LES PEINTURES MURALES DES FEMMES KASSÉNA DU BURKINA FASO

De
Publié par

Cet ouvrage permet de découvrir les procédés et les techniques que les femmes Kasséna du Burkina Faso mettent en œuvre, chaque année, après la saison des pluies, afin de réaliser le décor peint de leurs habitations. Il offre aussi la possibilité de saisir le sens des signes utilisés dans ces décors. Un ouvrage largement documenté de photographies et de croquis.
Publié le : dimanche 1 juillet 2001
Lecture(s) : 182
EAN13 : 9782296226814
Nombre de pages : 122
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

LES PEINTURES MURALES DES FEMMES KASSÉNA DU BURKINA FASa

Collection Les Arts d'ailleurs Dirigée par Dominique Berthet, Dominique Chateau, Giovanni Joppolo, Bruno Péquignot

Cette collection s'adresse à tous ceux qu'intéressent les formes d'art qui ont pu émerger ou émergent encore à l'écart du champ artistique dominant. Non seulement les arts dits premiers (africains, océaniens, etc.), mais toute manifestation d'art contemporain où une culture « non occidentale» s'exprime - art de la Caraïbe, d'Amérique du sud, d'Afrique, d'Asie... et d'ailleurs. Les livres de la collection, monographies ou traités, développent une approche ethnoesthétique, historique, philosophique ou critique.

Michèle TOBIA-CHADEISSON, Le fétiche africain. Chronique d'un « malentendu )J,2000. Marlène-Michèle BITON, L'Art des bas-reliefs d'Abomey. Bénin / exDahomey, 2000. Dominique BERTHET (sous la dir.), Les traces et l'art en question, 2000.

Jacques PIBOT

LES PEINTURES MURALES DES FEMMES KASSÉNA DU BURKINA FASa

L'Harmattan 5-7, me de rÉcole-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Inc. 55, me Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y IK9

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italin Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

~L'Hannattan,2001 ISBN: 2-7475-0865-X

Ce travail n'aurait pu se faire sans l'aide et la participation précieuses des amis qui sur place ont été nos hôtes, nos guides et nos interprètes auprès de la population kasséna.
Nous tenons à remercier Ludovic Kibora qui, à Ouagadougou, a mis au point notre séjour au village de Kaya et nous a aidé dans notre approche des peintures, à Kaya toujours, Mamadou Akandoba Kodjori qui nous a offert l'hospitalité dans sa concession et nous a guidé en brousse à travers les villages proches, à Tiébélé, Cyril Dandiga Kouhizoura chez qui nous avons séjourné, et grâce à qui nous avons étudié les décors de la concession royale Koutou Ouélé, pour sa précieuse collaboration dans l'interprétation des signes, ainsi que Issouf Mission et Émile Atiampo ApeUra. Nous remercions également la population de la province du Nahouri pour son attention à notre projet et plus particulièrement les femmes sans
.

lesquelles ce travail d'enquête n'existerait pas. Remerciements à tous.

La documentation photographique, les illustrations et les croquis sont de Jacques Pibot; la mise en page est de Solange Chauvet.

SOMMAIRE

Avant-propos Introduction

Il 15

Chapitre 1 Le substrat bâti Chapitre 2 Les signes Chapitre 3 Technique traditionnelle aux pigments Chapitre 4 Technique contemporaine au goudron Chapitre 5 Le système décoratif Chapitre 6 La fonction du décor

19

25

45

57

67

99

Conclusion

111 115 121

Notes Bibliographie

ALGÉRIE

MAURITANIE

MALI NIGER

NIGÉRIA

1

- Le

Burkina Faso

AVANT-PROPOS
C'est au cours d'un premier séjour à caractère touristique au Burkina Faso1, pendant le mois de Février 1997, que nous avons pu prendre connaissance, en nous rendant dans la province du Nahouri, de l'existence kasséna2. des maisons peintes du peuple

Partis tôt le matin de Ouagadougou avec une voiture de location et un chauffeur nous avons atteint, par la route nationale cinq qui était alors en très mauvais état, la petite ville de Pô à cent cinquante kilomètres au sud de la capitale. Pô qui n'est guère plus qu'un gros village doit son importance à la superposition principalement de trois éléments, elle est à la fois: d'une part, ville frontière avec l'ancienne Gold Coast, aujourd'hui le Ghana, d'autre part, ville de garnison de commandos militaires d'où partit la révolution sankariste, et enfin, chef-lieu de la province du Nahouri qui doit son nom au pic du Nahouri, mamelon granitique culminant à 447 mètres au-dessus d'une savane arborée dans le sud-est proche de la ville. À peine sortis de Pô sur la route qui conduit à Tiébélé, déjà les premières maisons peintes apparaissent. Après la relative monotonie du pays Mossi aux villages de paillotes, c'est soudain une autre architecture qui anime le paysage. Les concessions disséminées dans la plaine entre les collines qui affleurent çà et là regroupent de nombreuses cases en terre, aux formes organiques et aux toits en terrasse. Un mur d'enceinte, peu ou pas d'ouverture, donnent un caractère défensif à ces constructions édifiées au bord de la piste de latérite ou plus en retrait vers la brousse. La plupart possèdent des peintures murales ou, le cas échéant, des traces encore visibles de décor. Jusqu'à Tiébélé qui était l'objectif que nous nous étions fixé, car considéré comme le haut lieu de la peinture murale kasséna,les concessions allaient nous permettre

de voir à quel point cette pratique du décor s'avérait encore bien réelle. Ce premier contact visuel, approfondi par la visite de deux concessions, nous apportera la conviction qu'il y a dans cette forme de décoration plus qu'un embellissement de l'habitat mais probablement une source de connaissance de la culture kasséna et de son évolution. Aussi, à l'automne 1997 grâce à un congé formation accordé par le ministère de l'Éducation Nationale française, nous retournons dans cette région pour un séjour d'étude de deux mois. Après un vol de quelques heures, l'avion nous dépose à Ouagadougou, puis il nous faudra une bonne semaine pour mettre au point la logistique du séjour. Il faut retirer une autorisation d'étude au Centre National de la Recherche Scientifique et Technique, un visa à l'ambassade du Ghana, rechercher un guide interprète et mettre au point les modalités de la vie au village. Enfin, il faut louer une mobylette, véhicule idéal pour sillonner la région des peintures. Dès les premiers jours de novembre, c'est en taxi-brousse sur le toit duquel est chargée la mobylette que nous nous rendons à PÔ, d'où va s'organiser l'étude des peintures. En fait, nous séjournerons dans trois lieux différents et tout d'abord dans le petit village de Kaya, chez Mamadou Akandoba qui sera notre hôte guide et interprète. Après la visite au chef du village, à qui nous remettrons en cadeau du tabac et quelques noix de cola fraîches, nous aurons une case et sa cour attenante à notre disposition. Nous y vivrons à l'africaine et partagerons les repas, préparés par les femmes, avec les hommes de la concession comme le veut la coutume. À partir de ce village l'étude se portera également sur Tangassoko.

12

GHANA
2

-

Le pays Kasséna au Burkina Faso

et au Ghana, s'étend entre les villes de PÔ, Tiébélé, Ziou et Paga

13

Après ce premier séjour, c'est à Tiébélé chez Cyril Dandiga Kouhizoura que nous serons reçu dans les mêmes conditions d'hospitalité et de là, nous rayonnerons vers Guenon et, plus loin, presque en pays nankana, jusqu'à Guelwongo. Grâce à Cyril et après la visite aux chefs traditionnels nous aurons accès à la concession royale de Tiébélé dont il est lui-même issu. Enfin la dernière partie du séjour d'étude se fera à Pô. Basé à «Mantoro», petite auberge de brousse, nous visiterons et étudierons les villages de Pounkuyan, Banon et Languerou. À Pô, c'est Émile Atiampo qui sera notre guide et interprète. Les fêtes de Noël mettront un terme à ce séjour trop bref compte tenu de la densité du corpus qui s'offrait à nous mais également eu égard à l'extrême gentillesse de la population kasséna qui nous a spontanément et sans détour apporté sa contribution.

14

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.