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Frèdelin Leroux fils
MOTS DE TÊTE [bis]
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DU MÊME AUTEUR
Mots de tête Éditions David, .
Frèdelin Leroux fils
Mots de tête [bis]
Nouvelles chroniques impertinentes sur la langue
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Leroux, Frèdelin, 1941- Mots de tête (bis) [ressource électronique] : nouvelles chroniques impertinentes sur la langue / Frèdelin Leroux fils. Comprend des références bibliographiques et un index. Monographie électronique en format PDF. Publié aussi en format imprimé. ISBN 978-2-89597-393-5  1. Français (Langue) — Mots et locutions. 2. Français (Langue) — Fautes. 3. Français (Langue) — Idiotismes. I. Titre. PC2460.L452 2013 448.2 C2013-900105-0
Les Éditions David remercient le Conseil des Arts du Canada, le Secteur franco-ontarien du Conseil des arts de l’Ontario, la Ville d’Ottawa et le gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada.
Les Éditions David 335-B, rue Cumberland Ottawa (Ontario) K1N 7J3 www.editionsdavid.com
Téléphone : 613-830-3336 Télécopieur : 613-830-2819 info@editionsdavid.com
Tous droits réservés. Imprimé au Canada. er Dépôt légal (Québec et Ottawa), 1 trimestre 2013
Āvant-propos
Simenon a mis une quarantaine d’années à écrire plus de deux cents romans. Et autant de nou velles, je crois. Dire qu’il m’en aura fallu une trentaine pour accoucher de moins de quatre vingtdix chroniques ! Malheureusement, ce n’est pas l’ensemble * de ces chroniques que vous trouverez dans le recueil que vous avez entre les mains. C’est le second, qui n’en contient que trenteneuf. Si vous voulez vous « délecter » des cinquante pre mières, vous devrez vous procurer le premier ** recueil, paru il y a deux lustres (allez, sortez votre petitRobert). Vous ne le regretterez pas… parole d’auteur !
* Elles sont parues dansL’Actualité langagière, revue trimestrielle du Bureau de la traduction, de septem bre  à mars . ** Aux Éditions David, bien sûr.
MOTS DE TÊTE BIS
J’ai expliqué dans l’avantpropos de ce pre mier recueil d’où vient le titreMots de tête. Je ne vais donc pas me répéter ici. Je me conten terai de dire que c’est une affaire de coquille… Par ailleurs, je ne crois pas inutile de vous dire en quoiconsistent ces chroniques. Et pourquoi je me suis échiné à les écrire, alors que j’aurais pu mieux utiliser mon temps à lire quelque bon livre. Ou à écrire mes mémoires, encore. Pour tout dire, c’est la faute des défenseurs du « bon français ». Et essentiellement, ceux de chez nous. Tôt ou tard, c’est par les fourches caudines des gardiens de la langue que rédac teurs, traducteurs ou réviseurs sont obligés de passer. Je dis « obligés », mais c’est souvent par choix qu’ils s’y soumettent. Après tout, personne ne veut mal écrire ou mal parler sa langue. Et la seule façon de savoir que telle façon de dire est à éviter, c’est de compulser l’un ou l’autre des nombreux recueils de fautes qui poussent chez nous comme le pissenlit. Il faudrait avoir la science infuse pour faire autrement. Vient un moment pourtant où il faut savoir remettre en question certains des interdits pro noncés par les auteurs. Mais comment faire, me demanderezvous ? Après tout, ce sont eux les spécialistes. Et ce n’est quand même pas par plai sir, ou pour nous enquiquiner, qu’ils nous met tent en garde contre un faux ami, par exemple.
AVA NTPROPOS
En principe, c’est dans le but d’améliorer « notre » français, de tenter de l’aligner sur le français dit standard. Il ne s’agit certes pas de mettre en doute les bonnes intentions de ces auteurs, mais plutôt lebien-fondéde leurs condamnations ou mises en garde. Car le jour où une expression incri minée apparaît sous des plumes autres que les nôtres, on commence à se poser des questions. Comment ne pas sursauter lorsqu’on rencontre un anglicisme comme « arguer que » chez André Gide ? Ou lorsqu’on découvre que « possible ment » est dans le dictionnaire ? Ou encore, lorsqu’on constate qu’une tournure comme « sous l’impression que », bel exemple de faux ami s’il en est, est en usage chez nous depuis  ans ! Et que Louis Fréchette, Olivar Asselin, Jacques Ferron, et combien d’autres, n’ont pas hésité à l’employer. On se met donc à scruter à la loupe chaque nouvelle édition des recueils de nos fautes, pour voir si l’auteur aurait enfin reconnu que telle faute, que tout le monde commet, dont on ne peut pas plus se passer que le fumeur de sa ciga rette, est tout à fait légitime. Qu’il n’y a plus lieu de la condamner. Autrement dit, qu’elle est entrée dans l’usage. Car s’il est vrai comme le dit Anatole France que « les idées de la veille font les mœurs du lendemain », ne pourraiton pas en
MOTS DE TÊTE BIS
dire autant des fautes de la veille, qui font l’usage du lendemain ? Et bien sûr, on garde aussi à l’œil les dic tionnaires français. Chaque édition suscite des espoirs. Surtout quand on voit les québécismes qui y font leur entrée d’une année à l’autre. Qu’ont faitcupcake,blender,lousse,wohoudans le prélartavoir l’honneur de figurer dans pour les colonnes duLaroussedu ou Robert? Alors quemarcher des milles,en d’autres mots,à l’an-née longue,partisanerie,à travers les branchesou à-plat-ventrisme rongent leur frein depuis des années ? C’en est parfois désespérant. Mais assez déblatéré contre les lexicographes. À leur place, je ne ferais sans doute pas mieux. Mais justement, je n’y suis pas, à leur place, et c’est pourquoi je me permets de les critiquer. Pour revenir à mon propos, chaque chro nique tente donc — tant bien que mal — de démontrer que tel terme ou tour de phrase, considéré comme fautif par certains défenseurs du français, de chez nous ou d’ailleurs, est tout à fait légitime. Que cette façon de dire, condam née depuis des années, voire depuis plus d’un siècleparfois,nestpas,nestplus,ounajamaisété fautive… Pour les raisons que j’ai évoquées plus tôt : nos meilleurs auteurs l’emploient, et depuis fort longtemps dans bien des cas ; ou
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