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Mémoires d'un prof en résistance

De
102 pages
Professeur de lettres, l'auteur a vécu mai 68, les nominations aberrantes, les multiples réformes qui conduisaient inévitablement au délabrement de l'institution. Les hauts et les bas de ce métier qui devrait être un sacerdoce, n'ont pas entamé son espoir que soit transmis aux enfants de France cet héritage culturel qui en fait des hommes. L'auteur dépeint les désordres les plus incroyables, qu'elle a essayé de contourner de toutes les manières.
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Mémoires d'un prof en résistance

@ L'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-04357-2 EAN : 9782296043572

Marie-Claire MICOULEAU-SICAULT

Mémoires d'un prof en résistance
L'après soixante-huit

L'HARMATTAN

Du rnêtne auteur
Guide pour l'enseignant: Tartarin de Tarascon, 1997. Guide pour l'enseignant: Monda 1998 (Colin éditeur) Les médecins français au Maroc Combats en urgence (1912-1956) 2001, L'Harmattan.

OÙ IJauteur

sJ imagina

à ses dépens

que IJinstruction se devait dJinstruire et IJenseignement dJenseigner

SOMMAIRE

AVANT-PROPOS

9

1- État des lieux 2- Le parcours du combattant 3- Le pied à l'étrier 4- Apprentissage et... titularisation 5- Tribulations 6- Le bonheur d'enseigner 7- Les facéties du ministère 8- L'accueil des sixièmes 9- Echappée belle 10- Où l'auteur se prend pour Don Quichotte

Il 17 23 33 45 51 61 69 75 81

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ÉPILOGUE

....

.........

...... ... ............... 99

AVANT-PROPOS

Récemment, j'observais mon petit-fils qui, à quatorze ans, semblait être tombé d'une autre planète. Mais à la différence du petit prince, il n'était pas à la recherche d'un baobab ou d'un renard, non, les yeux dans le vague, il était étanche au reste du monde, scotché à ses écouteurs de comment dit-on? De « i-pod» ? Je me suis alors demandé comment, au siècle de la Communication, avec un grand « C » les adultes avaient pu laisser cette génération glisser vers un cloaque de noncommunicants. Les performances communicatives des ados, évaluées à l'écrit comme à l'oral du bac de français, pourraient en effet laisser rêveur tout observateur non averti. Certains prétendent que cette nouvelle civilisation « mangarock» amorce pour notre siècle une nouvelle forme de culture; et que connaître par cœur les clips et les titres de Grégory ou de Nolwenn, présente au moins autant d'urgence que la lecture de Voltaire ou de Diderot. Bon! La question sempiternelle étant: toutes les formes de culture se valent-elles? Si l'on n'est pas philosophe ou historien, peut-on fonder une réponse sur l'intuition? Une intuition me souffle que notre avenir s'est toujours plus ou moins forgé sur l'utilisation bien comprise de notre passé. Je soupçonne que nos cloîtres et nos cathédrales nous sont apprentissage, en dépit des révolutions. J'ai longtemps cru que nos philosophes nous apprenaient le salut de l'homme, et que nos poètes et nos peintres nous insufflaient enthousiasme et beauté. Si j'en juge ce que je vois,

j'entends, la culture vidéo, si prolixe soit-elle quand on écoute des clips, semble nager dans une sorte de vacuité tranquille.
et ce que

Mère, professeur, et maintenant grand'mère, j'ai été, je suis, un témoin muet, pis, une triple complice de haute trahison contre les humanités.

Mea culpa En retraçant le quotidien de ma vie professionnelle de 1967 à 1998, je m'aperçois - et en cela, d'éminents esprits m'ont devancée - que nous avons vécu l'écroulement, pierre à pierre, de l'édifice qu'avaient conçu, depuis l'origine de notre civilisation, tous les praticiens de l'éducation. D'Epictète à Montaigne, de Marc Aurèle à Rabelais, de nos bons jésuites aux « hussards noirs de la République ». Encore un livre sur l'horreur pédagogique, direz-vous, tant d'autres y ont usé leur plume et leurs convictions! Ce livre n'est pas l'essai d'une théoricienne. Encore moins une profession de foi à visée politique. C'est un témoignage vécu... C'est une sorte de catharsis impérieuse. Un moyen de négocier avec une culpabilisation qui me dérange. L'enseignement n'est pas, ne doit pas être, politique et pourtant, ce qui suit démontrera qu'il est sournoisement sous influence.

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