Mon sauvage au Canada

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L'auteur décrit les privilèges dont bénéficient les Indiens du Canada; il les compare aux conditions socio-économiques des autres citoyens; il suggère la fermeture des réserves et l'égalité pour tous.

Publié le : dimanche 1 janvier 1995
Lecture(s) : 72
EAN13 : 9782296305205
Nombre de pages : 158
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MON SAUVAGE AU CANADA
Indiens et réserves

@

L'Harmattan, 1995

ISBN: 2-7384-3404-5

François DALLAIRE

MON SAUVAGE AU CANADA
Indiens et réserves
essai critique

Éditions L'Harnlattan 5-7, rue de L'École-Polytechnique 75005 Paris

Du même auteur

OKA - LA HACHE DE GUERRE Éditions La Liberté, Québec, 1991 LA RÉPUBLIQUE DE POUTINE L'Étincelle Éditeur, Montréal, 1992

Je dédie ce livre à tous les Canadiens,quelles que soient la
couleur de leur peau et la date de leur arrivée en terre d'Amérique.

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SYNOPSIS

La distance géographique et la tentation de l'amalgame facile aidant, l'opinion publique européenne a tendance à gober en bloc le message que viennent régulièrement lui livrer certains grands chefs de petites tribus canadiennes, à savoir que les Peaux-Rouges du Canada sont floués par l'entreprise de colonisation qui s'abat sur leurs terres depuis quatre siècles. Ces leaders authentiques, qui camouflent alors leurs costumes trois pièces avec quelques plumes d'aigle et une veste en peau de cerf pour mieux appâter les caméras de la télévision, n'ont aucune difficulté à convaincre l'Europe qu'ils sont victimes d'une forme de génocide. Grâce au mythe du bon sauvage, toujours aussi vivant que celui de ma cabane au Canada, le Français, le Belge, l'Allemand, le Hollandais, tous veulent croire que le nord de l'Amérique est la scène d'un drame en rouge et blanc où les 'bons et les méchants sont d'autant plus facilement identifiables qu'ils sont de couleurs de peau différentes. Dans ce petit livre, François Dallaire attaque de front les principaux arguments du discours amérindien militant. Il rappelle que le Canada moderne est un pays d'immigrants (les Indiens sont eux-mêmes originaires de Sibérie) et il ne voit pas pourquoi les Amérindiens, sous
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prétexte que leurs ancêtres sont arrivés au Canada avant ceux des immigrants français, britanniques, haïtiens, allemands ou vietnamiens, devraient continuer à jouir de privilèges fiscaux et autres qui font d'eux une véritable aristocratie terrienne. Pour lui, c'est une question de justice. L'auteur admet d'emblée que le choc de la rencontre des deux mondes (l'européen et l'indigène) a été terrible, et qu'il a eu des conséquences tragiques, surtout pour l'Indien. Mais il soumet que cette rencontre était inévitable à terme et qu'elle a permis aux Indigènes du Canada de sauter plusieurs millénaires dans leur évolution technologique. Aujourd'hui, aucun Indien canadien ne refuse les soins dentaires gratuits (une prérogative qui leur est exclusive), la motoneige, l'électricité, la télévision par satellite et l'avion à réaction. Pour François Dallaire, à cause des distances phénoménales et du climat extrêmement rigoureux, le Canada (mot qui veut dire «village» en langue iroquoienne) est le produit d'une coopération plus que celui d'un affrontement. Les Indiens ont fourni l'espace et la connaissance intime du terrain; les Blancs ont apporté les techniques qui ont permis de faire du Canada l'un des pays les plus développés de la planète. Ce progrès général souffre des exceptions inadmissibles: ce sont plusieurs réserves indiennes. L'auteur veut qu'on les ferme pour mettre fin au régime d'apartheid actuel et pour amener l'Indien à prendre enfin le train de la modernité, le seul qui pourra améliorer sa condition matérielle. La hache de guerre a été enterrée il y a trois siècles, quand les ancêtres des chefs vociférants actuels ont cOlnpris qu'il leur serait inutile de s'opposer aux 8

Blancs: ces derniers étaient beaucoup trop puissants techniquement. Le calumet de paix est alors passé d'une lèvre à l'autre et la fumée âcre qui est sortie du tipi a marqué la naissance d'un nouveau pays. Ne vaut-il pas mieux pour tout le monde que le tomahawk de guerre reste enfoui profondément dans le sol fertile du Canada, et que le calumet de paix continue de circuler parmi toutes ses communautés? ***

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L'AUTEUR

Économiste de formation et journaliste de profession, François Dallaire a énormément voyagé, pour le travail autant que pour le plaisir de découvrir. Un séjour de deux ans en Afrique noire lui a inculqué un sens certain du relativisme. Il se dit maintenant parfaitement vacciné contre 'les accès de culpabilité vis-à-vis du Tiers-Monde et de certaines minorités des pays industrialisés. L'auteur n'a pas peur des polémiques, loin de là. L'opinion publique québécoise lui semble par trop unanime dans sa condamnation de la Confédération canadienne? Il
publie un essai qui attaque de plein fouet le projet d'indépendance du Québec. Ce faisant, il devient une sorte de paria pour trop de ses collègues. Cette réaction le confirme dans sa hantise des petites entités nationales: pour lui, les grands nombres sont pratiquement une condition sine qua non de la diversité des opinions, laquelle favorise la tolérance politique. Quand la crise amérindienne d'Oka éclate, François Dallaire se sent profondément interpellé: comment la société canadienne peut-elle bafouer ainsi les droits ancestraux des Indiens? Il décide d'aller enquêter sur place et va planter sa tente dans un camping appartenant à une Mohawk d'Oka, village situé non loin de Montréal. Après quelques semaines de recherche, il comprend que les choses ne sont pas aussi Il

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simples qu'elles le paraissent. Délaissant la dimension actualités de presse (la crise est de toutes façons sur-couverte par les médias du monde entier), il entame une réflexion sur la question de fond posée par l'affrontement armé d'Oka: «À qui donc appartient le Canada?» Sa réponse (<<LeCanada appartient à tous ceux qui y travaillent, et ce quelle que soit la date d'arrivée de leurs ancêtres en cette terre d'Amérique... ») est publiée sous le titre OKA - LA HACHE DE GUERRE. Le livre rejette à peu près. tous les arguments indiens visant à placer ces derniers dans une position privilégiée par rapport aux autres Canadiens. Il est à ce point percutant que des Mohawks d'Oka menacent de représailles les magasins qui le vendent. Comme un certain militantisme indien a cru bon de transporter le débat de ce côté-ci de l'Atlantique, François Dallaire a décidé de faire de même. Il a donc rédigé ce petit livre à l'intention du public européen. MON SAUVAGE AU CANADA dégonfle plus d'un mythe, certes, mais son principal mérite est de rétablir la vérité sur la situation politique et économique des Indiens canadiens. Après avoir complété une longue mission d'observation de droits de l'Homme en Haïti, l'auteur est retourné à ses premières amours (la production de films documentaires sur les problématiques du Tiers-Monde) et s'est découvert une nouvelle passion: l'écriture de paroles de chansons populaires.

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REMERCIEMENTS

Jayne Balharrie, ma blondel, est anglophone et monarchiste. Je suis francophone et plutôt républicain. Cela ne nous empêche pas de nous aimer beaucoup. C'est là un des traits marquants du Canada contemporain: des gens venus d'horizons extrêmement différents peuvent y vivre ensemble. Jayne, donc, m'a beaucoup aidé dans la préparation de ce livre. D'abord, en m'encourageant à l'écrire. Elle l'a fait en m'accordant sa confiance. (Jayne est l'une de ces femmes cadeaux du ciel qui croient de façon indéfectible en leur homme. Elle pense que je suis un writer.) Ensuite, en souffrant que je passe autant de jours et de soirées loin d'elle à travailler au manuscrit. Enfin, en effectuant la première révision pour en extirper une bonne partie des coquilles et répétitions. En m'obligeant à m'expliquer et à préciser plusieurs idées lancées dans ce livre, elle a été une compagne de route des plus exigeantes et stimulantes. Tout le monde le sait, il n'est pas facile d'aller à contre-courant. Dans. mon cas, c'est le support indéfectible de Jayne qui a rendu cette démarche possible. Je tiens également à remercier un couple formidable qui, à Paris, a consacré de longues nuits à la mise en page de
1 «Petite amie», en français québécois.

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cet essai. Rencontrés au Myanmar, Valérie Cardon et François Grange appartiennent à cette race de voyageurs aussi incorrigibles que généreux. Finalement, toute ma reconnaissance Heguy qui a bien voulu relire ce texte. va à Daniel

F. D.

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INTRODUCTION

Y'en a marre! Y'en a marre de voir des délégations d'Indiens canadiens faire le tour des capitales de l'Europe de l'Ouest en racontant à des publics crédules qu'ils sont victimes d'un génocide de la part des autres Canadiens. Y'en a marre de me faire accuser par des Européens aussi bien pensants que mal informés «d'exploiter ces pauvres PeauxRouges après les avoir parqués dans des réserves.» Y'en a marre de me faire expliquer qu'au fond, le Canada ne m'appartient pas vraiment étant donné que le territoire était jadis habité par des peuplades qui en ont été injustement délogées. D'entendre des gens apparemment en pleine possession de leurs esprits tomber dans le piège béant et grossier de l'amalgame entre la situation, somme toute privilégiée, de l'Amérindien du Canada et celle, manifestement tragique, de l'indigène de l'Amazonie. J'ai écrit ce livre pour ménager mes cordes vocales. Ces dernières n'auraient pu supporter encore longtemps les interminables discussions employées principalement à démentir des assertions sans fondement, à combattre des raisonnements assis sur une vision puérilement romantique du Canada et à rétablir des faits qui ont l'immense handicap de ne pas avoir de rôle dans le tableau imaginaire et mythique que se fait une trop grande partie de l'opinion publique européenne de l'indianité canadienne. 15

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