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Liberté pour les radios africaines

224 pages
Actes du colloque de Bamako, 1993
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,

LIBERTE

POUR LES RADIOS
(Version française)

AFRICAINES

FREEDOM

FOR AFRICAN
(English version)

RADIOS

@L'HARMATTAN, 1994 ISBN: 2-7384-2487-2

Union

Intitut Panos/Panos Institute des Journalistes d'Afrique de l'Ouest/West Journalists' Association

African

LIBERTÉ

POUR LES RADIOS

AFRICAINES

Actes du colloque de Bamako sur "Le pluralisme radiophonique en Afrique de l'Ouest" (14-18 Septembre 1993)

FREEDOM

FOR AFRICAN

RADIOS
on

Proccedings of the Bamako symposium "Radio pluralism in West Africa" (September 14-18, 1993)

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

SOMMAIRE
I) VERSION PRÉAMBULE 1) PROGRAMME FRANCAISE

- CONTENTS
11 13 15 19 19 21

2) DISCOURS D'OUVERTURE Discours de Charles Condamines, directeur de l'Institut Panos..... Discours de Muhammed Sani Zarro, président de l'Union des Journalistes d'Afrique de l'QuesL.. Discours de son excellence Alpha Oumar Konare, président de la République du Mali, Chef de l'ÉtaL.. Séance d'ouverture..... 3) PANELS ET COMMISSIONS

23 27 29
51

4 ) COMMUNICATIONS

La radio, la démocratie et les droits de l'Homme (H. Ouédraogo)..... Évolution et genèse de la radiodiffusion en Afrique (G. Boucar)..... L'émergence des radios privées au Mali (S. Konaté)..... Quelle législation et quelle déontologie pour un fonctionnement pluraliste de la radio (M. Atindegla)..... Distinction entre radio gouvernementale et radio publique (C. Hamala Touré)..... Radio commerciale: prisonnière du public urbain et du marché? (S. Koné)..... Les radios associatives: l'expérience de la Radio Rurale de Kayes (F. Keita)..... Programmes radiophoniques et démocratisation (A-E. Ilboudo)..... Radios privées en Côte d'Ivoire: l'expérience de Radio Espoir (G. Gnadou)..... Présentation de l'URTNA (E-A. Mensah)..... La coopération régionale et internationale: quelles stratégies, quels mécanismes? (C. Casteran).....
7

51 54 59
63 65 71 72 77 82 85 89

,

Les institutions d'aide au développement et le pluralisme radiophonique (B. Feller)..... La Radio: permettre à la population de se prendre en charge pour son propre développement (M. Bouhafa)..... La Communauté Européenne et la radio

91 94
Cf?

en Afrique (M. Leysen).....
5 ) RECOMMANDATIONS 6) DÉCLARATION DE BAMAKO

99 101 103

7) DISCOURS

DE CLÔTURE

Discours de clôture du Ministre de la Culture et de la Communication de la République du Mali, Mr. Cheickna Détema Kamissoko..... Allocution de clôture de Charles Condamines, directeur de l'Institut Panas..... Message l'Union des Radios et Télévisions Nationales d'Afrique (URTNA)..... Motion de remerciements.....

103 105 107 108

Il) ENGLISH PREAMBLE

VERSION

109 111 113 117

1) PROGRAMME 2) OPENING SPEECHES

Speech by Charles Condamines, director of the Panos Institute..... Speech by Muhammed Sani Zarro, president of the West Africa Journalists Association..... Speech by His Excellency Alpha Oumar Konare, president of the Republic of Mali, Head of State..... Opening.....
3) PANELS

117 119

121 125

AND COMMITTEES

127

8

4) COMMUNICATIONS Private radio stations and the emergence of a radio pluralism in West Africa (K. Karikari)..... Legal and ethical framework for the pluralist operation of radio (B. Ogochukwu)..... What legislation and what ethics for pluralist radio operation? (Y. Abubakar)..... State radio stations/Public radio stations? Or public service radio stations? (A. Dadzié Gifty)..... The future cohabitation of public and private broadcasting (D. Hydara)..... Cooperation between North and South radios (F. Groothues)..... UNESCO's programmes and radio pluralism in Africa (K. Boafo)..... S) RECOMMENDATIONS 6) THE BAMAKO 7) CLOSING DECLARATION

149

149 155 160 168 176 179 180 185 187 189

SPEECHES

Closing speech of the Minister for Culture and for Communication of the Republic of Mali Mr. Cheickna Détema Kamissoko..... Speech by Charles Condamines, director of the PANOS Institute at the closure of the symposium..... Message from the African National Radio and Television Union (URTNA)..... Motion of thanks.....

189

192 194 194

III) ANNEXES

- APPENDICES

195 197 202 207

Présentation de Panos et de l'UJAO..... Presentation of Panos and WAJA..... Liste des participants - List of participants.....

9

INSTITUT UNION DES JOURNALISTES

PANOS D'AFRIQUE

DE L'OUEST

LIBERTÉ

POUR LES RADIOS

AFRICAINES

Actes du colloque de Bamako sur "Le pluralisme radiophonique en Afrique de l'Ouest" (14-18 Septembre 1993)

PRÉAMBULE

Vers une communauté Charles Condamines, Directeur de Panos.

radiophonique

ouest africaine.

"La liberté de la presse nourrit la démocratie, sans la démocratie, il n'y a pas de liberté de presse. La liberté de presse ne vise pas uniquement la liberté des professionnels des médias, mais également celle des citoyens pour qui elle s'exerce et revendique". Voilà en quels termes s'exprimait le président de la République du Mali, Mr. Alpha Omar Konaré lors du colloque organisé à Bamako du 14 au 18 septembre 1993 et consacré au pluralisme radiophonique en Afrique de l'Ouest. Panos, l'Union des Journalistes d'Afrique de l'Ouest et Mr. Alpha Omar Konaré avaient déjà eu l'occasion de se connaître, s'apprécier et travailler ensemble. Notamment en janvier 1991, pour l'organisation du colloque de Paris. Il s'agissait alors de presse écrite indépendante, le Mali était soumis à la dictature du Général Traoré, Bagdad ployait sous les bombes et Mr. Al pha Omar Konaré n'était alors - et c'était déjà beaucoup - que l'un des "pionniers de la presse indépendante" dans la région. En 1992, l' homme de presse est devenu le premier Président démocratiquement élu de son pays. Et, situation exceptionnelle en Afrique, le Mali compte en 1993 une bonne douzaine de Radios libres. Le choix de Bamako pour la tenue de ce colloque régional n'est donc pas fortuit. Pour le préparer, l'Union des Journalistes d'Afrique de l'Ouest (WAJA) et Panos Paris avaient dressé un état du pluralisme radiophonique dans chacun des 16 pays de la région 1 . Diverses réunions préliminaires avaient aussi été organisées. Il s'agissait essentiellement de prendre acte de la libéralisation des ondes et de mettre au point un dispositif susceptible de renforcer un espace radiophonique pluraliste en Afrique de l'Ouest. Le colloque de Bamako était placé sous le parrainage de l'Agence Panafricaine de Presse (PANA), de la Communauté des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Union des Radios et Télévisions Nationales Africaines (URTNA). Il a rassemblé une centaine de représentants des radios privées et publiques d'Afrique de l'Ouest, 1 Les résultats de cette enquête en ont été publiés en Français: "Le pluralisme radiophonique en Afrique de l'ouest" (2 tomes) et en anglais "Radio pluralism in west Africa", aux Éditions L'Harmattan, Paris, juillet 1993. A noter aussi un court métrage concernant l'émergence de radios privées en Afrique de l'Ouest (en français et en anglais). Ce court métrage (17 minutes) a été diffusé dans une trentaine de pays africains. Des tirés à part de la déclaration de Bamako (français et anglais) sont aussi disponibles.
13

associations de journalistes, coopérations internationales...). Une déclaration officielle et un programme spécifique ont été adoptés. Des dispositifs précis ont été définis pour hâter la transformation des radios nationales étatiques en services publics d'information; et aussi pour améliorer les conditions de viabilité juridique, économique, technique, institutionnelle et déontologique des radios privées et des radios associatives en particulier. Chacun des volets retenus comportant des aspects nationaux et des aspects régionaux. Tel représentant de l'ambassade du Canada à Bamako a pu parler "d'un succès total". Même s'ils ne sont pas tous aussi enthousiastes, bon nombre des participants et d'observateurs ont estimé que le colloque de Bamako ferait date dans l'histoire du pluralisme de l'information en Afrique de l'Ouest. Les bases d'une stratégie et, disons-le, d'une communauté pour le développement d'un espace radiophonique ouest africain ont été jetées. Merci à tous ceux qui ont permis le rassemblement de nombreux artisans sur ce nouveau chantier. Merci entre autres à la Fondation Ford, à la Fondation Rockefeller, au CRDI, au CECI, à OXFAM USA, à la Coopération Hollandaise, à la CEE, à la Coopération Danoise et à tous ceux qui ont bien voulu s'engager concrètement dans ce processus de libéralisation des ondes et de la parole. Ce n'est qu'un début... En Afrique, la culture est fortement imprégnée de tradition orale, un journal coüte souvent le prix d'un repas et il n'est pas rare que 4adultes sur 5 ne sachent ni lire ni écrire. Dans un tel contexte, la radio constitue un outil de communication privilégié. A condition qu'elle soit pluraliste. Grâce à tous les africains épris de démocratie et de liberté, cette condition est entrain d'être remplie. Cette révolution en vaut bien une autre et il nous a paru important d'en dresser ici une sorte de procès verbal. Au lendemain du colloque de Paris déjà signalé, nous avions publié un livre semblable à celui ci et il a du être réédité2 . Celui ci a la particularité d'être bilingue. Cette formule nous a semblé plus économique et mieux refléter la diversité linguistique de l'Afrique. Un remerciement particulièrement amical à Mme Rokia Ba Touré, Mr. Moussa Bathily Bâ et à Mr. Renaud de La Brosse qui ont uni leurs compétences pour établir des textes dont chacun sait qu'ils "restent" tandis que les paroles s'envolent.

2 "La presse africaine francophone: vers le pluralisme", L'Harmattan, Paris, 1991. 14

PROGRAMME

Mardi 14 septembre

1993 :

9hoo -10h00: Ouverture officielle CNO Discours introductifs par les organisateurs PANOS et UJAO Discours d'ouverture par le président de la République du Mali, Monsieur Alpha Oumar Konare lOh-lOhI5: Pause 10h15-12h30: Panel I -Exposés-Débats Quelle (s) radio (s) dans le processus démocratique? H.Ouedraougo - J-H.Sy - WAJA/NUJ - S.Konaté - NwankwoM.Atindegla - Y.Ndiyae - C.Houenontin 12h30-14h00 : Déjeuner 14hOO-I5h30 : Panel II - Exposés - Débats Radios d'État ou de service public? S-F.Diarra - D.Gifty - E-D.Ologoudou Radios privées, radios internationales: quels rôles propres et quelles relations? A.Touré - K.Karikari - G.Gnadou G.Ahouanmenou C. Casteran -

F.Groothues - J.Akohouendo 15h30-17h00: Panel III - Exposés - Débats Radios privées commerciales et associatives: quels rôles, quelle cohabitation, quels moyens? M.Diallo - U.Nombré - N.Sawadogo- G.Christensen- RRKJ.Soncin 17h00-17h15: Pause 17h15-19hoo: Panel IV - Exposés - Débats La coopération régionale et internationale: quelles stratégies, quels mécanismes? E.Mensah - S.Touregaye - J.Soncin - C.Casteran - LSouIé B.Feller - M.Bouhafa

15

Mercredi

IS septembre

1993 :

9hoo -10h00: Piénière - débats Exposés introductifs aux commissions Le contexte juridique, institutionnel et déontologique lOh-lOhI5: Pause 10h15 -13h00 : Travaux en Commissions Commission 1 : Lobbying et plaidoyer Commission 2 : Quelle communication plus permanente entre les acteurs du pluralisme? Commission 3 : Cadre juridique et déontologique 13h00-14h30: Déjeuner 14h30-15h30: Plénière - débats Exposés introductifs aux commissions Les conditions matérielles et professionnelles du pluralisme à la radio 15h30-18h00 : Travaux en Commissions Commission 4 : Matériel et équipements Commission 5 : Formation Commission 6 : Production de programmes Commission 7 : Échange de programmes Jeudi 16 septembre 1993 :

9hoo-12h30: Visite de radio à Bamako CNO
Rédaction des rapports de commissions

- rapporteurs

12h00-14h00: Déjeuner 14h00-17h00 : Plénière - lecture et discussions des rapports des commissions Lecture et discussion de la Déclaration 17h00-17h15: Pause 17h15-19h00 : Lecture et discussion des rapports commissions et de la Déclaration (suite)
des

16

Vendredi

17 septembre

1993 :

9hoo -10h00: Exposés introductifs aux commissions - débats La coopération pour le pluralisme à la radio 10h00-10h15: Pause 10h15 -13h00 : Travaux en Commission Commission 8: Quelle coopération Nord/Sud entre les radios et leurs réseaux? Commission 9: Quelle coopération sous-régionale entre les différents acteurs du pluralisme? Commission 10: Coopération entre les radios Ouest-africaines et les organismes internationaux? 13h-14h30: Déjeuner 14h30-17h00: Plénière Lecture et discussion du rapport des commissions sur la coopération 17h00-17h15: Pause 17h15-19h00: Lecture et adoption du rapport, des recommandations et de la Déclaration de Bamako Samedi 18 septembre 1993 :

9hoo-l0hoo: Clôture officielle - CNO - Lecture du rapport Discours des organisateurs: PANOS et UJAO Discours de clôture par le ministre de la Communication du Mali, Mr. C-D Kamissoko

17

DISCOURS D'OUVERTURE
Allocution de M. Charles Condamines Directeur de l'Institut Panos
Excellence Monsieur le président de la République, Messieurs les membres du Gouvernement, Messieurs les membres du Corps diplomatique, Messieurs les représentants des organisations internationales, Mesdames, Messieurs, chers participants C'est à la fois un honneur et une grande satisfaction pour l'Institut Panos d'être ici aujourd'hui, avec vous, Monsieur le Président de la République du Mali. n y a aujourd'hui plus de deux ans, Monsieur le Président nous étions déjà ensemble à Paris avec nos amis de l'UJAO, pour prendre acte de l'émergence du pluralisme de la presse en Afrique. Vous y étiez, Monsieur le Président, en tant que directeur de Jamana, membre éminent du club alors restreint que d'aucuns ont appelé le Club des pionniers de la liberté de la presse. Depuis, vous avez été démocratiquement élu Président de la République du Mali. Le rôle d'une presse libre dans les processus démocratiques africains se trouvant ainsi on ne peut plus officiellement consacré. "Alors, le fracas de la Guerre du Golfe emplissait les ondes et les écrans. Aujourd'hui ce sont les murmures de la paix entre l'OLP et Israël. Comment ne pas s'en réjouir ?". A Paris il s'agissait surtout de la presse écrite. Depuis, au milieu de mille difficultés, que de pas accomplis dans la région. Les journaux indépendants se sont multipliés. Les organisations professionnelles se sont renforcées. De nouveaux cadres législatifs et juridiques ont été définis. Et voilà que les couleurs du pluralisme viennent à présent égayer aussi l'espace radiophonique en Afrique de l'Ouest. Bien sur les situations nationales sont très diverses. Cette diversité est l'une des grandes conclusions de l'enquête récemment réalisée dans chacun des pays de la région et qui est entre vos mains. Ici on peut compter une dizaine de radios indépendantes. Là un cadre juridico législatif a été officiellement et clairement défini. Ailleurs, les règles du jeu et les organismes chargés de les faire appliquer ne sont toujours pas en place. Ailleurs encore, c'est toujours la situation du monopole d'État qui prévaut. Tandis que certaines radios nationales se transforment progressivement en véritables services publics. "L'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme". Cette affirmation solennelle est extraite du préambule de la 19

déclaration universelle des droits de l'Homme. Elle sera bientôt demi-centenaire et n'a pourtant rien perdu de son actualité. Malgré la pénurie, malgré les aléas des évolutions politiques, un peu partout dans la région le vent de la liberté est entrain de soumer. Par certains aspects, la liberté d'informer et d'être informé est mère de toutes les autres libertés. Sur ce continent, trop souvent encore un journal coûte aussi cher qu'un repas et la majorité de la population reste analphabète. A bien des égards, il apparaît donc que la radio constitue un moyen d'expression et de communication particulièrement adapté aux réalités culturelles, sociales et économiques de l'Afrique. Il faut donc que les radios africaines se multiplient et se renforcent. Au niveau mondial, le secteur de la communication connaît en terme d'innovation technologique, d'emplois de chiffre d'affaire, une croissance exceptionnelle et il importe que sur ce secteur comme sur les autres et même plus que sur les autres, l'Afrique se donne les moyens de produire elle même et non seulement de consommer. Même si elle doit être correctement gérée et économiquement viable, une station de radio n'est pas une entreprise tout à fait comme une autre. Un article ou une émission de radio ne sont pas non plus des marchandises comme les autres. Sont chargées d'un supplément de sens ou d'abÊtissement, de civilisation ou de barbarie, de respect des droits de l'homme ou de racisme. La liberté d'informer doit contribuer au renforcement de la diversité de ces sens et civilisations et non à leur uniformisation. Elle doit nourrir la démocratie et non l'anémier. Il n' y a pas de démocratie sans citoyens. Et s'ils doivent pouvoir écouter, les citoyens doivent surtout pouvoir s'exprimer, se faire entendre, débattre.. Pour les journalistes la liberté d'informer n'est donc pas un privilège. Elle ne peut être invoquée pour dire n'importe quoi, n'importe comment. Les journalistes ont des droits, ils ont aussi des devoirs. S'ils ne veulent pas, et ils ont raison, écrire ou parler sous la seule dictée des princes ou des marchands, il importe qu'ensemble ils s'accordent sur un certain nombre de principes déontologiques. Ce n'est pas là une mince affaire ni une affaire seulement africaine. La présente réunion est l'aboutissement d'un long processus. Il y a eu bien sur, l'enquête déjà signalée. Mais aussi de nombreuses réunions préparatoires à Paris et surtout à Dakar. Plusieurs d'entre vous y ont participé. Des points de vue et même des propositions ont déjà été échangés pour qu'au niveau régional, soit préparée la mise en place d'un dispositif d'accompagnement et de renforcement du pluralisme à la radio. Des informations concernant les diverses pièces de ce dispositif sont déjà entre vos mains. Ces propositions, il s'agit à présent de les enrichir, de les préciser, de les hiérarchiser. Et cela dans un ensemble certes diversifié mais aussi cohérent et réaliste que possible... Pour ce faire, les ressources doivent d'abord être recherchées et trouvées sur place. Même si, nous pouvons aussi compter sur la coopération internationale. Jusqu'à un passé récent, seuls les média gouvernementaux africains recevaient des concours des coopérations multilatérales ou bilatérales. Peu à peu, trop lentement à notre gré, la situation est entrain d'évoluer. En témoigne la présence parmi nous de divers représentants de ces organisations. Nos débats devraient notamment permettre 20

de mieux préciser les conditions et modalités d'une coopération plus satisfaisante pour l'ensemble des acteurs concernés par le renforcement du pluralisme à la radio dans région. Un grand merci à tous ceux qui, à un titre ou à un autre ont rendu possible la présente manifestation. Il serait trop long et sans doute très risqué de vouloir en faire une liste exhaustive. Vous me permettez cependant de saluer les représentants du Ministre de l'Information et de la Culture, de la CEDEAO, dé la PANA et de l'URTNA. Ces trois institutions ont bien voulu accorder leur parrainage officiel à ce colloque. Je ne veux pas oublier non plus les représentants des Fondations Ford et du CRDI et l'OXFAM notamment ceux de la Ford. Un grand merci enfin à l'Institut du Sahel et au CRES qui nous ont offert leur chaleureuse hospitalité. Merci à vous tous d'être venus. Nous sommes différents les uns des autres. Nos expériences, nos responsabilités, nos projets et même nos langues sont divers. Nous avons ensemble l'occasion d'oeuvrer efficacement pour un même objectif à savoir le développement pluraliste des radios ouest africaines. Cette occasion est belle: tous ensemble, sachons en profiter au maximum. Je vous remercie.

Allocution de M. Muhammed Sani ZORRO Président de l'Union des Journalistes d'Afriaue de l'Ouest. Union nationale des iournalistes (Nil!éria) J'aimerais considérer ce colloque comme un pas de géant, qui ne fournira pas seulement un cadre théorique permettant l'émergence du pluralisme dans la structure de l'appartenance de la radio dans cette région, mais qui sera aussi une étape importante servant de tremplin vers la transformation de l'Afrique occidentale en une communauté plus éclairée, mieux instruite, plus démocratique et plus pacifique. Mes attentes ne peuvent se résumer à des rêvasseries si nous situons convenablement le rôle que les médias continuent de jouer dans la naissance de la démocratie et dans les changements de ces dernières années, en particulier dans cette région du monde. En tant qu'Institution de l'Afrique occidentale, les médias se font les champions de la cause des droits fondamentaux, dont la liberté d'expression, le droit de donner son avis et d'accepter celui des autres et la liberté d'association font partie intégrante. La transformation des pays tels que le Mali, le Bénin, le Niger, le Togo et quelques autres en démocraties pluripartites pourrait aisément être attribuée à l'attitude combative des journalistes, de leurs organisations professionnelles et des médias reflétant la revendication générale pour davantage de démocratie, de transparence et un meilleur gouvernement dans la société. Cependant, alors que les journaux et les périodiques étaient à l'avant-garde du combat pour la démocratie, il est à peine possible de donner la moyenne à la Radio 21

en tant que membre des médias, dans l'effort historique destiné à renforcer la libre circulation de l'information et la promotion de la démocratie. Au risque de se répéter, il est néanmoins nécessaire de rejeter la responsabilité de l'appartenance de la Radio à un monopole d'état sur l'éducation politique et sur la conscience du public. Plus simplement, les médias électroniques, et en particulier la Radio, ont toujours fait l'objet d'un monopole exercé par l'état, dans le but de manipuler l'opinion publique, contrairement aux principes de l'éthique professionnelle. Il n'est probablement pas nécessaire de citer les pays et les états isolés qui s'en sont rendus coupables, car la situation est partout la même en Afrique, du Cap au Caire, ainsi que dans tous les autres pays en voie de développement. Dans cette région du globe où l'alphabétisation et les notions de calcul sont parmi les plus basses au monde, la Radio demeure l'un des meilleurs moyens de propagation de l'information car elle est aisément accessible et abordable pour la population. Étant donné la portée de la Radio dans notre société, elle aurait certainement été une arme des plus efficaces par laquelle propager la démocratie et la transparence. Des groupes, attachés à la protection des droits de l'homme et du citoyen, par exemple dans des situations complexes telles que celle que connaît le Nigéria, ont dO restreindre leurs campagnes aux journaux et aux magazines en raison du contrôle absolu de la radio par l'état. Un tel déséquilibre dans la circulation de l'information continue de priver la population du droi t de savoir et de participer aux affaires de l'état. Ironie du sort, cette situation malsaine se poursuit en dépit d'un grand nombre de déclarations, de chartes et de conventions ratifiées par les États de l'Afrique occidentale, dont le but est de renforcer la pluralité de l'information et des opinions, en tant que moyen d'intensifier l'interaction au sein des différentes couches de la population et entre elles. A l'exception de certains pays tels que le Mali, la Gambie et le Burkina Faso qui disposent de quelques radios locales et stations privées, l'ensemble de la sousrégion d'Afrique occidentale se plaint toujours du contrôle exercé par l'état sur les médias électroniques, sans grand espoir de voir un jour le pluralisme dans ce secteur sensible de l'industrie des médias. Inversement, en revanche, l'industrie de la presse écrite a été témoin d'une croissance phénoménale et continue dans plusieurs de nos pays, en particulier là où la quête d'une véritable démocratie est constamment à l'ordre du jour. Le danger d'assister à un développement irrégulier n'est pas exclusivement limité à la croissance de la démocratie: les journalistes de radio lui paient un fort tribut. Ainsi, les professionnels de la radio ont du retard sur leurs collègues de la presse écrite en raison d'une moindre diffusion, d'une pénurie de formation et de faibles salaires. Ceci, selon moi, représente la situation de la radio dans plusieurs pays d'Afrique occidentale. Maintenant que ces limites ont été identifiées, que faisons-nous pour renverserla tendanceau profit du pluralismeet de la démocratie? Les organisations nationales de journalistes et leurs organisations mères wivent intensifier leurs efforts, de même que l'Association des journalistes d'Afrique occidentale - W.A.J.A. - dans le cadre de la campagne destinée à faciliter la naissance 22