Récits et résilience, quels liens ?

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La mise en récit de sa vie se démocratise aujourd'hui de plus en plus avec de nombreuses attentes. Car, si la narration est maintenant parée de toutes les vertus, si nous constatons bien que le récit peut être travaillé avec des attentes thérapeutiques ou cathartiques voire formatives, peut-il être considéré « en soi » comme facteur de résilience, ou permet-il d'en révéler, après coup, l'éventualité ? Est-il porteur d'émancipation possible de ce qui a été subi, ou au contraire enfermement de sa vie dans des mots qui fixeront les traumatismes en un présent sans fin ?
Publié le : dimanche 15 mai 2016
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EAN13 : 9782140009150
Nombre de pages : 164
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RÉCITS ET RÉSILIENCE, QUELS LIENS ?
Martine Lani-Bayle, Aneta Słowik (dir.)
« Habiter, à mots nus, les silences des lettres, des carnets,
des photos, des lieux, des récits. » Irène Frain, 2013
La mise en récit de sa vie se démocratise aujourd’hui de plus en plus
avec de nombreuses attentes, au risque d’en arriver aux fameuses RÉCITS ET RÉSILIENCE, « illusions biographiques » dénoncées dans les années soixante-dix par
Pierre Bourdieu. Car, si la narration est maintenant parée de toutes les
vertus, notamment en cas de vécu extrême – justement là où sa mise QUELS LIENS ?en mots bute sur des impasses –, et si nous constatons bien que le récit
peut être travaillé avec des attentes thérapeutiques ou cathartiques
voire formatives, peut-il être considéré « en soi » comme facteur de Chemins de vie
résilience, ou permet-il d’en révéler, après coup, l’éventualité ? Est-il
porteur d’émancipation possible de ce qui a été subi, ou au contraire
enfermement de sa vie dans des mots qui fxeront les traumatismes en
un présent sans fn ? S’oppose-t-il au « silence » ?
Ces questions ont été développées et débattues avec Boris Cyrulnik,
préfacier, en partie à Wrocław en Pologne lors d’une journée d’études
(mai 2015), par Marie Anaut (Lyon), Manuela Braud (Angers),
Luciane Goldberg (Fortaleza, Brésil), Martine Lani-Bayle (Nantes),
Gérard Ostermann (Bordeaux). Épilogue de Gaston Pineau
(ToursMontréal).
Martine Lani-BayLe est professeure en Sciences de
l’éducation. Spécialisations : transmission, récits de vie
et situations extrêmes. Université de Nantes, CREN,
France.
Aneta Słowik est docteure en Sciences humaines.
Spécialisations : pédagogie. Université de Basse Silésie,
Faculté de Sciences d’éducation, Wrocław, Pologne.
Préface de Boris Cyrulnik
Épilogue de Gaston Pineau
Couverture : Adélaïde Ronxin
ISBN : 978-2-343-09082-5
18,50 e
Martine Lani-Bayle, Aneta Słowik (dir.)
RÉCITS ET RÉSILIENCE, QUELS LIENS ?













Récits et résilience, quels liens ?

Histoire de Vie et Formation
Collection dirigée par Gaston Pineau

avec la collaboration de Pierre Dominicé (Un. de Genève),
Martine Lani-Bayle (Un.de Nantes), José Gonzalez Monteagudo (Un. De
Séville), Catherine Schmutz-Brun (Un. De Fribourg), André Vidricaire (Un.
du Québec à Montréal), Guy de Villers (Un. de Louvain-la-Neuve).

Cette collection vise à construire une nouvelle anthropologie de la
formation, en s'ouvrant aux productions qui cherchent à articuler
"histoire de vie" et "formation". Elle comporte deux volets
correspondant aux deux versants, diurne et nocturne, du trajet
anthropologique.
Le volet Formation s'ouvre aux chercheurs sur la formation
s'inspirant des nouvelles anthropologies pour comprendre l'inédit des
histoires de vie. Le volet Histoire de vie, plus narratif, reflète
l'expression directe des acteurs sociaux aux prises avec la vie courante
à mettre en forme et en sens.

Dernières parutions

Volet : Histoire de vie

Jean-Charles BONDU, STO : Sans Taire les Oubliés. Souvenirs
éparpillés, 2016.
Corine CHAPUT-LEBARS, Histoires de naissances
Naissances d’histoires, 2016
Simone LANDRY, Autopsie d’un mariage. De l’emprise à
l’échappée, 2015.
Jacques SERIZEL et Armelle ROUDAIRE, Accompagner à
« re-connaître » les Acquis de l’Expérience en milieu carcéral,
2015.
Micheline THOMAS-DESPLEBIN, Ma maison était dehors,
2015.
Jacques SERIZEL et Armelle ROUDAIRE, Éducation
populaire et croisements de savoirs. L’Histoire de Vie
Collective du Comité des Oeuvres Sociales du Conseil Régional
Nord-Pas-de-Calais, 2015.
Geneviève STOCK, De la rue à la lutte, 2014.
Marie BEAUCHESNE, Pouvoir devenir sujet. Un itinéraire de
formation à la reliance, 2014. Martine Lani-Bayle, Aneta S łowik (dir.)





Récits et résilience, quels liens ?


Chemins de vie


Préface de Boris Cyrulnik
Épilogue de Gaston Pineau























© L’Harmattan, 2016
5-7, rue de l’Ecole Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librarieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-09082-5
EAN : 9782343090825 SOMMAIRE

PRÉFACE
Boris Cyrulnik ...................................................................................... 9

INTRODUCTION .................................................................................. 13
Martine Lani-Bayle (Histoire de rencontres : L’origine ; À
côté… ; La voie de l’alternative)
Aneta S łowik (Continuation)

L’avenir du récit, à mots retenus
Martine Lani-Bayle ............................................................................ 27
(Une fonction du récit soluble dans ses sources ? ; Comment parler de
résilience ? ; Des liens potentiels entre récit et résilience ; Des limites
au récit)

Traces, récits et résilience. Entre psychanalyse et neurosciences
Gérard Ostermann .............................................................................. 47
(Des traces au récit, des récits à l’histoire ; Le souvenir n’est pas la
mémoire ; La rivière qui nous sépare, le pont qui nous relie – souvenir
et symbole, sur la trace du récit ; Les fonctions du langage dans le
récit : représentation et fondation ; Retour aux traces : les traces de
l’inconscient freudien ne sont pas celles de l’apprentissage ; Une
propriété utile à la résilience : la plasticité neuronale, un nouveau
paradigme ! ; La trace et la plascticité : une passerelle entre
Psychanalyse et Neurosciences ; Résilier sa souffrance en se
racontant ; En guise de non-conclusion)

Écriture, récit de vie et travail d’exonération psychique
Marie Anaut ........................................................................................ 63
(Écrire sur soi : une quête d’autoréparation ? ; Effets cathartiques,
prise de distance et récit romancé ; Créativité et écriture chez des
écrivains privés d’enfance ; Michel Del Castillo, un enfant sans
enfance ; Michel Del Castillo et l’impossible exonération du passé ? ;
Quelques réflexions pour conclure…)
7 Le récit de vie anticipateur (RVA) ou comment prendre le temps
de construire son avenir
Manuela Braud ................................................................................... 79
(Introduction ; Le RVA : d’où vient cette idée ? ; Genèse de l’outil ;
Usages du RVA aux différents âges de la vie ; Première trame du
RVA ; Principaux objectifs du RVA ; Le canevas du RVA ;
L’approche clinique-dialogique (Lani-Bayle Martine) ;
L’expérimentation des RVA ; Le questionnaire ; Ce qui ressort du
questionnaire ; Discussion ; Conclusion)

(Auto)biographisme : biographisation des enfants par le dessin
Luciane Goldberg ............................................................................... 99
(Le dessin des enfants, narration de vie et formation humaine ; Le
dessin des enfants et la narration ; L’art et la résilience dans la défense
des droits des enfants ; (Auto)biographisme et Démarche
CliniqueDialogique : perspectives méthodologiques)

ÉPILOGUE
Gaston Pineau ................................................................................... 125
(Difficultés des apprentissages expérientiels limites ; La mise en
contexte de Wroc ław ; Le complexe d’Auschwitz-Birkenau ; Emprises
socio-politiques et remémorations libérantes inter- et
transgénérationnelles ; Immersion dans des bio-histoires de résiliences
infinies, multiformes et mutlicycles)

ANNEXES .......................................................................................... 143

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES par chapitre .............................. 145

Crédits photographiques :
- Martine Lani-Bayle : couverture, 11, 12, 18, 26, 29, 33, 37, 98, 133,
145, 154
e- Luciane Goldberg et/ou Antonello Veneri : 4 de couverture, 99,
101, 104, 110, 114, 119

8 Boris Cyrulnik
Neuropsychiatre
Directeur d’enseignement à l’université de Toulon



PRÉFACE

Parler de résilience à l’Université de Wroc ław a été un grand
bonheur pour moi, dont les racines parentales sont polonaises. J’ai été
heureux de voir la beauté de la ville ancienne, la gaieté des étudiants
et la chaleur de l’accueil des universitaires.
J’ai été aussi curieux d’entendre les chercheurs et enseignants afin
de découvrir si, pour eux, le concept de résilience était proche du
nôtre.
La notion de traumatisme a été longue à venir au monde. Dans un
contexte culturel où seule la victoire était morale, on s’identifiait
plutôt au vainqueur, ce qui donnait bonne conscience et montrait le
chemin à suivre. Quand Freud a proposé la métaphore du traumatisme
chirurgical qui déchirait les muscles et la paroi cutanée, il invitait à
faire une analogie avec une déchirure psychique qui introduisait un
ecorps étranger dans l’âme. Pour lui, à la fin du XX siècle, l’agresseur
sexuel introduisait, dans l’âme des femmes, un souvenir insupportable
qu’il fallait refouler pour se défendre mais qui provoquait l’hystérie.
Après la Seconde Guerre mondiale, personne ne parvenait à penser
le traumatisme. On disait que les enfants étaient trop petits pour
comprendre, ce qui protégeait les adultes et leur permettait de ne pas
se soucier de la souffrance des petits. On disait que les Polonais
avaient payé très cher leur résistance à l’Allemagne mais qu’ils se
répareraient tous seuls, ce qui permettait de ne pas les aider. Le virage
conceptuel a été pris par les Américains après la guerre du Vietnam,
quand ils ont dit que les soldats n’étaient pas responsables de leurs
troubles du comportement. Le coupable, c’était l’État qui les avait
envoyés faire la guerre.
Ce changement psycho-social permet de repérer le moment où
l’on commence à moins s’identifier au vainqueur et où l’on se soucie
du blessé. Cette nouvelle conception du traumatisme s’est répandue,
en Occident, comme une traînée de poudre. Les romans, les films et
9 les travaux qui décrivaient les blessures psychiques ont été bien
accueillis.
Puis, quand les souffrances psychologiques ont été reconnues, il a
fallu se demander comment on pouvait les réparer. Les interprétations
se sont alors inspirées des stéréotypes du contexte culturel. Certains
ont dit que les blessés souffraient d’une faiblesse constitutionnelle. Ils
étaient nés avec ce handicap, le moindre choc pouvait les casser.
Pierre Janet et Sigmund Freud ont appelé « psychasthénie » et
« neuras-thénie » cette vulnérabilité. Un tel concept n’était pas très
éloigné d’un racisme où les bien-nés sont forts et les autres faciles à
blesser. Le nazisme avait perdu la guerre des armes mais pas celle des
idées.
La psychanalyse a préféré s’appuyer sur le concept de névrose
pour parler de sinistrose ou de névrose de rente, expliquant que le récit
des souffrances permettait de recueillir un peu d’argent.
Il a fallu attendre les années 1980 pour voir apparaître le concept
de résilience. Dans une situation traumatisante, tout le monde ne
souffre pas aussi intensément, ni de la même manière. Certains se
protègent mieux et reprennent goût à la vie rapidement, alors que
d’autres souffrent beaucoup et ne se remettent pas à vivre. Ceux qui
s’étaient améliorés pouvaient servir de modèle à ceux qui restaient
prisonniers du traumatisme passé.
Le concept de résilience a d’emblée connu un grand succès parmi
les chercheurs et dans la culture, ravie de renoncer au misérabilisme et
d’entendre des conceptions qui redonnaient l’espoir. Cette réussite
culturelle a provoqué deux effets secondaires : une boursouflure
sémantique où le mot a été mis à toutes les sauces et une réaction
défensive de certains psychanalystes qui se sont crus attaqués.
La réunion dans l’université de Basse-Silésie à Wroc ław a eu
pour enjeu d’éviter ces dérives et de préciser le concept de résilience.
Les universitaires et les étudiants qui ont participé à cette rencontre
ont décrit comment, après une agonie psychique due à un
traumatisme, on pouvait aider les blessés à reprendre un bon
développement. Il ne s’agit pas d’une guérison car ces gens ne sont
pas malades, ils sont traumatisés – ce qui n’est pas pareil. Quand,
avant le trauma, ils avaient acquis des facteurs de protection au cours
de leur petite enfance et quand, après l’accident, ils ont été bien
soutenus par leur famille et leur culture, ils reprennent un bon
développement. Ce qui ne veut pas dire qu’ils oublient, au contraire,
10 ils gardent la trace de la blessure mais ils n’y sont plus soumis
puisqu’ils peuvent en faire un récit, un essai ou un roman. La manière
d’en parler joue un rôle majeur dans leur reprise évolutive.
Quand le blessé est laissé seul, abandonné à sa souffrance, la
résilience est difficile puisqu’il ne peut que ressasser son malheur.
Mais quand il est entouré et qu’il tente d’adresser un récit à une
personne qui le sécurise, il élabore la représentation de son malheur et
remanie le sentiment qu’il éprouve. C’est pourquoi il est aussi
important d’agir sur les récits culturels de façon à réintégrer le
traumatisé dans son contexte culturel.
Voilà deux ou trois idées que nous savons échangées lors de ce
colloque. L’ambiance était amicale, chacun a pu exprimer ses idées en
toute liberté, ce qui nous a rendus heureux. Et comme le bonheur est
contagieux, j’espère que vous le ressentirez en lisant ce livre.



11


12 Martine Lani-Bayle, Aneta S łowik



INTRODUCTION

Histoire de rencontres, Martine Lani-Bayle

« [car] vivre, ce serait aussi dire ; pas
seulement, mais aussi. » Marie-Hélène Lafon
(2015, p. 23)

C’est une histoire en trois temps qui a suscité l’aventure, entre
France et Pologne, réunie en ces pages.

1. L’origine
Tout a commencé par une rencontre en Italie en 1996 avec Olga
Czerniawska, dans le cadre d’un colloque international sur les
histoires de vie : comprenant mal l’une comme l’autre les
interventions en anglais, nous nous sommes échappées et avons fait
connaissance. Cela aurait pu être fortuit, mais elle m’a invitée dès
l’année suivante à intervenir dans son université à Łódź.
Je n’ai d’abord pas compris le motif de cette démarche : aller dans
un des berceaux des histoires de vie, je ne voyais pas ce que je
pouvais leur apporter alors qu’en France, la démarche était – et
reste –, marginale, en tout cas à l’université. J’ai vite compris qu’il
leur manquait avant tout des publications dans leur langue ; mais aussi
qu’ils étaient encore fortement marqués par l’aspect extrême des
événements collectifs traversés et qui faisait échec à l’écriture de vie –
bloquant sur un intolérable aveu joint à une impossible
reconnaissance. Être en vie, cet improbable, ne pouvait se doubler
d’être en plus « sachants ».
Olga Czerniawska m’a alors mise à l’épreuve de nombreuses
rencontres avec collègues, étudiants, lieux, histoire… et m’a stimulée
en m’engageant, avec elle, dans différents courants de recherche qui
ont débouché sur plusieurs rencontres internationales et publications.
La première thématique a été nommée entre nous « Chemins de
13 formation », ce qui a donné son titre à la revue que j’ai créée en 2001.
Le numéro 2 (2001), intitulé sur sa suggestion « Méandres
d’éducation », reprend une de ces rencontres, où je me suis rendue à Łódź
avec toute une équipe française. Les interventions françaises comme
polonaises y sont présentes. Et apprenantes.
Croisant ces travaux sur les (non-)métabolisations des situations
extrêmes de (sur-)vie avec des recherches, à la même époque, au
Japon – notamment sur l’île d’Okinawa encore ouvertement meurtrie
des suites directes de la Seconde Guerre mondiale –, j’ai rassemblé
ces réflexions dans un ouvrage sorti en 2006, intitulé Taire et
transmettre. Les histoires de vie au risque de l’impensable (Chronique
Sociale). Parallèlement, Olga Czerniawska m’avait mise au défi d’un
chantier sur la part des événements dans notre parcours de vie, selon
comment ils nous frappent, à proximité ou distance et surtout,
comment nous les ressentons : qu’en faisons-nous, alors, dans notre
rapport à la formation dans et par la vie ? Cette idée, de voyage en
voyage, s’est étendue dans l’espace jusqu’à couvrir les 5 continents et
a donné lieu, outre de nombreuses rencontres internationales, à 3
tomes parus en France (L’Harmattan, 2006 et 2010). Ils ont été suivis
d’un tome récapitulatif paru en Pologne (Wroc ław 2012) avec un
regard porté, sur l’ensemble de la recherche, par des spécialistes
venant de publier aussi sur l’importance des événements : un historien
François Dosse, un psychosociologue André Lévy. Ce dernier m’a
sollicitée récemment pour un article récapitulatif à propos de ce
1travail .
Et si je viens d’évoquer Wroc ław c’est parce que, à l’occasion
d’un voyage d’équipe à Łódź, le collègue japonais qui participait aux
recherches, et qui avait pu nous rejoindre, a demandé que nous nous
rendions à Auschwitz. Comment aller plus loin dans nos travaux sur
l’extrême… et c’est là que j’ai fait connaissance avec Aneta S łowik,
de l’université de Wroc ław, qui nous avait accompagnés sur ce site
poignant. Peu à peu et l’âge de la retraite venant pour Olga
Czerniawska, Aneta S łowik a pris le relais de nos partages avec la
Pologne, les déplaçant de Łódź à Wroc ław.
eLa première trace de cette collaboration a été ce 4 ouvrage de
notre recherche sur les événements, dont elle a pris en mains la

1 Lani-Bayle, M. (2015). Événements et formation de la personne tout au long de la
vie. Les enseignements d’une recherche internationale. Nouvelle revue de
Psychosociologie, 19, 165-179.
14 parution en Pologne. Dans la foulée, une nouvelle publication a été
réalisée, sur la thématique, avec le collègue marocain qui a participé
pour son pays à la recherche et en lien avec une rencontre de nos
2équipes à Fès .
En continuité nous avons, avec Aneta S łowik, coordonné un autre
ouvrage en tirant la thématique sur l’intergénérationnel, un de mes
thèmes de prédilection depuis quelques décennies. Rassemblant des
contributions, outre de nous deux, de quelques Français et complété de
quelques regard issus du Québec et du Brésil, avec une postface venue
d’Espagne, quoiqu’également en langue française il est paru aussi en
3Pologne .
Forte de ces collaborations, Aneta S łowik a ensuite proposé un
premier colloque dans son université en 2014, à propos de la
démarche des récits de formation, autour des pionniers Gaston Pineau
et Pierre Dominicé, et qui a aussi donné lieu à une publication
franco4polonaise fort intéressante. Gaston Pineau l’évoquera dans son
épilogue.
C’est le suivant, qui s’est tenu en mai 2015, qui est l’origine
eprincipale de ces pages. Je le présenterai en 3 partie de cette
introduction.

2. À côté…
Parallèlement, et remontant à ma première carrière de
psychologue clinicienne, mon chemin a croisé, dès les années 80,
celui de Boris Cyrulnik et de la résilience.
J’avais remarqué des effets proches de ce qu’il a nommé ainsi
auprès de la population des enfants de l’Aide sociale à l’enfance, avec
lesquels je travaillais depuis 1974. Le rencontrer lors des grands
« Forums annuels de la psychologie », organisés par notre ami et
regretté Armand Touati, et le lire, m’a dès lors éclairée sur ce que je
relevais chez certains de ces enfants dont le devenir, qui ne cessait de
me surprendre, échappait aux noires prédictions qui lisaient le destin

2 Melyani, M. et Slowik, A. dir., (2010) Événements et Commémorations. Kraków:
Impuls.
3 Lani-Bayle, M. et S łowik, A. dir, (2013), Paysage générationnel et formation tout
au long de la vie, Wroc ław:ATUT.
4 Czerniawska, O. Et S łowik, A. dir. (2015), Trajets de formation et approche
biographique. Perspectives française et polonaise. Paris:L’Harmattan.
15

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