Les rapatriés d'Indochine

De
Publié par

Publié le : lundi 1 janvier 0001
Lecture(s) : 161
EAN13 : 9782296278356
Nombre de pages : 524
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

RAP A TRIÉS D'INDOCHINE
Un village franco-indochinois en Bourbonnais

PIERRE-JEAN SIMON

RAPATRIÉS D'INDOCHINE
Un village franco-indochinois en Bourbonnais

Éditions L'Harmattan 7, rue de l'École-Polytechnique 75005 PARIS

Publié avec le concours du Centre national de la Recherche scientifique, ce volume est le troisième d'une collection du Centre de Documentation et de Recherche sur l'Asie du Sud-Est et le Monde insulindien, C.N.R.S.lE.H.E.S.S.

@ L'Harmattan, 1981 ISBN: 2-85802-195-3

A

la

mémoire

de

Roger

Bastide

DEUXIEME

AVANT-PROPOS

Les vicissitudes de l'édition des ouvrages en sciences sociales dont le caractère spécialisé et la lecture inévitablement quelque peu austère, ne semblent pas, d'emblée, devoir attirer un très vaste public,
font que cette étude terminée en 1972

-

et

basée

sur

une

enquête

de ter-

rain datant de 1965 - ne paraît qu'aujourd'hui. (Une publication à tirage restreint et destination universitaire en avait été toutefois réalisée par le service de publication des thèses de l'Université de Lille III en version, un peu allégé 1974 ; ce texte initial a été, dans la présente
et remanié) .

Les problèmes dont nous parlons ici ont pris cependant depuis quelque temps une singulière actualité, puisque les. "rapatriés d' Indochine", naguère perçus comme les derniers vestiges de la colonisation française en Asie du Sud-Est, apparaissent désormais, rétrospectivement, ce que nous ne pouvions guère alors prévoir, comme la première vague, celle qui suivit la guerre française, des réfugiés des pays d'Indochine. Ces rapatriés étaient, certes, par définition juridique, citoyens français,
ayant à être par conséquent dans des la droits accueillis ce "mère-patrie". que n'ont pour le pas leurs successeurs cependant,

-

reste,

comme

on le verra, beaucoup d'entre eux n'étaient la citoyenneté, mais non par la nationalité partenance à un peuple par la culture, la
la mémoire collective. Eux aussi

français que par, justement, si l'on entend par là l'aplangue et la participation à
dans des conditions généra-

les fait subir

bien

que

lement quitter tiques France sus de

moins leur qui la

dramatiques pays d'origine suivirent. et

que du Et

réfugiés de la tant

d'aujourd'hui guerre gré, mal et des gré expatriés, un ou moins

ils

avaient durent

dO. polien

changements certain

comme

d'autres et, plus

s'acclimater, déculturation A après des

s'adapter,

bon

proces-

d'assimilation la France américaine Viêt-Nam, il y

bien,

s'intégrer.

liers, suivie, te l'on

l' heure où la guerre réfugiés des assez loin, du

accueille et les du

désormais par dizaines de miltragédies politiques qui l'ont et de du Laos, une cetteprécédenimportance que revêt ainsi

Cambodge années,

expérience était

rapatriés

d'Indochine a quelques

soupçonner.

Dans le même temps, les sciences sociales en France, après les avoir longtemps négligées et non sans, d'ailleurs, qu'y subsistent les plus vives réticences, s'orientent vers la prise en considération de ce genre de questions: situation des réfugiés, des étrangers en général,

II

des minorités. Autrement dit vers ce qui depuis longtemps ailleurs et notamment aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, constitue le champ de ces études, certes pas parmi les moins essentielles à la connaissance du monde moderne, de sociologie des relations inter-ethniques. Sans, bien entendu, que soit négligé son abjet spécifique, c'est dans ces perspectives actuelles que l'on aimerait que cet ouvrage soit aujourd'hui reçu.

Juillet 1981

PREMIER

AVANT-PROPOS

Dans humain chacun et au des sein des

une étude
duquel amitiés, on rapportés

du type
a toute le nombre

de celle-ci,
année des vécu à la et

qui


porte
beaucoup des

sur
des

un groupe
faits et ou visages

propos

évoquent

mémoire

noms, d'une

des

souvent

personnes

à qui,

manière

d'une autre, possible de

l'on est les citer ici

redevable, est beaucoup trop toutes. Aussi est-ce dans un

grand pour remerciement

tif à tous
que nous titude. résidente du fait de servatrice Nous

les habitants
tenons Noyant plus la des

-

les

anciens

et

les nouveaux
l'expression qui pour ses elle fonctions les

-

qu'il soit collecde Noyant,

voudrions de

prier chacun de Madame à y associer est pas moins avec à la vie humaine

trouver Geneste de par

de notre gran'être pas une et nous surtout une oba tout à

n'en

sympathie

laquelle

exerce, elle

attentives

noyantaise

au long de notre séjour beaucoup aidé. Si cet ouvrage a quelqu'intérêt, que ceux qui nous ont apporté leur concours sachent que c'est d'abord eux qu'il le Le précis à la notre réflexion part formé doit. Professeur de son la des Roger Nous oeuvre certaine Bastide été nous image que a suivi son que élève, peu avons ce travail et à peu et c'est les nous depuis en bonne thèmes nous ses de que

imnos pour nous

commencements. et" aussi

avons

partie

trouvé

recherches

sommes

disciplines

sociologique

ethnologique,

nous essayons ges Condominas, sance ment fidèle dont voulu temps toujours cier ici. confiance observations. et son intime, où bien nous en cela des ne

à pratiquer. qui plus de lui à s'est Il quoi avons la

C'est dir0 notre dette à son égard. que tout autre sait, pour en avoir une parlons part de s'est déjà jamais qu'il néophytes sui te ici, notre comme ont nous a dès tout eu à le début, sa projet, marqué lui M. savoir Lucien

M. Georconnaisle moet

nous fait règle

dès

confiance, fixée gré. Cette a bien ses son ses

naturellement

chercheurs par n'a et la certaines attention,

démentie.

Bernot

relire

parties pas non et pertinentes

du manuscrit et plus, en d'autres avons à chaque Nous remarques.

nous faire occasions, fois tiré voudrions

part de ménagé profit l'en de

nous

précises

rèmer-

Ida Simon-Barouh a été de bout en bout associée à ce travail. L'enquête de terrain a été menée en équipe - cette forme un peu particulière mais qui sans doute en vaut bien d'autres, de l'équipe-couple et les informations et observations qui apparaissent ici sont dues aussi bien à l'une qu'à l'autre d'entre nous. De la même manière, si la responsabilité de la rédaction en sa dernière formulation n'incombe_qu'à moi-même - et donc celle des erreurs et surtout de l' inévi table part,

IV

en et dans

sciences du reste les

humaines, bien d'un

de

l'interprétation de prétendre que faire nous travail

personnelle au avons juste

la

il part

serait de et

vain, chacun fait

inutile

résultats

toujours

voulu

ensemble.

On voudrait enfin s'excuser, auprès du lecteur, d'au moins deux choses. DU caractère souvent bien prosaique d'abord de cette étude, qui ne se pare pas, comme d Iordinaire les études d'ethnologues, d' aucun des charmes ambigus de l'éloignement géographique ce que nous décrivons ici, tout un chacun ou presque peut, s'il lui en prend l'envie, aller le voir sur place sans grand frais ni perte de temps. De ce que, par ailleurs, l'histoire dont nous parlons est une histoire triste. On y évoque des pays en butte depuis plus d'un siècle aux visées impérialistes de l'Occident et depuis vingt-cinq ans couvert de ruines, de cendres et de mort par une guerre barbare dont, à ce jour, on ne voit pas la fin. On y parle de victimes sans éclat et qui bien souvent furent complices de leur propre oppression. On y rencontre peu de gens qui soient heureux. On y n' voit guère non plus fleurir les vertus de la fraternité humaine. Nos disciplines ne sont pas de celles que l'on puisse pratiquer sans risque d'avoir jamais à en rire ou à en pleurer: il était sans doute difficile d'éviter tout à fait que ne passe dans ces pages quelque chose de ce goût de poussière qui nous est resté.

Mai

1972

tre 61 Monde

National (Centre

L'étude de terrain de la Recherche de documentation

a été effectuée grâce Scientifique dans le et de recherche sur

à une mission du Cencadre de la R.C.P. n° l'Asie du Sud-Est et le

Indonésien).

INTRODUCTION

Noyant d'Allier et les rapatriés d'Indochine

On suit ici la de sur

passe

peu de la sur

par

Noyant.

La laisse et et

route son rares

de bourg

Moulins

à Montluçon à

qui

vallée mètres, les en

Queune, la

à droite, les

quelques qui coin se du

centaines hasardent Bourbonnais, ou un de jour la

colline,

sont

voyageurs de villages ce

départementales des églises des des

les

chemins au coeur

vicinaux des

quête

romanes Si

déserts on prend

sérénité l'une ou

sauvage l'autre

forêts. petites

d'aventure, sinueuses

pourtant, qui

routes
--

y

conduisent vives où

à travers
paissent collines, présents tout des jour

une calme
les boeufs

campagne
blancs du

en bocage
Charolais,

prés

cernés

de haies
de

ruisseaux

bordés

peupliers,

paysages en nous de

à maints depuis

égards les

si typiquement"

français" livres du bourg, c'est un

, si familiers,

images

de nos
tout près

d'enfance dans

les de

on

est

étonné corons de

découvrir

soudain,

allées
matin,

tristes sur et

deI 'ancienne la la place pompe même

Mine, du

ou si
bourg,

mercredi

marché,

entre

leporche Visages horizons,

l'église,

l'épicerie-tabac chapeaux de langues d'une côniqueset étranges

à essence, associés

l'exotisme. à d'autres

d'ailleurs, sonori tés

vêtements à nos

oreilles,

c'est

tout

à coup

unpaysage juxtapose

humain, dans

reflet un

Indochine, insolite au

ici

extrêmement local.

lointaine,

quise

contraste

paysage

Là village.

n'est

pas, de

cependant, cet îlot pas du

le

principal au coeur

intérêt de la

de ce France

singulier est tôt vite diJ;

L'exotisme

asiatique ?

éventé
surtout ans

-

lequel
le

ne

l'est

-

et son
et de

pittoresque la pauvreté.

apparaît Depuis

comme

pittoresque de Rapatriés

malheur d'Indochine"

qu'un

"Centre

(1)

s'est

installé

chezeux,

1 - L'Indochine dochine de la temps française, péninsule sous la

dont

il

s'agit

ici les

c'est, trois

bien pays Cambodge France.

entendu, de et la Laos,

ce

qui

futl'Inorientale un

c'est-à-dire

partie

indochinoise, Viêt-Nam, "tutelle" coloniale de la

rassemblés

4

introduction

les Quant

gens aux

du

pays

n'en

sont si

plus, tant de

en est

tout

cas, y

au

stade

de

la

curiosité.

"Indochinois", les charmes

qu'ils

soient milieu

sensibles ne tardent

à leur
pas eux

arrivée, aussi jour

exotiques Reste pour

leur la les mais de

nouveau réalité

à s'évanouir. le jour. lieux souvent cadre

tous

quotidienne, àvivre.

la vie au
Comme en bien

C'est-à-dire du monde sans

surtout doute,

difficultés vient ces de

d'autres re mais

s'ajouterici

lanécessaiàleur de dis-

difficile d'existence dans le

adaptation si différent de

"personnes et

déplacées" les problèmes

nouveau la

l'ancien,

coexistence, la

village,

ces

deux

populations son sol et dans

tellement

semblables, et l'asiatique

bourbonnaise venue de si

enracinée loin.

dans

sonhistoire,

On Ce n'est pas,

perçoit certes,

l' originali le seul ni la

té,

et en

la complexité France où où

de vivent

cette des

si tuation. personnes des groupes

endroit seule sûr une

d'origine hétérogènes, géographique habitants

indochinoise, mais c'est

communauté l'une des

coexistent où,

à coup et dans de mars

localités de un faible peu plus

surun

espace

restreint au
--,

population dont

dimension de la

moitié

1934 de

recensement

1962,

rapatriés deux près
en

la diversité
--

ethnique

est la plus

grande. ville

C'est

l'une

des

seules de laquelle

avec Sainte-Livrade-sur-Lot, a été implanté
les plus de cadres

petite

du pays
--

d'Agen

un semblable
matériels

groupement
et socio-culturels

où se soient
de lavie

partie

reconstitués

indochinoise tement un

problème

et

précisément relations entre

viêtnamienne inter-ethniques,

et

et où se pose

concrè-

auniveau

de groupements

relativement

compacts,

Français

de

France

Asiatiques.

C'est le Centre des

dans

les L'Etat

derniers avait

mois cherché qui le

de

1955 des

que

fut pour pays

établi

à Noyant cer-

d'Accueil. ressortissants

locaux les

héberger de

tains

français alors

quittaient

l'ancienne commune de

Indochine

(principalement

Viêt-Nam

du Sud)

et la

Noyant,

qui depuis

le départ

de ses mineurs occuper

en 1949 était enquête avait accepté

d'une de les 1955.
années 1965.

population recevoir.
D'autres suivantes,

de remplacement Les premiers
suivront, avec des

pour

les corons, à Noyant
puis tout

rapatriés

arrivèrent
en 1956,

le 28 octobre
au long des

nombreux "pointes"

surtout et des

"creux",

jusqu'au

2 janvier

introduction

5

Mais
la le par des fin de la

qui sont,

au juste,
qui l'on a,

ces "rapatriés"
en France,

d'Indochine?
l'attention guère en

C'est
sur

guerre des

d'Algérie et

attiré

problème là que

rapatriés seuls

est

accoutumé
du Nord. Le

à ne
repli

entendre métropole ni isolé,

les Noirs

Français pourtant

d'Afrique pas
--

pieds

n'était

ensoi

unphénomène

nouveau,

mais vrai

seulement
--

un cas particulier phénomène
cours

d'une vaste
la

ampleur

considérable,

il est

d'un
en

beaucoup
la

plus
fin de de ce

lié au processus
guerremondiale, Dans le tous

de la décoou pour décoplus ou

lonisation mieux dire à ample,

depuis

deuxième

conséquence l'indépendance plus ou

directe

processus. a correspondu

lespays

lonisés, moins

politique étendu

mouvement, vers d'une de ces les

moins

dans

le temps,

de repli

"mèreslarge

patries", partie,

britannique, voire de la

belge,

néerlandaise des

oufrançaise, ressortissants

très Etats.

quasi-totalité

En à la suite des et (1).

ce

qui

concerne de

la

France, qui du

ce

repli fin de la

avait

commencé

en1954

Accords surtout à des la

Genève

mirent

à la
France passé

première
du pour Sud

guerre
Viêt-Nam

d'Indochine en le coup au 1955

à partir différence

retrait de ce qui

Mais

s'est

l'Algérie,

rapatriement moins contraire, par

ressortissants ne les s'est retours paquets" au pas

françaisd'Indochine, opéré massifs étiré gré des sur d'un de une seul coup.

d'ailleursbeauOn à a assisté,

nombreux, après

1955-1956, dizaine

un mouvement

d'arrivées encore pays au de statut

"petits

d'années

(et non dans les
relatives de

achevé

aujourd'hui), Indochine,

événements des

politiques gouvernements

l'ancienne des

des

décisions

étrangers, etc.

des

difficultés

économiques

croissantes,

l'insécurité,

On tive autour à ces de30

ne

dispose

d'aucune Les

statistique les

complète plus

et

précise

rela-

rapatriements. à35 OOOcitoyens

estimations repliés

sérieuses
de 1954

tournent
(2).

français

en France

à1965

b&ng
les

dans les derniers 1 - Déjà et de l'évacuation de divisions français de A du Général dont un furent

mois

de soient

1950, alors

à

la que

suite l'on sur

de la défaite s'attendait ledelta

de àce et

Caoque des d'en-

Lang-sdn, nombre hâte

Giap certain en

"lancées" d'épouses en envoyés

etHanol,

civils fants 2

viêtnamiennes France. pour lesautres

militaires de

-

titre

comparaison,

estimations

chiffrées

terri-

toires : Algérie: 927 000 ; Maroc: 213 000 ; Tunisie: 167 000 ;Afri; Egypte 7 300. Soit ill) total de que Noire et ~1adagascar : 6 200 1300000 (Le Monde, 27 novembre 1965). Sur les problèmes généraux des rapatriés en France, cf, J. Vacher-Devernais, L'avenir des Français d'Outre-Mer, Paris: Presses Universitaires de France, 1962.

6

introduction

Les lation ne doit rien pas

"Français

d'Indochine" Le il terme

constituaient en en usage fait

cependant officiel de

une

popu-

moins faire

qu'homogène. illusion;

rapatriés biendif-

recouvre

des catégories

férentes "vieilles citoyenneté

: métropolitains, colonies", française.

étrangers

européens des

naturalisés, Comptoirs,

Françaisdes Indochinois de

Eurasiens,

Indiens

Seuls blement concerne, fois, et rapatriés, que c'est pour des

les de

premiers, retour au

les pays

"Français natal.

de Il

France", n'y eut,

étaient

véri ta-

en ce qui les
(1). dans Sauf toute-

problèmes

individuels de ceux-là qui

de réadaptation que l'on retrouve avec une

quelques-uns ceux d'entre

les Centres indo-

d'Accueil,
chinoise"

eux

revinrent

famille"

.
Pour les Antillais, les Réunionnais et quelques autrescitoy-

ens

français

d'outre-mer

(Sénégalais, sur en place

Somaliens...), en était, vrai Indochine, la plupart

à peu
souvent

près

tous
à

anciens des

militaires du pays,

démobilisés la venue

mariés

femmes une

France qu'un

du

temps,

da-

vantage

nouvelle

émigration

rapatriement.

Quant Viêtnamiens Indochine chinoises, tôt, en

aux

Français

d'origine de

asiatique ou

ou de

mixte, Karikal

Eurasiens, établis en

naturalisés, (parfois

Indiens

Pondichéry générations), de citoyens

depuisuné

oudeux

épousesviêtnamiennes, français, il s'agit plu-

laotiennes, réalité, (2),

cambodgiennes Ils et

d'expatriés. en France fort eux

n'étaient l'image

jamais, qu'ils

dans

leur

immense

majorité bien

venus

s'enétaient

faiteétait, réali té : le naetc.) as-

souvent,

mythique, fut pour

éloignée De

en tout
langue

cas de

la etde

dépaysement tive ils asiatique étaient à la

complet. ou

maternelle cambodgienne, mais pas du très tout

culture tamoule,

(viêtnamienne, acculturés culture à des française

laotienne, divers, souvent

degrés et

rarement (les femmes

bien

similés

notam-

1 - Parfois avec prise

difficiles celle Européens ici les

d'ailleurs, des colonies qui y ont Viêtnamiens

l'Indochine françaises vécu. naturalisés

ayant qui

certainement leplus

été, d'em-

l'Algérie, sur les exclut

a exercé

2 - On sie nus

appartenant

àla

bourgeoide reve-

cochinchinoise, confortables.

réfugiés

politiques

disposant

généralement

introduction

7

ment)
(qu'ils

; profondément tendent patrie), Eurasiens,

attachés,

en

règle

générale, qu'ils s'écartant admis

à l'ont

leur

pays

d'origine comme sauf leur pour

à considérer, de types types

maintenant physiques

quitté, part,

véritable certains les leurs marque été

d'autre comme

des

communément

"français", jamais "Français ont posé

ce. qui d' ailà part et con-

inévitablement
considérés leur dans

ici comme
l'Indochine et leur très

"étrangers",
coloniale comme en

n'ayant
des

entière", tinuent est celle ou par

adaptation des côtés

intégration particuliers. de de bien

France Certes, d'autres les

à poser maints

problèmes comparable d'Algérie

leur

situation à

à celle et à celle

transplantés, politiques

des

Français

tous

immigrés,

économiques, se

notamment
posent Mais de en

ceux

venus
analogues de leur

d'outre-mer:
pour cas tous

un certain
les le

nombre

de

problèmes les part, de

termes

déracinés, fait : ils que,

tous
d'une

dépaysés. il s'agit les

l'originalité citoyens des un

tient

dans allogène

français Français
cul

d'origine

jouissent rapport entre au la

tous

droits

autres net

mais
turel

présentent

par

milieu

métropolitain et Noirs,

écart

(cette
les

distorsion

citoyenneté des Pieds

l'appartenance par entières exemple), ayant

cul turelle, et dû que,

différencie part, pays l'on

notablement a affaire ici

d'autre leur

à des motifs çais parmi des mans

familles

qui tter (ce qui tels

d'origine

pour

des

essentiellement d'outre-mer lesquels on vivant trouve

politiques en métropole,

les différencie les Antillais

des autres ou

Fran-

Réunionnais,

surtout ou pour sont

des leurs dans

célibataires études). une Seuls

venus
les

en

France

pour
Musul-

raisons d'Algérie

économiques (les

Français

Harkis)

situation

similaire.

Ce majorité au

sont

ces

"Français de

d'Asie" Noyant,

que avec

l'on un

retrouve

en nombre

très grande d'Europé-

Centre

d'Accueil

certain

ens et d'Antillais

et Réunionnais

maries

à des femmes

indochinoises.

A Indochine disposaient effet, tériel dès des

tous

ceux de

de

ses

ressortissants presque suffisantes, d'apporter fut créé

dépaysés

qui

arrivaient

d'-

chargés pas 1955, de

familles,

toujours l'Etat son (i),

nombreuses,
français aide. qui

et
s'est

qui ne
vu, en

ressources

dans

l'obligation d'Indochine

Unservice en

minis-

Rapatriés

établit

1955 et

1 au de

-

Il

fut

rattaché d'Etat i961,

successivement aux Rapatriés en supprimé

aux Affaires (créé puis lors de 1964),

Etrangères,à du nouveau à

l'Intérieur, l'Intérieur.

Secrétariat septembre

remaniementministériel

8

introduction

1956

des

Centres Le

d'Accueil Vigeant ont été harkis)

à Noyant, (Vienne) et en

Sainte-Livrade-sur-Lot, Saint-Laurent-d'Ars par les rapatriés à leur

Bias (Gironde).

(Lot(Les

et-Garonne), trois être seille cette des derniers réservés ou aide Centres. ils

évacués

1962 en

d'Indochinepour

aux

.

Prises

charge

débarquement comme provisoire, indemnités

à t4arnécessitant

Orly,

les

familles hébergées, accordait dans

rapatriées à titre si en

considérées principe était des

étaient On

dans un
desubsis(alloca-

leur

besoin

tance, tions

étaient

guidés sécurité

leurs

démarches écoles, d'un

administratives etc.) et et devaient d'un

familiales, aidés

sociale, recherche

être,

en

principe,

dans

leur

travail

logement

défi-

nitif.
de quoi

Il s'agissai~en
subsister leur dans pendant

bref,

de leur donner
temps, étant et

à leur
de

arrivée

un

toit et
quepos-

quelque le but visé

faciliter

autant

sible rapides

adaptation, la société

l'intégration

et l'assimilation

française.

Cet ressortissants princip~ que cette le rons permis vrade, 1er à dix aidés ans

accueil français ni

a pris venant à

fin

officiellement ne en il y

le31

décembre

1964.

Les

d'Indochine leur de le arrivée Genève Centre une somme

sont
France. avait

plus
Il lieu

désormais,
a été de considéré fin

en

hébergés les

après En 1966.

Accords

mettre a été

à

action. juin leurs à des quant où

conséquence, La vente par de pour

d'Accueil modique de la Le

de des

Noyant

fermé co-

logements

des

occupants, Indochinois à lui, furent comme avait

l'intermédiaire demeurer

commune, Centre encentre des de

a cependant
Sainte-Li-

à Noyant.

été

transformé toutes les

dès 1962 familles

d'héberqement d' Indole chef permas'agisse Cecende la Po-

définitif, chine était nents, de tre

réunies

rapatriés celles des dont

considérés dans soit ou pris

non-intégrables, de trop travailler, âgé, invalide

c'est-à-dire au moins ou dans

l'incapacité qu'il de soit mères en

emplois

malade, de

soitqu'il enfants. Services

veuves a été

célibataires au 1er

chargées janvier 1966

nombreux les

charge des

par

pulation

(Ministère

Affaires

Sociales).

Notons
ce point par par la

tout
suite

de suite

--

nous

aurons

l'occasion
de l'Etat guère aété

de revenirsur
diversement c'estla

-

que

cette Ce

assistance qui n'est aux

appréciée différence celle qui

ses

bénéficiaires. l'aide qui a été

discutable,

entre a été

apportée

Français de Français

d'Indochine
d'outre-mer,

et

apportée aux

à d'autres

catégories puisque

particulièrement

Français

d'Algérie,

les "Indochinois",

bien

introduction

9

qu'ils le terme

aient de la dans

toujours "rapatriés qualité la

été

désignés

dans ne

les se

documents sont telle une pas

administratifs vus reconnaître, avait qui des été

par en dé-

d'Indochine", officielle de 1961, les autres, de

réalité, finie

rapatriés sauf pays ceux, de

qu'elle minori té, pour venus ils

loi-cadre ayant

ont été
motifs en plus

considérés directement France de pour

comme

quitté Les

l'Indochine dit, sont

politiques. des ni est de raisons

a-t-on

ourevenus n'avaient

principalement là-bas, s'agit du mais

économiques: politiquement

travail Il

ressources qu'il

ils

auraient
trèsrestric-

pu

rester. tive d'une les des

évident

là d'une de

interprétation la loi-cadre des citoyens du Sud de

textes,

notamment discutable

préambule de du la moins

1961 français

(1) et
dans

appréciation Etats de

situation le

l'ex-Indochine,

Viêt-Nam

depuis

1956.

Ils condition l'étranger, patriement démunis, patriement jours des été premiers que

furent n'importe

placés, quels de

du

point

de

vue

juridique,

dans

la même qui, à
leur ra-

autres

ressortissants demandent accueilli légale à un

français, consulat, les Centres

dépourvus en mais et métropole. il n'y

ressources, On a certes pas leur de base

dans à cet dans

les plus

avait qui

accueil. Centres

Leur ont

ratou-

l'aide de

a été

apportée

les

l'objet

simples de

règlementations la décolonisation,

administratives. ces règlements

S'agissant ont été

rapatriements

improvisés,
des sée par en

en référence,
qui et Par des la que

plus

au moins,
choisi

au
de

précédent
quitter

un
leur

peu

lointain
pas-

Alsaciens-Lorrains à l'Allemagne

avaient

province se

l'Etat les

avait

largement

laissés prises au été

débrouiller duretour

eux-mêmes. métropole

suite,

dispositions ne leur

moment

Français

d'Algérie

ont

pas

appliquées.

1 ments de

"Les

Français placé nationale les

ayant un sous

dû la

ou

estimé oû

devoir ils le concours

quitter

par et

sui te qui ou en

politiques France, dans

territoire bénéficier affirmée

étaient

établis protectorat de l'Etat, de la loi."

d' événeétait antutelle de la de

térieurement la solidarité 1946

souveraineté, du le par par

la vertu

pourront conditions

préambule la présente

Constitution

prévues

10

introduction

Du 28 octobre 1955

au

2 janvier voisines

1965,
où,

avec
dans de

ses
peti

annexes
tes

de
ci tés

Châtillon etSaint-Hilaire,
elles aussi désertées par

communes
leurs

mineurs,

furent

également 464 familles

logés

des

ra-

patriés, 3 167
rivées Moulins

le personnes
et ou

Centre (4/5

d'Accueil

de

Noyant

a

reçu

totalisant

enfants par famille en moyenne). Le rythme des ar(familles maintint relogées à Noyant dans durant

des

départs

la région toute cette

parisienne, période

à une

ailleurs)

population

de

1 000

à

1 100

"Indochinois".
Centre date de à Sainte-Livrade, laquelle alors nous en de avons juin opéré 1956, date

De de son

son

côté, à août

le

ouverture, (les

1966,

unrelevé

statistique

rapatriements

étaient

principe

terminés),

a

accueilli 243
venues de/ou

familles allées

totalisant à Noyant)

1 487

personnes (non comprises celles

.
donnent des par
I

Les "ethnique", dans cette

tableaux que

en les

annexe

la

répartition

selon

l'origine

ainsi

combinaisons passée
d

mariages les deux

et

des

métissages
d'Accueil les Centres Pour déjà ma-

population de tous pu

rapatriée les

Centres
dans

(c'est-à-dire dont nous avons

rapatriés la

Indochine soit
4

hébergés
654

retrouver

trace),

personnes.

quelque nière

peu

fixer

les idées,

nous

pouvons

résumer

ces tableaux

dela

suivante: Adultes (1 re génération) Eurasiens Afrasiens Vietnamiens Indiens Indo- Vietnamiens Européens Antillais-Réunionnais Chinoises Laotiennes r~mb;-rl-,;iennes Divers Hommes 316 4 55 47 18 96 21 156, I 0,7 I 9,7 I 8,3 , I 17, , 37 Femmes 146 6 547 28 22 16 13 5 9 792 Ensemble 0,7 462 10 602 75 40 96 21 16 13 5 17

Tableau N" 1

; 18,5

,

, 3,2

I 3,5 I 2,8
I 2, I 1,7 I 0,6 I 1,2

:

69,

8 565

I 1,4 ;100% I

34, 0,7 44,4 5,5 3, 7,1 1,5 1,2 0,9 0,4 I 1,3
I

'100 % I

1357 1100%
I

Tableau 2 Enfants et adolescents Eurasiens Afrasiens Eurafrasiens Vietnamiens Sino- Vietnamiens Indiens Indo-Vietnamiens Sino-Indiens Divers Indéterminés (2e génération) 2302 129 12 261 6 93 255 10 25 3093 204 3297 74,4 4,2 0,4 8,5 0,2 3, 8,2 0,3 0,8 100 %

, :, I I ,

introduction

11

On chine, la

note

la

diversité occupée la

de par

cette les

population

de

Français

d'Indo-

faible mais

part aussi les

véritables des

rapatriés parmi et des

(les Français les hommes

européens), adultes nes parmi

prépondérance et

Eurasiens (74,4%),

(56%) les

et

enfants (69%).

adolescents

Viêtnamien-

femmes

L'hétérogénéité ble tain nous types turel "race" qu'il qu'il f:mt n'y peut paraître là, du comme de la

est

d'ailleurs, vue

en de

réalité, ces

moins

considéraS'il estcer-

à première point de vue

tableaux.

s'agit considérer du

que les d'une

représentations assez

collectives étonnante de

"racial", variété

mosaîque

humains viêtnamien pure

fait (ou la

des

métissages, car

l'élémentsocio-cul-

plutôt plupart

euro-viêtnamien du temps

même
est

les
tout à

indi vidus fait

de

sont

acculturés)

prédo-

minant.
L'important Eurasiennes nous le (moitié plus écart moins loin, assez moyennes au tous par statut ces de par entre le nombre que que de les la des Eurasiens et celui des

celles-ci le fait

ceux-là)

s'explique,comme avaient,dans d'épouser la société
mêlé" et,

verrons

Eurasiennes

l'Indochine Européens niale, manière rés nous

coloniale, des couches ainsi de

fréquemment ou même

possibilité de
des

des colod'une

supérieures


échappant générale,

d' infériori

"sang

groupes à les

decitoyens la société

français coloniale

d'Asie,demeu-

toujours retrouvons

marginaux

rapport dans

blanche

que

aujourd'hui

Centres

d'Accueil.

La et

majorité

des

familles

rapatriées quitté

(419 les de

sur

707,

pour après années.

Noyant unséLes Ces

Sainte-Livrade-sur-Lot) plus ont ou moins long, du de

a maintenant quelques et, chose

Centres, quelques un

jour hommes

mois ou
plus

trouvé

travail sont plus H.L.M.

difficile, peu

logement. les

Français avec grands fixé une

d'Indochine concentration et

éparpillés grande de la

dans un
dans la

toutes parisienne,

~égions, dans les

région Pour en

ensembles les services comme en ou milieu" tout au

banlieue. du les moirts mêmes

eux,

le but

que s'étaient citoyens devoirs, et assi-

officiels les autres, français", moins en

est, avec ils voie

théorie, et

atteint: les mêmes intégrés

français vivant milés,

droits

sont

considérés

comme

d'assimilation.

Pour Livrade ou qui

la yont

plupart été

de ceux, envoyés des

au contraire, autres

qui sont

restes

a Saintede Noyant,

Centres,

notamment

12

introduction

tout

projet et

de

reclassement

professionnel a été d'un ancien au

et

de

relogement, abandonné. aménagé,

doncd'intéVi van t en tre

gration eux, té dans

d'assimilation, l'espace autonome moins) avec sont clos

pratiquement camp

militaire

en communau(les

largement du

par

rapport

milieu

récepteur,

ces familles et subventionnées

adultes par coles

destinés de ceux

à rester petits et celles

là, logées

l'Etat,

l'appoint pour

travaux,notamment qui y sont

des physiquement

travauxagri~ aptes.

saisonniers,

Entre situation médiane.

ces

deux à

pôles,

Noyant

présente ainsi
--

en tous

quelque les autres

sorte

une

Conçu

l'origine,

que

Centres,

comme

un lieu d'hébergement
un pis-aller théories

provisoire
par

et d'ailleurs,
difficultés toujours

en soi peu soul'i-

haitable, déal selon

nécessité officielles comme

les ayant

durelogement,

les

été la plus
de l'intégration

large
et

dispersion,

considérée
--

facteur

d'accélération

de l'assimilation
(depuis abouti bonnais. à 1966) la Mais d'exister fixation à la
--

le Centre
en tant

de Noyant,
qu'organisme d'une de

bien

qu'ayant

désormais

cessé

administratif, indochinoise

a cependant en ici Bourd'une

permanente différence

communauté

Sainte-Livrade,

il dans

s'agit

population

active

les hommes

travaillant

soit

la région,

soit

à

Paris

--

et, dans l'ensemble, très jeune.

Questions-.1l~ méthode et de théorie

La C'est situe (ou deux. en sur tout

présente cas ainsi

étude que

peut nous des

être l'avons deux

qualifiée conçue.

d'ethno-sociologique. C'est dire qu'elle l'ethnologie la fois la d'une de toutes se

l'indécise

frontière et la

disciplines-soeurs: relève de à

anthropologie) Comme elle jamais

sociologie, aussi, des

qu'elle

relève

d'ailleurs, faits humains,

l'histoire, étant ici les

dimension particude

historique,

absente

lière
ces

importance.
sciences

Pour

de nombreux

objets

d'étude,

perspectives C'est ici

trois

sociales

fon'damentales

se rejoignent.

le cas.

On a vu de quoi d'origine asiatique,

il s'agit:

l'étude

d'un groupementallogène, au milieu récepteur.

en France,

et de ses rapports

introduction

13

L'enquête méthode

sur

le

terrain

a été dite

menée,

au

cours

de

l'année
--

1965,

selonla

ethnographique

d'observation

participante

adaptée, Comme du terrain complexe. (1) -, Cepen-

il est toujours méthode
dant, nous Nos

nécessaire,

aux conditions

particulières une réalité
principalement

la plus
nous

apte à permettre
dans visé ont à une faire

de saisir

situant pas nous groupement Français eux et

problématique une porté de France monographie à

sociologique, devillage. etdes de qui se pro-

n'avons intérêts du de

ethnographique des caractères aux processus

surtout indochinois d'Asie en

l'examen

blèmes tion blies

Noyant, et aux

l' adaptasont éta-

ces

relations

entre

les

autochtones.

Dans avant d'aborder

cette la

optique,

nous

avons

jugé

nécessaire communauté gré Noyant

de

consacrer, villageoise

description qu'est

elle-même devenue partie bon au du

de la
gré passé mal

franco-indochinoise, de plan l'an~e 1955, une

depuis à

la fin

première en

indochinois, des

l'arrièreIlest

socio-historique, en de Non effet, ceux-ci seulement en leur leur tant qu'il si

Indochine, est impossible ne se

groupement de rien au

rapatriés.

certain, actuelle issus.

comprendreà contexte

lasituation dont mais
ils son t

l'on

réfère en

pas

leur que

présence groupe, même dans
l'Indochine

France

aujourd'hui

leurs

ca-

ractéristiques et jusqu'à et

leurs

problèmes

psycho-sociologiques
--

existence explication
de

-

dans
une

le cas des Eurasiens
particulière,
à sa phase

ont

leur de la

origine
colonisation

histoire

celle
le

française

-

j usqu'

ul time:

déga-

gement -

dans le cadre de la situation coloniale qui s'y était établie.
Nous nous éloignerons de Noyant: est en moins là, d'ailleurs, de des la qu'il n'ypourrait dont ce

peut-être groupement sans et cesse

paraître, de

l'Indochine somme l'un des

colonisation, vestiges, comme tous, une le

rapatriés dans de et

derniers noyantais presque ri vages,

demeure tenace

présente souvenir plus

l'horizon ce qui est

corons pour de ses

obsédant n'est

devenu loin

maintenant espèce de

qu'elle paradis

qu'ils

sont

perdu.

Nous lièrement attaché

nous aux

sommes, problèmes

dans

cette

première

partie, pour

plus trois

parti

cu-

des

Eurasiens

etcela

raisons.

1 - Cf. par exemple les remarques d'Evans-Pritchard, The Nuer, Oxford: Clarenton Press, 1940, pp. 7-15. Nous reviendrons plus loin (p.240 sq.) sur la conduite de l'enquête.

14

introduction

Tout triés,

d'abord, le

lesEurasiens le plus

constituent, nombreux Par et

parmi à Noyant,

les

Français

d'Asie

rapaindo-

groupe l'élément

dans

la population

chinoise, et, tion de en même

dominant. le

ailleurs, de tous

ils représentent les sorte marginaux exemplaire en voulai de

le cas-type, la cOlonisa-

temps,

cas-limite, manière le

(1),

prés en tan t de autres.

en quelque problème

les caractères n'a pas,

tous

les

Enfin,

eurasien

Indochine t
--

durant

la période

coloniale
--

même

quand

on

bien

reconnaître

son existence,
qu'il méritait.

ce qui était,
C'est ainsi

en vérité,
que si l'on

assez
trouve

rare
dans les

retenul'attention
quelques articles

(souvent pleines voire situés ment sante du tous

répétitifs d'intérêt

du sur

reste) le nombre par

qui leur des

ont été Eurasiens,

consacrés,

des statut

informations juridique, vraiment

leur
les

leur dans dans n'a

psychologie, le le contexte des

contre, de

faute

qu'on

ait

jamais

global

l'Indochine coloniales, existence imposé

française aucune même en

et particulièreanalyse tant que est satisfaigroupe la clé et de

système été

relations de leur leur

encore

faite qui

statut leurs

sociologique "problèmes".

étai t

-

lequel

Nous ~ans lesquelles

dirons nous

un mot
avons

auparavant ces

des questions.

perspectives

théoriques

envisagé

1 - Nous employons ici le concept sociologique de marqinalité dans le sens que lui ont donné à la suite de Robert E. Park et Everett V. Stonequist les auteurs anglo-saxons (cf. E.V. Stonequist, The Marginal Man. A Study in Personnality and Culture Conflict, New York :Russel & Russel, 1961 [1ère éd. 1937). Rappelons qu'il s'applique àdes groupes, des sousgroupes ou individus placés dans une position telle qu'ils participent à deux (ou davantage) "mondes sociaux" (en fait groupesethniques, socioculturels ou groupes raciaux), tout en n'étant intégrés dans aucun. Il convient de bien préciser, pour éviter toute équivoque, que qualifier, dans cette perspective, des groupes comme marginaux ne signifie pas du tout qu'on les considère comme à la périphérie, en marge donc de la société globale. En fait, ils se situent tout aussi bien à l'intérieur, voire au coeur même de celle-ci, entre les autres groupements qui la constituent. La marginalité, en particulier, des groupes dont nous parlons ici et notamment des Eurasiens n'est aucunement, comme ce point apparaîtra mieux dans la suite de l'exposé, unphénomène périphérique mais tout au contraire un phénomène central dans le système des relations coloniales.

introduction

15

Qu'il
--

s'agisse,

dans

l'Indochine

coloniale,

des

problèmes

dont

nous

allons

parler et

dans

notre
des

première
plus

partie

- des "marginaux"
peut-on relations dire,

de la
d'entre nous

colonisation eux:

notamment

exemplaires, des

les Eurasiens par
du

; ou
--

qu'il

s'agisse

entre
de ce

dont

traiterons
et gens

la suite
pays, des des

qui se sont
clivages enfin

établies
aussi

à Noyant
ausein

ra-

patriés pement sociale

ethniques

grou-

indochinois, et de

problèmes

de l'adaptation,

de l'intégration d'origine inter-

l'assimilation nous de relations avons

culturelle affaire

de ces
à des questions

transplantés de relations

extra-européenne, ethniques et

raciales.

On peu le négligé nombre

sait

que une

dans date

ce

domaine

des

sciences par les

sociales, chercheurs Etats-unis, ont été

quelque français,

jusqu'à des travaux

toute ailleurs, de

récente et

menés si concepts

surtout données fermes général

aux de

a été
rassemil admis

considérable. blées n'existe qui des ne puisse théories sont guère et si

Pourtant, quelques pas sûreté visent

multiples relativement théorique les

fait

ont été
et

dégagés,

toujours avec qui

de

cadre

généralement

guider

recherches compte de

particulières. ces phénomènes trop

La plupart
re lationnels de rigueur l'un con-

à rendre et ce et l'un

convaincantes En réalité,

beaucoup

manquent

souvent

scientifique. des moins de

champ des toutes des

d'investigation plus encombrés les de

sociale qui mythes (1). soit et

demeure par les les

systématisés termes, destinées les à

fusions lisations

idées justifier

faites, états

rationa-

fait

Cependant plus ches en cohérentes commencent et

de plus

nouvelles rigoureuses de

approches permettent état de

et d~s
de

conceptualisations queces recherCe et de sont,

penser

à se les

dégager importants

leur travaux

"pré-scientifique". Roger Bas tide

particulier,

Georges

1

-

Pour

une

critique

des

principales

théories

des

relatiGns

raciales,

cf. Oliver C. Cox, Caste, Class and Race, New York, 1959. Voir également Louis Dumont, "Caste, racisme et stratification. Réflexions d'unanthropologue social", Cahiers Internationaux de Sociologie, XXIX, 1960, pp. 91-112 (repris in L. Dumont, Homo Hierarchicus, Paris: Gallimard ("Bibliothèque des Sciences Humaines"), 1966, pp. 305-25).
Nous "Ethnisme Sociologie, et avons développé ou 1970, 'l'école pp. les de idées 1492''', ici énoncées Cahiers dans unarticle : de

Racisme XLVIII,

Internationaux

119-152.

16

introduction

Balandier, les autres

menés, sur les la

les

uns

sur

la

situation (1). de

esclavagiste Aux ses Etats-Unis, devanciers

et

ses séquelles, O.C. àune etde Cox (2),

situation et faits

coloniale les de concepts relations du

soumettant sévère, raciales, cation ment cause globales che qui,

théories les

critique relations uneexpli-

a examiné à la

inter-ethniques et en

lumière des

notamment antagonismes

marxisme, raciaux

a proposé

faisant et

des phénomènes

essentielle-

politiques les systèmes des

économiques, sociaux

conduit

à reconsidérer colonialisme) société L.Little

et à mettre
etles structures Cetteappro-

en

(capitalisme, de la

sociétés été

(notamment reprise

américaine). en

a notamment

parKenneth

Grande-Bretagne

(3).

Il

ne

peut

être

question

de

beaucoup

nous

étendre Nous

ici sur

ces

problèmes
--

au demeurant insister
ts :

d'une

très grande qui nous

complexité. semblent

voudrions

seulement
importan

sur trois points

particulièrement

1 - La gues le ou fait

plupart

des

chercheurs au

en moins et ne

sciences s'accorder raciales donc

sociales,

sociolosur ap-

anthropologues, que les en relations de

paraissent

aujourd'hui doivent être plus)

inter-ethniques situation. attitudes Il

préhendées chercher ou

termes

s'agit

pas

(ou

de
semo-

à déterminer plus

des ou

ethniques des

etraciales, contextes (et qu'il

individuelles concrets, suffirait qui de

collectives, censés pour

moins les

détachées

raient difier des ou

déterminer améliorer globales ces

inter-relations ,mais

relations)

bienau

contraire entre groupes contexte

d'envisager ethniques sociolod'une po-

situations groupes et

etdynamiques bien en

de relations définis, tenan t

raciaux historique de etc.,

particuliers déterminé,

dans

un

gique

compte

par

conséquent économiques,

multiplicité litiques, différences

facteurs, aussi bien et

écologiques, que aux de

démographiques, tenant plus

facteurs

précisément

aux

culturelles

représentations

collectives.

R. Bastide, Les religions africaines au Brésil. Vers 1 - cf. notamment une sociologie des interpénétrations de civilisations, Paris, 1960 ; G. Balandier, Sociologie actuelle de l'Afrique Noire, 2e éd., Paris, 1963.
2 - Op. cit.

3 K.L. Little, "Race et société", in : Le Racisme devant la Science, UNESCO, 1960, pp. 59-112 ; Negroes in Britain, Londres, 1948.

introduction

17

c'est que cause et de situation la de

dire

en

d'autres ethnique vie des en de

termes et

qu'il

convient unique

d'envisagerchaet

contact de comme la

racial

comme ou de des

mettant
en présence, et

en

totalité

groupements tenant compte

sociétés les

l'étudier les niveaux. de

telle

tous

secteurs

de

tous des (ou

A partir

là,

l'effort qu'il

théorique s'agisse làoù

doit tendre

àétablir

types

situations

de relations,

de "macro-situations" de la société ethniesclava-

situations est axée

relationnelles sur la relation

globales), entre

la structure ou plusieurs

globale ques gistes ou

deux

groupes

raciaux dans

hétérogènes des

(situations 17e et 18e

coloniales, siècles,

situations

l'Amérique

etc.),ou entre ne

de "micro-situaàl'intérieur

tions"
d'une

(situations société plus de la

relationnelles où ces faits

partielles) de (et mais relations parfois, peuvent

groupes

globale ou moins

constituent trèspeu),

que des
parmi limitée

éléments, d'autres, des

importants globale,

enfait, être

structure

àl'échelle

groupements,

déterminants.

2 - L'ethnocentrisme plication à rendre qu'il types fortiori est les des compte antagonismes par lui-même, dans des tous modes

si ethniques du

souvent et de

invoqué est,

comme

principe

d'ex-

raciaux son

enfait,

impuissant pUist des

fait

extrême

généralité, relevan

observable plus des divers, relations

les de

groupements

ethniques

relations

inter-ethniques

--

et a

raciales.

On "view others its ties, folkways other own of things

sait in

qu'il which and

s'agit

selon

la is

définition the center to it. of

de Sumner
everything group itsown thinks

de cette
andall nourishes diviniits own

one' s group with boasts on and its

are

scaled and

rated

reference itself

Each exalts

pride looks the

vanity,

superior,

and

with

contempt ones

outsiders. if it

Each

group
other

only

right

observes (1)

that

groups

have

folkways

these

excite

scorn."

On certaine aussi tumes

peut

admettre

qu'il

y la

a ainsi diversité

pour

tout groupe culturelle, lesmoeurs différence à

ethnique tenir et les

une pour cou-

impossibilité valables, des autres, aussi une

à accepter "naturelles" propension

que

les siennes, toute

àconsidérer

culturelle

1 - W.G.

SWID1er,

Folkways,

Boston,

1906,

p.

13.

18

introduction

comme juger la ment

une

"sorte

de

monstruosité comme en

ou

de

scandale" déjà

(Cl.

Lévi-Strauss),
ce que
de

à

contre

nature, et même,

l'observait à

Montaigne, considérer ce refus

qui

est contre réelleté

coutume, et

définitive,

ne

se

seul
la

pleinement doit

humain. ainsi être

L'ethnocentrisme, tenu la comme

di versi

culturelle, avec comme titutif très ses ble sans sa Durkheim critère de

pleinement des bien tel,

normal, phénomènes être, en

si

l'on soit

admet prise cons-

qu'en de

sociologie normalité. ethnique de donc ne sa

généralité rI semble tant que

leur groupe

réalité,

tout de

en

assurant dela apparaît et en

une

fonction
de

positive membres, qu'un une

maintien

cohésion sa survie que par

intérieure, puisqu'il se ses

solidarité très

garantissant groupe ethnique largement sa culture

proba-

pourrait partagée

désagréger membres au

disparaître de

croyance et sur de tous

l'excellence

langue

et

en

sa

supériorité,

moins

par

quelque

aspect,

les

autres.

Leur ethniques et d'autre à

ethnocentrisme à limiter dans

pousse, leurs toutes
--

d'une

manière

générale,

les groupes às'éviter, con tact, qui

s'isoler, part

relations les

extérieures, de

introduit'

situations

néanmoins
ciété, la ne

surgissent
vit en fait

constamment
jamais seul, les

car aucun
que ces

groupe

humain,
soient

aucune
imposés toute

sopar

contacts du

contiguïté

territoriale, ou bien qu'ils

nécessités

commerce
voulus ou

ou
par

autre

circonstance, pour des motifs

soient

délibérément poli tique

un

groupe
etc.

économiques

oud' expansion

religieuse,

-

des éléments

de tension,

d'antagonisme.

Mais situation turel ques, des

cet

antagonisme Beaucoup présence

culturel d'autres

n'est

qu'un

élément tenantau ou sociétés

de

chaque

relationnelle. groupes ou en

éléments archaïques

typestruchistoriaux etc., non ,

(sociétés etc.), à

nations

minorités,

leurs et

caractéristiques politiques du produit causalité

propres, contact, dynamique "en faisceau"

conditions influent d'une en

démographiques, sur la détermination univoque et

économiques des

inter-relations, mais d'une

causalité

linéaire

réseau.

Les mes très diverses oude d'un

relations allant

inter-ethniques de l'hostilité forcée autre, par à

peuvent ouverte, (cequi, la

ainsi de la

prendre guerre,

des de

forl'ex-

termination au même)

l'assimilation par passant un

fonctionnellement, pacifique

revient

groupe

coopération

dans la

tolérance

mutuelle

toutes

sortes

d'intermédiaires.

introduction

19

En général que toute pour

défini fournir

ti ve, un

l'ethnocentrisme d'explication. est ethnique

est

unphénomène Il est exact,

beaucoup

trop

élément

sans doute, an-

relation Mais

inter-ethnique chaque groupe ces des les

potentiellement, opposantaux

virtuellement autres une

tagoniste. d'excellence mêmes, s'annuler être

prétention par euxà

identique,

ethnocentrismes éléments c'est en de

réciproques la situation ailleurs

tendent du

indépendamment les uns les dans

autres et

contact,

autres, de de

réalité

que

doivent --

cherchés

facteurs l'ensemble

détermination la situation

des
de

inter-relations

et

finalement,

contact.

3 - S'il appréhender de la une relations réalité claire en

est

certain les --

qu'une faits ce

problématique de relations des

sociologique
raciales etles qui,

doit
faits dans
--

concomitance

inter-ethniques concrète distinction spécifique actuelle, doit des

son~

phénomènes

sociaux

apparaissent néanmoins être raciales apparition

souvent
maintenue nettement en mode font, de

étroitement
entre affirmé. en effet, eux,

liés

et le
Les oricaté-

caractère gines gorie

relations de leur

socio-historiques distincte,

une

irréductible

à tout autre

relations

inter-groupes.

Les

relations

raciales,

les

antagonismes
--

raciaux,

les groupes

raciaux
de ce

et le racisme,
l'on a appelé

apparaissent
"l'école de

en effet
1492" (1),

c'est
qui

du moins
à

la thèse
sens

que

seule,
--

notre

permet
époque

de rendre
récente, Elles

compte
avec sont et le

de manière
développement liées aux

correcte
du

des

faits
et

seulement à une
du colonialisme etpost-esclase sont établies

capitalisme

occidental. vagis tes,

situations

esclavagistes qu'elles

coloniales de l'expansion

post-coloniales, européenne.

telles

à partir

Aucune tinction biologiques,
défini ti ve

autre

civilisation entre car
sur un

n'avait en se

jusqu'alors

établi

de

dis-

hiérarchique ou plutôt,

les dans
cri

peuples le
tère

basant

sur

des

critères

racisme
de supériori

l'aspect

biologique


est en
immuables,

accessoire,

té-infériori

définitives. de peuple

Ce

qu'on

observe, à peuples

en

effet, ce

auparavant, sont des

dans

les

rapports

dominants

dominés,

antagonismes

et des

1

-

Cf.

M.

Freedman, of

"Some Sociology,v

recent

works (4),

on

race pp.

relations, 342-354.

a

critic",

British

Journal

1954,

20

introduction

hiérarchisations aucunement surtout, min an te bien minant bien au

qui

demeurent le facteur point

sur de

le

plan

socio-culturel

sans

que sans

soit que do-

privilégié car des c'est autres, là

l'apparence

physique,
à rendue la

et

le

décisif, ou

l'assimilation soit

culture

"sauvages" les attitudes

"barbares", collectives

impossible;
du peuple et donc, doaussi

contraire, visent à la

d'intolérance culturelle

disparition physique ou

de

la ou

diversité à

qu'à

la

suppression volontaire

l'expulsion, des groupes

à la conversion,
dominés.

à

l'assimilation,

forcée,

C'est romains, leur genre chinois, de mais Et vie, non ce les des pays

ainsi s'ils leurs pas

que

les

peuples

conquis comme

par les
inférieurs leurs

Empires

grecs, par re-

étaient moeurs, la

considérés leurs de

c'était leurs autre les

coutumes, leur peau

langues,

ligions, physique. hellénisés, les dans égaux les

par pas

couleur une

ou quelque

trait

n'était Gaulois

infériorité les

définitive:
sinisés,

Barbares t

romanisés, des où Romains, les

Viêtnamiens Chinois.

devenaien a été de même

Hellènes, islamiques, ounon

des

Il en

différences religion

essentielles prosélytique

entre

les hommes

son t l'appartenance

à l'Islam,

par excellence, à l'égard des

et dans Juifs

l'Europe

chrétienne

du Moyen-Age:

l'antagonisme

et des Infidèles

relevait

de l'intolérance des Chrétiens

culturelle; au même titre

convertis que tous

de gré ou de force,
les Européens d'alors.

ils devenaient

Les apparaissent, dans Ils les mines

phénomènes pour et

derelations fois,

raciales,les bienqu'à l'état

antagonismes encore aux16e du classe Ce

raciaux,

la première sur dans les le

embryonnaire, et17e travail siècles. humain

plantations mouvement de la de

d'Amérique, prolétarisation comme

s'inscrivent à à

consécutif Europe et

l'avènement l'instauration

bourgeoisie du

dirigeante
type de

en

progressive

capitalisme.
--

rela-

tions
peu

s'étendra

et s'épanouira
selon les

par la suite
mais

sous

des

formes
au

quelque
fond

différentes tous les

situations, par

identiques (1). Il

quant est

-

dans

pays

colonisés

l'Occident

caractérisé

1
le du

-

La situation
prototype comme vers situations attitudes a pu du parler Nord en un ou sur des

esclavagiste
matière type des les par Jaunes" coloniales à propos du un de idéal, à

en Amérique
travers bien au les

du

Nord
C'est des

semble
à sa

être

demeurée
qu'ontten-

relations aussi

raciales. niveau

vers elles pratiques

obstacles

réalisation, qu'à celui

les des on miens ble

idéologies.

C'est ainsi transfert,entre de de travail Monet,

qu'en Indochine, les deux guerres, du Sud, forcé déguisé,

par exemple, desViêtnavers les vérita-

plantations système Paul (cf.

caoutchouc Les

et aussi d'une

Nouvelles-Hébrides, "traite

Jauniers,

Paris:Gallimard,

1930).

introduction

21

essentiellement de maintien,
à

par
ti tre

la

politique défini tif, ou

systématique sans colonisés, les

des

capitalistes

européens des

possibilité dans une

d'assimilation, condition

groupements à fin

humains

esclaves

inférieure que ra-

d'exploitation et

économique, idéologies a de

doctrines

racistes de cette

n'étant politique. et les

tionalisations cette politique en

justification les et non

C'est

qui matière

déterminé raciale

représentations l'inverse.

atti tudes

collectives

Dans ciales, biologiques tations ces très ques. en nent ce qui

cette compte,

optique, en fait, des groupes,

il

est

clair

que,

dans les

les

relations

ra-

ce sont non pas
groupes des en présence, quant gros, avec

caractéristiques les représen:

différentielles collectives des

mais

sociétés, en

à ces différences coincider,

représentations éloignées Ce qui ou fait l'un groupes étant

collectives même qu'il d'eux, n'avoir y le

peuvent,. aucun

ou être
biologigroupes

rapport raciales

les

réalités que, qu'ils différence et, des

a relations groupe et dans

c'est considère cette

contact, à des

dominant, hiérarchisés, leur nature

appartienetcette im-

différents inscrites

hiérarchie muables.

biologique

surtout,

La et relations ou

distinction raciales,

entre apparaît

relations ainsi raciale sur non au la

inter-ethniques pas sens fondée sur un

an tagonistes cri tère des de

similarité en à présence, l'égard

d'hétérogénéité mais fondamentalement des groupes

de la biologie,

groupes

politique le premier

du groupe
cas, de il

dominant
d': des y combien

du

ou

dominés. ce position qu'on de que

Dans

s'agit

intolérance le groupe

socio-culturelle, ethnique mis en

pourrait dominer tels,

appeler

l'ethnisme

vise la

suppression

autres pris

groupes par

ethniques

en Dans

tant le

en tant cas,

que différents, ce que

l'assimilation. faute d'un terme

deuxième

dans

l'on est

obligé, il

moins de

ambigü, maintenir

à continuer les

à appeler dominés

leracisme,

s'agit,

loin

d'assimiler,

groupes

dans une

position

inférieure.

Nous distinction. cadre de de la Ce

allons, à quoi

au nous

cours allons

de

notre avoir à

étude, faire en

voir en
en de

oeuvre

cette

examinant, ces

dans le
groupes

situation asiatiques" à un

coloniale, aujourd' problème

le hui de

statut

Indochine notamment raciales.

"Français en effet

"rapatriés",

des Eurasiens, Les relations

c'est

relations

à

22

introduction

Noyant par

entre

ces ainsi

"Indochinois" que nous le

etles verrons,

Noyantaisd'origine, être problème nous les avons appréhendées aigü

doivent, en mais et le

elles, tant où que les

contre, de

problème

relations raciales
--

inter-ethniques, telles que

certes

considérations

définies

racisme

n'ont

pas

de part

ou seulement

de manière

très

superficielle.

PREMIERE PARTIE

LE PASSE INDOCHINOIS

I -LA SITUATION COLONIALE DANS
L'INDOCHINE "FRANÇAISE"

"

pourquoi ne s'en allait-il pas, mon oncle?
A

-

cause

de l'oeuvre,
oeuvre mon

petit!

Quelle

oncle?

L'oeuvre des Hommes Blancs!"

Henry Daguerches, ( 1909)

Monde,

vaste

monde,

Le pas crés çaise de les sa si à

plus

beau les de

joyau

de

l'Empire, et

comme les

l'appelaient, ouvrages l'Indochine bien

il

n'y cons

a

longtemps, l'apologie fut,

manuels la "geste

scolaires française colonie

nombreux

a-

en Indochine", modèle, qui aussi s'y

fran-

à maints et de

égards, par la

une

par l 'histoire

conquête

situation

coloniale

établit,

que par

processus

sa

décolonisation.

Notre donner voudrions pales une

intention

n'est

pas

de

relater

ici

cette

histoire (1). les

ni de Nous

description seulement, de la

d'ensemble après avoir,

de la
en des bref, pays

si tuation remis en

coloniale mémoire dégager

princi-

étapes

colonisation

indochinois,

les traits

1 -

Cf.

les le

ouvrages concept

cités. n'en par

Bien

qu'aucune

analyse ~tarâi

de la

situation

colo--

niale gues,
faire

en tant que telle alors que

n'ait

été

faite pour était
bonne

l'Indochine
vement

française
les permet sociolo-

on

sai t que

a été. dégagêque les une historiens assez

par
--

la décolonisation

partout
et les idée.

encours
géographes

l'importante
de s'en

documentation

réunie

rétrospectivement

26

le

passé

indochinois

essentiels qu'a

de

la

situation un temps, les l'examen

coloniale l'Indochine Eurasiens de cette

dans

cette

société afin

globale de voir

pluraliste de quelle

constituée, s'y

française, et les autres

manière sons

inséraient que

marginaux. de de sorte la ces

Nous

pen-

d'ailleurs

insertion,

l'étude

phénomènes

secondaires
présente, colonial rêt se de

et, pourrait-on
parce qu'elle idéologies avec une sous amène

même

dire,

accessoires en quelque de la

colonisation, le fait intéqui

à prendre lui

à revers cet

et

les

qui

servaient netteté fondamental groupes

justification, situation de système

révéler

particulière son aspect entre

coloniale, de

trouve

éclairée et

relations

inégalitaires

antagonistes

hétérogènes.

1-

Les trois phases

de la colonisation

On et marchands, Au

sait

que,

dès entrés

le

16e

siècle,des

Occidentaux, avec les

missionnaires

étaient Viêt-Nam, sans avec

en

contact
des

pays

de l'Indochine
furent de Rhodes préen

orientale. sents 1624. liques térêt lations A la fin à peu Ils

notamment, interruption les Portugais

missionnaires l'arrivée fondateurs temps un

français

près

depuis les en même

du P.

furent

des communautés certain et voies courant

cathod'in-

viêtnamiennes, en France pour

entretenant ces Ils pays de

l'Extrême-Orient ainsi équipe le futur les de

facilitant dela

les re-

commerciales. du de 18e Béhaine siècle,

préparèrent une peti te Anh,

colonisation. rassemblée par

Français Gia

Pigneau

aida

Nguyên

empereur

Long,

dans sa
non
--

lutte
pas

contre

les Tây Sdn.
en tant que

Des persécutions
communauté pour

contre

les catholiques
mais en tant
--

d'ailleurs

religieuse la sécurité

que

groupe les

politique

étranger,

dangereux

de

l'Etat

sous

Empereurs plus tard,

Minh-M~g

et T~-Ddc,

devaientservir

deprétexte,

un demi-siècle

à l'intervention

française.

c'est (aujourd'hui 1er septembre de

en

effet
des suivie, (près

par
troupes

la

tentative de l'Amiral

de

débarquement Rigault par la de prise le18

à Tourane
Genouilly le

~à-Nang) 1858, Gia-Dinh la

quelque de ce qui

temps

après,

de
février

la ci1859,

tadelle que

deviendra en

Saigon),

débute

colonisation

française

Indochine.

le

passé

indochinois

27

On phases, environs au 9 mars trois de

peut

aisément

distinguer l'époque

dans

l'histoire de la

de celle-ci

trois

périodes: 1900), l'époque etenfin

"héroîque"

conquête (des la

(jusqu'aux années 1900

coloniale

proprement "dégagement",

dite de

1945),

l'époquedu

décolonisation.

Installés orientales ministration
--

d'abord

en

Cochinchine My-Tho les et

(1), Biên-Hèa

dontles passent

trois sous bien

provinces leur ad-

de

Saîgon-Gia-D~nh, directe dès 1862,

Français,

sans

plan

déterminé

le but principal
Sud vont de le est -, et sans que

était

la recherche

des voies
demétropole

d'accès
l'aient

à la
vraiment de

Chine

du

les gouvernements par une série

voulu, et

progressivement, traités, se rendre sous

de

coups

de despays Le du

mains,

batailles

maîtres

de l'ensemble français. les campagnes

indochinois. reste Tonkin 1882-83), en 1884. en 1893. de la

En 1863, Cochinchine tion de

Cambodge occupé

passe en 1867. en sur créée

protectorat après du

Puis, 1873, le en Nord 1887.

(expédi

Francis rat est

Garnier établi est

commandant et Le le Centre y

Rivière Viêt-Nam est

en

leprotectoL'union Indo-

chinoise

Laos

rattaché

Vers vaincue. Pourtant L'oeuvre l'époque

1895, de

la

résistance

armée peut

des être

Lettrés considérée fin qu'avec

est

pratiquement comme achevée. Ce sont

"pacification" ne prend

héroîque

véri tablement (1897-1902) en le

Doumer.

les cinq
colonial

années
du stade

de son proconsulat
empirique,

qui font "passer le régime
quelque d'une sorte, étape mais au stade de dans l' his-

'artisanal' marquant

l'organisation l'histoire toire des non pays

systématique" seulement indochinois de

début

nouvelle dans

la (2).

colonisation

française

C'est Jusqu'alors, à peu près les

à

ce

moment

que

naît des fédéral

vraiment trois pays

l'Indochine de l'Union très

française. avaient lâche. été

particularismes et le cadre

respectés

étai t demeuré

Doumer,

1 - Nous continuerons d'employer, dont nous parlons ici, c'est de en et usage Sud, à du l'époque Viêt-Nam. coloniale Qu'on à la se

par commodité et aussi l'Indochine "française", désigner les trois façon "pays" que seulement

parce que ce la terminologie I Nord, termes Centre sont

pour

souvienne

ces

purement
nales 2

européens

et ne traduisent
colonisation.

en aucune

des divisionsrégio-

antérieures J. Chesneaux, Ed.

-

Contribution 1955, p.

à l'histoire 151.

de

la

nation

viêtnamienne

I

Paris:

Sociales,

28

le

passé

indochinois

ne

gardant

que

les

apparences la

du

système

des

protectorats fait

prévus passer

parles

traités, de

renforçant sous

centralisation

politique, directe le concours civils les pays, du

l'ensemble Général. Il

l'Indochine cette le

l'administration avec des

Gouvernement des

organise pés mant, dans en

administration cadre

fonctionnaires

grou-

nouveau les

Services entre

de l'Indochine il crèe des

(1) .SuppriGénéPublics,

fait,

frontières

les Services Travaux

raux:
Direction Postes.

Direction
de pour
--

des Douanes

et Régies,
du Commerce, d'intérêt

Services de

l'Agriculture, couvrir les

l'Industrie, commun,

Direction

des

dépenses

il instaure

unbudqet

général
trois régies

alimenté , du
grand

par

les douanes,

les contribution

indirectes

et les

sel, de
programme

l'alcool, de l'opium (2) -,
d'équipement économique Cochinchine, à HanoI,

qui permet le
(équipement du de

lancement

d'un

port
routes

de Saigon,
et de et

creusement
notamment ligne

de

canaux
le pont

en

construction amorce duTransin-

ponts, de la

Doumer

dochinois

duYunan)
;

et scientifique de Médecine

(services de

géographique, et l'Ecole

météorologique, Française

géologique

l' Ecole

Hanoi

d'Extrême-Orient)

(3).
cadre 1940, ainsi et même tracé et qui varester 1945, que inchangé va pour

C'est l'essentiel (4)

dans jusqu'en

le

jusqu'en

s'épanouir

1 - La Cochinchine, par des fonctionnaires bodge périeur, me le trôle du depuis il 1884 restera

colonie française, français. Il en auLaos, et Le placé fait toujours

était était sous

déjà administrée directement pratiquement de même auCaml'autorité Au d'un RésidentSusous reste enAnnam, à Hué le que condes mais préside Tonkin, du Doumersuppri-

(quant (vice-roi) Supérieur

sous-administré). passer ne le tous impérial Résident à Hanoi gouvernement leur

Kinh-LùÇ!c Résident

les mandarins subsiste Supérieur

laissant

attributions il estdépouillé lui-même 2 - Les lants. le

d'apparat. de conseil tout des

pouvoir: ministres. de

résultats Cependant

financiers "l'institution

ces de

trois ces

monopoles impôts

d'Etat suffit

furent à faire

briljuger

trois

à leur propre valeur les prétentions (Lê Thanh Khoi, Le Viêt-Nam, Paris:

'civilisatrices' Ed. de Minuit,

de la colonisation." 1955, p. 418.)

3 - Cf. J. Chesneaux, op. cit., pp. 151-158 ; Lê Thanh Khoi, op. cit., pp. 398-401 ; J.B. Alberti, L'Indochine d'autrefois et d'aujourd'hui, Paris, 1934, pp. 368-378. 4 - La politique d'administration directe sera encore renforcée par la convention du 6 novembre 1925 qui décharge l'Empereur d'Annam de toute fonction politique, judiciaire et administrative, pour lui permettre de continuer à" assumer l'exécution du premier de ses devoirs, qui reste la

célébration des rites d'où dépendent l'ordre et lapaix du royaume." (cf.

le

passé

indochinois

29

le

système de

colonial. la guerre directe

Pas de

encore 1914,

tout

à fait sur

développé le plan

ni affermi
politique et entre

à la
l'adloyal

veille

balançant et

ministration

à la

Doumer

"l'association

l'exercice

du protectorat",
à 1914, ce système

qu'illustre
atteindra

Albert
son

Sarraut,
dans à

gouverneur
les 1929 années qui fut

général

de 1911
de époque

apogée de 1920

euphoriques la grande

l'après-guerre, de l'expansion

particulièrement économique.

Bien équilibre caoutchouc, ses séquelles et montée les dans de

que

fortement par le le

ébranlé brusque

dans

les

années des l'activité niveau

1929-1932 cours (du

dans riz,

son du

économique, du charbon), (chômage, son

effondrement de du

ralentissement général par

économique
de vie du desautoch-

et

abaissement

tones), et ves, la

équilibre

politique sociales,

le réveil
que viennent de se La la

nationalisme lesgrèle sou-

nouvelles

forces paysannes,

révéler Yên-Bai et

manifestations des Soviets la du

l'insurrection (1), le système

lèvement solidement 1940

Ngh~-Anh

maintiendra
défaite

encore
de

jusqu'à ne

deuxième pas l'Amiral la

guerre

mondiale.

française le des etla

elle-même continue avec la

modifie sous

fondamentalement Decoux, malgré

situation;

régime relacolla-

français tions boration

l'interruption des Japonais

métropole, avec

présence

militaire nippon.

économique

l'Empire

Mais, puissance çaises replier à coloniale

le

9 mars française de

1945, est

par le
en une

"coup nuit

de abattue

force"
;les

japonais, troupes

la franà se en

l'exception sur la Chine

quelques faites

milliers

d'hommes

qui

réussissent

sont

prisonnières.

Progressivement

établi

Paul Mus, Le destin de l'Union Françai se. De l' Indochine. à l'Afrique, Paris: Ed. du Seuil, 1954, pp. 314-316). "Hes seuls pouvoirs, diraBaoDai, consistaient à descerner des brevets de génies aux villages" (cité par Philippe Devillers, Histoire du Viêt-Nam de 1940 à 1952, Paris :Ed. du Seuil, 1952, p.64, n. 11).
à la colonisation française 1 - La résistance mais vraiment interrompue; des petits groupes phan-BçH-Châu tinité. et Phan-Châu-Trinh 1930 ils n'ont l'ont continuée plus Jusqu'en cependant au Viêt-Namnes'était autour ou la prise clandesréellesur l'exil de jade

nationalistes dans guère

le peuple viêtnamien lui-même. "De 1905 à 1930, le Viêt-Nam soupi, résigné à accepter la domination coloniale" (Nguyên "Confucianisme et Marxisme au Viêt-Nam", La Pensée, n° 105,

semblait asKhac Viên,

sept.-oct.

1962, p. 20.).

30

le

passé

indochinois

près

d'un

siècle,

le

système sous

colonial "protection" Pour le

a,

en

l'espace

de quelques des sera trois de

heures, Etats de le

disparu. l'Indochine

L'indépendance, est proclamée. la

japonaise, elle parle pouvoir le

Viêt-Nam du Japon, le

nouveau l'Indépen-

2 septembre, dance du

après

capitulation qui

Frontpour à Hanoi.

Viêt-Nam

(Viêt-Minh)

a pris

Dans conquête au prix du de aussi de de

les

années

qui

suivirent, de Mais une la Une

les

Français le 9 mars

tentèrent système etla

la

re-

l'Indochine, quelques

s'efforçant

réinstaller le page période coup du

colonial proclamadernière

aménagements. avaient tourné

tion phase fut

2 septembre la

:cette de

troisièmeet la guerre toire et

colonisation du

française,

d'Indochine, sous le

celle de la la

"dégagement".

partie du

du terri Viêt-Nam

demeure faire

contrôle à celle-ci dance de du dans

République France se

Démocratique voit contrainte des du trois

pour en1949

pièce

dereconnaitre Etats Les du

l'indépenl'égide l'abandon etdu les Corps

l'Union du Nord

Française et

Viêt-Nam de Genève

(sous et

BàO-D~i), Viêt-Nam

Cambodge en du 1954, Viêt-Nam

Laos. le en

Accords

puis Sud

retrait 1955-56

de l'administration ne seront que

Expéditionnaire actes de ce

derniers

dégagement.

2-

Les traits généraux
la dichotomie

de la situation

coloniale,

colonisateurs-colonisés

C'est la situation dynamique
fur et

dans

cette

perspective

historique s'établit à peu
où le

que

doit

se

saisir

coloniale

en Indochine. s'affirment

Elle peu

selon

un processus au

au cours
où de

duquel
la

tous

ses caractères,
d'exploitation

à mesure et où,

colonie

s'organise, politique et la de à et

système

économique rent à sa et

domination

culturelle

devient les forces Pour

plus

cohé-

aussi, et c'est

apparaissent qui à la finalement période soit la

s'affermissent feront plein période et l'époque du font

qui tendent l'analyse,

négation

disparaître. épanouissement de relative dela ne se

cependant, de se

son

qu'ilconvient stabilité entre Enen une

référer

surtout, de

cette

l'époque deçà place,

"héroîque" Doumer), (après

conquête les

décolonisation. sont pas encore dans

(avant

tous

éléments ils ne

système plus que

au-delà

1945),

survivre

désagrégation

générale.

le

passé

indochinois

31

La colonie dans les

situation tous

coloniale les

a présenté que

dans l'on

l'Indochine apu au observer des

française, ailleurs, 1ge et 20e

exemplaire, pays C'est soumis ainsi

caractères

à la que

domination le schéma

européenne tracé par

cours

siècles. ses

Georges

Balandier, àla type que (3) de

bienque réalité situa-

références

fussent (1). On

surtout connaît de

africaines, les traits

adhère essentiels

pleinement de ce

indochinoise tion la tes : division colonie et de

dualiste entre deux

la

société

globale

pluraliste de races coloniale

constitue différeneuropéenne elle tende

(2)

ensembles

antagonistes

civilisations par la

hétérogènes dontelle

: la

société

-

soutenue

métropole

est l'émanation,

bienqu' (ou les)

à se constituer
colonisée(s), étrangère, que, sur état dant la

en ensemble
première, une

autonome
numériquement

(4)
--

et la

société(s) foncièrement

très sur

minoritaire, un triple

exerçant

domination

radicale

plan:

économiest grâce fondée à un tenest

poli tique, une de

culturel.

La domination écrasante. et à

de la société Elle tout un est

coloniale perpétuée

supériorité droit établi la

matérielle à son distance par

profit entre une

système et

de relations Elle

à maintenir et

colonisateurs à

colonisés. raciste.

justifiée

consolidée

idéologie

fondement

1

-

Georges actuelle

Balandier, de de

"La

si tua tion Noire, que La 3e

coloniale, XI, 1951, éd., Paris:

approche pp. 44-79. P.U.F.,

théorique", V.aussi 1971.

CaSocio-

hiers logie

Internationaux

Sociologie,

l'Afrique

2 - Il nous semble, en effet, spécifique de société globale. le dont simple les placage structures d'un sociales

la situation coloniale définit un type mise en situation coloniale n'est pas européen surune inchangées. globale des société traditionnelle passage des C'estle

groupement

resteraient

sociétés colonisées d'un type sage brutal et irréversible: sont durant finalement la période beaucoup coloniale beaucoup orientale. plus

de structure les structures proches plus qu'un de anciennes

à un autre type,passociétés décolonisées qui étaient dans les leurs des traditionnelles. l'histoire

celles "intermède"

que des

structures

La colonisation fut pays de l'Indochine 3 - On emploie que (cf. supra, 4 - Ces tendances aussi observer jusqu'à très 1940 tamment à leur nettes 1945 en en

ici le terme pp.19-21).

de

race

dans

un

sens

strictement

sociologi-

"séparatistes" dans un passé dans un pays le que Indochine tant à partir

de la récent comme des Japon fut

société coloniale~ que l'on a pu qui. sont en Algérie et allées la République de être substitué Decoux (cf. Sud-Africaine 1930, permettent à la J. France sous Chesneaux, --, node le événements

terme

d'expliquer

comment qu'appui

a pu et le

militaire

économique

extérieur

condominium op. cit.,

franco-japonais pp. 222-223).

régime

32

le passé

indochinois

Cette blanche au de monopolise des

situation tout valeurs le

dichotomique pouvoir

rigide

dans et

laquelle

la

société

économique et finalement les

poli tique

et prétend le social
d'instrupays (1),

monopole tout le

culturelles

de

tout
àl'état

et

"vraiment usage, est qui qu'ils sociétés et à en

humain", faisant

réduisant des

colonisés dans de leur

ments cette

à son

étrangers

propre

situation

éminemment amènent subissent colonisées, ou les et

génératrice colonisés de leur
t

tensions prise de face

etd'antagonismes conscience au groupe facteurs de la domide

inconciliables domination nant. Les

à une

solidarité
à

tendan

surmonter leur

leurs uni té

faiblesse noyau domine La le

constituer dynamique,

à reconstituer cette société

autour close comme

de leur
qui. les

plus

contre en viennent

coloniale à leur tour

tout

entières, dualiste

às'affirmer

totalité. du groupe apogée, la

division et

devient dominé est des en

alors polarisation atteint son point précaire.

etl'antagonisme maximum. Ala se Ason phase rompt

dominant situation suivante colonial

du

groupe

coloniale l'équilibre est remis

essentiellement forces un moment

d'évolution etle système

réalisé

question.

On situation, vraiment cependant dans une ni la à

comprend position l'une la ni

déjà des à

combien individus des

peut et deux de

être des

difficile, groupes qui

dans

une

telle

n'appartiennent nonpas l'étaient, et même,

l'autre à

sociétés la querelle de
--

antagonistes,

"sur large

touche",

l'écart tés

mais

comme

mesure,

les minori

montagnardes

l'Indochine,

jusqu'à
tre prou loin des les des de

un certain
deux, deux au

point,
même mais trait

les Lao et les Khmers
des plus antagonismes ou moins sont et qui,

précisément
peu

enou

coeur

participant par toutes presque

sociétés un

repoussés au contraire souvent par des

les deux, toujours de des des

constituer

d'union, parfois,

instruments, C'était Mais

conscients dans ce

le plus
coloniale quoiqu'à des

inconscients, le variables, enIndochine cas

division. Eurasiens. Viêtnamiens dans les

l'Indochine

excellence degrés

l'était et la

aussi,
des

naturalisés fourgons de

Indiens

Comptoirs

amenés

colonisation.

Profitant,

du

fait

de leur

citoyenneté

française,

d'unepartie

1 - Selon coopération

le

mot

d'un

nationaliste que

aussi Pham

modéré Quynh.

et

aussi

disposé

à la

franco-viêtnamienne

le

passé

indochinois

33

des

avantages par butte le

de

la

société à celle

coloniale, des "sujets" ces qui

jouissant et

d'une

position mais

très

fa-

vorisée même admis comme propres en

rapport à leur

"protégés",

pour

cela

hostilité, européen

marginaux à ne

n'étaient
guère les avec

pas

cependant
que à ses sorte de

dans des

groupe de

tendait et

considérer habileté

Français comme entre

deuxième

zone d'abord, et

s'en

servait

fins,

électeurs Européens laissait par ou tant

et

surtout
par par de les la les

comme
postes

une

groupe-tampon confiait des l'on

autochtones et

qu'on

leur

ouqu'on

leur provoqués plus en de

occuper la

processus société eux.

de transfert coloniale que ainsi insérés indochinois faite par

sentiments s'arrao)8ait

domination à diriger groupe,

moins que

contre

Nejouissant

d'aucune dans (et le plus

autonomie système

ils

sont et
qui leur

complètement colonisés

relations

entre

Européens
La statut place qui pour

précisément globale (avec

viêtnamiens). le cela

leur est

est

dans la
les Eu-

société ropéens plans

indochinoise, tout ce que

imposé

implique

chaque

individu

sur les

professionnel, de ce

culturel, système de ce et ne

psychologique, se au peuvent long même de des

etc. ) sont
que par

étroitement rapport
est direc-

dépendants lui. tement et

comprendre la

à

L'évolution déterminée

statut, l'évolution

décolonisation, entre

par

relations

colonisateurs

colonisés.

3-

Les sociétés

colonisées

Aussi ciété sation. coloniale c'est,

longtemps européenne d'un autre

que

les

colonisés actif dans

le le

subissent, processus par rapport

c'est de la

la

so-

l'agent côté,

colonidans

essentiellement

àelle,

son orbi te, que se si tuent
européen lement de dont ne nous pas sommes cesser

les marginaux.
amenés à parler présent à

C I est donc surtout de ce groupe
ici. Hais il convient l'autre indochinois, mais qu'une à aussi pôle naturel-

d'avoir

l'esprit

de la
c'est-àlargemidu

situation
dire ment norité système, racines.

coloniale:
majorité desquels -dont

les colonisés,
de la la

les peuples
au-dessus, ne toute

l'immense en-dehors numérique mais

population, coloniale et

société

forme

infime l'apoqée

dynamique, les événements

certes, ont

puissante

montré

combien

étaient

faiblesses

34

le

passé

indochinois

Il ces cent sociétés sur deux

ne

saurait

être mais

question il est

d'entrer nécessaire

dans

une

description demettre

de l'ac-

colonisées points.

cependant

D'une l'hétérogénéité telle sidérer dans était, ficielle, ensemble ensemble trois pays ce que l'on

part, de peut cette se

l'extrême "mosaique" demander

diversité de

humaine

des

pays

indochinois, Diversité de consi tuer

groupes en

ethniques fait, bien

(1). légitime

s'il comme

est, une

l'Indochine cadre en les

coloniale questions une entité la

société ici. neuve afin de

globale
L'Union et

et

de

qui

nous

occupent toute

Indochinoise arti-

effet, créée les ne

politique

passablement dans

par

puissance qu'elle aucune

coloniale avait

réunir

un même
Cet

territoires recouvrait

placés ethnique

sous sa
ou

domination.

unité avaient de

politique,
été

réunissant
qui

dont de

les part

histoires et

jusqu'alors la età Cordillière

distinctes,

appartiennent aires vivent, Dans déjà à des deux érigés de

d'autre

Annamitique

à deux
ausurplus,

civilisations dans de les ces

différentes, de

l'intérieurdesquels, groupes ethniques

montagnes, pays,

nombreux et Le

minoritaires. depuis longtemps été imposé

Cambodge nationaux. groupes

Viêt-Nam, cadre

s'étaient a sans

des

Etats à des

indochinois

ainsi doute,

peuples, ni

ethniques, à

voisins
un même

mais
ni

qui

n'avaient d'un

conscience commun.

d'appartenance

ensemble,

volonté

devenir

Pourtant tenait niale fitable de trois surtout, voulait au y

il

faut

remarquer son un

que

cette de ce

construction que et ou de la de la

politique colopro-

finalement, voir, de de dans sa cinq,

arbitraire

puissance

souci

d'équilibre l'union étant, de il sinon faut

morcellement

maintien mais

domination, le Viêt-Nam

fédération

non pas

pays

manière

ici totalement distincts qu'elle

fictive, (TQnkin, ne manquait

considéré Annam, pas

lui-même Cochinchine). tout à fait

comme

constitué

trois bien la

"pays" constater géographie continue

Autrement, de racines,

dans

et la
depuis avoir

culture,
le 10e

du moins
siècle, le sa

dans
marche et

l'histoire:
vers le Sud

dans
(Nam

son expansion
Ti~n), du

le Viêt-Nam, du Hékong,

après

absorbé

Champa

les

provinces

khmères

Del ta

et s'être

1 - Cf.

Georges

Condominas,

"L'Indochine",

in

: A.

Leroi-Gourhan

et

J.

Poirier, Ethnologie de l'Union-Française, t. 2, Paris, 678.

1953, pp.

514 -

le

passé

indochinois

35

réunifié çais

à

l'aube sa

du

1ge

siècle, à

était toute

en

passe

avant

l' arrivée Le

des Franroyaume

d'imposer

domination

l'Indochine

orientale.

de Minh-M~g cipautés
lière le

englobait

déjà

presque

tout

le Cambodge

et, plusieursprinde la Cordilcoloniale, sous son

lao ayant

reconnu
jusqu'au en train Siam, substitué --

sa tutelle,
Hékong. de cequi

s'avançait

au-delà

Annamitique était contre ayant du

Ainsiquand à peu

débute de

la période près,

Viêt-Nam et

constituer

choses

égide, les

le

devintl'Union autorité Gouverneur

Indochinoise. à celle Général
--

A cetégard,

Français

leur dont le

des de

mandarins l'Indochine

et de
se

l'Empereur

Viêt-Nam

trouvait
que

en fait,sinon
leur

en droit,

le successeur

n'ont

fait,

en somme,

parachever

politique

d'expansion.

Mais centralisé trois Et le pays, pouvoir d'imposer les

surtout par

le

système

d'administration à l'époque

directe
coloniale,

fortement
entre les

institué des liens

Doumer

tissait,

multiples, exercé structures à vivre sorte que dans par

politiques, le de dans colonisateur cet ce ensemble cadre

économiques, lui qu'il nouveau

culturelsmême. de toute

absolu les

permettait avait et à y un

façon ger

créé,d'obli-

"Indochinois" De un telle

poser
certain

leurs
point

problèmes. et pour

celui-ci la

s'était, (1).

jusqu'à

temps,

inscrit

réalité

Il tout au long sur

n'est de la

pas

douteux,

d'ailleurs, de l'Indochine, tenant de de

que

les du

Viêtnamiens de à leur leur totale) plus

furent préponnombre mais

colonisation autres près des les

fait

dé rance (ils aussi

tous

les

peuples,

non la

seulement population loin les

représentaient à leur

trois-quarts partenaires

dynamisme,
--

très

importants

des Français
tionner cipes nismes de et la à

dont

la politique
les

a toujours
peuples, définis pas créés,

tendu àtenter
utilisant

de les fracles des prin-

leur

opposer des ils

autres

selon (2)

"politique certes,

races"

par

Galliéni

antago-

que,

n'avaient

mais

qu'ils

entretenaient

soigneusement.

1

-

C'est par sur

ce

que

les

communistes leurs des lutte (-Dông-dddng peuples contre

viêtnamiensreconnaissaient, en de le fondant ôàng) l'Indochine colonial en et 1930 le cpng-sJm . Ils mettaient dans

quellesque Parti ainsi le cadre Coml' acleur tracé (1935) In-

soient muniste cent volonté

ailleurs solidarité mener même (v. la

motivations,

indochinois la de

manifestaient

pouvoir

par

celui-ci.

Les résolutions
la création Etudes

du
d'une

1er Congrès
"Union

National

du P.C.I.
Soviétiques

prévoyaient dochinoises" 2 "Toute

Viêtnamiennes, d'individus,

des Républiques n° 15, p. 13).

agglomération

race,

peuple.

tribu

ou

famille

36

le

passé

indochinois

Ce

qu'il

faut

souligner, dans lequel,

en

deuxième par la suite

lieu, du la brutal,

c'est fait de

l'état la

de

crise,
nisation, mienne.

de

bouleversement, se trouvent de ces

colo-

sociétés,

particulièrement démographique

société de la

viêtnamobilité

Du

fait plus

l'accroissement grande de de la

géographique ainsi les

population du Nord

Cllobilité vers les

parfois plantations

forcée:
duSud) capitaliste, de l'économie politiques fédéral mandarins, Lesstrucles normes juset de

émigrations des au

paysans

l'introduction de du la pays mise aux aux

techniques d'une

industrielles manière générale,

etde de

l'économie l'ensemble les pouvoirs le cadre et des

service,

intérêts de

européens, l'administration de la classe de

dupassage

de tous dans

réels de la

mains

française dirigeante l'ancien des régime à tous en vie

disparition c'est sociales tout

lettrés qui les

etc., tures

l'équilibre tendent à se

est rompu. et n'est

désagréger sont remises de la

niveaux Il

culturelles qu'aux le deux

traditionnelles unités qui ne

question. viêtnamienne,

pas

fondamentales soient atteintes Cette ou moins et

la

famille
des

et

village,

avec

tout

le etcette les

système

valeurs

qu'elles générales et le

soutiennent... mais plus

destructuration accentuées noyau terre dur suivant de la

déculturationsont régions, viêtnamienne

le Tonkin
résis-

Nord-Annam, mieux que la

berceau

nation

tant

Cochinchine,

d'expansion

récente,

par

ailleurs Mais une

soumise fois

à un impact initial

plus

grand

de la

colonisation puis

française.

le choc

passé, où est
à des de

accompagnant jetée

relayant

ces phénomènes apparaissent
positifs d'ailleurs d'une classe bour-

négatifs
aussi, de

de la crise
ouvrant la voie et

la société

viêtnamienne,

réalités

nouvelles, engendrés

des phénomènes eux aussi

restructuration

reculturation,

par

l'évolution
autochtone

même

de la situation
Cochinchine

coloniale:

naissance

geoisie
--

(en

principalement),d'une

ouvrière

recrutée

parmi

les paysans très proche
--

sans

terres,
les

les ta-âi~n, mines du
formée firmes

dont et

elle

de-

meurera
plantations nécessaire

toujours

dans

Tonkin
à

sur les

d'hévéas, pour fournir

et

d'une

intelligentsia etles

l'occidentale d'employés

l'administration

privées

représente et unes des qU'il faut aux

une

somme

d'intérêts il et

communs

ou

opposés. haines profit pour

S'il

y

a des

moeurs

coutumes savoir autres,

à respecter, démêler en nous

Y a aussi des utiliser à notre sur les unes

et des rivalités en les opposant les mieux La vaincre Colonisation les

appuyant

secondes..." française,

(Général Galliéni, Paris: Calmann-Lévy,

cité par H. Brunschwig, 1949, p. 185).

le passé

indochinois

37

et

les

cadres

intermédiaires

mais

que

l'on

maintient

dans

une

position

subalterne; lement cience limité

élargissement au village, lente

de l'espace ou tout

social

des paysans

traditionneldecons-

au plus d'une

à laprovince, nouvelle

etprise

nationale; de se

élaboration modèles

culture et

où tentent, venus

difficilement,

concilier

traditionnels

modèles

de l'Occident capitaliste ou socialiste (1).

4

- La

société coloniale

L'Indochine une "colonie

française

était

ce

qU'il

était

convenu

d'appeler

d'encadrement". Même dans elle les ne années

La population
de la guerre, encore

européenne
avec qu'une la

n'

y

fut
du

jamais
Corps

nombreuse.

présence

Expéditionnaire,

représentait

part

numériquement

impoAu Viêt-Nam, les différentes réactions culturelles au contact 1 de la manière sé par la colonisation semblent pouvoir être schématisées suivante: Acceptation du fait colonial. A

-

-

.

Volonté

de

déculturation

et

d'assimilation

au

groupe

eu-

ropéen. Ce sont les attitudes qu'on a pu observer dans les groupes les plus proches de la société coloniale: auxilliaires subalternes des Européens (boys, interprètes, etc.), bourgeoisie cochinchinoise et naturalisés, Eurasiens. Elles sont freinées par la volonté du groupe européen de maintenir la distance entre Blancs et Asiatiques. Tentative de conciliation syncrétique des deux cultures.

.

Avortée en partie

chez au B

les

intellectuels réussie

conservateurs chez les

tels

Pham-Quynh,

elle

fut,

moins,

catholiques.

.

Refus
Retour

du fait colonial:
aux valeurs

contre-acculturation.
:confucéennes (résis-

traditionnelles

tance

des

Lettrés)

ou

bouddhiste
(ou

(Hôa-Hào,
reculturation)

Bouddhisme
:

rénové).
tentative de création

. .

Syncrétisme
Néoculturation

religieux:

caodaisme.

d'une nouvelle culture viêtnamienne dynamique, leurs nationales des techniques, de la science de l' Occiden t :

par intégration aux vaetdes valeurs politiques
ou de la Chine du Kuomin-

-

soit sur
et partis

le le

modèle modèle

du des

Japon pays

tang Chine

(mouvements communiste.

"nationalistes"), socialistes, D.R.S.S.puis

- soit

sur

38

le

passé

indochinois

très

faible

de

la

population

globale.

D'autre

part,

il

s'agissait

d'une employés enIndole pays, le fait

population des firmes Une

fluctuante., commerciales, minorité colonisation, poignée de

Laplupart etc., ne

des fonctionnaires, passaient que

militaires, quelques fixés années dans

chine.

d'Européens de type

seulement algérien et

s'étaient par exemple,

la petite que d'une

n'ayantété

planteurs

riziculteurs.

Cette
depuis mer. des des les Son débuts

population, de la

cependant, et

n' avai

t

cessé

de

s'accroître de Dou-

colonisation

surtout et et

depuis

l'époque suscite

oeuvre

d'organisation d'extraction la direction le le

économique minière et

financière

l'essor employant ad-

grandes Européens

sociétés pour --

d'hévéaculture, La

l'encadrement. du des régime grands de

réorganisation àl'adminisla

ministrative tration d'un

surtout -et

passage

protectorat amènent Un et

directe

lancement de

travaux

venue afflux

nombreux a

personnel lieu au

fonctionnaires de la

européens. grande guerre

deuxième

d'Européens

lendemain

de la

crise

de

reconversion
chine d'une et au

de 1921,
développement générale du

lié à un "rush"
très de toute rapide

des capitaux
des mines et

français
des

versl'Indoet

plantations,

manière

l'activité (1).

économique

lié

aussi à

l'accentuation

fonctionnarisme

Les nes dits, de "statut les

statistiques européen", (ceux

englobant c'est-à-dire d'entre d'origine eux

sous

une

même

rubrique

lesperson-

outre
du moins

les

Européens

proprement

Eurasiens les

qui avaient (Indochinois etc.) et les

la citoyenneté naturalisés,

française), Indiens Philippins, la population

Français

coloniale Réunionnais,

"renonçants", il est

Antillais, malaisé de

Japonais
chiffres

et
de

connaître

avec

exactitude

les

européenne.

De "statut

quelques

milliers de 24

à l'époque 000 en 1913,

héroique, à 25 300

la
au

population
recensement

de
de

européen"

est passée

1 - C'est, en effet, en métropole que sont recrutés une grande partie des fonctionnaires; "c'est à des Blancs qu'on réserve les postes, même les plus subalternes, de la douane ou des Eostes. [...J Le petit fonctionnaire blanc devient un trait original de la colonisation française." (J. Chesneaux, op. cit., p. 158 ; v. aussi Paul Isoart, Lephénomène national viêtnamien, Paris: Librairie Générale de Droit et de Jurispru-

dence, 1961, pp.

191 sq.

le

passé

indochinois

39

1921, des au

41

000

en

1928,

42 cessé en les

300 de

en

1937

(après

la

crise

de

1929,

le

nombre

Européens Viêt-Nam, dénombrée

avait surtout dans et

s'accroître). et de au

L'immense Tonkin

majorité
Plusde Hanoi,

résidait
lamoitié Haiphong,

Cochinchine 7 villes

(75%).

était

Saigon,

Cholon,

Phnom-Penh,

Hué

Tourane.

Le global de rent en

tableaup. la selon

40

donne

pour

1937,

année

du

dernier de cette

recensement population y figu-

Indochine, européen 65%, les

répartition l'origine. de

(approximative) Les Européens pour aux

statut pour

stricto 56%

sensu

"Français

France"

environ précédents

(cespourcenta-

ges étaient
nombre tendant

certainement

plus

élevés

recensements, les Eurasiens,

le

des Européens" à s'accroitre).

légaux"

d'origine

asiatique,

notamment

Notons chine s'élevait On dominé. 700 voit Une

qu'en à environ

1937 23

la 000

population 000, dont

autochtone

totale 19 000 groupe européen,

de 000

l'Indopour le

près de
en tre de statut

Viêt-Nam. groupe 1 sur

l'immense personne purement

écart sur 500

numérique était

dominant

et

à peine

d'origine

européenne.

La péenne hommes ennes,

répartition dite d'âge

par fait mûr

sexe

et

par

âge

dans

la

population

eurodes

proprement jeunes bien et qu'en est

par (entre

ailleurs 20 et

apparaitre 40 au ans). fur Le età

la prépondérance nombre mesure de où

des
la

Europécolonie de 6 à

augmentation néanmoins

constante

s'organisait,

demeuré

assez

faible,

l'ordre

7000

(1).
De 1939 à 1945 les relations ni avec la ni métropole départs. sontinterromC'est certai-

pues, nement

il la

n'y

a pratiquement de la plus

plus

arrivées, stabilité 1946 44 permet 000

période Le

grande de

démographique de conclure

du
à une

groupe
popu-

européen. la tion tion "de

recensement européen" 27

partiel

statut de

d' environ

personnes

(pour une

popula-

globale

millions)

(2)

.

1

-

Cf.

Charles

Robequain,

L'évolution

économique

de

l'Indochine

fran-

çaise,
2

Paris:
1945,

Hartmann,
cette

1937, pp.

27 sq.
s'accroitraconsidérablement

Après

population

européenne

du fait de id présence du Corps Expéditionnaire. Celui-ci cependant, comptait un nombre important de troupes africaines et nord-africaines.

40

le

passé

indochinois

Population de statut européen en 1937 Tableau 3 a) Européens proprement dits: Français (I) Etrangers b) Français des "vieilles colonies" (Antillais, Réunionnais c) Eurasiens (2) d) Indiens des Comptoirs et Indo- Vietnamiens e) Indochinois de nationalité française (3) f) Chinois de nationalité française g)Japonais, Philippins 24000 3500 3300 6000 2000 3100 94 306 42300

1 - Dont un nombre indéterminé, mais qui n'excédait pas 2 à 3 000, de créoles indochinois (nés en Indochine, de parents européens d'Europe) 2 . Le nombre réel des Eurasiens était plus élevé, mais aucune statistique ne donne le chiffre des Eurasiens non-citoyens français; c( infra, p. 84 sq. 3 - Naturalisés, descendants de naturalisés et épouses légitimes d'Européens. Vietnamiens: 3 047 (dont environ 450 épouses d'Européens), Cambodgiens: 22, Laotiens: 31. SOillml : P.Huard et A. Bigot: "Introduction à l'étude drs Eurasiens", Billie/ill EWllulllique de /"IlIduchille. 1939, vol. 42, fasc. 4, pp. 715-758; P.HuMd et Do Xuan Hop: "Recherches sur l'importance numérique des Européens et des Eurasiens". IIISlili/lllldochilluis (JllllrrElu de de l"Holllllle.1941, p. 164; P. Huard: "Chinois, Japonais et Hindous en Indochine", Bullerill Ecollollliquede I"IlIducltille,1939, fasc. 3, p. 489.

Dans
ropéens français guait més et plus

la société
précisément

coloniale
les

--

que
de

seuls
France, sur

constituaient
les la marge plus autres

les

Eu-

Français

citoyens on dis tinfer-

n'y trois

participant groupes aux les

que

partiellement, plus ou moins les Il

ou

principaux, les ou

rivaux,

moins

les

uns et

autres: colons les

militaires, (1).

fonctionnaires conviendrait et

ou"adminisd'y ajouter les

tratifs",

"privés"

missionnaires, peut-être et enfin les pas les

dont moins femmes,

activités que le

économiques les activités fait qu'elles contribué

poli tiques proprement constituaient

n I étaient

importantes qui, outre ont

religieuses,

un lien de la

entre société

autres

groupes, du milieu

fortement

à l'isolement

coloniale

autochtone.

Les

militaires

constituaient

à

eux

seuls

plus du

tiers
__

de

l'effectif
avant même guerre quelques

de la société
s'entend. officiers,

européenne:
hommes de

10 à 15 000
de des troupes,

selon

les époques

Beaucoup, étaient

sous-officiers
qui vivaient

et
le

ceux

Européens

1 - Cf. Philippe Devillers, op.

cit.,

pp.

41 sq.

le

passé

indochinois

41

plus lées, Leur

près comme rôle

des

autochtones, des

dans troupes

les

postes

de au

brousse, service de

les garnisons géographique,

isoetc.

cadres dans la

indigènes, à

société

coloniale,

l'apogée

celle-ci, armée, la

étaitcepenprincipal ils ne

dant

assez
du

peu

important.
mais pouvoir

Ils représentaient
depuis la fin de Les

la
l'époque civils,

force de même,

support détenaient que peu

système, plus le

conquête tenaient

véritable.

les

quel-

à l'écart.

Les étaient colons était

deux

autres numérique

groupes, à en ancré à ses

des

colons

et

des

fonctionnaires,

d'importance et plus 4 700

peu
1937 dans

près
(1). le

équivalente Le premier,
Il étai

environ
celui
t

5 800

fonctionnaires plus

des colons, le plus

permanent, La

pays. avait sains, naifs restera années Les sans

aussi

diversifié. population et de de

colonisation, formée

débuts,

entraîné honnêtes etd'écumeurs jusqu'à 20

l'arrivéed'une et courageux, d'épargne, la fin la quelque

hétéroclite, sans et de

d'émigrants de pionniers (2). Il

forbans

scrupules, détrousseurs"

prosélytes de cette époque ne

chose la

diversité. des seront coureurs plus

Cependant,

les

marquèrent

fin de

belle

d'aventures. qu'une minorité et l'élément

"broussards",

planteurs,

forestiers, plus miner en la plus

influence,
fonctionnaire

et
qui

c'est vont

de do-

l'élément

bourgeois

société

coloniale.

Société
ses préjugés, sa vie son

désormais indifférence

désorganisée, à tout et ce qui

fermée dans le

sur pays

elle-même,
n'est

avec

pas euont

ropéen, noté les

"mondaine" de

intense

factice. son

Tous

les observateurs


à l'époque idéaux

l'entre-deux-guerres et étriqués de de la

"provincialisme" bourgeoisie encore conserver, statut étonnés

dominent àcet brusféodale racia-

prosaiques morgue sociale

petite

associés de leur

"esprit que de

colon",

agressive et peu au

parvenus de la au

élévation petits

assurés gain

mentalité d'aristocratie

bourgeois

âpres

promus

le (3).

1 - Ph. 2 - Louis depuis

Devillers, Halleret, Paris:

op.

cit.,

p.

42. indochinois dans la littérature française

L'exotisme Larose,

1860,

1934,

p.

117.

3 - Cf. par ex. Virginia Thompson, French Indochina, Londres, 1937, pp. 411 sq. ; Ph. Devillers, op. cit., p. 43 ; L. !1alleret, op. cit., pp.150154 et passim; P. Isoart, op. cit., pp. 219-225...

42

le

passé

indochinois

Sans enne pation une d'importantes au pouvoir, de

doute

existait-il de

à l'intérieur statut et et

de

cette

société et de Au

européparticisommet, pouvoir des "pe-

différences entre les

socio-économique entre de les individus.

groupes

poignée

hauts

fonctionnaires

gros colons

disposaitdu

effectif,
tits

de la richesse
végétaient ces

et du prestige;
dans des emplois

à l'autre
obscurs ou

extrémité,
des les peti ts

Blancs"

trafics.

Pourtant, entre les

malgré

différences les

hiérarchiques, etc., politiques part et les ou

malgré rivalités

cloisonnements et les conflits en-

professions, (entre les

services,

économiques tre et et vées les les

"privés"), d'une

religieux

(notamment

radicaux Missions la des

franc~maçons d'autre part),

les conservateurs Saigon, le flux la ville constant

catholiques des colons,

locaux

(entre malgré

Hanoi, et

ville départs,

des la D'une

fonctionnaires), société part, presque coloniale parce tous

desarriun

blanche est,

formait, en

néanmoins,

ensemble lement

cohérent. assez

qu'elle ses

définitive,

socia-

homogène,

éléments

yappartenant

auxclasses

moyennes:
ouvrière

il n'y avait
(les emplois

ni grands
plus

féodaux,
des

comme

en

Algérie,
étaient

ni classe
encore su-

les

modestes

Européens

périeurs
surveillants "ils

à ceux de l'immense
de travaux, ni sur assez

masse

des Indochinois:

chefs
t

de chantiers,
intellectuels beaucoup

magasiniers, nombreux, compatriotes" ni

etc.)
assez (L. et

;

quan

aux

n'étaient

écoutés

pour

exercer part, des plus des

d'influence que et les des

leurs des

Malleret). colons, et visqu'ils eut et

D'autre même

parce

groupes

fonctionnaires étaient et les tout

des

militaires ou moins

missionnaires, activités. entre défaut la Enfin tous de

interpénétrables parce que

mêlaient à-vis soient, suffi à

leurs il de

surtout, Européens, autre,

autochtones

existait fait. A de

quels élément

une solidarité assurer

cet

la co-

hérence

société

coloniale.

Celle-ci noises une mais aussi,

constitue, à beaucoup et

en

effet, d'égards,

au-dessus en-dehors à tous laquelle ordres, bien

des de

sociétés leur vie les

indochir~elle

_
par-

aristocratie peu ou

économique prou. Les

politique de ils

tous

Blancs

ticipent que cette

avantages

etd'abord les

matériels, leplus

position possible.

leur Pour

procure, les

entendent

conserver

longtemps bien

défendre tous

et
les

devant
Blancs

la menace

obscure,
tous

ou

précise,

de la

révol

te,

-

ou

presque

-

se

sentent

solidaires.

le

passé

indochinois

43

5

- Le système
A

des relations coloniales

l'apogée

de

son

pouvoir, d'abord,

la

société évidemment,

coloniale, de la

pour force

le

main:

tien

de

sa la

domination, Police (1).

dispose

physique

l'Armée,

1 - Le que de plu alors moment, lés que à

nombre des la conquête le que put souligner. la les

militaires et celle On était la

fut certes faible de la décolonisation. ainsi aux à plus prises la grande qu'au avec partie

en

Indochine On s'est de la guerre ennemi troupes

entre maintes de héréditaire

l'épofois du si iso-

admirait

cours son des

1914-18,

métropole actes être retirée

d'hostilité "l'Indochine (op. cit., de pour
000

présence

française

demeurèrent

d'occupation. années que Cochinchine civils et 83 militaires, europé-

Selon P. Isoart, par 2 500 hommes" pour face
enne

ne fut tenue pendant ces quatre p. 235). En 1936, iln'y avaiten 000 habitants de environ (et que pour 2 500 une gardes 10 779 l'Indochine

une à
de

population En 000
moins

4 616

gendarmes. 23

1937, 000
de 30

l'ensemble
personnes)

d'Indochinois

population

.
la deuxième sans guerremondiale, N'importe l'agression" p. 73). écritIsoart, quel Français (ibid., p. parfaite. redouter op. cit.,

Ainsi à

la

veille la le

de

calme, "le Viêt-Nam était pouvait circuler à travers 301 ; dans le même sens Ph.

sécurité pays Devillers,

En ,'onclure, cependant, comme font des critiques modérés de la colonisation française tels Isoart et à sa sui te Bernard Fall (Les deux Viêt-Nam, Paris: Payot, 1967, pp. 38-53), que le régime français n'étai t nullement un régime d'oppression, un régime de violence, fondé sur la force et cherchant à imposer la crainte, un "colonialisme à la trique", c'est oublier de mettre en ligne de compte l'énorme déséquilibre technique entre la société coloniale et les sociétés colonisées, lequel a seul permis la conquête et le maintien de la colonisation. On le vit en 1930. Combien de paysans viêtnamiens armés de bâtons et de piques de bambou valurent alors un soldat français armé d'une mitrailleuse? Combien, un pilote des avions qui bombardaient les colonnes de paysans marchant sur Vinh et les villages révoltés du Nghe-Tinh ? Les instruments de la violence demeurent pour l'essentiel entre les mains des colonisateurs -- même si ces mains à une époque donnée sont relativement peunombreuses. Il faut du temps à la contre-violence révolutionnaire et des circonstances historiques favorables pour acquérir les premiers moyens, politiques autant que militaires, de sa libération.
D'ailleurs l'armée, la marine, l'aviation cas de besoin, rapidement intervenir: effectifs de police, la montèrent ses autres l'avouée rapidement, colonies. et la tout genre, efficacité. Et fut secrète, la puis qui France l'on avec du colonisateur pouquand fut engagée la puisant doit son selon dans les rése garder réseau tous aussi d'indiles té-

vaient, lutte, serves d'oublier

en les

humaines

cateurs et moignages,

d'auxiliaires en d'une redoutable

toujours,

44

le

passé

indochinois

La pays, le

société dans

coloniale, tous les

d'autre secteurs

part, est

"coiffant" ses mains.

l'ensemble

du

pouvoir

entre

Quelques

centaines

de
--

"privés",

colons,

fondés

de

pouvoir

des

grandes
"le coeur

sociétés
et le

et des banques
centre nerveux tiennent les

en premier
de l'économie tous les

lieu laBanque

d'Indochine,
--,

indochinoise"

(Devillers) de

commerçants, en liaison

bourgeois, souvent avec

points

vitaux

l'économie.

compradores

chinois.

Quelques directions(Finances, merce-Industries, de par commande Doumer

centaines Douanes Postes) et et et

de

fonctionnaires

à la

tête

des

grandes

Régies,

TravauxPublics, tiennent depuis où un

Agriculture,Comtous son les leviers

etaux

ServicesCivils, Enfait, périodes

techniques (1897-1902) des

administratifs. hors les brèves

organisation politique par les

homme désirées

a tenté

d'imposer

mesures

relativement

libérales
--

milieux

radicaux de

ou socialistes 1917 à 1919
du

de la métropole Varenne
de

AlbertSarraut de 1925 à 1928
furent Varenne,
--

de 1911
lesvé-

à 1914, puis
ritables nistrateurs (1928-1934) loniaux

; Alexandre
général Les deux sont

maîtres des et

gouvernement Civils.

l'Indochine de des

les

admi-

Services Robin déjà

successeurs du reste

pasquier co-

( 1934-1936), longtemps en

administrateurs

depuis

Indochine.

Par
--

la

limitation

du

droit

de

vote et les

aux

seuls

citoyens desComptoirs

français for-

les

petits

fonctionnaires

européens

Indiens

ment
demeure

la majorité
entre les

du corps
mains de

électoral
quelques

--

l'essentiel

du

pouvoir

politique

personnages

influents.

Enfin,
des de idéologies, monopoliser de au

missionnaires
la

et enseignants
--

représentants,
l'éducation les ou valeurs

au niveau
et tentent culturelles "dépas-

"civilisation"
--

contrôlent européen toutes

profit en des

du bloc

groupe comme

supérieures, sées", les

rejetant valeurs

inférieures, (1).

tout

au moins

autochtones

1 - Il Y eut certes, à cet égard, de Mais justement, il s'agit d'exceptions. la la plupart des Diguet, de l'apogée ouvrages Briffaut, de la français sont Giran...), situation civilisat~on viêtnamienne,

notables Il est

exceptions du reste à (Luro, consacrés la

individuellE's. significatif société Schreiner, que et Cadière à Du-

importants soit

antérieurs

mo~~ier,
--

soit postérieurs
--

(Bezacier,

publication de ses articles en volumes

Huard et

Durand...)

à la

période

coloniale.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.