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La voix

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84 pages

Une édition qui fait référence sur un sujet rarement traité dans la littérature pédagogique : comment mieux utiliser la voix et favoriser une bonne communication orale chez l'enfant ?





Les enseignants, comme les parents, se plaignent souvent de la mauvaise prononciation des enfants tout en ne sachant pas comment l'améliorer sauf à dire "Articule, je n'ai pas compris !".



Dans l'émission et l'expression vocales, tout ne repose pas uniquement sur l'articulation. Les auteurs préconisent donc de conduire un véritable apprentissage qui passe par la prise de conscience de tous les organes mobilisés pour parler et chanter (nez, langue, glotte, résonateurs...) ainsi que par la maîtrise de la respiration.




Le début de l'ouvrage est donc consacré à la physiologie de l'instrument vocal, à ses soins et à son entretien ; à partir d'exercices appropriés et très illustrés, cette partie montre comment amener les enfants à la découverte de leur corps et de leur voix .


Le reste du livre propose un entraînement à la diction, à l'articulation et aux autres aspects de l'expression vocale (timbre, intonation, hauteur...) à partir de comptines, de poésies et de chants à utiliser en classe comme à la maison.



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La voix

 

 

50 jeux pour l’expression vocale et corporelle

 

 

 

 

JEAN PERRIER • DENISE CHAUVEL

 

 

 

 

 

 

4 • 10 Ans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dédicace

A Jacqueline Borie,
directrice d’école maternelle,
notre affectueux souvenir

Remerciements

Nous remercions :

 

M. André Catteaux, inspecteur général de l’Éducation nationale et sa femme

M. le professeur Lavedan,
de la faculté de médecine de Paris

M. Pierre Brasseul,
président honoraire du Club des retraités de la MGEN de la région
parisienne

Mlle Rabany,
inspectrice du Val-de-Marne

M. Gabriel Bacquier de l’Opéra

Dessins : Catherine Beaumont

© Retz, 1992 pour la première édition.
© Retz/SEJER, 2005 pour la présente édition.

ISBN numérique : 9782725664095

 

N° de projet : 10184681

Voici donc le premier ouvrage consacré à la voxthérapie, mot qu’ignore le dictionnaire, mais dont on essaie de deviner le sens par l’étymologie : thérapie de la voix, thérapie par la voix ? De quoi s’agit-il exactement ? Où se situe cette nouvelle discipline ?

 

J’avoue avoir éprouvé quelque embarras lorsque Jean Perrier me demanda de rédiger cette préface. Les connotations médicales du terme « voxthérapie » ne risquaient-elles pas de m’entraîner dans des domaines où je ne me sens nulle compétence ? Et puis, la lecture de l’ouvrage, et bien plus encore le contact avec des groupes d’adultes de tous âges (club MGEN des personnes âgées, institutrices en séances d’animation) et avec des classes en exercice me permirent une approche plus précise. La voxthérapie en fait me paraît se situer à la rencontre de trois grands domaines : la médecine, l’art et la pédagogie.

 

Les médecins spécialistes qui ont rédigé certains chapitres de cet ouvrage dégagent bien mieux que je ne peux le faire les aspects médicaux concernant tout le corps et liés à un sain usage de la voix. Personnellement, j’aimerais insister sur le sens d’une thérapeutique qui, prenant ses racines dans le corps, recherche une maîtrise de l’ensemble de la personne. La « voxthérapie » est d’abord une thérapie car elle est une discipline, discipline entendue non comme une catégorie dans la classification des connaissances humaines, mais comme une maîtrise de son corps, indispensable à la connaissance de soi et aux relations avec les autres. C’est Alain qui nous guide : « il est clair que bien parler suppose une discipline... il arrive presque toujours que la voix naturelle, trop pressée et mal réglée par gymnastique, s’élève à l’aigu par une contracture du larynx ; et c’est encore un bel exemple d’excitation sans objet aucun, qui conduit souvent à la colère... Je n’insiste pas sur les criailleries, qui sont l’effet inévitable de l’intonation mal réglée. La plupart des hommes s’échauffent en discutant, parce qu’ils posent mal la voix et précipitent les mots... Ces remarques font voir la nécessité de politesse où l’on est toujours de règler l’intonation et le débit, de ménager la respiration et le repos, et enfin de distribuer régulièrement la parole au long du temps, de façon à protéger l’auditeur contre la surprise et l’état d’anxiété qui en résulte1 »

Cette discipline de soi, cette « politesse » à l’égard des autres dont on trouvera maints exemples dans cet ouvrage, c’est une thérapie au sens strict du terme comme la Tragédie, règne par excellence de la voix, est selon Aristote « purgation des passions ». Pour Alain, « l’exemple le meilleur se trouve... dans le chant. L’homme en proie... à la passion, gémit, crie, mugit ou râle selon le cas. C’est à peine langage... Le son musical est un cri gouverné... Ce n’est possible que par un gouvernement de tout le corps... La musique à sa source traduirait donc une discipline du corps humain, et exactement une purification ou purgation de toutes les passions2. » Ainsi la voxthérapie est bien plus « une thérapie par la voix » qu’une « thérapie de la voix ». Certes, elle peut aussi être curative de la voix : certaines personnes aux voix fatiguées, certains enseignants inhibés ou aux voix mal placées bénéficient des techniques de la voxthérapie. Tous devraient à titre préventif apprendre à mieux jouer de leur voix, instrument fondamental du métier. Et la voxthérapie plus qu’un ensemble de techniques vocales devient une discipline globale : par la voix pour régler et maîtriser son corps.

 

Et de la thérapie à l’art, il n’y a qu’un pas. « C’est souvent la mort de l’art quand il n’est point remède. » « Il faut que le beau ait un contenu de sentiment, entendez d’émotion sauvée, ce qui suppose d’abord une émotion qui soit tumulte menaçant, et puis qui se change en apaisement et délivrance »... « Cette touche immédiate du beau, qui nous prend par le dessous, par le corps et qui dénoue et délivre le corps et par là délivre le haut de l’esprit et lui donne conscience d’une liberté de jugement toute souveraine, est ce qui distingue les beaux-arts des autres genres de consolation,par la raison, par la foi, par l’amitié, par l’amour3 » Ainsi tout naturellement la « voxthérapie » par la domination du tumulte des cris, conduit à l’art de la voix. L’harmonie et l’aisance ainsi acquises surprennent sans conteste. Bien sûr, il n’est que d’entendre chanter Jean Perrier qui depuis de longues années pratique les exercices qu’il conseille ici, pour s’en convaincre. Mais plus significatives encore les révélations tardives ou précoces. Ainsi découvre-t-on au club des personnes âgées de la MGEN des voix de soprano coloratur dont on s’enchante à écouter de bien beaux airs d’opéra. Ainsi dans telle modeste classe maternelle de la banlieue parisienne s’étonne-t-on d’entendre de tout jeunes enfants jouer avec tant d’aisance de leur voix.

 

Mais plus qu’une thérapie ou qu’un art, la voxthérapie m’apparaît très naturellement pédagogie. De la gymnastique à l’esthétique, ces domaines tard venus dans l’école traditionnelle française, elle motive de très nombreux exercices qui plaisent aux enfants, mais qui surtout leur apportent beaucoup. Des séances auxquelles j’ai pu assister, particulièrement dans des classes maternelles, des discussions avec les maîtresses qui s’inspirent des suggestions simples et concrètes fournies dans cet ouvrage, j’ai pu dégager trois idées — dans la toujours délicate dialectique entre la spontanéité enfantine et l’apport adulte de techniques, dialectique qui constitue l’essence de toute pédagogie, les maîtresses dès l’école maternelle, ne craignent pas l’exigence. Si les exercices sont motivés par des jeux ou illustrés par de naïves comparaisons, on demande aussi aux enfants des prises de conscience précises dans des domaines aussi divers que le système phonétique français, le rythme de la langue, le souffle, le timbre de la voix, la manière de respirer, etc. Mais ces apports techniques ne s’opposent pas à la spontanéité des enfants dont l’imagination et l’inventivité sont constamment sollicitées. — En outre la voxthérapie n’en reste pas à un apport précieux de techniques, certes utiles, mais qui resteraient fermées sur elles-mêmes. Toutes ces techniques sont constamment réinvesties et véritablement intégrées dans les domaines les plus divers : les jeux libres, les jeux dramatiques, les contes, les marionnettes, la poésie, le chant et la récitation, chorales, l’expression libre, l’expression écrite, la correspondance scolaire, etc.

 

Ainsi, la voxthérapie comme toute pédagogie ouverte est intermédiaire non seulement entre la libre expression de l’enfant et l’exigence de connaissances techniques adultes, mais intermédiaire entre les divers champs de la connaissance humaine : elle est interdiscipline puisqu’elle peut aussi bien trouver place dans les cadres qu’on délimite traditionnellement comme « éducation physique » et « corporelle », comme « chant » « musique » « éducation esthétique », comme « poésie » « conte » « expression française » etc.

Par là, les conseils fournis dans cet ouvrage ne constituent pas des techniques spécialisées. Ils s’adressent à tous, comme éléments pédagogiques utilisables en tous domaines.

 

Finalement à la question que je posais d’emblée concernant la voxthérapie « Où se situe donc cette nouvelle discipline ? », je répondrai d’abord qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle discipline car ce n’est pas une discipline du tout au sens scolaire du terme, catégorie technique de la connaissance. C’est une manière à la fois libre et heureuse, exigeante et documentée, d’aborder la connaissance : la connaissance de soi et de son corps, la connaissance des autres qui est politesse et culture. Et elle se situe, à mon sens, essentiellement, dans le champ de l’éducation : car il s’agit toujours par une meilleure maîtrise de ses possibilités de sortir de soi-même. Je n’en voudrais pour preuve que l’enthousiasme communicatif des auteurs de cet ouvrage. L’optimisme, la confiance dans les autres et la foi heureuse en ce qu’on fait sont toujours la marque des véritables éducateurs.

 

 

André Catteaux
Inspecteur général
de l’Education nationale.

PRÉFACE

Nos origines biteroises communes ont certainement joué dans l’amitié fraternelle que je porte à Jean Perrier.

 

Pourtant c’est essentiellement pour ses qualités humaines et professionnelles que je l’estime plus particulièrement.

 

Doté d’une « belle voix facile » de ténor d’opéra, il fut un excellent camarade de théâtre, notamment, un mémorable Mario Cavaradossi de La Tosca.

 

Indépendamment de ses grandes qualités de chanteur et de comédien, Jean Perrier ne pouvait pas ne pas être à la pointe de la recherche pédagogique.

 

Ayant longuement perfectionné son art du chant avec un grand maître de la Scala à Milan, il a eu l’idée d’appliquer la technique de cette grande école de chant à la voix parlée, ce qui lui permet depuis de nombreuses années de remettre en place des voix fatiguées et de développer harmonieusement les voix intactes.

 

Une autre passion que nous avons en commun : faire connaître dès le début de la vie scolaire, l’importance de la voix, instrument unique de la communication orale, la bonne, entendons-nous bien... instrument aussi du chant naturel de beaucoup d’enfants comme celui, si naturel, des oiseaux.

 

Puis programmer, d’une manière agréable, le développement progressif, au fil des ans, des techniques de la parole et du chant grâce à la pratique du chant choral populaire de qualité, et plus tard, du chant individuel pour les adolescents doués et motivés.

 

Apprendre aux enfants à bien dire et « prononcer » le français, à s’exprimer correctement est déjà un important objectif à atteindre.

 

Mais leur faire découvrir de surcroît, à dose homéopathique, au fil des années scolaires, les vertus insoupçonnées du chant, c’est aussi penser à leur santé morale car le chant est une véritable thérapeutique aussi bien physique que morale, à base de joie et de bonne humeur, comme le développe si bien Jean Perrier qui a su s’entourer de thérapeutes et professeurs compétents, pleinement convaincus dans ce domaine.

 

Enfin, pour l’art lyrique, tant au niveau national qu’international, j’estime et soutiens avec Jean Perrier que c’est d’abord à l’école qu’il faut apprendre l’amour du chant... du « beau chant », et plus tard, dans les conservatoires de musique, dans lesquels les pépinières de, futurs et bons chanteurs peuvent se constituer petit à petit.

 

A ce sujet, il est navrant de lire et d’entendre dire que c’est chez nous que les enfants chantent le moins et que leur initiation musicale la plus élémentaire est très négligée dans l’ensemble.

 

Notre sentiment est que si nous avions les moyens de former des maîtres sur le plan vocal, nous développerions grâce à eux cet amour du beau phrasé et de l’expression qui servirait notre belle langue française, et chez beaucoup d’enfants, celui du bien chanter en chœur, ne serait-ce que cela...

 

Et si, de cette masse innombrable d’enfants, se dégage, comme il est logique de l’espérer, de véritables chanteurs doués, alors, l’art lyrique français retrouvera une des premières places dans le monde du chant, celle qu’il avait dans un lointain passé.

 

Il est important que le public, de plus en plus nombreux grâce aux moyens de diffusion dont nous disposons, sache que le répertoire parlé et chanté français est extrêmement riche, très prisé à l’étranger et malheureusement trop ignoré en France.