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Pensée rationnelle et argumentation

De
362 pages
Sur le plan de la rigueur, de la clarté et de l'accessibilité, ce livre me paraît tout à fait exemplaire: sa présentation des notions de base est limpide, les exemples sont toujours choisis avec un grand souci prédagogique et les exercices qui complètent chacun de ses chapitres permettront à l'étudiant d'approfondir ses connaissances et de les mettre en pratique.
Louis-André Dorion, directeur
Département de philosophie
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Extrait de la publication´PENSEE RATIONNELLE ET ARGUMENTATIONExtrait de la publicationClayton Peterson
Pens´ee rationnelle
et argumentation
Les Presses de l’Universit´e de Montr´eal
Extrait de la publicationCatalogage avant publication de Biblioth`eque et Archives
nationales du Qu´ebec et Biblioth`eque et Archives Canada
Peterson, Clayton,
1985Pens´ee rationnelle et argumentation
Comprend des r´ef´erences bibliographiques.
ISBN 978-2-7606-3325-4
1. Pens´ee critique - Manuels d’enseignement sup´erieur. 2. Logique
-Manuels d’enseignement sup´erieur. I. Titre.
BC177.P47 2013 160 C2013-941861-X
eD´epˆot l´egal : 3 trimestre 2013
Biblioth`eque et Archives nationales du Qu´ebec
!c Les Presses de l’Universit´e de Montr´eal, 2013
ISBN(papier) 978-2-7606-3325-4
ISBN(epub) 978-2-7606-3327-8
ISBN(pdf) 978-2-7606-3326-1
Les Presses de l’Universit´e de Montr´eal reconnaissent l’aide financi`ere du
gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada
pour leurs activit´es d’´edition.
Les Presses de l’Universit´e de Montr´eal remercient de leur soutien
financier le Conseil des Arts du Canada et la Soci´et´e de d´eveloppement des
entreprises culturelles du Qu´ebec (SODEC).
´IMPRIMEAUCANADA
Extrait de la publicationPr ´eface
Le cours Pens´ee rationnelle et argumentation ressemble `a celui appel´e
Critical Thinking suivi par les ´etudiants de philosophie de premi`ere
ann´ee des universit´es am´ericaines et du Canada anglais, mais il s’inscrit
´egalement dans une tradition beaucoup plus ancienne qui remonte aux
philosophes grecs. Les fondateurs de la logique de la Gr`ece ancienne la
consid´eraient en e↵et comme un outil et un instrument, bref comme une
« prop´edeutique», c’est-`a-dire une discipline pr´eparatoire `a laquelle on
doit se former en vue de l’acquisition optimale de connaissances dans
`d’autres domaines. A l’´evidence, celui qui a re¸cu une formation dans l’art
duraisonnementsauraplusais´ementd´epartagerlesraisonnementsvalides
des arguments fallacieux que celui qui n’en a pas eue. Il sera ´egalement
plus en mesure de reconnaˆıtre, parmi ses propres raisonnements, ceux
qui ne satisfont pas aux r`egles de validit´e. Les cr´eateurs de ce cours ont
donc voulu proposer un apprentissage des r`egles du raisonnement qui se
r´ev´elera utile `a tous les ´etudiants, quel que soit leur domaine.
Ce manuel conc¸u par Clayton Peterson, qui termine actuellement
un doctorat en logique au D´epartement de philosophie de l’Universit´e
de Montr´eal, est le r´esultat conjugu´e de sa grande comp´etence en
logique et de l’exp´erience qu’il a acquise en donnant ce cours `a plusieurs
reprises. J’ai aujourd’hui le plaisir de pr´efacer cet ouvrage qui provient,
pour l’essentiel, des notes de cours et du mat´eriel qu’il rassemble et met
continuellement `a jour depuis les derni`eres ann´ees. Son objectif est de
rendre cette mati`ere le plus accessible possible aux nouveaux ´etudiants
qui ne cherchent pas n´ecessairement `a se sp´ecialiser en philosophie ou en
logique. Mission accomplie : sur le plan de la rigueur, de la clart´e et de
l’accessibilit´e, ce livre me paraˆıt tout `a fait exemplaire : sa pr´esentation
des notions de base est limpide, les exemples sont toujours choisis avec
un grand souci p´edagogique et les exercices qui compl`etent chacun de ses
Extrait de la publication´vi Pensee rationnelle et argumentation
chapitres permettront `a l’´etudiant d’approfondir ses connaissances et de
les mettre en pratique.
Je ne doute pas que ce manuel sera d’un pr´ecieux apport pour
ceux et celles qui ont l’ambition de r´eussir ce cours dans les meilleures
conditions possibles.
´Louis-AndreDorion
Professeur titulaire,
Directeur, D´epartement de philosophie
Extrait de la publicationAvant-propos
Ce manuel est principalement destin´e aux ´etudiants du cours Pens´ee
rationnelle et argumentation, o↵ert par le D´epartement de philosophie
`a l’Universit´e de Montr´eal. Il s’inspire de plusieurs ouvrages, dont le
contenu th´eorique a ´et´e adapt´e pour les fins de notre propos.
L’objectif est d’outiller le lecteur `a reconnaˆıtre et `a ´evaluer les
arguments, de mani`ere `a pouvoir distinguer les raisonnements qui sont
acceptables de ceux qui ne le sont pas. Bien que l’argumentation vise
`a convaincre, les arguments qui atteignent leur but ne sont pas
n´ecessairement des arguments qui devraient convaincre. Nous tacˆ herons donc
de d´eterminer les crit`eres d’acceptabilit´e d’un argument, c’est-`a-dire les
conditionsdanslesquellesilestraisonnable,voirerationnel,d’accepterun
argument. En plus des listes de questions que l’on trouve `a la fin des
chapitres afin d’orienter la lecture, on trouve aussi plusieurs exercices visant
a` approfondir la mati`ere.
Je tiens `a remercier Mathieu B´elanger pour avoir port´e `a mon
attentionlesconceptsfondamentauxquiontguid´elar´edactiondecemanuel
et pour m’avoir donn´e acc`es `a ses travaux sur le sujet. Un remerciement
sp´ecial `a Jean-Pierre Marquis, qui malgr´e son horaire trouve toujours le
temps de m’orienter, de me guider et de me conseiller. Merci au
D´epartementdephilosophiedem’avoirdonn´el’opportunit´eder´edigercemanuel,
et merci aussi `a Louis-Andr´e Dorion de m’avoir apport´e son soutien tout
au long du processus. En dernier lieu, je tiens `a remercier Antoine Del
Bussoainsiquel’´equipedesPressesdel’Universit´edeMontr´eal,quim’ont
permis de r´ealiser ce projet.
Clayton Peterson
clayton.peterson@umontreal.ca
Extrait de la publicationExtrait de la publicationChapitre 1
Le concept et la classification
Quiconque suit minimalement l’actualit´e est au fait de l’importance de
l’argumentation d’un point de vue social. Que ce soit par rapport au
d´eveloppement de l’industrie du gaz de schiste, des sables bitumineux
et du Plan Nord, ou par rapport au suicide assist´e, au mariage gai ou
mˆeme `a la gratuit´e scolaire, la majorit´e des enjeux sociaux sont sujets `a
controverseetceuxquid´esirentqu’entantquesoci´et´enousnousdirigions
versunedirectionplutˆotqu’uneautresedevrontdeconvaincrelamajorit´e
de la population.
Que l’on pense aux ind´ependantistes qui militent en faveur de la
s´eparation du Qu´ebec ou `a certains d´eput´es qui tentent de ressusciter le
d´ebat sur l’avortement, les enjeux sociaux font s’a↵ronter des positions
souvent irr´econciliables ou` chacun tente de convaincre l’autre en
fournissant des raisons, qui selon lui apportent une justification appropri´ee `a sa
position.
Mais quiconque s’int´eresse minimalement aux enjeux sociaux aura
aussi vite fait de remarquer que ce qui passe pour une justification
appropri´ee laisse souvent `a d´esirer. Est-ce que le fait que Justin Trudeau
ait enseign´e le th´eˆatre nous donne une bonne raison de ne pas voter en
faveur du Parti lib´eral? Est-ce que le fait que plusieurs ´etudiants aient
´des iPhones devrait nous convaincre que l’Etat ne devrait pas r´ealiser
la gratuit´e scolaire? Est-ce que la hausse des frais de scolarit´e implique
un retour `a une ´epoque ou` les francophones et les femmes n’´etaient pas
´eduqu´es? Il n’est parfois pas´evident pour celui qui s’int´eresse aux
d´ebats
sociauxdemettredel’ordredanslesargumentsquisontavanc´esetd’´evaluer la pertinence ou encore l’acceptabilit´e des raisons qui sont invoqu´ees
en faveur d’une position ou d’une autre.
Extrait de la publication´10 Pensee rationnelle et argumentation
Le discours argumentatif se distingue des autres types de discours,
notamment narratif, descriptif et explicatif. Le discours argumentatif a
pourobjectifdeconvaincre:l’argumentationestuneproc´edurediscursive
qui, par la pr´esentation de raisons et de donn´ees pertinentes, tente de
justifier une a"rmation afin de convaincre qu’elle est vraie. Mais selon
quels crit`eres peut-on juger de la valeur d’un argument? Qu’est-ce qu’un
bon argument? Est-ce qu’un bon argument est un argument qui r´eussit
simplement `a convaincre?
L’actualit´e nous indique plutˆot le contraire : un argument
convaincant peut n´eanmoinsˆetre un mauvais argument, soit un argument qui ne
devrait pas convaincre et convainc de fa¸con ill´egitime. La question est
donc de savoir ce qu’est un argument convaincant d’un point de vue
rationnel et de d´egager les conditions dans lesquelles un argument peut et
devrait, `a juste titre, convaincre la raison. En ce sens, la th´eorie de
l’argumentation est normative, c’est-`a-dire qu’elle vise a` d´eterminer les crit`eres
en fonction desquels il est possible de juger de la valeur d’un argument.
Or, lacoh´erence´etantl’undes crit`eres de rationalit´e desplus importants,
nous ne serons pas surpris qu’un bon argument doive r´epondre `a certains
crit`eres logiques.
Un argument est caract´eris´e par le fait que certains ´enonc´es sont
apport´es afin d’en justifier d’autres, tout cela dans le but de convaincre
un auditoire d’une conclusion controvers´ee. Pour r´epondre `a la question
de savoir ce qu’est un bon argument sur le plan de la raison, il nous
faudra donc ´etudier les liens qui se trouvent entre la conclusion et les
´enonc´es avanc´es en guise de justification. En r´epondant a` la question
qu’est-ce qu’un bon argument?, nous r´epondrons donc par le fait mˆeme `a
laquestiondesavoircequ’estunebonnejustification.Consid´erantqueles
arguments sont compos´es de propositions, lesquelles sont compos´ees de
concepts, attaquons-nous d’abord a` cette derni`ere notion avant d’aborder
les arguments en tant que tels.
Le concept
Le concept est g´en´eral et s’applique a` une classe d’objets du mˆeme type.
Par le fait mˆeme, le concept est abstrait, c’est-`a-dire qu’il isole les
propri´et´es communes et essentielles d’une classe d’objets. Consid´erant ces
deux caract´eristiques, il s’ensuit que la classe induite par le concept doit
contenir tous les objets qui tombent sous le concept. Lorsque la classe
est
troprestreinte,ildevientdi"cile,voireimpossible,d’abstrairelespropri´et´es communes et essentielles qui appartiennent uniquement `a ces objets.
Extrait de la publicationLe concept et la classification 11
En cherchant a` d´efinir un concept qui r´ef`ere `a une classe d’objets trop
restreinte, on prend en compte des propri´et´es qui sont contingentes. Par
exemple, il n’y a pas de concept du cercle suivant :
Il y a le concept de cercle, qui s’applique `a tous les cercles, mais pour
avoir un concept qui ne s’applique qu’au cercle susmentionn´e il faudrait
prendre en compte plusieurs consid´erations arbitraires et contingentes,
notamment le diam`etre du cercle, sa position, sa couleur, etc. Le concept
est beaucoup plus large et ne s’applique pas seulement a` une classe
restreinte d’objets.
En isolant les propri´et´es communes et essentielles des objets, on
s’assure un niveau de g´en´eralit´e assez ´elev´e. Si la classe d’objets est trop
restreinte, le concept devra prendre en compte des caract´eristiques non
essentielles. En isolant les propri´et´es essentielles d’un objet, par
opposition avec des propri´et´es contingentes comme la couleur, le lieu, le temps,
etc., on obtient par le fait mˆeme les propri´et´es partag´ees par plusieurs
autres objets du mˆeme type.
Le terme, qui est l’expression d’un concept, est utilis´e afin d’y
r´ef´erer. L’utilisation d’un terme ou d’un autre d´epend de certaines
conventions. Cela peut ˆetre un mot ´ecrit comme « cercle», un mot prononc´e,
ou mˆeme un simple signe.
Le concept est la repr´esentation intellectuelle d’un objet empirique
oumental.Or,ilestimportantdenepasconfondreleconceptavecl’image
mentale ou avec le terme.
D’une part, le concept, qui est par nature abstrait, ne se r´eduit
pas `a une image mentale puisque celle-ci est l’image de quelque chose
en particulier. L’image d’un objet particulier n’´equivaut pas au concept
puisqu’elle contiendra toujours des´el´ements non essentiels. Ainsi, l’image
mentale d’un cheval n’´equivaut pas au concept cheval. L’image mentale
aura une couleur, alors que cela n’est pas essentiel au concept.
Afin de r´epondre a` la question de savoir ce qu’est une
caract´eristique essentielle d’un concept, posons-nous la question suivante : Que
faudrait-il enlever a` l’objet a afin que celui-ci ne soit plus un A? Par
exemple, que faudrait-il enlever `a Jolly Jumper afin de pouvoir a"rmer
Extrait de la publication´12 Pensee rationnelle et argumentation
que celui-ci n’est plus un cheval? Est-ce que Jolly Jumper sans tˆete est
un cheval? Est-ce que Jolly Jumper a` trois jambes est un cheval? Est-ce
que Jolly Jumper sans crini`ere est un cheval? Si l’on r´epond « oui» `a
une telle question, alors la caract´eristique n’est pas essentielle.
D’autrepart,leconceptneser´eduitpasauterme,lequelestutilis´e
afin de r´ef´erer au concept. Cela peut ˆetre mis en ´evidence par l’exemple
suivant : « Justice». Est-ce que cela nous informe de ce que signifie le
concept de justice? Le terme ne contient pas l’information du concept.
Le concept, en quelque sorte, est quelque chose qui va « au-del`a» du
terme. Au mˆeme titre que l’individu Socrate ne se r´eduit pas au mot
« Socrate», le concept de Justice ne se r´eduit pas au mot « Justice».
Pour apprendre ce que signifie le concept de Justice, il ne su"t pas de
lire le terme «Justice».
Le concept poss`ede donc trois caract´eristiques fondamentales :
1. il est abstrait (il isole les propri´et´es communes et essentielles d’une
classe d’objets);
2. il est g´en´eral (il s’applique a` une classe d’objets d’un mˆeme type);
3. il induit une classe d’objets.
La classe des objets induite par un concept correspond `a son extension. Il
1s’agit de l’ensemble qui contient les objets qui tombent sous le concept .
Laissons-nous tenter par une analogie. En un sens, le concept peut
ˆetre vu comme un chaudron au-dessus duquel se trouve un tamis (ou un
filtre). Le tamis doitˆetre assez fin pour ne pas laisser passer les objets qui
n’ont pas les propri´et´es essentielles du concept, et assez g´en´eral afin de
laisser passer tous les objets qui ont les propri´et´es essentielles. Si le tamis
est appropri´e, le chaudron contiendra l’ensemble des objets qui tombent
sousleconcept.Lecontenuduchaudron,c’est-`a-direlesobjetsquiauront
pass´eautraversdutamis,formel’extensionduconcept.Letamisad´equat
pourunconceptcorrespond`asad´efinition.Toutefois,avantd’aborderles
questionsrelatives`alad´efinitiond’unconcept,ilconvientd’aborddevoir
quelques notions utiles de classification.
1 Le principe d’extensionnalit´e, `a savoir que tout concept poss`ede une extension,
peut cependant mener a` des r´esultats contradictoires, comme l’a montr´e le paradoxe
de Russell (1999).
Extrait de la publicationLe concept et la classification 13
La classification
Le niveau de g´en´eralit´e d’un concept d´epend de la largeur de son
exten`sion. A supposer que deux concepts A et B sont commensurables, A est
dit plus g´en´eral queB a` condition que l’extension deA contienne
l’extension de B, mais non l’inverse : tout objet qui est dans l’extension de B
se trouve dans l’extension deA, mais il y a certains objets de l’extension
de A qui ne sont pas dans l’extension de B.
A
B
Le concept A est plus g´en´eral que B dans la mesure ou` l’extension de A
contient tous les ´el´ements de l’extension de B et plus encore.
Exemple
Animal est plus g´en´eral que mammif`ere,lequelestplusg´en´eralque f´elin.
Tout ce qui est un f´elin est un mammif`ere, et tout ce qui est un
mammif`ere est un animal. Cependant, il existe des animaux qui ne sont pas
des mammif`eres (p. ex., les poissons), et il existe des mammif`eres qui ne
sont pas des f´elins (p. ex., les chevaux).
La classification consiste en la hi´erarchisation des objets
appartenant a` l’extension d’un concept en sous-classes. Consid´erant que certains
concepts sont logiquement li´es (p. ex., f´elin et animal), et donc sont
commensurables, la classification permet de cr´eer un ordre a` l’int´erieur de
l’extension d’un concept. On trouve trois principales relations entre les
concepts : l’ind´ependance, le chevauchement et l’inclusion.
L’ind´ependance : l’extension d’un concept A est ind´ependante de
celle d’un conceptB si et seulement si aucun objet n’est `a la fois´el´ement
de l’extension de A et ´el´ement de l’extension de B.´14 Pensee rationnelle et argumentation
AB
Exemples
A et B sont ind´ependants
1. F´elin et Canin
2. Poisson et Oiseau
3. Nombre pair et Nombre impair
4. Automobile et Arbre
5. Homme et Tulipe
Le chevauchement : l’extension d’un concept A chevauche celle
d’un concept B si et seulement si certains ´el´ements de l’extension de A
sont ´el´ements de l’extension de B.
AB
Exemples
A chevauche B
1. Automobile et Rouge
2. F´elin et Mammif`ere
3. Nombre divisible par 2 et Nombre divisible par 8
4. Automobile et Moyen de d´eplacement
5. Tulipe et Objets qui sentent bon
L’inclusion : l’extension d’un concept A inclut celle d’un concept
B si et seulement si tous les ´el´ements de l’extension de B sont ´el´ements
de l’extension de A.Le concept et la classification 15
A
B
Exemples
A inclut B
1. Mammif`ere et F´elin
2. Animal et Homme
3. Nombre et Nombre premier
4. V´ehicule et Automobile
5. V´eg´etal et Tulipe
Lors de la lecture des prochains chapitres, il faudra garder en tˆete
les relations qui peuvent se trouver entre les concepts. En e↵et,
cellesci permettent non seulement d’identifier les erreurs de classification et
souvent mˆeme d’argumentation, mais aussi de d´eterminer les erreurs de
d´efinition et d’´etudier les conditions de v´erit´e des ´enonc´es.
Remarques
Les relations susmentionn´ees se comportent selon certaines
conditions. En voici quelques-unes.
1. Sideuxconceptssontind´ependants,alorsilsnesechevauchent
pas.
2. Si deux concepts se chevauchent, alors ils ne sont pas
ind´ependants.
3. Si un concept A inclut un concept B,alors A et B se
chevauchent.
Laclassificationrequiertquel’ondistingueentrelegenre etl’esp`ece.
Alors que le genre est plus g´en´eral et englobe plusieurs esp`eces (p.
ex.,
animal),l’esp`eceestplussp´ecifiqueetestpropre`aungenre(p.ex.,mammif`ere). Dans une classification `a plusieurs niveaux, un genre peut ˆetre
a` la fois genre de plusieurs esp`eces et esp`ece d’un genre, au mˆeme titre
Extrait de la publication´16 Pensee rationnelle et argumentation
que l’esp`ece d’un genre peutˆetre genre de plusieurs esp`eces. Par exemple,
mammif`ere est l’esp`ece de animal mais est le genre de f´elin, tout comme
f´elin est l’esp`ece de mammif`ere mais est le genre de chat.
Une bonne classification doit respecter trois r`egles.
1. Une classification est compl`ete `a condition que l’extension du genre
soit identique `a la r´eunion de l’extension de toutes les esp`eces.
Autrementdit,legenreetl’ensembledesesp`ecesrenvoientexactement
aux mˆemes objets, c’est-`a-dire que l’extension du genre inclut
l’extension de toutes les esp`eces et l’extension de toutes les esp`eces
inclut celle du genre (les extensions sont identiques).
2. Une classification est coh´erente si aucun objet n’appartient `a la fois
`a deux esp`eces di↵´erentes. Toutes les esp`eces doivent ˆetre
ind´ependantes les unes des autres : il ne doit pas y avoir de chevauchement
entre les esp`eces.
3.
Uneclassificationdoitutiliseruncrit`ereessentielquipermetdesubdiviserlegenreenplusieursesp`eces.Cecrit`ereestrelatifa`l’objectif
poursuivi par la classification.
Remarques
1. Le crit`ere essentiel dans une bonne classification d´epend de
l’objectif vis´e et du public auquel la classification s’adresse.
Par exemple, classifier les couleurs en fonction des couleurs
primaires, secondaires et tertiaires est pertinent pour celui qui
fait de la peinture, mais moins pour le physicien, qui pr´ef´erera
classifier les couleurs selon leur longueur d’onde.
2. Une proposition a!rme des relations entre des concepts. Il
s’agit de sa structure interne. Dans certains cas, la valeur
de v´erit´e d’une proposition peut ˆetre d´etermin´ee `a l’aide de
la structure interne d’autres propositions. Prenons la relation
d’inclusion par exemple : le chat est un mammif`ere. Cela
signifie que l’extension du concept chat est un sous-ensemble de
celle du concept mammif`ere.Autrementdit,l’ensembleinduit
par le concept chat est inclus dans celui induit par le concept
mammif`ere.Defait,unobjetquiappartienta`l’extensionde
chat appartient aussi `a l’extension de mammif`ere.
Extrait de la publicationLe concept et la classification 17
Exemple
Ainsi, `a supposer que « F´elix est un chat » et que « le chat est un
mammif`ere»,ilnousestpossibledeconclurequelaproposition « F´elix est un
mammif`ere » est vraie puisque l’objet d´esign´e par F´elix est membre de
l’extension du concept chat,etdoncparinclusionestaussimembrede
l’extension du concept de mammif`ere.
Repr´esenter les relations
Dans les chapitres qui suivent, notre objectif sera d’utiliser les relations
qui se trouvent entre les concepts afin d’´etudier la validit´e des
raisonnements. Pour ce faire, introduisons d’abord quelques r`egles pour la
repr´esentation graphique des relations. Ces r`egles permettent de repr´esenter
visuellement les relations exprim´ees par les ´enonc´es.
Soulignons cependant que cette m´ethode de repr´esentation
graphique ne s’applique qu’aux propri´et´es qui ne portent que sur un seul
objet. Par exemple, la propri´et´e « ˆetre ble»u porte sur un objet alors
que « ˆetre le fr`ere»dpeorte sur deux objets. Dans le premier cas, «x
est bleu» est un ´enonc´e qui exprime que la propri´et´e «bleu» s’applique
`a l’objet x. Cela signifie que l’objet x est membre de l’ensemble des
objets qui ont la propri´et´e d’ˆetre bleu, c’est-`a-dire membre de l’extension
du concept bleu, laquelle inclut toutes les choses qui sont bleues. Dans
le second cas, «x est le fr`ere de y » est une relation qui porte sur deux
objets (individus), soit x et y. La m´ethode que nous proposons est
restreinte aux propri´et´es qui ne portent que sur un seul objet (c’est-`a-dire
2aux pr´edicats monadiques) .
En bref, l’objectif de cette section est d’ˆetre en mesure de
repr´esenter graphiquement et s´emantiquement les conditions de v´erit´e d’un
´enonc´e. Pour ce faire, nous allons s´eparer les ´enonc´es en quelques cas
paradigmatiques qui nous indiqueront le sch´ema qui permet de repr´esenter
qu’un ´enonc´e d’un certain type est vrai ou faux.
Celadit,nousallonsavoirbesoindequelquesconventionsafinqu’il
n’yaitpasdemalentendu.Alorsquenousutiliseronsleslettresminuscules
de la fin de l’alphabet comme variables qui r´ef`erent `a des objets (x,y,z),
nousutiliseronsleslettresmajusculesC,D,E,F,G,...afinder´ef´erer`ades
concepts ou a` des propri´et´es. Par exemple, l’´enonc´e «x est un P » se lit
«l’objetx poss`ede la propri´et´eP ». Autrement dit, l’objetx est membre
2 Laprincipaleraisondecetterestrictionestquelecalculdespr´edicatsmonadiques
est d´ecidable, alors que le calcul des pr´edicats en g´en´eral ne l’est pas (cf. Boolos 2007).´18 Pensee rationnelle et argumentation
del’extensionduconceptP.Danslemˆemeordred’id´ees,l’´enonc´e«C est
un P » se lit tout membre de l’extension de C est membre de l’extension
de P.
Exemples
1. Socrate est un homme (x est un P).
2. L’homme est mortel (H est M).
x est P
Le premier type d’´enonc´e `a analyser est celui de la forme x est P.Il
est `a noter que dans un tel ´enonc´e, la variable x ne r´ef`ere qu’`a un objet
(individuel), et non `a un concept.
Exemples
Voici quelques exemples d’´enonc´es de la forme x est P.
1. Le chat est beau.
2. Le ciel est bleu.
3. Jean Charest est un politicien.
4. C’est une belle journ´ee.
5. L’examen est di!cile.
6. L’avortement est injuste.
7. La peine de mort est moralement condamnable.
Un ´enonc´e de la forme x est P marque une inclusion (plus
pr´ecis´ement, une relation d’appartenance), et donc graphiquement un ´enonc´e
de cette forme sera vrai lorsque l’objet est membre de l’extension de P.
Notons que le mˆeme graphique s’appliquera pour les cas ou` une
proposition de la forme«x n’est pasP » est fausse. Comme nous le verrons plus
tard,«x n’est pasP » est faux lorsque«x estP » est vrai. Le graphique
qui suit vaut donc pour :
1. x est P = vrai;
2. x n’est pas P = faux.
P
xLe concept et la classification 19
`A l’inverse, si l’´enonc´e est faux, alors x ne sera pas membre de
l’extension de P. Tel que susmentionn´e, ce graphique s’appliquera aussi
aux propositions de la forme «x n’est pas P » qui sont vraies, puisque
«x n’est pas P » est vrai lorsque «x est P » est faux. Le graphique qui
suit vaut donc pour :
1. x est P = faux;
2. x n’est pas P = vrai.
P
x
Il est toutefois a` noter qu’une propri´et´e peut ˆetre exprim´ee par
plusieurs concepts. Par exemple, l’´enonc´e Jean est un politicien honnˆete
est de la formex estP, ou` la propri´et´e est«ˆetre un politicien honnˆete».
Dans un tel cas, la propri´et´e s’exprime par l’intersection de l’extension
du concept politicien et du concept honnˆete.
Politicien honnˆete
Politicien Honnˆete
j
Tous les C sont des P
Le cas qui suit s’applique aux ´enonc´es qui stipulent qu’un concept est
inclus dans un autre concept. En reprenant les termes de la
classification, cela ´equivaudrait `a parler des ´enonc´es de la forme «l’esp`ece est un
`genre». A la di↵´erence du cas pr´ec´edent, la forme«C est unP » signifie
que tous les membres de l’extension du concept C sont membres de
l’extension du concept P. En ce sens, cet ´enonc´e est ´equivalent `a un ´enonc´e
de la forme«tous lesx qui sont desC sont desP ». Autrement dit, pourTable des matieres
Preface v
Avant-propos vii
Chapitre 1
Le concept et la classi cation
Le concept 10
La classi cation 13
Representer les relations 17
Semantique et valeurs de verite 23
Chapitre 2
La de nition
De nir 29
Regles et erreurs 32
Chapitre 3
La proposition
L’enonce declaratif 39
Les equivalences 43
La classi cation des enonces 47
Chapitre 4
Les connecteurs logiques
La structure des propositions 53
La negation 57
La conjonction 59
La disjonction 60
L’implication materielle 62
Connecteurs logiques et langue naturelle 66
Extrait de la publicationChapitre 5
Propositions et valeurs de verite
La structure interne d’une proposition 69
Les valeurs de verite 72
La consistance 76
La preuve par l’absurde 77
La methode des arbres 79
Les diagrammes 90
Chapitre 6
L’analyse de l’argument
L’argument dans son sens large 97
L’argument dans son sens restreint 99
Forme normale 101
Premisses conjointes et independantes 102
Le schema d’argument 104
Les arguments complexes 106
Une analyse 107
Arguments deductifs et inductifs 112
Chapitre 7
Validite et contre-exemple
Validite et consequence logique 119
Une analyse 121
Validite et valeurs de verite 123
Validite propositionnelle et validite interne 125
Le contre-exemple 127
Methodes de preuve 130
Validite et langue naturelle 132
Chapitre 8
La force de l’argument
La force 141
Les limites de notre methode 143
L’acceptabilite des premisses 147
Necessite et susance 152
Chapitre 9
Sophismes et erreurs de raisonnement
Les sophismes 163
Les erreurs de raisonnement 174
Bibliographie 177
Extrait de la publication