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Les relations entre Oman et la France (1715-1905)

172 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1995
Lecture(s) : 108
EAN13 : 9782296308534
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Les îles Comores, le nord de Madagascar et l'île Nossi-Bé.

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L'île Maurice et l'île de La Réunion (Bourbon).

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Audience donnée par Louis XIV à l'Ambassade de Perse à Versailles le 19 février 1715 (Bibliothèque Nationale).

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Portrait de feu l'imam de Zanzibar. Dessin de E. de Bérard d'après nature.

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Du même auteur
The Myth of Arab Piracy in the Gulf, (Le mythe de la Piraterie dans le Golfe), (en anglais), 224 p., London, Croom Helm, 1986. 2ème édition, chez Routledge, London. Le Démembrement de l'Empire Omanais 1856-1862, (en arabe), 391 p., édition AI-Bayan. Dubai, 1989. L'Occupation Britannique d'Aden 1839, (en arabe), 573 p., édition AI-Ghurair. 2ème édition AI-Bayan, Dubai, 1991. Les relations entre Oman et la France 1715-1905, (en arabe), 208 p., édition AI-Ghurair Printing and Publishing, Dubai, 1993. (Le présent texte en français). John Malcom and the British Commercial Base in the Gulf 1800, (en anglais et arabe), 72 p., édition AI-Khalij, Sharjah. Les documents arabes omanais dans les dépôts d'Archives français, 311 p., (en arabe), édition, 1991. The Journal of David Seton in the Gulf 1800-1809, (en anglais et arabe), 111 p., édition AI-Khalij, Sharjah, 1994.

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Sultan Muhammad

AL-QASIMI

LES RELATIONS ENTRE OMAN ET LA FRANCE (1715-1905)

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Traduit de l'arabe par Abdeljelil et Mireille TEMIMI

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Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

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Collection Comprendre le Moyen-Orient Dirigée par lean-Paul Chagnollaud Dernières parutions:
JACQUEMET Io1anda et Stéphane, L'olivier et le bulldozer.. le paysan palestinien en Cisjordanie occupée, 1991. BESSON Yves,ldentités et conflits au Proche-Orient, 1991. FERJANI Mohammed-Chérif, Islamisme, laïcité et droits de l'homme, 1991. MAHDI Fa1ih, Fondements et mécanismes de l'Etat en islam: l'Irak, 1991. BLANC Paul, Le Liban entre la guerre et l'oubli, 1992. MENASSA Bechara, Salut Jérusalem, 1992. JEANDET Nœl, Un golfe pour trois rêves, 1992. GOURAUD Philippe, Le Général Henri Gouraud au Liban et en Syrie, 1919-1923,1993. PICARD Elizabeth, ed., La nouvelle dynamique au Moyen-Orient, Les relations entre l'Orient arabe et la Turquie, 1993. REGNIER Philippe,lsmayl Urbain. Voyage d'Orient suivi de Poèmes de Ménilmontant et d'Egypte, 1993. CHESNOT Christian, La bataille de l'eau au Proche-Orient, 1993. DES MET-GRÉGOIRE Hélène, Le divan magique, L'Orient turc en France au XVIII' siècle, 1994. FlORANI Régine, Rêves d'indépendance, chronique du peuple de l'Intifada, 1994. HAMIL TON A.M., Ma route à travers le Kurdistan irakien, 1994. CORN AND J., L'entrepreneur et l'Etat en Syrie. Le secteur privé du textile à Alep, 1994. MAJZOUBT T., Les fleuves du Moyen-Orient. Situation et prospective juridico-politiques, 1994. HAUTPOUL J.M., Les dessous du Tchador. La vie quotidienne en Iran selon le rêve de Khomeyni, 1994. JMOR S., L'origine de la question kurde, 1994

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Illustration de couverture: port de Muscat, 1873

@ L'Harmattan, 1995 ISBN: 2-7384-3627-7

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PRÉFACE A L'ÉDITION FRANÇAISE

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La France des XVIIIe et XIXe siècles eut à maintes reprises l'occasion de nouer des liens profonds et durables avec les pays du Golfe arabique, en particulier Oman, les péripéties et les aléas de l'histoire ne le lui permirent point. La mémoire collective a surtout retenu les exploits des grands corsaires français contre les vaisseaux anglais durant les conflits d'après la révolution et pendant la période napoléonienne sans pour autant avoir une idée exacte des intérêts en jeu dans cette lutte acharnée entre les deux nations. A cette époque, toutes les guerres qui opposèrent la France aux Anglais, se prolongèrent bien au-delà des frontières et des mers de l'Europe. L'océan Indien, la Mer Rouge, le Golfe d'Oman et surtout le port de Mascate vécurent l'extension de ces conflits nés loin d'eux. Pour avoir l'exclusivité de la route des Indes, l'Angleterre se débarrassa des Portugais et des Hollandais puis usa avec acharnement de toute sa force et de son ingéniosité pour asseoir son hégémonie dans cette région contre les tentatives françaises de créer un commerce indépendant et libre avec l'Orient. En faisant pression sur Oman, Mascate - escale stratégique de la route des Indes- passera entièrement sous influence britannique. C'est sous le premier Empire que la

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lutte atteint son apogée et voit la France disparaître du Golfe avec la perte de rIle Maurice en 1810. Malgré les péripéties de ces affrontements entre les deux nations rivales et les perturbations provoquées dans le Golfe, il y eut un attachement certain, pendant longtemps, entre les Omanais et les Français. Les divers Imams de Mascate eurent longtemps à leur service des marins français et s'attachèrent des médecins français qu'ils honorèrent de leur amitié et de leur confiance. Au cours de ces périodes, la France ne sut pas profiter des avantages qu'offraient cette amitié; la révolution triomphante et quelque peu arrogante dans sa jeunesse traita assez négligemment les questions omanaises et les affaires pendantes qui les concernaient et accumula des erreurs dont hérita l'Empire; et qui furent fatales à l'influence qu'elle eut pu exercer dans la région. Pourtant, malgré les injonctions de la Grande-Bretagne, ce n'est qu'avec peine, souvent de mauvaise grâce, que les Imams de Mascate consentirent à appliquer à la lettre les exigences inscrites dans les conventions passées entre eux et l'Angleterre. Ils furent contraints de se soumettre et finirent par chasser définitivement les Français de Mascate et de tous les ports omanais. Après la Révolution, les lenteurs et les maladresses des différents gouvernements français qui ne surent résoudre avec célérité le problème de la prise des bateaux omanais par les corsaires français envenimèrent durablement les relations entre les deux pays. Oman ne pouvait vivre sans son commerce avec le continent Indien. Port neutre et accueillant Mascate fit de son mieux pour se dégager de conflits qui ne la concernaient pas. Dominant en Inde, l'Angleterre fit suffisamment peser de menaces sur le commerce de Mascate et du Golfe arabique en général, pour que les gouverneurs ou émirs soient contraints de signer des conventions qui donnaient la priorité exclusive des ports et du commerce dans le Golfe à l'Angleterre.

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Jouissant d'une situation intérieure stable, de solides implantations en Inde et au Moyen-Orient qu'elle protégeait jalousement, la Grande-Bretagne avait pu établir entre ses divers consuls, résidents et gouverneurs des réseaux de correspondance sûrs et rapides, mettre en poste des fonctionnaires efficaces et vigilants. Ses bâtiments de guerre et les vaisseaux de la Compagnie des Indes pouvaient facilement s'allier, si nécessaire, pour protéger les intérêts supérieurs du royaume et du commerce. Tous ces avantages manquèrent à la France qui ne sut ou ne put profiter de ceux offerts par une longue période d'amitié et de respect avec les Omanais. L'étude des relations entre Oman et la France présentée ici n'est qu'un début; d'autres documents restent à découvrir, d'autres recherches à faire. Sous des aspects quelquefois anecdotiques, souvent plus sérieux, cette part de l'histoire de France liée à celle d'Oman et de Mascate fait la preuve que les pays et les peuples ne sont pas si éloignés qu'ils ne le croient et que parfois leurs destins se sont croisés sans qu'ils ne le sachent plus. Puisse ce modeste apport historique susciter l'intérêt et la curiosité des lecteurs français et encourager certains à redécouvrir cette période. Je remercie vivement le Prof. Abdeljelil Temimi de l'Université de Tunis et sa femme Mireille Temimi qui ont pris le soin de traduire mon travail de l'arabe en français. Dr. Sultan AI-QASIMI

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PRÉFACE

Les relations franco-omanaises sont un sujet d'étude important parce qu'elles s'insèrent au cœur du conflit franco-britannique dans l'Océan Indien et dans le Golfe Arabique. Le but était d'occuper - ou tout au moins

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d'exercer son influence sur - cette région, emplacement
stratégique privilégié qui protégeait et ouvrait à la fois la route des Indes. Lors de la campagne de Bonaparte en Egypte l'Angleterre craignait qu'il ne porte ses ambitions en Inde; d'autre part, la France savait qu'il était important de jouer un rôle influent dans cette .région, non seulement pour des raisons mercantiles mais également pour tenter de combattre la pression énorme exercée par les Britanniques qui s'employaient à la chasser de l'Océan Indien comme elle en avait chassé d'autres nations européennes. A partir donc de ces données géo-politiques, pour comprendre les relations entre la France et Oman, il est nécessaire de suivre l'évolution de la lutte franco-britannique et des événements qui l'ont traversée et qui ont marqué de leur empreinte l'avenir de cette région. Au cours de cette étude nous pourrons également découvrir les procédés et les méthodes utilisés par les chefs

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locaux, face à l'affrontement entre deux puissances, afin d'éviter les risques d'être entraînés dans l'engrenage d'une telle compétition et ce, dans un contexte de déséquilibre total entre de petites forces indigènes dispersées et la puissance de l'une ou l'autre des deux parties au cœur d'un vaste conflit qui ne respectait ni principes ni promesses et qui n'accordait aucune valeur aux principes moraux. Nous pouvons dire que, dans l'ensemble, les relations franco-omanaises n'étaient pas caractérisées par l'harmonie et l'entente. Durant deux siècles elles furent instables et sujettes à de nombreuses perturbations. Elles varièrent de l'appréhension à la méfiance, quelquefois même à une hostilité déclarée et, d'autres fois, de l'apaisement à la complaisance et au développement de relations commerciales ainsi qu'à la joie d'accueillir les consuls français nommés à Oman. Au début ces relations étaient inamicales car la France était accusée d'être impliquée dans un projet d'occupation de Mascate en accord avec la Perse, après que cette dernière ait perdu toute influence dans le Golfe Arabique contrôlé désormais par Oman. De nombreux historiens soutiennent encore cette thèse mais cette étude la dément. La seconde raison de l'inimitié avec la France était que les corsaires français avaient pris nombre de bateaux omanais sans raison apparente. La France, de son côté, tenta de remédier à ces évolutions en corrigeant ses erreurs. Elle délégua le dénommé Beauchamp à Mascate, mais il fut forcé de rebrousser chemin à cause de la guerre entre la France et l'Angleterre en Méditerranée et en Egypte. En fait la Grande Bretagne craignait que Bonaparte ne tente d'atteindre l'Inde, elle signa donc des accords avec l'Imam d'Oman qui obligeaient ce dernier à chasser tous les Français de ses terres. La France tenta une seconde fois d'envoyer un émissaire, Cavaignac, à Mascate; il ne fut pas reçu et fut forcé de s'en retourner.

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Au commencement du XIXe siècle la France envoya ses corsaires écumer tout l'Océan Indien, ils arrivèrent jusqu'au Golfe d'Oman et au Golfe Arabique. Pour la France, cette mesure était la seule capable, pensait-elle, de résister à la forte pression britannique. Les Français en fait s'emparèrent de nombreux bateaux omanais ce qui obligea Sayyid Sa'id à envoyer des émissaires à l'île Maurice pour réclamer leur restitution, sur ce, il signa quelques accords avec le gouverneur de l'île. La Grande Bretagne toutefois ne permit pas l'application de ces accords et se hâta de s'emparer de l'île Maurice afin que le pavillon français disparaisse de la mer arabe, elle continua d'exercer sa pression sur Oman pour empêcher que ne s'établissent des relations régulières entre la France et Oman. En 1817 cependant les relations franco-omanaises entrèrent dans une nouvelle phase d'amitié et de désir de coopération. La France commença à développer ses relations commerciales avec Oman et nomma des consuls à la fois à Mascate et à Zanzibar. Un accord fut signé entre les deux parties en 1844. A la mort de Sayyid Sa'id dont l'empire fut partagé entre Zanzibar et les possessions africaines d'une part et Oman de l'autre, ces relations furent un moment interrompues; elles reprirent sous le règne de Sayyid Fayçal bin Turki qui parvint à préserver la neutralité d'Oman et à maintenir son indépendance, au cœur de la querelle franco- britannique à ce sujet. Le meilleur portrait que nous ayons de Sayyid Fayçal bin Turki est celui qu'en fait Ali Hussein, citoyen britannique d'origine arabe, dans un article publié au Caire par le journal El Mahrousa, en 1896. Les faits concernant ce conflit et l'évolution de leurs divers stades dans la perspective des relations francoomanaises font l'objet de cette étude.

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CHAPITRE

I

L'ARRIVÉE

DES FRANÇAIS

EN ORIENT

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Les Français étaient très désireux d'acquérir une part commerciale des biens et richesses de l'Orient où les Portugais les avaient précédés. Ils furent donc les premiers à suivre l'exemple du Portugal pour le Cap de Bonne Espérance; leurs tentatives se multiplièrent et les vaisseaux français naviguèrent autour du canal du Mozambique en 1507 si bien qu'ils furent accusés de "piraterie" contre les bateaux hindous qui retournaient vers les côtes de l'Inde. Quant à la flotte marchande française, elle prend son essor à partir de Dieppe en 1527 et continue les années suivantes vers l'Orient, à travers le Cap de Bonne Espérance. Cependant son activité ne fait pas concurrence à la suprématie commerciale portugaise!. Les Français consommaient plus que d'autres nations, les produits orientaux; leur désir d'acquérir eux-mêmes et de commercialiser ces produits sans l'intermédiaire d'autres nations était donc légitime. Ainsi quelques commerçants de
1. Pearce, Major F.B., Zanzibar, the Island Metropolis Africa, Fisher Unwin, London 1920, p. 72. of Eastern

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