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Les marches tibétaines du Népal

212 pages
Les marches tibétaines du Népal. Etats, chefferies et sociétés traditionnelles à travers le récit d'un notable népalais
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Brigitte

Steinmann

LES MARCHES TIBÉTAINES DU NÉPAL
État, chefferie et société traditionnels â travers le récit d'un notable népalais
publié avec le concours du
CNRS

Editions

7, rue de l'École-Polytechnique Paris 75005

L'HARMATTAN

Dans la collection «Recherches Asiatiques» dirigée par Alain Forest

Solange THIERRY, e Cambodge des contes, 1986. L Jacques POUCHEPADASS, lanteurs et paysans dans l'Inde coloP niale, 1986. Yoshiharu TSUBOÏ, L'Empire vietnamien face à la Chine et à la France, 1847-1885, 1987. Stein TONNESSON, 946: déclenchement de la guerre d'Indochine, 1 1987. Paul NESTEROFF,Le développement économique dans le nord-est de l'Inde: le cas du Nagaland, 1987. NGO KIM CHUNG, NGUYEN Duc NGHlNH, Propriété privée et propriété collective dans l'ancien Viêt-Nam (traduit et annoté . par G. Boudarel, Lydie Prin et Vu Can), 1987. Alain FORESTet Yoshiharu TSUBOÏ, Catholicisme et sociétés asiatiques, 1988.

L'HARMATTAN, 1988 ISBN: 2-7384-0272-0

LES MARCHES TIBÉTAINES DU NÉPAL

DU MÊME AUTEUR

Les porteurs et le Tamba, quelques aspects de la vie ethnique et de la décomposition chez les Tamang de l'est, Thèse de l'université Paris X, Nanterre, 1985, vols. 1, 2 et 3.

Les Tamang du Népal: usages et religion, religion de l'usage, Ed. Recherche sur les civilisations, Paris, 1987, A.D.P.F.

Pour

Attilio

REMERCIEMENTS

Philippe Sagant a toujours été disponible pour discuter avec moi et pour apporter à cet article de nombreuses critiques et corrections. Il m'a fait également profiter de notes inédites: qu'il en soit très vivement remercié ici. Corneille Jest a contribué à l'élaboration finale de ce texte par d'utiles critiques et suggestions, je l'en remercie également. Ma reconnaissance va à Marie-Christine Cabaud, qui m'a initiée au népali à l'Ecole des Langues orientales, à Pedro Carrasco, dont l'excellent ouvrage Land and Polity in Tibet donne ici lieu à de nombreuses citations, et à Patrick Steinmann, qui m'a offert sa précieuse collaboration. La traduction du Mero Bhot-Dosandhi a été revue et corrigée au Népal par Padam Singh Gale, qui m'a très aimablement offert une amitié diligente. Subodh RimaI, à Paris, m'a apporté également des corrections indispensables dans la traduction de la langue de Bahadur KhatrT. Thulo Kancha Lama a été le compagnon de mes pérégrinations dans l'est du Népal: à ces introducteurs dans la réalité népalaise, ma très sincère gratitude.

La force armée n'a jamais suffi à engendrer des systèmes sociaux stables. La force la plus forte du pouvoir de domination d'un ordre sur les autres, d'une caste sur une autre n'est pas la force physique, la violence armée, encore qu'elles soient indispensables. Cette force la plus forte naft du consentement des dominés à leur domination. Ce consentement prend source dans des raisons objectives et subjectives qui les contraignent sans que les dominants les y obligent par la menace de leurs armes (guerriers) ou de leurs pouvoirs-savoirs (prêtres, brahmanes). Maurice Godelier, 1984 L'idée et le matériel, Paris, Fayard

RÈGLES DE TRANSCRIPTION

Le népali est transcrit selon la méthode de R.L. Turner (1931), A Comparative and Etymological Dictionary of the Nepali Language, rééd. 1965, London, Routledge Kegan Paul. ai conservé la transcription donnée dans les citations pour les mots tibétains. Les autres termes sont transcrits selon la méthode Pelliot. Je ne mets pas la marque du pluriel aux noms étrangers, sauf à ceux passés dans le langage courant comme Sherpas.

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SYMBOLES UTILISÉS

Dans la traduction du traité de Rudra Bahadur KhatrI, certains termes népali sont donnés entre parenthèses. Lorsqu'il y a confusion possible, «nep.» signifie «népali », et «tib. » signifie «tibétain ». Les dates de l'ère chrétienne sont suivies de A.C. ou de B.C. Les dates du calendrier népalais (Bikram Sambat) sont suivies de B.S. Cette ère commence en 57 B.C. Les équivalences sont données dans la traduction.

10

PRÉSENTATION

En 1981, au retour d'une étude aux confins orientaux du Népal!, qui m'avait menée à Walungchung
gola, un village situé à la frontière tibétaine

-

j'y avais

séjourné chez l'ancien chef du village, le gowa Landen,

aujourd'hui retiré dans la capitale

- je découvris un

opuscule édité à Kathmandou, qui relatait l'expérience d'un groupe d'officiels népalais dans ce même village en 1930. Cette délégation avait été chargée de négocier avec les autorités tibétaines et les autorités locales le règlement de problèmes politiques, territoriaux, administratifs et de simple police, qui n'avaient cessé de se poser dans cette région frontalière depuis la guerre de 1854 entre le Népal et le Tibet2. Un poste clef du commerce entre ces deux pays et un centre névralgique des
1. Voi.r carte de l'est du Népal p. suivante. 2. A propos des relations tibéto-népalaises entre 1770 et 1959, voir L.R. Rose and J.T. Scholz (1980, pp. 34-35), Nepal and its neighbours 1770-1950. Area handbook for Nepal, Bhutan and Sikkim (1973, p. 180), donne aussi des informations détaillées: «Depuis 1972, les relations entre le Tibet et le Nepal ont tourjours ete conflictuelles. La source principale de conflits venait des mauvais traitements infliges aux missions népalaises traversant le Tibet pour aller à Pekin et des exactions subies par des commerçants nepalais résidant à Lhasa (après la première invasion du Tibet par le Nepal en 1788). Le Népal souhaitait se reapproprier les territoires situes au nord des passes de Kodari et de Kyirong, qu'il avait ete forcé de rendre au Tibet en 1792. Ces deux sources de dissensions poussèrent le Nepal à declarer la guerre au Tibet en 1854. La guerre aboutit à une impasse et un arrangement {ut conclu par le Traité de Thapathali en 1856. Les deux parties confirmaient leurs relations speciales à l'empereur de Chine, le Nepal convenait d'assis11

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je me mis à lire.

tentati~s népalaises de contrôler des populations bhotiya *, d'autant plus instables qu'excentriquement installées, voici les traits marquants de l'image de Walungchung gola telle qu'elle se dégageait du récit que

__

Il avait été écrit par Rudra Bahadur Khatri, juge à la cour de Chainpur, et ce n'est pas le moindre charme de cette lecture que de nous faire bénéficier, tout à la fois, d'un véritable recueil de notations ethnographiques redevables à un brahmane curieux d'un monde pour lui presque aussi exotique que pour nous, et à l'envers de ses descriptions et de ses commentaires, de nous faire découvrir un homme ouvert, intéressé, tolérant, promenant un regard à la fois curieux et bienveillant sur ce qui semble fait pour le surprendre et peut-être pour choquer un de ses semblables. Mais pas lui, qui essaye de comprendre, sans pour autant, comme certains de ses compagnons, chercher à profiter des situations qui se présentent à lui: par exemple, le sentiment tibétain de la dignité ne retient pas certaines femmes de se livrer au plaisir avec les dignitaires népalais au su de leurs maris qui n'y trouvent rien à redire. Khatil, lui, s'abstient de ce piment, son goût de l'existence est plus tranquille, mais il ne stigmatise pas ceux de ses compagnons qui se plaisent dans un tel commerce: de toutes façons, il faut se donner du mal pour « trouver comment passer le temps ». Lui sait

s'amuser des divertissements de ses camarades, par exemple lorsqu'ils constituent un tribunal pour rire, chargé de décider si oui ou non l'un d'eux s'est rapproché d'une porteuse tibétaine à la faveur d'une
ter le Tibet en cas d'invasion mais, en échange, le Tibet acceptait de payer un tribut annuel pour permettre aux commerçants népalais de résider et d'exercer librement leur activité à Lhasa. Le Tibet acceptait que les produits népalais entrent sans droit de douane. En dépit de cet accord, les relations entre les deux pays ne s'améliorèrent pas pendant le reste du siècle. " . Nom donné aux populations népalaises d'origine tibétaine et vivant dans la partie himalayenne du Népal. 14

averse. Cela n'èmpêche pas Bahadur KhatrI de se montrer sincèrement touché de l'aimable hospitalité d'une jeune femme tibétaine vivant seule, avec laquelle il prétend pourtant s'en être tenu à son abstinence coutumière. Ses joies et son bonheur, il les trouve dans des excursions au hasard desquelles, curieusement, il peut être saisi d'un sentiment de la nature mêlé de frissons religieux, dans l'estime et l'amitié dont l'entourent ses pairs, et dans les récits et les explications que lui prodiguent les natifs de la région. Mais ce contact avec la réalité bhotiya des brahmanes et des che tri de la délégation népalaise ne se limite pas à ces jeux et à ces loisirs. La cuisine et la toilette sont l'occasion de réveiller les obsessions d'une religiosité élémentaire qui tourne autour de la pureté. La cuisine, en particulier, est le creuset où s'inaugurent les comportements d'évitement et de rejet. Comment pourra-t-on survivre dans un pays où même l'eau est souillée de la graisse animale qui sert à colmater les brèches des récipients en bois utilisés pour la transporter? Finalement, c'est dans la bonne humeur qu'on consent aux dérogations indispensables: «d'abord la santé, ensuite la pureté ». Ainsi, cette confrontation ethnique produit-elle immédiatement, du côté népalais, des effets probablement éphémères. Du côté tibétain, une altération sensiblement plus profonde, mais s'effectuant sur le long cours, viendra remettre en question la polyandrie et la «liberté sexuelle ~~des femmes. Il faut apprécier ici comment le désir de s'intégrer à une classe dirigeante étrangère (la népalaise) inculque aux impétrants une nouvelle notion de leur dignité. Ce même mouvement d'assimilation a transformé d'anciens habitants de Walungchung gola en propriétaires terriens ou en négociants dans le Terai~ comme il a poussé l'ancien chef du village Igowa) à résider à Kathmandou. Or, sur cette dissolution de la communauté ethnique de Walungchung gola, une lumière nou15

velle est jetée: le traité de Bahadu~r Khatri nous informe du rôle dont fut investi le gowa par l'administration ra1J-alors des négociations tibéto-népalaises en échange de certaines concessions territoriales. Ici, un chf!f coutumier est devenu pour une part un agent de l'Etat, tout en gardant une grande liberté de manœuvre. L'éloignement lui permet largement d'échapper au pouvoir central. Par ~ailleurs, et indépendamment de l'État népalais, le gowa reste par la coutume proprement tibétaine, le préleveur et le bénéficiaire d'autres impôts sur les personnes (et ceci, de chaque côté de la frontière), ce qui lui confère une indépendance financière beaucoup plus grande que celle des chefs népalais ou des chefs !imbu locaux. La délégation népalaise ne parvient pas à contrôler cette circulation d'argent, renforcée encore par le « commerce noir ~~ intensif entre les villages tibétains et népalais de ce côté de la frontière. Dans ce rôle charnière, ce n'est pas seulement par rapport à l'État népalais que le gowa préserve son autonomie ,. il en acquiert également par rapport à sa propre communauté eth!!i~ue en tant qu'agent de renseignement pour les RarJa et que maître du trafic qux frontières. A l'occasion de la confrontation avec l'Etat népalais, mais indépendamment de son contrôle, nous voyons se développer un principe de corruption beaucoup plus intime à l'ethnie que celui qui résulte de l'asservissement au pouvoir central. Le sens de certaines structures ethniquement définies se trouve détourné du fait de situations stratégiques inattendues. Le mécanisme de corruption est coextensif au développement de la sphère des rapports sociaux monnayés. A l'inverse, des structures archarques de chefferie qui auraient pu disparaît!:.e complètement ou perdre leur sens (comme les subba !imbu), ont réussi ici, non seulement à se maintenir, mais à prospérer, en intégrant une partie du dynamisme propre au mouvement de la marchandise. 16

Voici tout d'abord la traduction du traité de Rudra Bahadur Khatil. Je donne l'original népalais dans son intégralité, bien que j'aie écourté dans la traduction certains passages (paragraphes 18, 19, 24) d'un intérêt mineur pour mon propos. Quitte à renoncer à la fluidité de l'expression française, la traduction essaye de conserver le mouvement de la phrase népali. Je n'ai pas voulu. perdre ce mélange de fraîcheur et de gravité qui fait le ton inimitable de Khatri et qui mêle les remarques prises sur le vif, l'émerveillement parfois enfantin, les réflexions philosophiques et les retours au sérieux de l'homme de loi.

17

CHAPITRE

l

Mero Bhot. Dosandhlko

Anubhav

par Rudra Bahadur KhatrI
Mon expérience du règlement des questions frontalières au Tibet

1. - Bhot-Dosandhi-3 :
Frontière tibétaine
Sous le règne de sa Majesté, le roi Surendra Bir Bikram Sahadev, en l'an 1911 B.S. 11854 A.C.), une guerre eut lieu entre le Tibet et le Népal. A cette occasion, un traité fut signé entre les deux nations, le lundi 1er du mois de mars-avril (cait), en 1912 B.S. Ce traité, composé de dix articles, est connu aussi sous le nom de ahadnama. Toutes les questions relati3. Dosandh : frontière, limite entre cieux pays; composé de do Ideux) et de sandh Ifrontière). Bal Candra Sarmi dans Nepali 8abdakaS 12019, p. 528) donne: 1} limite marquant la séparation entre deux royaumes, frontière; 2} limite marquant la séparation entre deux terres appartenant à des clans différents; 3} dilemne ; 4} deux sortes de pouvoirs différents, état et règles douanières entre les deux. Dans le titre, mero est traduit par «mon expérience... L'aj.lteur veut en effet relater non seulement une expérience personnelle, mais le résultat de négociations auxquelles il prit part à la fois personnellement et en tant que juge à la cour de Chainpur. 19

ves aux deux nations devaient trouver une résolution dans ce traité. La copie en est donnée dans ce livre. Les conflits et les querelles de cette époque entre les habitants des deux pays frontaliers, furent examinés dans l'article 7. Chacune des deux nations déléguait ses propres officiers (aphisar kha(ëli) sur place. Ceux-ci créaient des cours et rendaient la justice en mettant sous garde les deux parties à la fois, plaignant et accusé (vadipranvadi). Ces cours siégeaient bien plus d'une fois l'an. En hiver, pendant les chutes de neige, les officiels avaient l'habitude de s'arrêter et de reporter les travaux à l'été suivant, afin de se protéger des intempéries. Ces travaux avaient généralement lieu depuis le mois d'avril-mai (baisakh), jusqu'au 15 du mois d'aoûtseptembre (bhadra, 30 aoûtl; on les a appelés bhotdosandhT, frontière tibétaine. En ce temps-là, toute affaire à traiter entre l'Inde anglaise et le Népal était dirigée par un bureau administratif (munszkhan(4) à la frontière sud du Teraï, tandis que la partie tibétaine était du ressort d'un gouvernement (jaisikotha) installé dans la région des collines. Des fonctionnaires étaient délégués dans des bureaux aux frontières (gaü4a) orientales et occidentales, et ils traitaient au nom des deux nations. Pour les régions de l'est, les ordres venaient de Dhankuta, qui comprenait à cette époque quatre districts: Terhatum, TIiplejung, Chainpur et Dhankuta. Walungchung gola (Olangcung golal appartenait au district de Taplejung, c'est pourquoi le bureau du traité dut y être transporté. Etant donné l'importance de la situation, on envoya le gouverneur de district (ba4ahakTm) 5 avec un fonctionnaire (11akTm),leurs secrétaires (kharidar) et une escorte armée. On envoya également un fonctionnaire et son assistant de la cour de justice lamznTj6 de Taple4. Munszkhüna: bureau spécial du gouvernement de l'Inde s'occupant des problèmes administratifs, et politiques avant l'installation de la démocratie au Népal (B.C. Sarma, op. cit., p. 847). jaisi-Kotha. : département concernant les affaires étrangères (dans ce bureau sont entreposés tous les documents et papiers officiels concernant la Chine et le Tibet), ibid., p.390. 5. A pr~os de ces différents fonctionnaires, voir ch. II, note 41. 6. Aminz : «les cours de justice aminl sont apparues tardivement en pays limbu, sans doute sur le modèle de celles qui existaient dans 20

jung ainsi qu'un juge-conseiller (hicari-taha.rir), de Chainpur. En 1989 B.S. 11932 A.C.), les travaux du traité ne purent être organisés car l'officier (aphisar) délégué par le Tibet n'avait pu gagner son bureau. Par conséquent, l'année suivante, en 1990 B.S., on envoya une délégation du bureau,4.u district, composée de l'assistant (assistent kharida.r) Sri Lak1?mTPrasad Upadhyaya, accompagné d'un officier de l'armée (subedarL muni de pouvoirs spéciaux, et d'un sous-officier (havaldar), ils avaient vingt soldats avec eux. De la cour de justice de Taplejung, on délégua le lieutenant en fonction (hakim lephten) Sr! Janak LaI Shrestha, le juge Candra Prasad Shrestha, le clerc (nausinda) Qilli Prasad Lim.!)U, le sous-officier militaire (havaldar) Tejbahadur Karki, avec deux soldats. De

la cour (ada.lat) de Chainpur, on envoya un juge, moimême, Rudra Bahadur KhatrI, avec le soldat Manbahadur Khatn. Nous étions au total un groupe de trente et une personnes, et en cas de besoin, il était possible d'obtenir
le TeraÏ. En 1853, la cour (adâlat)) de Dhankuta, quartier général de l'administration népalaise, ainsi que celles de Chainpur et de Iliim, sont en place. Jusqu'au tournant du XIX'siècle, il semble que ce soit les seules. A partir de 1900, l'administration judiciaire s'étend dans les collines. Des postes militaires (thana) se mettent en place dans chaque district. Ils ont à leur tête un capitaine ou un lieutenant. Ils comptent en moyenne une trentaine d'hommes armés. Ces chefs de postes, assistés d'un secrétaire (kharidiir), sont habilités à tenir ces cours de justice (amlnT). De fortes limitations concernent toutefois leurs arrêts et ils agissent sous le contrôle constant de la cour (adalat) de Dhankuta. Une telle cour s'installe vers 1903 à Dhoban pour être transférée vers 1908 à Taplejung. Les premières années sont difficiles. Les. Limbu réglaient encore leurs conflits très souvent selon la coutume traditionnelle: combats alignés, raids avec prise d'otages, arbitrage pour l'obtention d'une compensation. Ou bien, ils faisaient appel au thana pour faire basculer les équilibres politiques. Recevant les plaintes (nibediin) locales, la cour de Taplejung fut amenée à imposer ses arrêts dans des cas d'adultère, de meurtre, d'inceste, de vol à main armée, etc. La loi népalaise commençait à s'exercer sur le terrain~, note communiquée par P. Sagant. AmlnT: en Inde, cour de justice de type inférieur à la cour aaalat ; 2) celui qui est chargé de mesurer la terre et de régler tous les problèmes de propriété. Adiilat : !Jureau du chef de l'organisation des affaires concernant la justice. Sarma., ibid, et voir aussi note 18, et Mera Bhat, S 11.

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