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Eduquer avec le numérique

De
208 pages
Le numérique est aujourd’hui partout, et nul n’imagine une société sans nouvelles technologies. Mais si ce phénomène ne peut être ignoré par la communauté éducative, il pose un ensemble de « questions vives » :
Quelles compétences les enseignants mais aussi les élèves doivent-ils maîtriser ? Quels impacts le numérique peut-il avoir sur la façon de faire cours ? Comment lutter contre les inégalités ? Que doit-on attendre des établissements pour le développement du numérique à l’école ? Cet ouvrage aborde toutes les problématiques auxquelles les enseignants sont confrontés au quotidien.
À l’heure où le digital est présenté comme la « solution miracle »,
Bruno Devauchelle traite la question avec lucidité et recul.
Il apporte un éclairage objectif et concret pour que le numérique trouve sa juste place sans euphorie ni pessimisme. L’auteur invite les éducateurs à s’engager dans l’exploration et la transmission de ce nouvel outil pour que les jeunes deviennent les véritables acteurs de la société de demain.
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Bruno Devauchelle
avec LE NUMÉRIQUE
Éduquer avec le numérique
Bruno Devauchelle
Éduquer avec le numérique
Composition : Maryse Claisse
© 2016, ESF Sciences humaines SAS Cognitia 20, rue d’Athènes  75009 Paris www.esfscienceshumaines.fr ISBN :978271013229-5
e e Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 1225, 2 et 3 a, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction inté grale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou ses ayants droit, ou ayants cause,est illicite » (art. L. 1224). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 3352 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Sommaire
Préface  La Leçon de Condorcet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 1. Les élèves face au numérique dans l’espace scolaire . . . . 15 2. Les enseignants face au numérique . . . . . . . . . . . . . . . . 45 3. Comment les établissements introduisent le numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77 4. Quand les objets numériques transforment l’école . . . . 105 5. Comment l’on tente d’imposer le numérique dans l’espace scolaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137 6. Éthique et finalités du numérique dans l’espace éducatif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163 Conclusion. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193 Brève chronologie de l’évolution du numérique . . . . . . . . 197 Liste des abréviations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
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Préface La Leçon de Condorcet
e la sidération à la banalisation, dans notre vie quoti D dienne comme dans nos écoles, jamais le temps n’aura été si court que sur le numérique. Jamais on ne sera passé si brutalement de l’admiration totémique à l’usage si in différent et généralisé… de l’exception fabuleuse à l’utilisation parfaitement triviale. Parfois même, comme ce fut le cas pour le téléphone portable jusque dans les coins les plus reculés de notre planète, il n’aura fallu que quelques courtes années, voire quelques mois, pour que la disparition de l’usage de ce qui n’était même pas jusquelà imaginable devienne, tout à coup inenvisageable… Signe, s’il en est, de l’importance du phénomène, mais indi cateur préoccupant aussi : alors que, traditionnellement, l’appa rition de nouveaux outils passe par une phase de tâtonnement qui permet de s’approprier doucement, à travers plusieurs géné rations, leurs enjeux et d’explorer prudemment leurs possibili tés, le numérique a marqué une rupture radicale : la prudence des premiers initiés a vite laissé la place au zèle des nouveaux convertis, on a voulu tout faire et tout de suite, tout voir, tout entreprendre et tout savoir. Poussés par les intérêts des indus triels et les injonctions des politiques, les matériels se sont abat tus sur les espaces éducatifs comme la pauvreté sur le monde. Pauvreté de machines dont conception était aussi sophistiquée que la réflexion critique sur leur usage approximative… pau vreté de matériels à la richesse incalculable d’applications mais à la recherche ergonomique balbutiante… pauvreté d’engins en tous genres aux tuyauteries fantastiques dans lesquels ne circu laient que des contenus insipides ! Certes, très vite, des « militants » pédagogiques, comme Bruno Devauchelle luimême, l’auteur de ce livre, ou François Jarraud,
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le principal instigateur duCafé pédagogique, avaient perçu l’importance des enjeux, et sans jouer la suspicion systématique, avaient alerté sur la nécessité de mener une réflexion en pro fondeur sur quelques questions fondamentales : l’informatique estelle seulement un ensemble d’outils permettant de faire plus vite et mieux ce que l’on faisait déjà auparavant avec des outils « traditionnels » ou bien modifiaitelle sensiblement le rapport aux pratiques administratives, aux savoirs académiques et même aux personnes entre elles au sein de l’institution scolaire ? Avec le numérique, introduisaiton simplement des éléments nou veaux ou bien modifiaiton l’environnement d’apprentissage de manière radicale ? Et cette modification imposaitelle de nou velles pratiques de formation pour faire face à de nouveaux défis liés à des formes d’inégalités sociales inédites ? Quels rôles pour les enseignants dans une école où le numérique devient uneressource quotidienne et quelles articulations avec les autres res sources ? Ne doiton pas interroger alors plus systématiquement les relations entre les pratiques sociales et scolaires ? Ne doit on pas repenser les situations didactiques ? Allaiton vers des situations plus ludiques, plus rigoureuses ou les deux à la fois ? Plus fondamentalement encore, le numérique nous entraînaitil immanquablement vers des cursus de formation strictement individualisés ou allaitil permettre de concevoir des situations plus coopératives grâce à des outils véritablement collaboratifs ? Et au bout du compte, quelle « démocratisation » de notre école étaitelle possible avec ces « nouveaux outils » ? Toutes ces questions – et bien d’autres – sont aujourd’hui posées, tant par les praticiens euxmêmes que par les chercheurs. Certains « mythes » ont été déconstruits, mais certaines illusions demeurent. De nombreux problèmes sont étudiés très sérieuse ment ; d’autres, malheureusement, font l’objet de surenchères politiciennes de circonstances. Certains usages sont bien balisés et leurs conditions stabilisées, d’autres restent dans le registre de la pensée magique… Rien de tout cela n’est passé sous silence dans ce livre où Bruno Devauchelle ne craint pas d’aborder les « questions vives » et où il le fait sans fauxsemblants.
Pour cela il s’interroge – et c’est là son grand mérite – sur la question des relations entre les finalités structurantes de l’École et la manière dont le numérique peut y contribuer : l’usage du numérique peutil faire de notre École une institution où l’exi gence de précision, de justesse et de vérité l’emporte sur les rap ports de force ? Le numérique peutil permettre de conjuguer au quotidien la nécessaire transmission de la tradition et l’invention heureuse et raisonnée de l’avenir ? Le numérique peutil nous alléger de tâches fastidieuses et inutiles pour nous permettre de consacrer plus d’énergie à la pensée ? Peutil nous aider à incar ner une solidarité en actes contre toutes les formes de concur rence mortifère ? Rien n’est joué, mais rien n’est perdu. Pourvu que nous soyons capables de regarder les choses en face. En face et ensemble.
Rien n’est gagné – tant les industries qui nous ravalent au rang d’usagers sont puissantes –, mais rien n’est perdu si nous savons nous en emparer en tant que citoyens, fidèles au projet, plus que jamais d’actualité, que Condorcet formulait au nom du Comité d’Instruction publique devant l’Assemblée nationale française le 20 avril 1792 :
« Diriger l’enseignement de manière que la perfection des arts augmente les jouissances de la généralité des citoyens, et l’aisance de ceux qui la cultivent ; qu’un plus grand nombre d’hommes devienne capable de bien remplir les fonctions néces saires à la société ; et que les progrès toujours croissants des Lumières ouvrent une source inépuisable de secours dans nos besoins, de remède dans nos maux, de moyens de bonheur indi viduel et de prospérité commune. Cultiver enfin, dans chaque génération, les facultés physiques, intellectuelles et morales, et par là, contribuer à ce perfectionnement général et graduel de l’espèce humaine ; dernier but vers lequel toute institution sociale doit être dirigée : tel doit être l’objet de l’instruction ; et c’est, pour la puissance publique, un devoir imposé par l’inté rêt commun de la société, par celui de l’humanité entière… Ainsi, l’instruction doit être universelle. […] Elle doit, dans ses divers degrés, embrasser le système entier des connaissances
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