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Timor oriental

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Ajouté le : 01 janvier 0001
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EAN13 : 9782296160859
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MARCEL ROGER

TIMOR ORIENTAL
Hier la colonisation portugaise Aujourd'hui la résistance à l'agression indonésienne Postface de José Ramos-Horta

Librairie - Editions L'Harmattan 18, rue des Quatre-Vents 75006 - PARIS

Les cartes de Timor et de l'Asie du Sud-Est ont été réalisées par Michel Robert. Les photos sont de l'agence australienne Tweedie-Sipa.

I.S.B.N.2-85802-019-1

Introduction

Voici le premier livre en français sur Timor Oriental, pays situé entre l'Australie et l'Indonésie, dans cette région du Sud-Est asiatique en plein bouleversement politique. Les agences de presse et les journaux y ont fait une place plus large dans les derniers mois. Mais l'opinion française, belge, canadienne, suisse et celle de l'Afrique francophone connaissent encore très mal la guerre qui s'y mène entre les Timorais et les Indonésiens. Colonie portugaise depuis quatre siècles, la partie orientale de l'île de Timor est grande comme la moitié de la Suisse et 9 fois plus étendue que l'Etat du Luxembourg. Après le coup d'Etat du 25 avril 1974 au Portugal, Timor Oriental a pu entrevoir pendant quelques mois le chemin d'une indépendance pacifique. Mais les intérêts indonésiens sont puissants dans la région et très vite les généraux au pouvoir aujourd'hui à Jakarta ont décidé d'intervenir militairement. Depuis le mois de décembre 1975, le peuple timorais, qui compte 900.000 habitants, lutte contre l'hégémonie militaire et économique que veut lui imposer l'Indonésie. La guerre de Timor qu'on a déjà nommé le Vietnam de l'Indonésie, n'intéresse pas que les Timorais, même si ceuxci sont bien conscients qu'ils ont d'abord à compter sur, leurs propres forces. L'enjeu de Timor Oriental est aussi celui d'un Sud-Est asiatique en pleine fermentation politique où l'affrontement principal passe entre des pays à option capitaliste et pour la plupart sous régime militaire (Philippines Thaïlande, Indonésie, Malaisie...) et des pays à option socialiste où les forces populaires ont pris le pouvoir après 5

avoir repoussé la présence étrangère (Chine, Vietnam, Laos, Cambodge...) L'Europe et le monde occidental sont, eux aussi, profondement concernés par ces affrontements: ils rejoignent toute une part des luttes sociales et politiques qui sont menées dans nos propres pays. Ce livre se présente avec trois parties. Vne première fait le point sur l'histoire et la géographie de Timor Oriental et décrit la situation politique et militaire depuis le départ des Portugais et l'agression indonésienne. C'est, en langue française, le récit le plus à jour sur le problème de Timor. La seconde partie présente des documents du FRETILIN (Front de Libération de Timor Oriental). Enfin, dans une troisième partie, nous publions différents textes annexes sur l'O.N.V., les associations de soutien existant dans le monde et quelques renseignements pratiques. L'ensemble de ce livre se veut à la fois une source d'information pour tous ceux qui cherchent à se documenter sur Timor Oriental et un instrument utile à ceux qui veulent apporter aide et soutien à la lutte des Timorais pour leur indépendance.

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1. LA TERRE ET LES HOMMES

L'île de Timor est située à l'extrême pointe de l'archipel de Nusa Taenggara, dont la grande partie est aujourd'hui indonésienne, et à quelque cinq cents kilomètres au nordouest de l'Australie. Durant l'occupation coloniale hollandaise et portugaise, cette île de 30.000 km2 fut divisée en deux parties à peu près égales. Au moment de la décolonisation, la partie hollandaise de Timor est devenue Timor Oc-

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Carte de l'île de Timor

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cidental et fut intégrée totalement à l'Indonésie. Sa capitale est Kupang. La partie portugaise de l'île - celle qui nous préoccupe - est devenue Timor Oriental et lutte aujourd'hui pour son indépendance. Sa capitale est Dili. Timor Oriental a une superficie de 19.000 km2. Son territoire comprend la partie est de l'île de Timor, l'enclave d'Oecusse, située au nordouest de l'île, l'île d'Atauro au nord, et l'îlot de Jaco à l'extrême pointe est. La côte nord se présente sous l'aspect de hautes montagnes qui semblent surgir de la mer. Certains pics dépassent les 2.500 m d'altitude. Le centre de l'île est constitué par une autre chaine d'où se déversent rivières et torrents vers le nord et vers le sud. La côte sud, elle, a l'aspect d'une plaine de delta marécageux. Le climat de Timor est un climat tropical. On y distingue deux saisons: une saison sèche de mai à novembre, une saison des pluies de décembre à avril, durant laquelle les trombes d'eau de la mousson du nord-ouest rendent difficile, parfois même impossible, l'accès par voie de terre à certaines régions et en particulier aux parties montagneuses de l'île.

L'économie de Timor Oriental
Bien qu'extrêmement sous-développée, résultat de siècles de négligence du pouvoir métropolitain portugais, l'île ne semble pas aussi pauvre qu'on pourrait le croire. Son sous-sol possède des gisements de cuivre, d'or, de manganèse et de pétrole. Parfois sur la surface des rivières apparaissent des taches d'huile. Dans un passé récent, les Timorais recueillaient ce liquide huileux et le mettaient en bouteille pour le vendre. Il arrive également que des flammes sortent de terre, signe de l'existence de gaz naturel. Dans les dernières années de la colonisation portugaise, l'exploitation du sous-sol avait commencé. Jusqu'en 1974, quatre sociétés s'occupaient en particulier de prospection pétrolière sur le territoire: la Companhia de Petroleos de 8

Timor, la Broken Hill (lty), l'Amalgamated Petroleum et l'International Oils Exploration Corporation, qui ont toutes leur siège en Australie. En 1974, le gouvernement portugais avait accordé par décret une concession pour la prospection du pétrole à Timor à l'Oceanic Exploration Company des Etats-Unis. Dans son numéro du 13 février 1975, le journal portugais, Diario de Noticias, a annoncé que des gisements d'hydrocarbures avaient été découverts au sud-est de Timor, dans les eaux territoriales de l'île. L'économie de Timor Oriental reste cependant essentiellement une économie agricole, l'exportation du café représentant 80 1170es exportations totales. Jusqu'en 1974, une d bonne partie de ce café, soit environ 40 %, était aux mains des Portugais et le reste appartenait aux Chinois. Bien qu'elle soit la base de l'économie, l'agriculture reste primitive. L'outille plus communément utilisé est la houe à main; la culture attelée est pratiquement inexistante, l'utilisation d'engrais et d'insecticides peu fréquente. On y dénombre seulement une vingtaine de tracteurs et quelques charrues. Les productions locales agricoles de base sont le maïs, le riz et le manioc. Il y a beaucoup d'élevage (1). Un document de l'O.N.U., datant d'octobre 1975, résume ainsi la situation agricole: « A l'heure actuelle, hormis le café et la production de petites quantités de caout~ chouc et de coprah destinées à l'exportation, la plus grande partie des activités agricoles du territoire est constituée par des cultures vivrières destinées à la consommation locale, dont les plus importantes sont le riz, les patates douces, le maïs, les fèves et le manioc. Au cours des dernières annéés, toutefois, la production locale n'a pas suffi pour satisfaire les besoins croissants de la consommation intérieure, et le territoire a été contraint de recourir à des importations de produits Alimentaires. Entre 1970 et 1972, par exemple, la production des patates douces est tombée de 16.200 à
(I) Le document de l'D.N.V. A/10023/Add. 1 du 20 novembre 1975 décrit ainsi la situation économique: « Bien que le territoire ait des zones fertiles et de riches forêts et, pense-t-on des gisements de cuivre: d'or, de manganèse et de pétrole, son économie reste purement agricole. Il y a peu d'industrie et la prospection est limitée aux activités de quelques entreprises étrangères qui recherchent du pétrole. Jusqu'à présent, aucun gisement important n'a été découvert. »(P. 16.)

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10;900 tonnes, celle du maïs de 16.900 à 8.700 tonnes et celle du manioc de 18.500 à 6.700 tonnes (2). » Voir le tableau sur la production agricole de Timor.

La production agricole de Timor: 1970-1972 (En milliers de tonnes) 1970 Riz Patates douces Maïs Fèves Manioc Café Coprah Caoutchouc Arachides Tabac 12,6 16,2 16,9 2,8 18,5 4,9 2,2 1,1 0,9 0,09 1971 12,5 11,9 11,4 3,0 17,3 5,3 2,4 1,0 0,9 0,1
1972 13,0 10,9 8,7 7,7 6,7 4,7 2,0 0,1 0,5 0,03

Source: Portugal, Anuario Estatistico, vol. II, 1971 et 1972.

Avant le récent blocus de l'île, on importait, chaque année, en plus de la production locale, 12.000 tonnes de denrées alimentaires. C'était de la farine de froment, du sucre, du lait; des véhicules à moteur, des produits pétroliers, des vêtements et des boissons alcoolisées. Le développement de Timor Oriental est donc loin d'être satisfaisant. Selon une publication portugaise que résume le document de l'O.N.V.,« Les facteurs qui entravent le déve(2) Ibidem, p. 46.

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loppement du territoire sont, entre autres, un revenu faible par habitant, une infrastructure des transports et de l'énergie insuffisante, une absence de traditions commerciales parmi la population autochtone, le manque de personnel qualifié à tous les niveaux tant dans le secteur public que dans le secteur privé, des ressources financières insuffisantes, le déficit commercial et la concentration de la production autour d'un seul produit, à savoir le café. Le café est la principale source de recettes en devises pour le territoire et représente en moyenne 90 070de la valeur de ses exportations (3). » Voir le tableau sur le commerce extérieur de Ti. mor. Dans le domaine de la santé, Timor a également hérité des conséquences de la négligence des portugais concernant le développement du pays. Le service de santé est pratiquement inexistant. Durant la présence portugaise, il y avait bien 17 à 18 médecins Portugais, mais ils résidaient pour la plupart à Dili. Ce personnel travaillait à partir de l'hôpital principal de la capitale et ne visitait que très rarement les régions de la campagne. Rappelons que Timor est l'un des pays où la mortalité infantile dépasse les 40 070dans la première année de vie. La malaria, la tuberculose et la thyphoïde continuent à faire des ravages dans la population. Aujourd'hui, en raison de l'isolement de l'île, le problème est devenu plus aigu. Pour faire face aux soins médicaux habituels et à ceux entraînés par la guerre, il n'y a qu'un médecin timorais et quelques infirmiers. La question de la santé est aujourd'hui à Timor l'une des plus graves. On peut se demander comment des hommes privés de médicaments de première nécessité peuvent résister. D'autant plus que les moyens de transport sont très réduits (4).

(3) En 1974, le revenu moyen annuel par habitant ne dépassait pas 200 F. (4) Selon le rapport du conseil australien pour l'aide outre-mer (A.C.F.O.A.) d'octobre 1975, il n'y avait à cette date, à Timor près en état de vol. Oriental, que deux avions à peu

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La population
.Selon des estimations datant des derniers temps de la colonisation, la population de Timor Oriental compterait entre 650.000 et 670.000 habitants. Mais en septembre 1976, le département de la Reconstruction nationale de la République Démocratique de Timor Oriental a entrepris un nouveau recensement. En décembre 1976, ce recensement donnait le chiffre de 800.000. Comme il y manquait quelques villages et bourgs, on peut estimer que la population réelle de Timor se situe entre 900.000 et 1 million d'habitants. A l'exception de quelque 15.000 Chinois et d'un millier d'Européens (dont la plupart aujourd'hui ont quitté le territoire), la population de Timor Oriental vit sur l'île depuis fort longtemps, mais ses origines sont à chercher en Papouasie, en Nouvelle-Guinée et à Madagascar. Physiquement les Timorais de l'est offrent un mélange de type malais et de type mélanésien; ils ont la peau foncée et sont petits et minces (5). La langue la plus utilisée est le tetum. C'est elle qui a été adoptée comme langue commune. Mais, à côté, il y a de nombreuses autres langues, évaluées selon les estimations entre 16 et 40. Aujourd'hui encore, 90 070de la population ne sait ni lire ni écrire (6). La capitale possédait les deux seuls collèges secondaires du pays. En 1974, on recensait une dizaine de diplômés d'université: 3 ingénieurs, 2 docteurs en médecine, 1 dentiste, 2 psychologues, 2 diplômés de sciences politiques, 3 agronomes. A l'exception de l'un d'entre eux, tous sont membres aujourd'hui du Fretilin. Le fait que l'enseigne(5) Le document de l'O.N.V. du 20 novembre 1975 donne les repères suivants: « Selon le recensement de 1970, Timor avait en 1970 une population de 610.541 habitants, contre 517 .079 en 1960. Les statistiques portugaises officielles publiées après 1960 ne donnent pas de renseignements sur la répartition de la population par groupes ethniques. Il y avait en 1950 568 personnes d'origine européenne,

2.022 Mesticos et 3.128 Chinois.

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(P. 40.) En 1975, la population s'était accrue.

D'autre part, il faut aussi tenir compte du caractère approximatif voire dépréciatif, des méthodes de calcul statistique d'une administration coloniale. (6) Dans le volume n° 80 de Estudos de ciencias politicas e sociais, édité par la Junta de investigacoes do ultraman (Lisboa 1968), on trouve une étude de Frederico José Hopffer Rego, intitulée Situacao linguistica de Timor, pp. 59-69.

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ment fut réservé par les colons portugais à'une classe privilégiée, représentant la haute société timoraise traditionnelle (les Liurai), explique ce petit nombre de gens qui ont pu étudier. La société timoraise traditionnelle comprenait 5 grandes classes. Tout d'abord les Liurai formaient la classe des chefs et des rois; ensuite les Data constituaient la catégorie des nobles et chefs de moindre importante. Une troisième classe, les Ema-reino se composaient des hommes libres mais qui n'avaient pas le sang noble; venaient ensuite les Ata, les esclaves. Quant à la cinquième classe, elle était faite des gardiens de troupeaux, appelés les Lutum. Bien que moins définies aujourd'hui, ces différentes classes existent encore, d'autant que, selon le principe « diviser pour régner », les colons ranimèrent continuellement les luttes internes entre ces différents groupes. La majorité des Timorais sont animistes. Mais un grand nombre (environ 170.000) est baptisé catholique ou protestant. Ce dernier fait s'explique par la présence de missionnaires portugais arrivés avec les premiers colons (7).

(7) « Il y a environ 150.000 catholiques et 20.000 chrétiens protestants. Mais la majorité de la population est animiste. Il y a une petite minorité d'un millier de musulmans », José RAMOS HORTA, dans une interview à Réforme, 9 octobre 1976.

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2. PRECOLONISATION ET COLONISATION

Bien avant que Vasco de Gama ait contourné le cap de Bonne~Espérance (1), Timor était déjà connue des Chinois comme une très bonne source de bois précieux. C'était un marché dont à l'époque Chinois et Arabes se partageaient le monopole. L'historien portugais Duarte Barbossa écrit dans son ouvrage Livro em que se dâ relaçao do que viu e ouvier no Oriente: « Bien avant l'arrivée des Portugais (entre 1511 et 1513), l'île de Timor était déjà renommée pour sa richesse en bois de santal, spécialement le santal blanc. Marchands arabes et chinois trouvaient à Timor le meilleur approvisionnement pour cette richesse et cher~ chaient à en avoir le monopole commercial. Duarte Barbossa rapporte que les vaisseaux de Meca et de Java échangeaient contre ce bois précieux, des haches, des machettes, des épées, des étoffes, des porcelaines, des perles de couleur, du mercure, du plomb et d'autres marchandises» (2).

(I) Le navigateur portugais Vasco DE GAMA découvrit en 1498 la route des Indes par le Cap de Bonne-Espérance. Il fonda les établissements de Mozambique et fut vice-roi des Indes portugaises. (2) Cité dans C%quios sobre as provincias do Oriente, 1.' volume, n° 80, Lisboa 1968, dans la série Estudos de Ciencias politicas e sociais. Ce volume contient une contribution de Antionio Alberto BANHA DE ANDRADE, intitulé Perspectiva historica de Timor. La description de Duarte BARBOSSA y est cité page 49. On trouve dans cette étude une bonne bibliographie historique sur Timor, essentiellement en langue portugaise.

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