journaux d’ici et de l’Europe francophone
nous ont convaincu d’un fait qui explique peut-être en partie
l’homogénéité relative de notre lexique médiatique écrit: malgré notre volonté
collective explicite – et idéologiquement louable – de rester fidèles aux
normes du français général écrit, il s’est développé un « style »
médiatique québécois ou canadien écrit assez caractérisé. Selon nous, en général
ce style se « sent» subjectivement à la lecture comparée attentive, mais
ses traits autres que lexicaux (ces derniers étant souvent mais pas toujours
évidents) n’ont pas encore fait l’objet d’une étude objective détaillée. Son
analyse qualitative et quantitative globale reste donc à faire, et l’étude
comparative (déjà citée) de Marie-Éva de Villers sur le lexique du Devoir
et du Monde est une excellente initiative à imiter.
La langue des journaux comme modèle de l’usage lexical écrit
Beaucoup de locuteurs et de locutrices sont encore convaincus que
l’usage lexical général a toujours eu, et doit donc continuer à avoir pour
modèle la langue des écrivains et des écrivaines. Cela donnerait à ces
derniers le droit, entres autres, de rejeter certains mots et sens et celui
d’en créer de nouveaux, droit qui n’est évidemment pas reconnu au
locuteur ou à la locutrice moyenne. Or, comme nous le rappellent les
lexicographes Jean Pruvost et Jean-François Sableyrolles :Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xix
xix
« Cette dernière opinion très répandue ne correspond
cependant guère aux réalités des évolutions du lexique au cours des
siècles passés. Le rôle des masses parlantes était en effet
déterminant, plus que maintenant où ce sont plutôt les médias qui
9sont les maîtres de l’usage .»
Nous sommes évidemment en accord total avec cette dernière
affirmation, et nous ne doutons pas non plus qu’elle rallierait l’opinion
majoritaire des linguistes et des lexicographes contemporains. On ne
MDsera donc pas étonné que Le VocabulAIDE se fonde sur la langue des
journaux pour décrire une partie de l’usage lexical écrit du français
canadien, celle des influences de l’anglais.
L’usage décrit à partir d’une collection de textes médiatiques
contemporains
Il existe une autre conviction chez les lexicographes contemporains. De
nos jours, on ne travaille plus à la description du lexique sans s’appuyer
au moins partiellement sur une collection – un corpus – d’exemples
authentiques puisés essentiellement, mais pas toujours exclusivement,
dans les textes médiatiques émanant de la communauté linguistique
étudiée. On a en effet tendance à oublier deux réalités incontournables :
que les lexicographes sont aussi des locuteurs et des locutrices natifs
ou des experts de la ou des langues sur lesquelles ils travaillent et qu’à
ce titre ils ont inévitablement sur leur objet de recherche des opinions
acquises et des intuitions forcément subjectives. Or, pour faire œuvre
scientifique, il est absolument essentiel de confirmer ou d’infirmer
ces opinions et intuitions afin d’avoir une vue relativement objective
du lexique décrit. L’outil indispensable pour parvenir à ce maximum
d’objectivité est le corpus. Tous les mots et locutions faisant l’objet
MDd’un article du VocabulAIDE – sa nomenclature – ainsi que tous les
exemples soigneusement sélectionnés pour les illustrer ont donc été tirés
de corpus de textes médiatiques canadiens et européens. Nos exemples
médiatiques authentiques et l’exploitation dictionnairique que nous en
faisons proviennent essentiellement de deux sources. La majeure partie
9 Dans Les néologismes, Paris, Presses Universitaires de France, 2003, page 75.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xx
xx
10des exemples cités est tirée de la base de données Euréka pour les
textes journalistiques datant de la fin des années 1980 jusqu’à 2008
inclusivement. Une autre partie des données portant sur les textes
journalistiques des années 1980 et 1990 a été fournie par le Corpus des
11usages médiatiques écrits du Québec . De plus, nous avons, au besoin,
régulièrement complété nos recherches documentaires par un recours
prudent mais souvent très convaincant aux cybertextes – journalistiques
ou autres – de la francophonie. Ces « excursions » ponctuelles hors
corpus visaient à vérifier, confirmer ou infirmer, comparer et, à
l’occasion, quantifier certaines des données trouvées. Ils ont parfois exigé du
temps, mais ils nous ont aussi révélé des données et des faits de langue
courants mais introuvables ou en nombre trop limité dans les bases de
données médiatiques. Ils nous ont ainsi beaucoup aidé à tirer avec plus
de conviction des conclusions prudentes mais novatrices sur les usages
lexicaux contemporains. On trouvera à la fin de cette présentation la
liste complète de même que la répartition régionale et internationale des
MDpublications médiatiques exploitées par Le VocabulAIDE .
L’époque couverte par nos deux corpus, les 29 ans s’étendant de 1980 à
2008, représente (à une année près) une génération complète dans la vie
de notre langue et de ses locuteurs et locutrices. Cette tranche historique
est donc à la fois assez brève et récente pour être parfaitement
représentative de l’usage linguistique contemporain, tout en étant suffisamment
longue pour avoir fait subir l’épreuve du temps aux mots et locutions
MDtraités dans Le VocabulAIDE . Un premier exemple médiatique de 1982
sera donc tout aussi valable pour illustrer un mot contemporain qu’un
deuxième de 2007, un quart de siècle plus tard. Sa présence fréquente
dans le corpus de référence montrera que ce mot, courant en 1982, est
10 Élaboré à Montréal par Cédrom-SNI. D’après cette société commerciale, Euréka
donne un accès brut à des articles de presse intégraux totalisant (fin 2008) environ
12 milliards d’occurrences (de mots avec leurs répétitions) dans une trentaine de
quotidiens et périodiques d’information des pays francophones.
11 Nomenclature d’un échantillon sélectif d’environ 2000 québécismes et
canadianismes lexicaux, en minorité influencés par l’anglais, et illustrés individuellement par
un corpus de quelque 6000 citations journalistiques. Travail inédit élaboré à l’Université
du Québec en Outaouais dans les années 1980 et 1990.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxi
xxi
toujours employé couramment en 2007, prouvant ainsi qu’il ne s’agit
pas d’un emploi éphémère, d’une espèce d’étoile filante du lexique,
mais bien d’un représentant stable de l’usage contemporain.
Une nomenclature sélective de mots et locutions surtout abstraits
Nous avons expliqué plus haut que notre ouvrage a pour objectif
essentiel de contribuer au renouvellement du traitement des influences de
l’anglais en les abordant sous l’angle pédagogique de la description
normative « douce » assortie de notes explicatives et comparatives sur
l’usage lexical contemporain en français canadien et européen. Cet
objectif qualitatif n’exige évidemment pas un ouvrage
quantitativement exhaustif et nous semble donc justifier pleinement la méthode
sélective que nous avons retenue pour notre nomenclature.
La présente étude des influences lexicales de l’anglais en français
canadien médiatique écrit privilégie également les mots et les locutions tirés
de la langue abstraite. Les emplois concrets n’ont pas pour autant été
ignorés, non plus que ceux – souvent familiers – de la langue parlée
qu’on trouve couramment dans les citations des journaux
contemporains. Ils sont toutefois nettement minoritaires, comme on le verra en
parcourant la nomenclature, leur traitement ayant souvent été privilégié
par d’autres ouvrages. Le nombre de mots et de locutions traités
directement ou indirectement se monte à un millier d’unités, et à quelque 1200
en incluant leurs variantes, le tout réparti entre environ 750 articles.
Nous avons également cru utile d’intégrer, simplement à titre
d’exemples, une dizaine d’entrées traitant de microconstructions syntaxiques à
zone variable; ces constructions courantes sont habituellement
mémorisées par les locuteurs et les locutrices comme des unités lexicales
complexes. [Voir les articles: à être + infinitif passif, adjectif possessif
+ nom, comme + participe passé, en retard (être/arriver/partir, etc.)
etc.]. Chacune d’entre elles est marquée explicitement comme
construction syntaxique et sera facilement identifiée sous la vedette de son
article.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxiiVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxiii
LISTE DES JOURNAUX, REVUES et SITES
consultés et cités
Sources canadiennes Sources européennes
a) québécoises: a) françaises:
• Affaires Plus • L’Express
• Châtelaine • l’Humanité
• Commerce • l’Humanité.fr
• Gestion • La Croix
• L’actualité • Le Courrier international
• La Presse • Le Figaro
• La Tribune • Le Monde
• La Voix de l’Est • Le Monde.fr
• Le Devoir • Le Monde diplomatique
• Le Journal de Montréal • Le Nouvel Observateur
• Le Nouvelliste • Le Point
• Le Quotidien • Les Échos
• Le Soleil • Libération
• Les Affaires • Site de france3.fr
• LesAffaires.com
• Nous b) belge:
• Perspectives • Le Soir
• PME
• Protégez-vous c) suisse:
• Site de (la ville de) Québec • Le Temps
• Voir
b) acadienne:
• L’Acadie Nouvelle
c) ontarienne:
• Le Droit Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxivVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxv
MODE D’EMPLOI:
MDComment lire un article du VocabulAIDE
Nous avons choisi comme exemple témoin l’article développement et
l’avons divisé en 9 de ses éléments essentiels numérotés de 1 à 9. À
chacun de ces éléments correspond l’une des 9 explications jumelées
qui suivent, également numérotées de 1 à 9.
(1) développement
(2) nom masculin
(3) « Intrawest n’est pas (4) intéressée* à acquérir le
Mont Saint-Anne […] selon lui, le développement d’un
centre de villégiature de calibre international nécessite
la combinaison de différents facteurs qui peuvent
difficilement être réunis dans le cas du Mont Sainte-Anne.»
(5) (Le Soleil, 6 octobre 1993)
‚ (6) Sous l’influence originelle de l’anglais development
„ (7) Équivalents en français général: aménagement, construction,
mise en valeur, exploitation, mise en exploitation ; (8) (usage
contemporain) développement
. (9) De nos jours, développement s’emploie aussi en français
général, à la fois sous l’influence de l’anglais et par solution de facilité
(mot passe-partout).
EXPLICATION DES ÉLÉMENTS (1) À (9):
(1) Entrée (aussi appelée vedette) de l’article en français canadien.
Dans les cas où l’entrée est composée de plusieurs mots (cas des
noms composés et des locutions diverses, dans lesquelles nousVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxvi
xxvi
incluons les suites de mots habituelles, stables, appelées
techniquement collocations), on trouvera deux présentations possibles:
a) si le premier mot ou tous les mots de la locution sont
influencés (véritablement ou prétendument) par l’anglais, la locution
est présentée dans son ordre normal.
Ex. : aviseur légal, bénéfices marginaux, bleus de février,
briser un record, changer un chèque, dépendamment où/
que/si, espace à/de bureaux, nez à nez, retourner un appel,
sous prescription, etc.
b) si un seul des mots de la locution est influencé par l’anglais,
c’est normalement celui-ci qui est en vedette.
Ex.: burn out (avoir/faire un ~), chauds (comme des petits
pains ~), emploi (à l’~ de), fiscale (année ~), ligne (en ~),
matin (aux petites heures du ~), opération (coûts/déficit/
frais d’~), référence (en ~ à); rester (être là/ici pour ~), rue/
avenue/boulevard (omission des mots ~ dans les odonymes),
telle chose que (il y a/il existe une ~), etc.
Pour faciliter le repérage de ce type d’entrées « désordonnées »,
nous avons ajouté pour chacune d’elles une entrée de renvoi à
l’ordre alphabétique normal.
Ex.: faire un burn-out cf. burn-out, burn out (avoir/faire un ~,
être en ~) ; coûts cf. opération (coûts/déficit/frais d’~) ; il existe
une telle chose que cf. telle chose que (il y a/il existe une ~), etc.
Les variantes orthographiques, formelles ou lexicales (contextuelles)
des mots et des locutions traités figurent aussi dans la vedette des
articles.
Ex. : budgéter/budgétiser ; capitaliser sur/se faire du capital
politique avec ; e.mail, e mail, e-mail, email ; focus(s)er (sur),
se focus(s)er (sur), mettre le focus sur; magasinage (sac de/(plus
rarement) à ~) ; projet, projet
résidentiel/domiciliaire/immobilier ; référence (centre/service de ~); revamper, se revamper ;
servir un avertissement/un ultimatum à; sollicitation,
télésollicitation ; tabletter, mettre/placer sur la/une tablette, etc.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxvii
xxvii
Comme le font parfois de nombreux dictionnaires, pour éviter un
grand nombre de répétitions dans les entrées, nous employons la
barre oblique (/) et le tilde (~). Par exemple, dans le paragraphe
précédent, projet résidentiel/domiciliaire/immobilier doit se lire
comme s’il était écrit au long : projet résidentiel, projet
domiciliaire, projet immobilier en répétant le mot projet chaque fois.
De même référence (centre/service de ~) doit se lire comme s’il
était écrit au long centre de référence, service de référence. On
trouvera aussi ces raccourcis de présentation dans les équivalents
en français général (numéro 7 plus bas).
(2) Catégorie grammaticale du mot ou de la locution (véritablement
ou prétendument) influencés par l’anglais.
Noter qu’il s’agit de la catégorie en français canadien, et que
celleci peut être différente de celle du français général. Par exemple,
sous l’influence de l’anglais a fee, le nom (un) frais s’emploie
fréquemment au singulier en français canadien, et sera donc marqué
nom masculin singulier à son entrée alors qu’il ne s’emploie qu’au
pluriel en français général. De même, sous l’influence de l’anglais,
le verbe contribuer est couramment transitif direct en français
canadien, et sera donc marqué verbe transitif direct, alors qu’il est
transitif indirect en français général.
Noter également que les locutions verbales sont analysées
globalement, comme si elles étaient des verbes simples. Par exemple, la
locution verbo-nominale citron (acheter/se faire passer/tomber
sur un ~) est marquée locution verbale intransitive parce que,
comme suite de mots constituant une unité de sens globale, elle est
l’équivalent des verbes pronominaux « se faire rouler, se faire
avoir ».
MDNote: Le public qui consultera Le VocabulAIDE sera constitué
vraisemblablement en très grande majorité d’adultes habitués à la
terminologie de la grammaire traditionnelle plutôt qu’à celle de la
nouvelle grammaire pédagogique. Imitant ainsi les dictionnaires de
langue, nous avons donc recours aux catégories grammaticales
traditionnelles.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxviii
xxviii
(3) Exemple(s) illustrant le mot ou la locution traitée dans l’article, et
(5) source (nom du média et date) de la citation. Les exemples sont
évidemment cités textuellement. Quand une partie de l’exemple
cité est omise (parce que jugée non nécessaire à sa compréhension),
elle est remplacée par trois points de suspension entre crochets :
[…]. Les exemples cités visent évidemment à présenter les mots et
locutions traités dans de «vrais» contextes médiatiques exprimant
de « vraies » situations de la vie courante. Ils servent aussi à nous
rappeler, au besoin, que les influences de l’anglais traités ici sont
pour la locutrice ou le locuteur moyen des emplois banals, usuels
et, à ce titre, parfaitement intégrés à l’usage courant du français
canadien écrit, y compris à celui des journalistes. Ils passeraient
donc inaperçus aux yeux de la plupart des lecteurs et des lectrices
s’ils n’étaient pas présentés en caractère gras. Voila pourquoi notre
projet pédagogique, expliqué dans la Présentation, vise à faire de
chacun d’entre eux un outil d’enrichissement plutôt que de
redressement lexical.
(4) L’astérisque simple ou double dans les exemples. Il signale un
usage lexical propre – ou prétendu tel – au français canadien, mais
différent de celui qui est traité en vedette de l’article où il se trouve.
Il s’agit d’un système de renvoi simple permettant d’élargir
considérablement l’utilité de l’ouvrage en multipliant d’autant les
possibilités d’apprentissage ou d’enrichissement lexical.
L’astérisque simple (*) signale un usage lexical, mot ou locution,
(véritablement ou prétendument) influencé par l’anglais en
français canadien. C’est le cas d’intéressée* à, à la première ligne de la
citation du journal Le Soleil, 6 octobre 1993, dans l’article
développement donné en exemple ici.
L’astérisque double (**) signale un usage lexical propre – ou
prétendu tel – au français canadien mais non influencé par l’anglais.
C’est le cas du mot (la) polyvalente**, à la deuxième ligne de la
deuxième citation (Le Soleil, 16 novembre 2001) de l’article
accréMDdité du VocabulAIDE .Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxix
xxix
Certains des usages astérisqués dans les exemples cités font l’objet
MDd’un article ailleurs dans Le VocabulAIDE : c’est le cas de
intéressée* à, dans notre exemple témoin. Par contre, pour les raisons
expliquées dans notre Présentation, d’autres ne sont pas traités
MDailleurs dans Le VocabulAIDE : c’est le cas par exemple de
administration*, à la première ligne de la deuxième citation de l’article
citron (acheter/se faire passer/tomber sur un ~), (La Presse,
27 avril 2007). Les lecteurs et les lectrices qui souhaiteraient
approfondir leur recherche pourront dans ce cas consulter en priorité l’un
ou l’autre des trois titres suivants déjà signalés : le Dictionnaire
québécois français (DQF), le Grand Glossaire des anglicismes du
Québec (GGAQ), et le Multidictionnaire de la langue française (le
Multi). À notre avis, le DQF, qui traite exclusivement et le plus
exhaustivement de ces deux types d’usages lexicaux, est l’ouvrage
dans lequel les lecteurs et les lectrices trouveront le plus souvent
réponses à leurs questions. (Le DQF explique succinctement mais
clairement en quoi l’un de nos emplois d’administration, par
exemple, serait influencé par l’anglais).
Les mots et locutions considérés à notre avis à tort (par des
commentateurs d’ici) comme des usages canadiens ne sont pas astérisqués
dans les exemples cités s’ils ne font pas l’objet d’un article dans
MDLe VocabulAIDE . Dans l’article développement donné en
exemple ici, c’est le cas de calibre, à la troisième ligne de l’exemple cité
(Le Soleil, 6 octobre 1993), maintenant employé couramment dans
les médias francophones écrits de partout.
(6) Origine anglaise des usages lexicaux traités. Par rapport à celle-ci,
le statut des emprunts à l’anglais se ramène à trois types signalés
de la façon suivante:
1. Sous l’influence de l’anglais signale un mot ou une locution
dont l’usage est traditionnellement critiqué comme emprunt
abusif – c’est l’anglicisme classique – en français canadien.
C’est le cas de près des trois-quarts des emplois traités dans
MDLe VocabulAIDE .Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxx
xxx
2. Sous l’influence prétendue de l’anglais signale un faux
anglicisme, c’est-à-dire un mot ou une locution traditionnellement
critiqué à tort comme emprunt abusif en français canadien.
Voir par exemple les articles à l’année longue, collecter, de
seconde main, extension, privé, pulpe et papier, etc.
3. Sous l’influence originelle de l’anglais signale un mot ou une
locution traditionnellement critiqué comme emprunt abusif en
français canadien mais qui, par suite de l’évolution de l’usage
et bien que d’origine anglaise, doit être maintenant considéré
comme un usage lexical en transition, à la fois dans le temps
e e(entre le 20 et le 21 siècle) et dans l’espace (entre le français
du Canada et le français d’Europe). En effet, empruntés
également par le français européen, celui-ci:
a) ou bien l’a intégré depuis un certain temps dans la langue
courante, et il fait donc maintenant partie de l’usage général du
français : il est alors qualifié d’usage contemporain (voir les
articles biaisé, croiser les doigts, encouru, patate chaude,
senior (2), timing, etc.) ;
b) ou bien est en voie de l’intégrer dans la langue courante: il est
dans ce cas appelé néologisme: (voir les articles agenda caché,
capitaliser sur, compléter (2), focusser sur, immature,
momentum, plan B, sécure, etc.).
MDOn trouvera en annexe du VocabulAIDE le Répertoire
alphabétique des faux anglicismes et des usages en transition (Rafaut).
Celui-ci donne la liste – qui n’est pas exhaustive par rapport à
l’ensemble des usages du français contemporain – des quelque
MD350 cas inclus dans les divers articles du VocabulAIDE .
(7) Équivalents en français général. Cette rubrique fournit des
équivalents, dans l’usage général du français, du mot ou de la locution
influencé par l’anglais et qui est considéré, à tort ou à raison, comme
propre au français canadien, le général s’opposant au particulier et
vice-versa.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxxi
xxxi
Ces équivalents contextuels en français général sont répartis, selon le
cas, en fonction de leur sens (propre, figuré), de leurs cooccurrents
(des mots qui se combinent avec eux), de leur syntaxe (fonction
adjectivale ou adverbiale, verbe transitif ou intransitif, etc.), de leur
registre ou style (banal, soutenu, familier, très familier, langue
branchée, langue désuète, etc.), de leur domaine d’emploi (langue
générale, technique, commerciale, juridique, etc.) ou de leur
variation spatiale. Ainsi, là où il ne semble pas y avoir d’usage général
absolu, nous proposons parmi les équivalents soit des emplois
dominant l’usage dans la variété canadienne ou européenne du
français, soit des emplois courants exclusifs à l’une ou l’autre de
ces deux variétés.
Dans les entrées complexes aux équivalents français nombreux
(certaines en comptent jusqu’à plusieurs dizaines), ceux-ci sont
répartis, au besoin, en sections numérotées et, plus rarement, en
sous-sections identifiées par des lettres minuscules. Voir, entre
autres, aussi/autant + adverbe ou adjectif + que, canceller,
empowerment, pattern, rester (être là/ici pour ~), ronde, sénior
(1), stand, supporter, etc.
Note : Dans les équivalents en français général, le recours à la barre
oblique (/) et au tilde (~) assume la même fonction de raccourci
de présentation que celle qui a été expliquée plus haut à la note de
(1) Entrée.
(8) (usage contemporain). Cette marque figure dans la liste des
équivalents en français général (habituellement à la fin, mais parfois
avant) pour signaler soit de faux anglicismes, soit des mots ou des
locutions d’origine anglaise que le français général a introduits
depuis un certain temps dans la langue contemporaine et qui
doivent maintenant être considérés comme faisant partie de l’usage
général courant. Quand l’introduction de ces équivalents dans
l’usage courant est plus récente et qu’ils sont encore sentis comme
nouveaux, ils seront signalés par la marque (néologisme).
Dans tous les cas, ou presque, ces mots et locutions font l’objet
d’explications et sont illustrés d’exemples supplémentaires enVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxxii
xxxii
français canadien et surtout en français européen dans la section (9)
de l’article intitulée Remarque.
(9) Remarque. La remarque donne des explications portant sur l’usage
contemporain, fait des comparaisons avec le français général,
fournit des exemples illustrant l’emploi en français européen du mot ou
de la locution traité, etc. La remarque est donc un complément
explicatif, souvent essentiel, à la description de l’usage déjà faite
dans l’article. (Elle est signalée par le symbole représentant un petit
crayon: .)
Note : Bien que ce ne soit pas le cas de l’exemple témoin donné ici
(développement), dans les cas pertinents les articles se terminent par
un renvoi à un autre article ou à d’autres articles ayant un lien logique
(lexical ou sémantique) avec le mot ou la locution qui vient d’être traité.
(Ce renvoi est signalé par le symbole représentant des lunettes de
lec$ture: ). Ainsi:
_ aviseur légal renvoie à firme légale, légal (avis ~), légal (service/
département ~), légale (bataille ~), légale (secrétaire ~), légaux
(frais ~) et solliciteur;
_ biaiser renvoie à biais, biaisé;
_ docteur/docteure (titre de ~) renvoie à docteur/docteure + nom
de personne ;
_ inclusif renvoie à exclusif ;
_ paver renvoie à pavage, pavé (adjectif), pavé (nom) et paver la
voie, et ainsi de suite.
MDLes personnes consultant Le VocabulAIDE constateront vite que ce
système simple de renvoi peut les aider à établir des liens utiles entre les
usages traités et peut-être ainsi à enrichir leurs connaissances lexicales.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxxiii
xxxiii
ABRÉVIATIONS (leur emploi se limite à huit):
etc.: et cetera, et ainsi de suite
Ex. et p. ex.: exemple(s), par exemple
GDT: Grand dictionnaire terminologique
OQLF: Office québécois de la langue française
qqch.: quelque chose
qqn : quelqu’un
TLF: Trésor de la langue françaiseVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxxiv
BIBLIOGRAPHIE ESSENTIELLE
Plutôt que de donner les références bibliographiques complètes de tous
les dictionnaires (papier et électroniques) et ouvrages spécialisés
consultés, nous avons cru qu’il serait plus utile aux lecteurs et aux lectrices
de leur fournir une liste sélective de titres qui nous paraissent
indispensables, en milieu bilingue, pour débusquer les influences lexicales de
l’anglais dans l’optique de l’enrichissement lexical qui est la nôtre.
Selon ses ressources disponibles, on ne négligera évidemment pas de
consulter les dictionnaires de langue traditionnels : le Nouveau Petit
Robert et le Grand Robert (malgré leurs retards par rapport à l’évolution
du lexique français), ainsi que les principaux dictionnaires bilingues :
le Harrap’s Shorter ou le Harrap’s Unabridged et le Robert & Collins
Senior ou le Super Senior, de même que le Hachette Oxford élaboré à
partir d’un corpus bilingue. Inutile d’ajouter ici qu’il sera souvent
indispensable de consulter régulièrement un bon dictionnaire anglais. On sait
qu’ils sont nombreux, et que chacun a son préféré. En plus de leur
version papier, certains de ces dictionnaires sont maintenant informatisés
sur cédérom ou en ligne.
Les internautes ne voudront pas non plus se priver de consulter en ligne les
deux grands dictionnaires suivants à accès gratuit : le Grand dictionnaire
terminologique et le Trésor de la Langue Française informatisé.
Selon notre longue expérience de praticien des lexiques français et
anglais, les quatre titres suivants, qui ne sont malheureusement pas tous
connus du grand public, constituent le véritable « coffre à outils » du
bilingue québécois et canadien, et du bilingue étranger pour les deux derniers.
D’abord deux des titres déjà cités dans la Présentation, à consulter en
priorité, surtout le premier, riche en exemples parlants et en
explications :
- le Dictionnaire québécois français de Lionel Meney (Montréal,
Guérin, 1999 et 2003) ;Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxxv
xxxv
- le Grand Glossaire des anglicismes du Québec de Jean Forest
(Triptyque, Montréal, 2008).
Et les deux indispensables bilingues (anglais-français seulement)
suivants :
- le Guide anglais-français de la traduction de René Meertens (Paris,
eChiron, 4 éd., 2008);
- Les mots pour le traduire. Petit dico anglais-français de Luc Labelle
(Montréal, Publications Gouvernementales, 2005 et 2007).
L’auteur assume évidemment l’entière responsabilité du contenu du
VocabulAIDE et de ses prises de position à l’égard de nos emprunts
à l’anglais. Pour l’aider à enrichir une éventuelle édition nouvelle, il
recevrait avec reconnaissance les remarques et suggestions venant de
ses lecteurs et lectrices. On peut lui écrire (prière de toujours étayer ses
opinions d’exemples écrits et d’en nommer et dater la source) à:
contact@levocabulaide.ca.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page xxxviVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 1
Articles commençant par un symbole ou un chiffre
$ antéposé
(symbole)
«Bombardier a offert un spécial* de lancement: une
réduction de 20p. cent sur le prix de base d’environ $14millions
US par appareil.» (La Presse, 29 mars 1989)
« Pour une halte sympathique juste en face du marché, la
Binerie** du Village. On sert le petit-déjeuner à toute heure
du jour. Deux œufs, choix de viandes, patates** rôties
pour seulement $ 2.15. Si vous avez des amis touristes,
emmenez-les y manger le plat de galettes de sarrazin et
fèves** au lard à $ 2.25. Ils seront dépaysés et étonnés.»
(La Presse, 27 août 1989)
‚ Sous l’influence de l’anglais $ antéposé à la somme citée (ex.: $ 3)
„ Équivalents en français général: $ postposé à la somme (ex.: 3$)
e . D’emploi universel en français canadien du 20 siècle, cet usage
typographique calqué sur l’anglais est presque disparu des journaux
et textes soignés de nos jours.
7 jours (ouvert, service ~) cf. 24 heures, 24 heures/7 jours (ouvert,
service ~)
24 heures, 24 heures/7 jours (ouvert, service ~)
locution adverbiale ou adjectivale
«L’hôpital ne recevra plus d’ambulance et deviendra
plutôt un centre ambulatoire, ouvert 24 heures, a appris le
Devoir.» (Le Devoir, 15 octobre 1999)Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 2
2 Le VocabulAIDE
«Certaines recommandations contenues dans ce rapport
ont été réalisées depuis. Entre autres, un service de
consultation par téléphone 24 heures/7 jours fait partie du
programme du Bureau de santé de l’est de l’Ontario. »
(Le Droit, 11 juillet 2005)
« […] Mme Juneau a souligné les besoins prioritaires
suivants: – un service téléphonique de 24 heures, 7 jours par
semaine, qui permettrait aux aînés de connaître tous les
services qui leur sont accessibles ; » (La Presse, 17 août
1990)
‚ Sous l’influence de l’anglais (open) 24 hours, 24 hour (service) ;
(open) 7 days
„ Équivalents en français général:1° (ouvert) jour et
nuit/vingtquatre heures sur vingt-quatre/24 heures sur 24/en permanence;
(ouverture) toute la nuit/ininterrompue/sans interruption/en
permanence ; (service) jour et nuit/(de) 24 heures sur 24/toute
la nuit/ininterrompu/sans interruption ; 2° (forme publicitaire)
(ouvert/service) 7 jours sur 7/en permanence/toute la semaine,
(forme publicitaire abrégée) 24h/24, 7 j. sur 7, 24h/7 j
. Quand l’ouverture ou le service est inférieur à 24 heures sur 24, on
écrit en forme publicitaire abrégée, par exemple, (ouvert/service)
15 h sur 24 ou 15 h/24 pour éviter les traductions erronées (ouvert/
service) 15 h, et (ouvert/service) 7 j., calquées sur l’anglais (open)
15hrs et 15hr. (service) ou (open) 7/7 et (open) 24/7.
La tournure (24 heures) par jour est parfois considérée comme un
usage canadien impropre. Elle est pourtant courante en français
européen, comme dans les deux exemples, français et belge, suivants :
« Depuis le 14 janvier, Canal Infos a allongé de 18 à 24 heures par
jour ses horaires […] » (Le Monde, 26 janvier 1991) et « […] on
privilégierait plutôt une réduction des effectifs des trois équipes
travaillant actuellement 24 heures par jour et cinq jours sur sept. »
(Le Soir, 21 novembre 2006). Il en est de même pour (7 jours) par
semaine et (12 mois) par année.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 3
Le VocabulAIDE 3
101 (nom + ~)
numéral en apposition
«Gérald Tremblay et son candidat n’en ont pas moins
profité de la situation pour donner un petit cours accéléré
d’élections municipales 101.» (La Presse, 17 juillet 2001)
« Des pertes comptables, sur papier*, qui traduisent un
abandon de l’“économie 101” pour une économie
également de papier.» (Le Devoir, 28 juillet 2001)
‚ Sous l’influence de l’anglais (nom +) 101 (prononcé one-o-one)
„ Équivalents en français général: introduction à, initiation à (une
discipline, une matière scolaire, une réalité socioéconomique, etc.);
connaissance élémentaire/fondamentale, bases, fondements,
B.A.-BA, A.B.C. de qqch.; (équivalent d’un adjectif) élémentaire,
fondamental, de base, (néologisme) basique
. Cette désignation vient du fait que, dans les universités
nordaméricaines, les cours d’introduction à la plupart des disciplines
portent les numéros 101 ou 1001 (les deux 1 représentant
respectivement le premier cours et la première année) ; elle s’applique,
par extension figurée, à toute réalité ou connaissance élémentaire,
parfois avec une connotation humoristique ou ironique.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 4Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 5
A
à date cf. date (à/jusqu’à ~) et date (être/rester à, mettre/
remettre à ~)
à être + participe passé cf. infinitif passif (à + ~) à l’effet que
cf. effet (à l’~ que)
à pleine capacité cf. capacité (à pleine ~)
à son meilleur/mieux (être ~) cf. meilleur/mieux (être à son ~) (2)
académique
adjectif
«À la suite d’épreuves académiques menées dans 32 pays,
les élèves québécois se classent dans le peloton de tête.
Telles sont les conclusions présentées par l’OCDE.»
(Le Devoir, 8 janvier 2002)
« “[…] Nous cherchons plutôt à offrir aux jeunes joueurs
de hockey une autre option dans un environnement
académique anglophone de qualité si ça ne fonctionne pas
pour eux dans la LHJMQ.”» (Le Soleil, 14 août 2004)
«13. Remplacez l’adjectif académique par le terme juste.
(PLUSIEURS bonnes réponses) a. Scolaire b.
Universitaire c. Théorique
a. Une année académique
b. Un débat purement académique Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 6
6 Le VocabulAIDE
c. Un dossier académique
d. Une formation académique
e. Une matière »
er(L’actualité, 1 août 2004)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais academic
„ Équivalents en français général: 1° (livre, manuel, ouvrage) scolaire,
didactique, pédagogique ; (dossier) scolaire ; (résultats,
performance) scolaire, dans les études; (formation, matière, discipline,
enseignement) général (par opposition à professionnel,
spécialisé) ; (personnel) enseignant ; (monde, milieu) des enseignants,
de l’éducation (primaire et secondaire) ; (tâche, responsabilité)
pédagogique, des enseignants ; (carrière) d’enseignant, de
professeur (autre qu’universitaire) ; 2° universitaire, scientifique,
(usage contemporain, critiqué en français canadien, courant en
français européen) académique
. Synonyme depuis longtemps d’universitaire en Belgique, en Suisse,
en Afrique et au Canada, le mot académique a pris en France, à la
efin du 20 siècle sous l’influence de l’anglais, le sens de «relatif à
l’université et aux instituts de recherche publique », s’ajoutant,
dans ce pays, au sens traditionnel qu’il y avait déjà de «relatif à
une académie, division territoriale scolaire et universitaire dirigée
par un recteur ». On trouve donc couramment aujourd’hui, dans la
presse française comme ailleurs en francophonie, l’adjectif
académique combiné à l’un ou l’autre des mots suivants (liste partielle):
année, bagage, carrière, enseignement, excellence, formation,
liberté, milieu, monde, niveau, parcours, personnel, recherche,
système, tradition, vie, etc. Cependant, sous l’influence de l’anglais,
l’usage canadien applique traditionnellement académique à de
nombreuses autres réalités des enseignements primaire, secondaire et
collégial**. En français européen, le mot s’emploie surtout dans la
terminologie universitaire et scientifique, mais il commence à se
répandre ailleurs.
$$ voir aussi principal et vice-principalVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 7
Le VocabulAIDE 7
accommoder
verbe transitif direct
[sens 1°] « […] de petites salles de 200 à 400 places pour
accommoder les compagnies de danse […] » (Le Devoir,
er1 mai 1986)
[sens 2°] « On peut modifier les critères d’embauche pour
accommoder les minorités. Ainsi, la police a réduit
l’exigence de la grandeur et du poids, qui excluait les femmes
et les Asiatiques.» (La Presse, 5 mai 1988)
‚ Sous l’influence de l’anglais to accommodate
„ Équivalents en français général : 1° (sens propre) (public, élèves,
groupes) accueillir, recevoir ; (personnes) loger, héberger,
abriter; (objets, meubles, véhicules, bateaux, avions) contenir, recevoir,
accueillir; (usine) abriter, être le lieu d’implantation de; (objets,
installations) installer, implanter, placer, mettre, loger, laisser/
faire place à, réserver la place nécessaire à/pour, permettre le
passage de ; 2° (sens figuré) (circonstances) adapter à/en
fonction de, ajuster/changer/modifier en fonction de ; (situation/idée
nouvelle, circonstances) s’adapter à, accepter, s’accommoder de,
s’habituer à, se faire à; (volonté, souhaits, nécessité,
circonstances) se plier à ; (besoin/exigence) répondre à ; concilier (qqch.)
avec (qqch. d’autre); (idée nouvelle, fait/phénomène nouveau)
concilier/mettre en harmonie avec, intégrer dans, donner une
place/faire sa place à (qqch.) dans (tel ou tel cadre) ; (activité)
permettre, être compatible/conciliable avec; (changement,
évolution) faire face à, supporter, affronter; prendre en considération,
tenir compte de, tenir compte de la situation particulière de ;
trouver un arrangement/un compromis avec (qqn) ; satisfaire,
donner satisfaction/faire plaisir/être agréable à, se concilier/
s’attirer les bonnes grâces de, se montrer accommodant envers,
ménager, arranger (qqn), répondre aux besoins/vœux de,
desservir (qqn) ; répondre/se plier aux desiderata de (qqn) ; tenir
compte de,e à (les besoins, les attentes, les exigences deVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 8
8 Le VocabulAIDE
qqn), rencontrer (les préoccupations), satisfaire, accepter (la/les
demande(s) de qqn) ; obliger/aider (qqn), rendre service/venir en
aide à (qqn); prêter/avancer de l’argent à, dépanner, consentir
un prêt (de courte durée) à (qqn)
. En français canadien, l’emploi d’accommoder, au sens propre (1°),
est considéré comme un anglicisme sémantique (faux ami) ; au sens
figuré (2°), accommoder est, en partie, la survivance d’un usage
ancien du français, favorisé par l’anglais (anglicisme de maintien).
accréditation
nom féminin
« Le laboratoire de contrôle antidopage de Montréal a été
sommé par le Comité international olympique (CIO) de
communiquer les résultats d’analyses antérieurs […] sous
peine de perdre son accréditation […] olympique.»
(Le Devoir, 2 avril 1998)
«L’article 45 protège donc encore l’accréditation syndicale
et la convention collective lors de la vente de l’entreprise
et dans la majorité des cas de sous-traitance. » (La Presse,
22 novembre 2003)
« Les conditions de travail des camionneurs qui traversent
la frontière canado-américaine sont rendues** extrêmes.
En plus de responsabilities accrues, des temps d’attente
irritants aux douanes*, les camionneurs doivent aussi
respecter les nouvelles exigences d’accréditation Fast
Express.» (Le Soleil, 15 novembre 2004)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais accreditation
„ Équivalents en français général : agrément (d’un établissement
[école, hôpital], d’une profession, de compétences par une autorité),
reconnaissance officielle (d’un syndicat, d’une association ou d’unVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 9
Le VocabulAIDE 9
regroupement professionnel, d’une entreprise, d’un programme de
formation); homologation (d’un produit, d’un droit d’intervention
professionnel, etc.), (usage contemporain, critiqué en français
canadien) accréditation
. Ce terme s’emploie maintenant couramment en français général, dans
les trois contextes donnés ici. En voici deux autres exemples en
français européen, l’un français, l’autre suisse : « […] l’accréditation
des établissements hospitaliers aurait pu être un outil privilégié pour
améliorer l’efficience de notre dispositif hospitalier. L’accréditation
existe aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Grande-Bretagne,
aux Pays-Bas ou en Espagne. » (Le Figaro, 17 juillet 1998) et « Peu
à peu, les institutions supérieures doivent analyser la qualité de leurs
enseignements. Phase suivante, l’accréditation devrait offrir des
garanties aux étudiants et aux employeurs. » (Le Temps, 17 février
2006).
$ voir aussi accrédité et accréditer
accrédité
adjectif
«[…] la large diffusion d’information sur l’équité
salariale […] s’est résumée, dans les faits, en la distribution
de 5683 dépliants et 13141 brochures auprès des
associations d’employeurs, des associations accréditées, des
femmes salariées et des groupes de femmes. » (Le Devoir,
23 novembre 1998)
«Possédant un programme sport-études accrédité par le
ministère de l’Éducation, la polyvalente** de Lévis aurait
été préférée aux autres écoles secondaires de la province
pour plusieurs** raisons.» (Le Soleil, 16 novembre 2001)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais accreditedVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 10
10 Le VocabulAIDE
„ Équivalents en français général : (association, établissement,
programme d’études, titre de profession) agréé, reconnu; (compétences,
aptitude à qqch.) reconnue; (clinique, entreprise, hôpital)
conventionné; (personne) autorisée; (produit) homologué, (découverte)
attribuée à qqn; (usage contemporain, critiqué en français
canadien) accrédité
. Ce terme s’emploie maintenant couramment en français général dans
certains des contextes donnés ici. En voici deux autres exemples,
français cette fois: «Selon Francisca Garcia Gallego, porte-parole
de l’Association des cliniques accréditées pour l’interruption de
grossesse, certains établissements sont victimes de “persécution”
et de “chasse aux sorcières”. » (Le Monde, 9 janvier 2008) et « Ses
documentalistes ne chôment pas, pour la plus grande satisfaction
des 8 000 personnes accréditées qui y font des recherches, dont
60 % sont des étudiants en maîtrise ou en thèse à l’université. »
(La Croix, 20 février 2004).
$$ voir aussi accréditation et accréditer
accréditer
verbe transitif direct
« Le Conseil des assurances de personnes est un
organisme public chargé d’accréditer les courtiers et les
représentants d’assurance, et d’encadrer l’exercice de
cette profession. » (La Presse, 19 novembre 1997)
« “Nous avons entendu parler du CoaguChek en 2006
lorsqu’il a été accrédité selon les normes canadiennes”
[…]» (Le Droit, 14 novembre 2007)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais to accredit
„ Équivalents en français général : agréer/reconnaître
officiellement (une entreprise, une association, un syndicat, un établissement,Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 11
Le VocabulAIDE 11
un programme d’études, une profession, etc.); homologuer (un
produit, un médicament, etc.); (usage contemporain) accréditer
. Ce terme s’emploie maintenant couramment en français général
dans les deux contextes donnés ici. En voici un autre exemple,
français cette fois : « Worldnet accrédité pour enregistrer les noms de
domaine d’Internet. Le fournisseur d’accès français Worldnet a été
accrédité pour enregistrer des noms de domaine sur Internet […] »
(Les Échos, 9 juillet 1999).
$ voir aussi accréditation et accrédité
achat par mise de côté cf. mise de côté (achat par ~, plan (de) ~)
acheter
verbe transitif direct (au sens figuré)
« […] le Canada achète sans discuter la thèse du
déséquilibre des forces entre l’Est et l’Ouest […]. » (Le Devoir,
7 juin 1982)
« […] les Jésuites avaient inventé l’excellence à la
chorale, l’excellence au journal, l’excellence en sports. À la
fin, il fallait bien acheter la proposition d’excellence en
classe.» (La Presse, 16 décembre 1988)
« En français, on ne peut acheter une idée, un principe,
un argument. Utilisé en ce sens, ce verbe est un
anglicisme. » (La Presse, 25 octobre 1996)
« Les récentes séances de consultation publique sur la
toponymie ont permis de constater que les citoyens étaient
nombreux à ne pas acheter l’argument de la sécurité
publique comme raison pour éliminer les doublons de
noms de rues. » (Le Soleil, 21 juin 2003)Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 12
12 Le VocabulAIDE
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais to buy (an idea, a theory, etc.)
„ Équivalents en français général: accepter, être d’accord avec (une
thèse, un argument, une opinion, une hypothèse, une proposition,
une idée, etc.), admettre/accepter, se rallier à (un argument, une
position, un principe, etc.), accepter, adhérer à (un programme,
une thèse, etc.), épouser (une opinion, une idée, etc.), se rendre à,
se laisser convaincre/être convaincu par (un argument, une
objection, etc.), faire sienne l’idée que/de ; (familier, péjoratif) avaler,
gober (un argument, une idée, etc.), (usage contemporain familier,
critiqué par certains) acheter
. En français européen, cet usage s’entend parfois en langue parlée;
jugé familier, il n’est que rarement attesté en langue écrite: «Pour
préparer 1998, M. Juppé a une recette : soigner “la vie quotidienne”
des Français. Elle doit être désormais le “fil conducteur” de l’action
des ministres, […] “Vous devez être branchés sur la vie quotidienne
des Français”, a-t-il ajouté. “Tout le monde a acheté l’idée de vie
quotidienne”, a assuré l’un des participants.» (Le Monde, 16 mars
1996). Employé depuis longtemps en français canadien parlé, cet
usage se retrouve régulièrement dans nos journaux, souvent sans
connotation de familiarité apparente. Il s’agit là d’un autre cas de
banalisation stylistique sous l’influence de l’anglais (canadianisme
de statut et anglicisme de fréquence).
$ voir aussi vendre (au sens figuré)
actifs
nom masculin pluriel
« […] [le] Mouvement Desjardins […] dont les actifs
dépassent maintenant 13 milliards$.» (Le Devoir, 7 mars
1981)
« Spécialités Lassonde, filiale d’Industries Lassonde […]
a conclu une entente pour l’acquisition de la quasi-totalitéVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 13
Le VocabulAIDE 13
des actifs de la société Les Produits alimentaires Mondiv
[…]» (La Presse, 15 novembre 2007)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais assets
„ Équivalents en français général: (comptabilité) l’actif,
élément/éléments de l’actif/d’actif; (usage contemporain) un actif/des actifs
. Dans l’usage traditionnel, le nom français actif est un collectif
(singulier) désignant l’ensemble des biens d’une entreprise ou d’une
personne. Pour rendre l’anglais assets, le français avait
exclusivement recours au singulatif élément (élément/éléments de l’actif/
d’actif), jusqu’à une époque récente, pour rendre chaque partie de
l’actif. Cependant, sous l’influence du pluriel anglais assets, actifs
(au pluriel) s’emploie de plus en plus régulièrement en français
canadien et encore plus en français européen, comme dans
l’exemple suivant : « En passant aux normes comptables américaines sur
l’exercice 2002, le groupe de Jean-Marie Messier a dû inscrire à
nouveau la dépréciation de ses actifs dans ses comptes. » (Le Monde,
2 mai 2002). Les Bulletins de terminologie de l’Ordre des
comptables agréés du Québec emploient indifféremment un/des élément(s)
de l’actif et un actif ou des actifs.
action affirmative cf. action positive/affirmative
action positive/affirmative
nom féminin
« On en compte d’autres encore qui, sans prôner la
révolution, dénoncent l’inégalité des structures sociales et
veulent les corriger, par des programmes d’action
positive, par exemple.» (Le Devoir, 8 mars 1993)
« “C’est bien la première fois qu’être immigrant* m’aide
à quelque chose !” affirme en souriant le MontréalaisVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 14
14 Le VocabulAIDE
d’origine mexicaine qui a été engagé à la faveur d’un
programme d’action affirmative. » (La Presse, 11 octobre
1989)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais positive/affirmative action
„ Équivalents en français général : contre-discrimination,
discrimination positive, encouragement systématique; (programme,
mesure, loi, etc.) en faveur de/favorisant qqch. ou qqn; pour/
visant à/destiné à corriger des discriminations/des retards/des
préjudices; accordant un traitement préférentiel à; de
rattrapage, de redressement ; (usage contemporain) action positive/
affirmative
. Cet usage s’est aussi répandu dans les médias européens,
également sous l’influence de l’anglais, comme le montrent les citations
suivantes : « Les États-Unis ont inventé l’affirmative action il y
a trente-cinq ans. Discrimination positive, traitement préférentiel,
action positive, peu importe la traduction, l’affirmative action
repose sur de très bonnes intentions. » (Libération, 17 février 1999)
et «Le N.A.A.C.P. dresse ensuite la liste des interventions directes
du gouvernement contre des programmes d’action affirmative en
faveur des Noirs.» (Le Monde diplomatique, Novembre 1983). On le
rencontre maintenant aussi souvent dans la presse européenne que
dans la presse canadienne.
activisme
nom masculin
«S’ils servent à contrecarrer l’activisme politique légitime
et les manifestations, c’est la démocratie qui écopera.»
(La Presse, 21 octobre 2001)
« Tel pourrait être le cri du cœur des Québécois face à
l’activisme du gouvernement Bouchard.» (Les Affaires,
16 décembre 2000)Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 15
Le VocabulAIDE 15
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais activism
„ Équivalents en français général: militantisme, défense (d’une cause
sociale ou politique), (usage contemporain, parfois critiqué en
français canadien) activisme
. La distinction théorique entre militantisme («engagement social sans
violence ») et activisme (« action sociale/politique extrêmement
vigoureuse recourant à la violence, au besoin ») n’est plus
systématiquement respectée dans l’usage médiatique contemporain, comme
le montrent les exemples canadiens cités (voir aussi ceux de l’article
activiste, nom et adjectif) et les deux exemples européens, français et
belge, suivants: «L’activisme associatif, on le sait depuis Tocqueville,
a toujours été vigoureux aux États-Unis. » (Le Monde, 14 octobre
2004) et « Test-Achats est incontournable. Omniprésent sur tous
les fronts de la “défense du consommateur”, où sa légitimité n’est,
globalement, pas remise en cause. Même si son activisme irrite
souvent, celui-ci se manifeste aussi dans les boîtes aux lettres ou
au téléphone des particuliers.» (Le Soir, 2 octobre 2004). On
constate, dans tous ces exemples, qu’activisme y est employé comme
synonyme de militantisme. Cette évolution contemporaine du sens
d’activisme a été influencée par l’anglais des médias.
$ voir aussi activiste
activiste
nom et adjectif
« Le groupe de conseillers comprend aussi bien un
proche de Nelson Mandela qu’un activiste du Manitoba. »
er(L’Actualité, 1 septembre 2001)
« Le groupe activiste Logemen’Occupe de Hull n’a pas
tardé à réagir aux chiffres dévoilés par la SCHL. Il a
convoqué les médias, hier après-midi, pour dénoncer encore
une fois la situation.» (Le Droit, 27 novembre 2001)Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 16
16 Le VocabulAIDE
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais activist
„ Équivalents en français général : (nom) militant, défenseur,
partisan (d’une cause sociale ou politique); (adjectif) militant; (usage
contemporain, parfois critiqué en français canadien) activiste (nom
et adjectif)
. La distinction théorique entre militant et activiste n’est plus
systématiquement respectée dans l’usage médiatique contemporain, comme
le montrent les exemples canadiens cités et les deux exemples
européens, français et belge, suivants: «Jean Guidoni n’est pas un
activiste. C’est un interprète, avec ce côté passif, perméable, pour
autant qu’on l’habille avec des costumes à sa taille. » (Le Monde,
12 octobre 2004) et «Je suis à la fois journaliste et activiste, affirme
Igor, tout en essayant d’expliquer qu’il ne fait pas pour autant de
politique à l’antenne. Oui, nous montrons en continu les images des
manifestations pro-louchtchenko. Parce que c’est l’information !,
précise Yourii Stets, 28 ans, l’un des principaux managers de la
chaîne. » (Le Soir, 29 novembre 2004) (voir aussi ceux de l’article
activisme, nom masculin) On constate que, dans tous ces exemples,
activiste est employé comme synonyme de militant. Cette évolution
contemporaine du sens d’activiste a été influencée par l’anglais des
médias.
$ voir aussi activisme
activité d’interprétation cf. interprétation (centre d’~)
additionnel
adjectif
«Owen avait fait savoir, le mois dernier, que les athlètes
élites recevraient un montant* additionnel de 400 $ par
mois […]» (Le Soleil, 13 octobre 2004)Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 17
Le VocabulAIDE 17
« […] La direction du Service d’incendie constate la
difficulté qu’on pouvait avoir à recruter des employés*
additionnels un soir comme celui-là. »
(Le Droit, 5 septembre 1981)
‚ Sous l’influence de l’anglais additional
„ Équivalents en français général: 1° (chose) supplémentaire,
complémentaire, (plus rarement) additionnel ; autre, de plus, en
plus, d’appoint ; (frais, coût, prime, contribution, fonds, crédits)
supplémentaire, complémentaire, extraordinaire, en plus;
surcroît, surprime, rallonge de ; supplément de frais/de prix/à
payer ; (budget, revenu, subvention, etc.) complément (de),
supplément (de), rallonge (de); d’appoint; (travail, talent, difficulté)
surcroît (de); (donnée, renseignement, information, élément, pièce)
nouveau, ajouté, rajouté (à); (clause d’assurance) avenant; (sans
frais/coût, etc.) (prix) net, tout compris ; tous frais compris, sans
supplément, sans surcroît, franco; 2° (personne, personnel)
surnuméraire, supplémentaire, complémentaire, suppléant; (personne)
(un/une) surnuméraire
. Contrairement à l’anglais dont le mot additional, très fréquent,
s’applique à la fois aux choses et aux personnes, le français général distingue
nettement additionnel, qui ne se dit que des choses, de
supplémentaire, qui s’applique à la fois aux choses et aux personnes. De plus,
même en l’appliquant à des choses, le français canadien emploie
fréquemment additionnel, sous l’influence de l’anglais additional,
là où le français général lui préfère un autre équivalent
(canadianisme de statut et anglicisme de fréquence).
$ voir aussi extra et extra (d’~)/en extra
adjectif comparatif + QUE + anticipé cf. anticipéVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 18
18 Le VocabulAIDE
adjectif de relation/classement, adjectif classificateur
construction syntaxique
«Mirabel est l’un des plus gros éléphants* blancs de
l’histoire canadienne, et ce fiasco, c’est à son parti qu’on le
doit.» (Le Devoir, 19 décembre 2006)
« […] l’avenir canadien sera largement influencé par la
situation internationale […] » (Le Soleil, 29 décembre
1980)
« À l’époque, on a surtout retenu le côté spectaculaire
de l’entente, c’est-à-dire les $150 millions déboursés
en retour d’une cession des droits territoriaux et de la
“permission” amérindienne de poursuivre les travaux. »
(Le Devoir, 5 août 1981)
« Protection complète à 100 % pour tout bris* mécanique
à** votre congélateur ou panne électrique dans votre
localité.» (Le Journal de Montréal, 16 février 1981)
« La situation sera d’autant plus grave l’an prochain
lorsque la CECM aura “coupé”* près de 170 autobus suite aux
décisions du Ministère du transport* relatives au transport
écolier.» (Le Devoir, 2 février 1982)
«Une coupure électrique sur* un câble d’alimentation
relié à la signalisation ferroviaire a provoqué vendredi soir
deux heures de retard pour une trentaine de trains […] »
(La Presse, 5 janvier 1992)
« D’abord, qu’on élimine la prostitution juvénile. Il faut
pour cela des lois plus sévères et une volonté politique.
Ensuite, qu’on décriminalise** la prostitution adulte. »
(paroles rapportées) (L’actualité, Avril 1986)Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 19
Le VocabulAIDE 19
« Les ventes du fabricant de portes et fenêtres ont
toutefois chuté de 34 % pendant le trimestre, en raison […]
d’un “ralentissement général de l’industrie de la
construction et de la rénovation résidentielle au Canada”, selon
la direction.» (La Presse, 11 juillet 2006)
‚ Sous l’influence de l’anglais Canadian (history/future); adult
(prostitution); electrical (failure), residential (construction/renovation),
etc.
„ Équivalents en français général : (avenir, histoire) du Canada;
(permission, activités) des Amérindiens, (transport, sécurité) des
écoliers ; (panne, coupure) d’électricité, (délinquance,
prostitution) des adultes/chez les adultes, (construction/rénovation) de
maisons, etc.
. En français, l’emploi de l’adjectif de relation (ou adjectif de
classement ou classificateur) s’est répandu à notre époque, en combinaison
avec un certain nombre de noms (p. ex., lumière solaire, sel marin,
etc.). Elle n’a pas cependant, en français, la même fréquence que son
équivalent anglais. C’est sous l’influence de l’anglais que, en
français canadien, on emploie abusivement un certain nombre d’adjectifs
de relation à la place du complément du nom.
Dans la langue courante, le français a toujours préféré la
construction nominale: la lumière du soleil, l’histoire du Canada, l’avenir de
l’Europe, une tournée en Afrique, les vins de
France/d’Italie/d’Espagne, etc., la mortalité chez les jeunes, le journal des étudiants/des
élèves, la délinquance/la prostitution des/chez les mineur(e)s, etc.
On relève cependant une nette tendance au recours à l’adjectif de
relation dans la langue contemporaine générale (tournée européenne,
vin français, journal étudiant, délinquance juvénile, etc.), même si
le français général ne va pas aussi loin que l’anglais dans ce sens.
$ voir aussi résidentielVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 20
20 Le VocabulAIDE
adjectif numéral (place de l’~) cf. derniers/premiers/prochains
+ nombre + nom
adjectif possessif + nom
construction syntaxique
«“Ce n’est pas notre décision de quitter Mirabel, où nous
erétions bien servis.” […]» (Le Droit, 1 novembre 2004)
« C’est dans cette apparente liberté absolue de forme et de
contenu qu’Ondaatje est à son mieux*. Ainsi dans Rat Jelly
(Confiture de rat): See the rat in the jelly steaming dirty
hair […] » (Le rat dans la confiture fumant de poils
crasseux…) […] (Notre traduction) (L’actualité, 15 mai
1993)
‚ Sous l’influence de l’anglais my/our/your + nom (ex.: our decision,
my translation, your request, etc.)
„ Équivalents en français général : c’est/ce n’est pas moi/nous/vous,
etc. qui + verbe (Ex.: Ce n’est pas nous qui avons décidé de
quitter Mirabel…; c’est moi qui ai traduit ou: traduction personnelle/
traduction du journal; c’est vous qui avez demandé, etc.)
admission
nom féminin
« Le premier ministre de l’Ontario, Mike Harris, s’est
excusé hier auprès du maire de Walkerton, pour avoir
reproché à la petite communauté* de ne pas avoir
demandé de subvention pour rénover son système d’aqueduc*.
Pour le gouvernement conservateur […] une telle
admission n’est pas coutume. » (L’Acadie Nouvelle, 8 juin
2000)Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 21
Le VocabulAIDE 21
« Le dépôt, par admission, de ce rapport de police, hier,
au procès d’A. G., accusé […], vient corroborer le
témoignage entendu mercredi du jeune autostoppeur que G.
aurait fait monter à bord de sa voiture ce soir-là. »
(Le Nouvelliste, 9 juin 2000)
‚ Sous l’influence de l’anglais admission
„ Équivalents en français général : reconnaissance (de responsabilité/
culpabilité), aveu (de culpabilité), confession (d’un crime)
adresse civique cf. civique (adresse ~)
adresser, (rarement) s’adresser à
verbe transitif direct et verbe pronominal indirect
«16. Remplacez le verbe “adresser”, s’il y a lieu.
A. aborder B. adresser C. s’adresser D. s’attaquer [à]
a) Le Dr Dubois a adressé son patient à un neurologue.
b) Il devient urgent d’adresser le problème de la pénurie
d’infirmières. c) Cet article adresse une question
fondamentale. d) La présidente s’adressera à la population ce
ersoir.» (L’actualité, 1 août 2007)
« Denis Paradis s’adresse à un problème qui touche à peu
près tout le monde.» (Le Soleil, 4 mai 1998)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais to address (a problem, an
issue, etc.)
„ Équivalents en français général : aborder, s’occuper de, traiter,
régler, résoudre (une question, un problème, une difficulté);
s’atteler à, s’attaquer à ; aborder, s’occuper de (une tâche, un travail),
en venir à (une solution), (néologisme critiqué) adresser, (rarement)
s’adresser àVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 22
22 Le VocabulAIDE
. Adresser un problème n’est plus inconnu du français européen,
comme on peut le voir dans le texte suivant : « C’est surtout par le
biais du calque que s’exerce l’influence de l’anglais sur le discours
public français, celui des journalistes mais aussi des professionnels
de la parole qui ont adopté “se tirer (une balle) dans le pied”, “se
passer la patate chaude”, “adresser un problème”, sans parler de
la “cerise sur le gâteau” ou de la “feuille de route”. » (Le Courrier
international, 12 octobre 2006)
adulte (prostitution, délinquance, etc. ~) cf. adjectif de relation/
classement, adjectif classificateur
affaires (partir en ~) cf. partir en affaires
affaires (taxe d’~)
nom féminin pluriel
«Le maire de Winnipeg propose de baisser la taxe
d’affaires – pour attirer des commerces dans sa ville –
et de réduire de moitié l’impôt foncier**.» (L’actualité,
er1 novembre 2003)
« L’équipe n’aura à payer aucune taxe foncière**, aucune
taxe scolaire, aucune taxe d’affaire.»
(La Presse, 10 septembre 1998)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais business tax
„ Équivalents en français général: taxe sur le chiffre d’affaires, taxe
sur les commerces, (en français européen) taxe professionnelle,
(en français canadien, couramment) taxe d’affaires
. Le terme taxe d’affaires (plus rarement, et improprement, au
singulier : taxe d’affaire), courant en français canadien, est soupçonnéVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 23
Le VocabulAIDE 23
d’être un calque de l’anglais business tax. On pourrait aussi estimer
que, sur le modèle des locutions françaises taxe (sur les articles) de
luxe, taxe (sur les prestations) de séjour, etc., il s’agit simplement de
la variante abrégée de taxe (sur le chiffre) d’affaires, ce qui en ferait
plutôt un canadianisme locutionnel.
Le terme patente, longtemps employé officiellement en France, a
été remplacé au siècle dernier (en 1976) par taxe professionnelle.
$ voir aussi taxe/(plus fréquemment) taxes
affidavit
nom masculin
«L’imbroglio juridique est d’autant plus compliqué qu’une
centaine de paysans dont le nom se trouve sur la liste des
plaignants signent un affidavit pour dire qu’il y figure à
tort!» (L’actualité, 15 mai 2002)
‚ Sous l’influence de l’anglais affidavit (mot latin)
„ Équivalents en français général : serment, déclaration sous
serment (orale ou écrite)
. En français européen, le terme affidavit n’a qu’un emploi limité en
droit fiscal et maritime. En français canadien, ce mot est employé
couramment au sens anglais par l’administration fédérale, ce qui en
a favorisé l’usage. Généralement critiqué dans ce sens en français
canadien, le mot est traduit par serment et déclaration sous serment
par le GDT et tous les dictionnaires et ouvrages normatifs bilingues
canadiens et européens.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 24
24 Le VocabulAIDE
âgé entre
locution adjectivale
« L’auteur du crime s’est introduit dans l’institution*
financière, vers 13 h 30, et armé d’un revolver il a fait
main basse sur 500 $. L’homme, âgé entre 20 et 30 ans,
s’est enfui dans une voiture de marque Ford Escort, de
couleur beige. » (Le Soleil, 27 juillet 1993)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais aged between
„ Équivalents en français général : âgé de x à x ans, qui a environ
x ans, de x à x ans, (néologisme, critiqué en français canadien) âgé
entre
. Bien que quelques commentateurs québécois le considèrent comme
un anglicisme canadien, le tour âgé entre commence à s’employer
en français européen, comme dans l’exemple belge suivant : «Agée
entre 20 et 40 ans, la jeune femme avait été découverte en mars 1989
après avoir séjourné plusieurs jours, voire plusieurs semaines dans
l’eau de la Meuse.» (Le Soir, 23 décembre 2004).
Toutefois, sa fréquence relativement élevée en français canadien ne
s’explique que par l’influence de l’anglais aged between (anglicisme
de fréquence). Il est également courant en français de Belgique.
agence de collection cf. collection (d’une facture, d’une dette, etc.)
agence de nouvelles cf. nouvelles (agence de ~)
agenda caché
nom masculin
«Le propriétaire de l’établissement, J. C., soutient qu’ADM
avait un agenda caché qui lui a causé des torts énormes.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 25
Le VocabulAIDE 25
Il affirme que le déménagement des vols vers Dorval, en
1997, représente une expropriation déguisée. ADM et
Ottawa répliquent qu’ils n’avaient fait aucune promesse
sur la question de l’achalandage** et qu’il n’existait aucun
agenda caché.» (Le Devoir, 22 janvier 2002)
«Et surtout, le chef de l’Alliance fait peur aux électeurs.
Près de la moitié (46 %) des répondants croient que
Stockwell Day a un agenda caché sur des enjeux controversés
comme l’avortement, le contrôle des armes ou le système
de santé à deux vitesses. Une majorité de répondants
dans toutes les provinces sauf en Alberta estime que
M. Day cache ses réelles intentions. » (Le Nouvelliste,
17 novembre 2000)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais hidden agenda, (variante)
secret agenda
„ Équivalents en français général: programme, plan, projet, objectif,
intention, priorité (politique ou autre)/secret, caché, inavoué, non
déclaré, dissimulé, déguisé, occulte; (néologisme) agenda caché
. Même s’il y semble un peu moins fréquent qu’en français canadien,
le néologisme agenda caché se rencontre maintenant couramment
en français d’Europe, tantôt entre guillemets, comme dans cet
exemple français : « L’opacité du pouvoir d’Addis Abeba fait que
ces objectifs, cet éventuel “agenda caché” dénoncé par l’Erythrée,
sont impossibles à vérifier. » (Le Monde, 19 mars 1999), tantôt
sans marque restrictive, comme dans l’exemple belge suivant: «Il
faudrait donc reprendre, mais dans de meilleures conditions, des
négociations de paix dans lesquelles tous les acteurs
s’impliqueraient, sans agenda caché. » (Le Soir, 26 juillet 2001).
$ voir aussi agenda politiqueVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 26
26 Le VocabulAIDE
agenda politique
nom masculin (sens figuré)
«[…] la prostitution est “condamnée” à demeurer à
l’agenda politique au cours des prochaines années
parce qu’elle affecte toutes les grandes villes du pays. »
(Le Devoir, 30 juin 2001)
« Les pays développés n’ont réellement atteint ce stade
que depuis une génération ou deux. Cela a fait en sorte
que** les préoccupations environnementales et les
intérêts des générations futures furent désormais au cœur
des agendas politiques nationaux et internationaux. »
(La Presse, 25 novembre 2001)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais political agenda
„ Équivalents en français général : programme, calendrier, ordre
du jour (au sens figuré), actualité (politique ou autre) ; question/
problème (important/prioritaire/à régler) ; échéances, priorités,
plan, (en français européen) planning ; projet, objectifs,
intentions, préoccupations politiques, (usage contemporain) agenda
politique
. Critiqué en français canadien comme faux ami de l’anglais, le terme
agenda politique est encore plus fréquent en français européen qu’en
français canadien. En voici deux exemples, français et suisse, récents:
«Pour ne pas prêter le flanc à d’éventuels attentats ou par “respect
dû aux victimes de la tragédie américaine”, les agendas politiques,
culturels, sportifs ont presque tous été bousculés. » (Libération,
13 septembre 2001); «La Roumanie, qui est loin du standard de vie
européen, va donc devoir réévaluer les préoccupations écologiques
dans son agenda politique, car les causes de pollution ne manquent
pas, après les ravages provoqués par les projets industriels
mégalomaniaques de l’ère Ceausescu. » (Le Temps, 15 février 2000). Sur
les deux continents, et ailleurs en francophonie, ce terme est
maintenant passé dans l’usage général.Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 27
Le VocabulAIDE 27
$ voir aussi agenda caché
agir comme/à titre de
locution verbale transitive indirecte
« Il est le seul au Québec à agir comme neuro-oncologue
et le seul au Canada à être à la fois neurochirurgien et
neuro-oncologue. » (La Tribune, 24 février 2003)
« M. Dawson a notamment été membre du comité
organisateur des championnats canadiens pendant sept années,
en plus d’agir à titre de vice-président de Softball Canada
et président de Softball Nouveau-Brunswick.»
(L’Acadie Nouvelle, 18 octobre 2002)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais to act as
„ Équivalents en français général : 1° (rôle, charge, fonction, usage,
emploi récurrent/permanent) être, servir de, intervenir comme/
à titre de; remplir/occuper/exercer la fonction/les fonctions de,
jouer/exercer le rôle de ; (néologisme) agir comme/à titre de ;
2° (rôle, charge, fonction, usage occasionnel/provisoire/ponctuel)
servir de/intervenir comme/à titre de (expert, conseiller, témoin,
etc.) ; remplir/occuper/exercer la/les fonction(s) de, faire
fonction de (directeur/animateur, etc., sans en avoir le titre) ; jouer le
rôle de; faire office de, officier à titre de; (qqch.) remplacer le/la,
servir/tenir lieu de (table, chaise, abri, outil, etc.) ; (néologisme)
agir comme/à titre de
. Malgré les critiques qui lui sont adressées comme calque de l’anglais
par des sources québécoises crédibles et malgré son absence des
dictionnaires de langue (sauf un, notoire et récent) et des dictionnaires
bilingues, la locution verbale agir comme est non seulement
courante en français canadien, mais elle commence aussi à s’employer
en français européen, à propos de personnes et de choses, comme on
peut le constater dans les trois exemples français suivants : « “LesVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 28
28 Le VocabulAIDE
organisations non gouvernementales sont dans une position unique
qui leur permet de respecter les deux côtés et d’agir comme
intermédiaires pour faciliter la communication.” » (Le Monde diplomatique,
juin 2002) ; « Le genre a ses contraintes, qui peuvent aussi agir
comme stimulant à la créativité.» (Libération, 19 janvier 2002);
«[…] la tragédie est au coin d’un chapitre et ne fait qu’agir comme
révélateur […]» (l’Humanité, 15 novembre 2001).
ajourner
verbe transitif direct
« “Les premiers mois, l’intérieur n’était même pas fini.
Nous avons été obligés d’ajourner des réunions avec des
erclients à cause du bruit” […] » (Commerce, 1 février
2001)
« Le temps presse cependant, la Chambre des
communes devant ajourner ses travaux dans une semaine […]»
(Le Soleil, 16 juin 1992)
‚ Sous l’influence de l’anglais to adjourn
„ Équivalents en français général: (discussion, réunion, séance,
audience, session parlementaire, etc.) 1° interrompre ; suspendre
(temporairement, mais pour peu de temps) ; 2° remettre, renvoyer,
reporter, différer, ajourner (à une date/un jour
ultérieur/indéterminé); 3° (travaux) mettre fin à, clore, clôturer, lever
. En français canadien, l’influence de l’anglais nous porte à employer
ajourner dans le sens temporaire (sens 1°) ou définitif (sens 3°) de
to adjourn plutôt que comme synonyme de « remettre, renvoyer,
etc. » (sens 2°).Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 29
Le VocabulAIDE 29
ajusteur
nom masculin
«En début de carrière, M. Beaudry était expert en
sinistres (un terme qu’il a lui-même fait accepter plus tard par
l’industrie pour remplacer celui d’ajusteur).» (La Presse,
13 septembre 1996)
‚ Sous l’influence de l’anglais adjuster/adjustor
„ Équivalents en français général : expert, expert en sinistres, expert
en/des/d’assurances
. Le français canadien privilégie expert en sinistres, le français
européen expert en assurances. Les deux termes appartiennent au français
général.
aller en grève
locution verbale intransitive
« Les 5 500 médecins omnipraticiens du Québec iront en
grève cette semaine.» (Le Devoir, 15 juin 1982)
«L’incident est survenu après que les 250 étudiants
présents ont voté contre le plan d’action de l’association. Ce
plan proposait d’utiliser des moyens de pression pour
aller en grève générale illimitée dès la mi-octobre.»
(Le Droit, 21 septembre 2007)
‚ Sous l’influence de l’anglais to go on strike
„ Équivalents en français général: faire la grève, se mettre en grève,
déclencher la/une grève, débrayer; (surtout en français européen)
faire grève, décider/voter la grèveVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 30
30 Le VocabulAIDE
. Débrayer, employé couramment de façon banale en français
canadien, est considéré comme familier dans certains dictionnaires
européens. Cette restriction stylistique n’est pas confirmée par
l’usage usuel et banal qu’en font les journaux européens, comme
dans l’exemple français suivant: «Les syndicats d’Alcatel-Lucent
appellent à débrayer.» (Le Monde. fr, 6 mars 2008)
aller sous presse
locution verbale intransitive
« Au moment d’aller sous presse, il ne restait plus que
l’assentiment du gouvernement fédéral pour que la prise
de contrôle soit faite […].» (L’actualité, mai 1987)
‚ Sous l’influence de l’anglais to go to press
„ Équivalents en français général : mettre sous presse, imprimer ;
(familier) boucler un numéro/une édition
allocation
nom féminin
1° «En renonçant à fermer Murdochville, Québec a privé
les travailleurs licenciés de la déductibilité de leur
allocation de départ en vertu de la loi fédérale sur l’impôt. »
(Les Affaires, 19 octobre 2002)
« Québec avait prévu 23 millions $ en incitatifs* pour
éviter que les quarts** de soir, de nuit et de fin** de semaine
ne se vident d’infirmières pendant la saison estivale :
doubler l’allocation de nuit accordée habituellement,
accorder un boni de 100 $ pour une deuxième fin** de
semaine consécutive et 90$ de prime pour chaque quart**
de travail additionnel*, […]» (Le Soleil, 9 juillet 2002)Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 31
Le VocabulAIDE 31
«Le docteur N. M. pratique dans une clinique* médicale
PJC à Châteauguay. Le Dr P. lui demande ce qu’il faut
faire en échange d’une allocation incitative et d’un loyer
de faveur. Extraits de l’entretien, qui a été enregistré.»
(La Presse, 8 octobre 2004)
«Les membres du personnel ayant 10 ans d’expérience
recevront une allocation de reconnaissance de 400 $.
L’accord comprend aussi une assurance-médicaments
et une amélioration quant aux congés syndicaux. »
(Le Droit, 3 septembre 2005)
2° «[…] le rouquin pensait que ses années
d’enfantillages étaient affaire classée. Il n’a fallu qu’une toute petite
distraction pour le faire retomber en enfance et lui faire
dilapider son allocation.» (La Presse, 22 juillet 2004)
« L’argent utilisé pour jouer est le plus souvent l’argent de
l’allocation ou celui que les parents leur donnent pour
dîner**.» (Le Devoir, 28 mai 2002)
‚ Sous l’influence de l’anglais allowance
„ Équivalents en français général:1° indemnité (de départ/de fin
d’emploi/de travail de nuit/de fin de semaine, etc.) ; boni, bonus,
prime (incitatif/de rendement/de reconnaissance) ; 2° (pour les
dépenses courantes) argent, supplément, pension, rente; (donné
à un enfant) argent de poche, (en français européen, familier)
semaine
. Synonyme de prestation et souvent employé au pluriel, allocation
est, en français général, un terme administratif désignant une somme
d’argent versée par l’État à des contribuables pour faire face à un
besoin particulier (allocations familiales, de logement, de
maternité, de chômage, d’aide sociale, etc.). En français européen, le terme
est souvent abrégé en alloc, en langue familière. Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 32
32 Le VocabulAIDE
$ voir aussi séparation (allocation/prime/paye/indemnité de ~)
et boni, bonus
allocation de séparation cf. séparation (prime/paye/allocation/
indemnité de ~)
altération
nom féminin
« Riska, une petite entreprise de confection et
d’altération de vêtements […] connaît un succès étonnant depuis
deux ans […]» (Le Droit, 7 mai 1998)
« Officiellement, le Pentagone dément toute altération
du programme. “Nous n’avons pas d’indication de cela,
et nous agirons avec les dollars qui nous seront remis”,
a déclaré un responsable sous le couvert de l’anonymat.»
(Le Soleil, 8 février 2005)
« La similitude du discours électoral des deux candidats
au poste de premier ministre annonce l’altération du
principe fondamental suivant : l’importance de la peine
infligée doit être proportionnelle à la gravité de
l’infraction commise et à la culpabilité morale du contrevenant.»
(La Presse, 11 janvier 2006)
‚ Sous l’influence de l’anglais alteration
„ Équivalents en français général : (vêtements) retouches,
transformations ; (édifice, immeuble, maison) travaux de réparation/de
rénovation, réparations, rénovations, transformation, remise en
état, réfection; (principe, thèse ; plan, projet, programme, horaire)
modification, changement, remaniement ; (texte) corrections,
révision, remaniementVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 33
Le VocabulAIDE 33
. Sauf dans des domaines particuliers (biologie, droit, musique) où
comme synonyme de «dégradation, détérioration», altération est un
mot d’emploi assez rare en français. Ce n’est pas le cas de l’anglais
alteration dont le sens et la fréquence influencent parfois le
français canadien.
alternatif
adjectif
« Présenté comme produit alternatif, la margarine a su
se faire valoir au point de surclasser le beurre dans bon
nombre de pays […]» (Le Droit, 12 novembre 1998)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais alternative
„ Équivalents en français général : 1° (produit, médicament, solution,
source) autre, différent, de rechange, de substitution, de
remplacement ; 2° (école) pilote, parallèle, expérimentale; 3° (route,
déviation, parcours) recommandé, (itinéraire) de délestage, de
substitution, (en français européen) bis ; 4° (médecine, thérapie)
douce, complémentaire, parallèle, expérimentale; 5° (musique,
marché, art, etc.) parallèle, novateur, d’avant-garde; (usage
contemporain courant) alternatif
. Dans la plupart des domaines donnés ici, alternatif s’emploie
maintenant couramment en français général, comme dans les trois autres
exemples, français et suisse, suivants : « Pourtant, bien que 26 %
des patients traités depuis deux ans par Yondelis soient toujours
en vie et malgré l’absence de médicament alternatif, Zeltia est
pessimiste […] » (Les Échos, 22 juillet 2003), « Elle décide alors
de quitter Novartis. “C’était exclu d’y développer la médecine
alternative, précise-t-elle.”»(Le Temps, 10 août 1999) et «[…] les
“fanzines” (petits magazines centrés sur la musique alternative)
[…]». (Le Monde, 8 juin 1987)Vocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 34
34 Le VocabulAIDE
amendement
nom masculin
« Bien caché parmi douze modifications législatives
inscrites dans le commode fourre-tout d’un “bill* omnibus”,
un minuscule amendement à la loi concernant
RadioCanada risque d’asservir les services d’information de la
société d’État au bon vouloir du gouvernement fédéral. »
(La Presse, 17 novembre 1997)
« Lucien Bouchard a exercé son droit de vote dans la
circonscription de Jonquière où il est candidat, et ce, même
si sa résidence* est à Outremont. Cette situation a été
rendue possible à la suite d’un amendement récent à la loi
erélectorale.» (Le Devoir, 1 décembre 1998)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais amendment
„ Équivalents en français général : modification, correction,
révision ou rectification, (usage contemporain, critiqué en français
canadien) amendement (d’une loi existante par une nouvelle
version de cette loi)
. La règle traditionnelle voulant qu’on qualifie d’amendement une
correction, une rectification, etc. à un projet de loi seulement, réservant
ainsi le terme modification à une loi existante, n’est plus appliquée
strictement. De nos jours, en effet, l’emploi de amendement à/de
la loi est devenu courant, vraisemblablement sous l’influence de
l’anglais qui recourt à amendment dans les deux cas. Ce nouvel
usage s’applique aussi au verbe amender (une loi).
$$ voir aussi amender
amendement (passer un ~) cf. passer une loi, un règlementVocabulaide int final a RO 11/4/09 1:30 PM Page 35
Le VocabulAIDE 35
amender
verbe transitif direct
«Le nouveau président d’Alliance Québec, William
Johnson, demande au gouvernement québécois d’amender la
loi pour permettre une nouvelle révision […] des listes
en vue des élections scolaires** du 14 juin. » (La Presse,
9 juin 1998)
‚ Sous l’influence originelle de l’anglais to amend
„ Équivalents en français général : modifier, corriger, réviser,
rectifier (une loi existante, pour la remplacer par une nouvelle version
de cette loi), (usage contemporain, critiqué en français canadien)
amender
. La règle traditionnelle voulant que seul un projet de loi puisse être
amendé, réservant ainsi le verbe modifier à une loi existante, n’est
plus appliquée strictement. De nos jours, en effet, l’emploi de amender
une/la loi est devenu courant, en français général,
vraisemblablement sous l’influence de l’anglais qui recourt à to amend dans les
deux cas. Ce nouvel usage s’applique aussi au nom amendement
(à/d’une loi).
$ voir aussi amendement
amérindienne (permission, activité, etc. ~) cf. adjectif de relation/
classement, adjectif classificateur
amour (être, tomber, retomber en ~ avec)
locution verbale transitive indirecte ou absolue
«Le seul anglicisme que je tolère est: tomber en amour.»
er(La Presse, 1 mars 1993)