Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 3,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

Profession latiniste

De
68 pages
Dans l’imaginaire collectif, le latiniste est un érudit qui travaille exclusivement à la littérature religieuse et mystique du Moyen Âge. Bien que cette représentation ne soit pas tout à fait erronée, comment comprendre, toutefois, que l’auteure d’Harry Potter ait décidé de faire traduire les sept volumes de la série en latin et même en grec ancien? De la traduction à l’usage moderne du latin, cet essai nous dévoile les facettes inconnues et fascinantes de ce métier.
Jean-François Cottier est professeur au Département des littératures de langue française et directeur du Centre d’études médiévales de l’Université de Montréal.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Extrait de la publication
Extrait de la publication
Profession latiniste
Profession P
Collection dirigée par Benoît Melançon
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Cottier, Jean-François Profession, latiniste (Profession) Comprend des réf. bibliogr.
isbn 978-2-7606-2097-1
1. Spécialistes de lettres classiques. 2. Latin (Langue) - Québec (Province.) I. Titre. II. Titre: Latiniste. III. Collection: Profession (Montréal, Québec).
pa99.c67 2008
470.023
c2008-941819-0
e Dépôt légal: 3 trimestre 2008 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 2008
Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide finan-cière du gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour leurs activités d’édition. Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des arts du Canada et la Société de développe-ment des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
imprimé au canada en septembre 2008
Extrait de la publication
j e a n f r a n ç oi s c o t t i e r
Profession latiniste
Les Presses de l’Université de Montréal
Extrait de la publication
Pour Béatrice, Amicæ amicus
Extrait de la publication
Introduction
Rosa rosa rosam Rosæ rosæ rosa Rosæ rosæ rosas Rosarum rosis rosis C’est le plus vieux tango du monde Celui que les têtes blondes Ânonnent comme une ronde En apprenant leur latin… Jacques Brel, «Rosa», 1962
i on devait citer le titre d’un ouvrage qui a marqué S l’imaginaire collectif de ces dernières années, il est probable que les sept volumes de la sérieHarry Potteremporteraient la palme. Quel rapport toutefois entre Harry Potter et le latin? Entre la littérature fan-tastique et l’Université? Entre l’imaginaire et la phi-lologie? Beaucoup, en fait! Et pas seulement parce que J. K. Rowling a tenu à faire traduire ses ouvrages en latin (1.Harrius Potter et Philosophi Lapis; 2.Harrius Potter et Camera secretorum), et même en grec ancien (Areios Potèr kai è philosophou lithos)… D’abord, il y a tous les noms propres qui sont tirés directement des légendes du monde classique et qui sont utilisés à bon escient: Argus (monstre à cent yeux) Rusard est le concierge-espion de Poudlard; Rémus (frère de Romulus et nourri comme lui par une louve) Lupin (lupus, i: le loup) est un loup-garou; Severus
Extrait de la publication
10
J e an - Fr an çois Cot t ier
Rogue, maître des potions, est bien sûr… sévère; Rubeus (rouge) Hagrid est roux et possède un carac-tère difficile; Albus (blanc) Dumbeldore est le sage directeur de l’école à la longue barbe blanche… Les animaux fantastiques comme le Basilic, la Chimère ou le Phénix pullulent, et le nom latin des sortilèges dit leur pouvoir:doloris(de douleur),imperium(de volonté),fidelitas (pour cacher un secret dans une personne fidèle). On trouve aussi des devises latines à tous les coins de porte et des mots de passe ou des for-mules magiques qui sont autant de locutions latines. L’auteur a même poussé l’invention verbale jusqu’à créer des mots-valises latins commeanimagussorcier capable de se transformer en animal (animal-magus) — oumédicomage— médecin-magicien (medicus-magus). Mais l’intérêt de cette série pour mon propos est ailleurs et touche sans doute plus directement le cœur de ma réflexion. L’univers qui est décrit dansHarry Potteroppose symboliquement deux mondes: celui desmoldus, braves bourgeois qui ont leur télévision pour seul horizon et qui ressemblent à s’y mépren-dre à lamiddle-classidéale du libéralisme ambiant, et celui des sorciers et de leur école placé sous le signe d’une culture classique devenue occulte. Le monde «réel» ne la comprend plus et tout ce qu’elle véhi-cule est devenude factoinvisible aux non-initiés. «Faites du latin, pas du marketing», pourrait être la morale d’une histoire qui ravit les lecteurs jeunes et moins jeunes par le message libérateur qu’elle véhi-cule. C’est aussi un peu l’idée générale de ce petit livre qui voudrait non seulement présenter la pro-fession de latiniste, mais qui aimerait aussi rappeler l’apport intellectuel et culturel de cette langue rangée trop vite, voilà près de quarante ans, au rayon des vieilleries inutiles.
Extrait de la publication