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Normativité de l'éducation artistique

De
228 pages
Depuis 2013, les "Parcours d'éducation artistique et culturelle" mis en place cherchent à mieux accompagner les élèves dans leur accès aux savoirs, aux pratiques et aux attitudes artistiques, en tenant compte de la diversité des expériences. Cette ambition demande de se doter d'outils pour penser leur cheminement, entre pratique personnelle et découverte des oeuvres de la culture. Comment construire alors un regard qui permette de comprendre et d'agir? Comment avancer sur le "pont des arts"? Voici un ouvrage aidant à penser l'enseignement et l'éducation artistiques.
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Sylvain Fabre
Normativité de l’éducatioN artistique le « PoNt des arts »
Préface de JeanYves Rochex
Normativité de l’éducation artistique
ARTS, TRANSVERSALITÉ, ÉDUCATIONCollection dirigée par Gilles Boudinet Cette collection présente, dans une perspective interdisciplinaire, des ouvrages qui proposent une réflexion sur les arts et les pratiques esthétiques en termes de médiation culturelle et d’éducation.  Elle s’adresse aux étudiants, chercheurs et universitaires impliqués par ce thème, ainsi qu’aux enseignants et intervenants concernés par les réflexions sur les pratiques de l’art dans les champs de l’éducation et de l’animation. Dernières parutions TERRIEN P.,: entreLa métamorphose de l’émotion musicale expériences et savoirs, Réflexions didactiques en musicologie, 2016. TERRIEN P. et LEROY J.-L.,La voix et l’éducation musicale. Contribution à la réflexion et à l’action pédagogique (II), 2012. TERRIEN P. (éd.),Musique & Vidéo. Contribution à la réflexion et à l’action pédagogique, 2010. LEMONCHOIS, M.Pour une éducation esthétique. Discernement et formation de la sensibilité, 2003. SOULAS, B.Art, Musique, Ecole. Discernement et esthétique, 2002. HARTER, J.-L.Le Jeu. Essai de déstructuration, 2002. BOUDINET, G.Pratiques tag. Vers la proposition d’une « transe-culture », 2001.
Sylvain FABRE
Normativité de l’éducation artistique Le « Pont des arts » Préface de Jean-Yves Rochex
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-10657-1 EAN : 9782343106571
PRÉFACE
Jean-Yves Rochex, Laboratoire ESCOL-CIRCEFT,
Université Paris 8 Saint-DenisQui suivra Sylvain Fabre sur sonPont des Artsne le regrettera pas. Il y vivra une aventure intellectuelle riche et passionnante et y rencontrera une réflexion et une argumentation serrées, parfois ardues mais toujours claires, nourries d’une solide culture théorique empruntant à différents domaines disciplinaires et de nombreux auteurs et concepts, tout en reposant sur une connaissance approfondie de l’éducation artistique et de l’enseignement des arts plastiques, tant des textes, modélisations et préconisations qui les encadrent que de leurs conditions de mise en œuvre dans l’ordinaire des classes. Cet ouvrage est issu d’un travail de thèse que j’ai eu le plaisir d’accompagner quatre années durant, qui s’interrogeait sur l’enseignement des arts plastiques au collège, et plus largement sur les heurs et malheurs d’une scolarisation ou d’une « didactisation » de l’artistique. Ce travail conjuguait avec bonheur deux points de vue qu’il mettait à l’épreuve l’un de l’autre : un point de vue descriptif-analytique, nourri d’un travail d’étude de l’histoire et de l’actualité de cette discipline et d’observations au long cours de classes de collège, permettant de donner à voir et d’interroger « ce que l’école fait de l’art et avec l’art » ; et un point de vue normatif-réflexif permettant de construire une réflexion théorique et des propositions en termes de principes d’action sur ce que pourrait ou devrait être l’éducation artistique et culturelle à l’école et sur la manière dont elle pourrait interroger l’institution et la forme scolaires, leurs évolutions et leurs bougés. Sylvain Fabre a choisi ici de privilégier le second point de vue. Mais le premier n’en est pas oublié pour autant, même si les résultats empiriques de l’enquête menée dans les
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classes ne peuvent être présentés dans le détail des méthodologies mises en œuvre et des constats et analyses donnés à voir. Et si cet ouvrage relève plus d’un ouvrage de philosophie de l’éducation que de sociologie ou de didactique, il s’agit d’une philosophie de l’éducation qui, d’une part, prend au sérieux son objet en mobilisant propos et réflexions d’artistes et d’écrivains, modèles et préconisations didactiques, et enseignements tirés de l’observation d’une grande diversité d’activités et de projets menés en classe, et qui, d’autre part, n’est jamais oublieuse du dialogue avec les approches plus sociologiques (sociologie de l’éducation et de la culture) ou didactiques développées dans l’équipe ESCOL de l’Université Paris 8 au sein de laquelle cette recherche a été réalisée et, par là-même, interroge et enrichit ces approches. Sylvain Fabre s’intéresse à une discipline scolaire qui, comme la plupart de ses homologues ayant à voir avec la formation du goût et du jugement (esthétique ou philosophique), a peu fait l’objet de recherches didactiques ou sociologiques, voire résiste à la mise en forme scolaire et didactique. Les Arts plastiques apparaissent ainsi comme une discipline reposant sur une faible classification et un faible cadrage, selon les catégories du sociologue britannique Basil Bernstein, ou encore, selon les termes de Gérard Sensevy, sur des situations à fort taux d’a-didacticité ; c’est en conséquence une discipline peu « manuellisée » et peu instrumentée, voire peu « élémentée » en termes de progression, qui laisse dès lors une très grande marge d’initiative individuelle à ses enseignants. Cela ne signifie évidemment pas qu’elle ne fasse pas l’objet de discours et de préconisations, ni qu’on n’y trouve pas de « genre professionnel » ou de recommandations et principes d’action pédagogique, voire de formes et formules canoniques visant à réguler celle-ci. Sylvain Fabre en examine quelques-unes, depuis le principe du « cours par proposition » jusqu’à la formule consacrée selon laquelle lorsqu’il s’agit de produire en Arts plastiques, « tout ce qui n’est pas interdit est autorisé ». Il le fait certes d’un point de vue critique, en examinant les tensions et les difficultés auxquelles elles sont confrontées dans l’ordinaire des classes, ou les impensés dont elles sont porteuses concernant l’activité requise des élèves. Mais ce point de vue, et la mise en évidence des différents types de difficultés, des différents modes de faire des élèves sur laquelle il repose, ne sont jamais porteurs de
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jugements péremptoires qui invalideraient telle pratique enseignante ou tel principe ou modèle d’action didactique. Ils visent moins à contester ceux-ci qu’à les questionner et les enrichir par un regard instruit tourné vers les débats, voire les conflits de normes et les défauts d’instrumentation auxquels sont confrontés les élèves pour répondre aux activités et aux situations qui leur sont proposées. Le projet d’enseignement des Arts plastiques est ambitieux. Il vise au développement de la créativité des élèves, à forger chez eux des dispositions à l’expérimentation et au travail des formes, ainsi qu’à la rencontre des œuvres qui, pour la plupart, ne leur sont pas familières, à l’appropriation de savoirs culturels et techniques, à la formation du jugement esthétique et à l’élucidation des valeurs qui le fondent… Ce projet est porté par des enseignants soucieux de proposer des activités riches et complexes qui ne dénaturent pas la spécificité de ce qu’est pour eux « l’artistique », et ce d’autant plus que nombre d’entre eux ont eux-mêmes une activité et une production artistiques. Pour autant, l’histoire et l’actualité de cette ambition sont également faites de tensions que Sylvain Fabre nous aide à repérer et identifier pour en élaborer des pistes de travail et de dépassement. Ces principales tensions sont pour lui les suivantes : solliciter l’action, l’activité créatrice et l’investissement des élèves sans pour autant être en mesure de l’outiller suffisamment, voire en méconnaissant trop souvent cette nécessité d’instrumentation ; viser la singularité des élèves dans une démarche ou la créativité ne peut advenir sans engagement et mise à l’épreuve de soi, tout en devant construire et réguler des situations collectives et un groupe-classe ; solliciter et valoriser la pratique et les réalisations des élèves sans pouvoir réellement en estimer les effets, ni évaluer ce que ceux-ci y ont acquis en termes de savoirs et de dispositions ; en appeler à l’invention et à la créativité des élèves tout en conservant à la fois des objectifs scolaires d’acquisition et d’élucidation de savoirs, de techniques, de critères de jugement, et des exigences en matière de maintien d’une certaine tenue et d’un certain ordre de la classe qui rendent possibles le travail et les apprentissages individuels et collectifs. La mise au jour de ces tensions ne constitue toutefois pas l’originalité la plus importante du travail que nous propose Sylvain Fabre. La thèse essentielle de celui-ci se fonde sur
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