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Conjugaison impertinente

De
105 pages

Un livre ressource qui s'adresse aux enseignants qui veulent pratiquer la conjugaison sans ennuyer leurs élèves.





Cet ouvrage présente le programme charnière du cycle 3/6e et 5e à travers des règles et des exercices-jeux, agrémentés de jeux de langage et de dessins humoristiques.




On trouve dans "Conjugaison impertinente" des activités les temps et modes principaux :
- Le présent, le futur, le passé composé, l'imparfait, le passé simple ;
- L'impératif, le conditionnel, le subjonctif ;
- Des oppositions d'homophones qui se justifient par la conjugaison (ex. : et ou est / son ou sont / a, as ou à / c'est ou s'est, etc.).





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Yak Rivais

Dessins de l’auteur

Conjugaison

 

 

impertinente

Cycle 3

6e/5e

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ISBN numérique : 9782725663807

© Éditions Retz, 2008.

Édition : Anne Marty

Corrections : Florence Richard

Conception de la maquette et mise en page : Christine Paquereau

N° de projet : 10146616 – dépôt légal : avril 2008

Préface

Chapitre fleuri de Grammaire impertinente, réactualisée, restructurée (et dessins refaits vingt ans après), la Conjugaison méritait un traitement à part. Mes livres chez Retz (Jeux de langage et d’écriture, Pratique des jeux littéraires en classe, etc.) abordent les disciplines du français simultanément, en soulignant l’accent qui privilégie l’une ou l’autre. Pas de grammaire sans langage, pas de langage sans mise en évidence de jeux dans les rouages, pas de travail sur le mot en oubliant la parole, pas de travail sur le sens en négligeant les mots, les lettres qui les situent ou les déclinent, pas de souci de syntaxe sans réflexion sur les segmentations rythmiques, pas de lecture sans travail de l’œil, de l’oreille, de l’oralité. Vingt ans, déjà. Le temps de constater que ces livres (et mes jeux d’écriture pour enfants à l’École des Loisirs1) ouvrent hors des cloisonnements un vaste champ de manœuvres.

La conjugaison est le volcan de l’action. Plus de 6 500 verbes pour dire ce que l’homme fait, ses relations au monde, le comment, le pourquoi, les effets sur qui ou sur quoi, et autour des verbes : qui fait quoi ? Dans quelles circonstances ? Le verbe dynamise, distribue l’énergie dans le temps : hier, aujourd’hui, demain, riche de complexités potentielles aptes à jeter des ponts dans toutes les friches qu’on voudra. Un monde !

Et de même que la grammaire n’a de sens qu’au cœur d’un langage vivant, dérangé au-delà du mode d’emploi, la conjugaison émoustille les écarts de vie, matérialise les libertés entre conditionnements reçus et restitués, entre l’écrit, la parole et le sens. Elle stimule et relance, elle invente de nouvelles actions, en empruntant partout. On « speede », on « sprinte », on « maile »... Des développements se profilent…

Dans Conjugaison impertinente, Sa Majesté Verbe trône, avec sa Cour de groupes, d’auxiliaires, de temps, de modes, de formes… et d’agrammaticalités (« botter le train au langage ! » – Queneau) dans le but d’enrichir. D’explorer. D’irriguer les logiques sans assécher l’esprit. Partir de la mise en commun des connaissances ou des manques, c’est, sur la base de l’intuition, ouvrir des brèches dans les murailles, offrir des éventails d’analyses pour des synthèses actives. Notre travail pédagogique, notre pouvoir, est d’apporter une véritable culture afin d’aider l’enfance à se débarrasser des scories d’idées pétrifiées. La conjugaison n’est pas l’intendance. Porteuse de pulsion, elle enregistre l’accord ou le désaccord avec le monde, entre négociation et conviction. On ne peut l’invoquer sans référence aux autres disciplines, sans va-et-vient du sens à l’éclatement, sans irruption du foisonnement dans l’ordre et de la rigueur dans le foisonnement. Tout doit conduire à des pensées nouvelles, incendiées par la pratique du langage, vers cette fluidité dont nous rêvons.

La langue est le premier territoire où s’exerce l’intelligence de l’enfant. Il y éprouve le monde, s’y cherche une place – ce qu’il y fera, dans la forêt des verbes. Conjuguer, c’est parler, s’exprimer et communiquer, pour matérialiser les rêves. Jouons avec les difficultés, quitte à chambouler l’édifice en le rebâtissant fonctionnel, avec portes et fenêtres partout pour circuler. « Toute chose appartient à qui la rend meilleure. » (B. Brecht)

Comme dans Grammaire (tome 1), j’ai systématisé dans Conjugaison (tome 2) le recours aux exercices entre oral et écrit, avec des jeux susceptibles d’élargir le sens et de surprendre, des sondes lancées vers l’extérieur. De la lettre au texte à travers mots, la règle reste, soutenue par l’intuition. Et comme dans les deux tomes à suivre (Jeux de langage et d’écriture : « Pour l’œil et pour l’oreille », tome 3 / « Enchaînements et constructions », tome 4), plus les antennes explorent large et loin, mieux leur point d’ancrage se précise.

Aux enseignants de jouer/créer à leur tour, car les ellipses varient. Ancien « hussard de la République », j’ai rencontré suffisamment de collègues du primaire ou du secondaire, pour témoigner qu’en dépit des menaces obscurantistes, la flamme reste vive.

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I. LES VERBES

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Le verbe

Monsieur Martin se repose. Que fait M. Martin ? Rien.

RÈGLE

Le verbe dit ce que fait la personne, l’animal ou la chose. Sans le verbe, la phrase n’a ni queue ni tête.

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EXERCICES

1. Dans cette histoire connue, les verbes sont classés par ordre alphabétique à raison d’un par lettre – sauf K, W, X. Trouve-les.

 

La cigale appela doucement :

– Dame fourmi ? Hou-hou ?

Chez elle, la fourmi bougonna. La cigale chantonna, dehors :

– Bonjour dame fourmi !

– Que désirez-vous ?

– Écoutez-moi, Dame Fourmi ! Hou-hou ! La-la-i-tou ! fredonna la cigale.

Mais elle grelottait dans la neige. Sans se hâter, la tête de la fourmi s’insinua dans l’ouverture de la porte. La cigale jasait et se lamentait :

– Hou-hou ! Je n’ai pas mangé depuis huit jours.

– Ça me navre, observa la fourmi avec indifférence.

– Prêtez-moi du grain ? quémanda la cigale. Je vous le rendrai.

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La fourmi secoua la tête :

– Que trafiquiez-vous, cet été ?

– Je m’usais les ailes au soleil ! Je vadrouillais en musique !

Je yodlais ! Hou-hou ! La-la-i-tout !

– Hé bien, zozotez maintenant !

MOT CÉLÈBRE DOUTEUX

Les temps sont durs pour les verbivores !

(La vache qui rit)

Le radical Les trois groupes

Il faut de Thou pour faire un monde. (Cinq-mars)

RÈGLE

Le verbe est constitué d’un radical et d’une terminaison.

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La terminaison vient après le radical.

Il y a en outre 3 groupes de verbes :

• Le 1er groupe comprend les verbes en ER sauf ALLER.

Exemple : L’homme a inventé le vélosilex à l’époque de la pierre taillée.

• Le 2e groupe comprend les verbes en IR, qui font ISSONS avec nous.

Exemple : À l’époque suivante, les hommes ont poli la selle.

• Le 3e groupe comprend les autres verbes.

 
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Exemple : C’est à l’âge de bronze qu’on a découvert le vélo tout-airain.

Attention !Être et avoir ne se mêlent pas aux autres groupes.

 

EXERCICES

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1. Donne l’infinitif des verbes soulignés.

• Le marin prend la rame chaque matin pour aller au travail. (____)

• Le bébé poisson ne boit jamais car il alevin triste. (____)

• On a volé le manteau du préfet de pelisse. (____)

 
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• Ce train chante juste car sa voie fait ré. (____)

 

2. Retrouve le vrai verbe derrière le jeu de mot.

• N’ayant plus d’appartement, j’horlogerai chez la voisine. (______)

 

• Demain dès l’aube, je menhirai, déclara le dolmen. (____)

• « Mais mon petit, s’écria le papa tapir en colère, tapircé ton pantalon ! » (____)

• En Russie, ce gars-là, isba comme un chiffonnier ! (____)

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3. On pourrait ne pas conjuguer les verbes. Mais alors personne ne ferait plus de fautes, et les professeurs seraient au chômage. Dans cette lettre que nous recevons des impôts, les verbes sont restés à l’infinitif. Conjugue-les.

« Monsieur,

Vous pas payer vos impôts. Vous devoir beaucoup d’euros à l’administration. Vous pouvoir envoyer l’argent par la poste. Si vous pas envoyer les sous, vous avoir des ennuis.

4. Les verbes étant conjugués à des temps variés, retrouve leur infinitif.

• Le fakir s’endormit sur un passage clouté. (______)

• Le gratte-papier se plaignait de démangeaisons. (_ ______)

• Les vignerons restèrent coincés dans un embouteillage. (____) (____)

 

5. Forme interrogative. Retrouve les infinitifs des verbes conjugués.

Sépare radical/terminaison.

• Le terroriste vendra-t-il la mèche ? (____/__)

• Le matelot se laissera-t-il mener en bateau par un roman-fleuve ? (____/__)

• Le chevalier a-t-il trouvé une armure à son pied pour disputer une partie de bras de fer ? (____/__)

• Pourquoi le musicien chinois ne consent-il à jouer que du trombone à coolie ? (____/__)

6. Citations d’auteurs connus. Choisis entre deux verbes.

• « Il y a des moments ou tout réussit. Il ne faut pas …, ça passe ! » (J. Renard) (s’étonner ? s’effrayer ?)

• « On ne fait pas … ses lunettes avec du cirage noir. » (E. Ionesco) (recoller ? briller ?)

• « On commence par tuer sa mère, et on finit par … la cathédrale de Chartres ! » (A. Chavée) (visiter ? voler ?)

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7. Autre solution ? Dans l’histoire qui suit, imagine les verbes.

Le robinet de la baignoire schtroumphait. J’ai schtroumphé dessous un panier à salade. Puis je suis allé dans la cuisine schtroumper le dîner. Quand je suis schtroumphé dans la salle de bain, le robinet schtroumphait toujours, mais le panier à salade ne schtroumphait pas d’eau. À coup sûr, quelqu’un l’a schtroumphée pendant mon absence. Je vais schtroumpher plainte au commissariat.

MOT CÉLÈBRE DOUTEUX

Henri IV ! Schtroumphe-moi la moutarde ! (Sully)

Un pour Un
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