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Le temps vécu

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240 pages
Pour réussir l’épreuve de français des classes préparatoires scientifiques, l’étudiant doit connaître les trois oeuvres au programme et les relier au thème choisi. Le jury attend de lui qu’il soit capable de bien les comprendre, de bien les situer dans l’oeuvre de leur auteur et le contexte historique de leur naissance. Pédagogique, ce manuel propose une analyse très détaillée de chaque oeuvre et du thème, mise en perspective avec les connaissances à avoir sur les auteurs concernés. Il offre aussi des recommandations précises sur la méthodologie à adopter.

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Illustration de couverture :

Claude Damet, maître horloger de Paris. © Frederik Astier/Sygma/Corbis

Maquette de couverture :

© Didier Thimonier

SEDES
21, rue du Montparnasse
75006 Paris

© Éditions SEDES, 2013

ISBN : 978-2-301-00245-7

Internet : http://www.editions-sedes.com

Tous droits de traduction, d’adaptation et de reproduction par tous procédés, réservés pour tous pays. Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l’autorisation de l’éditeur, est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d’une part, les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, les courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d’information de l’œuvre dans laquelle elles sont incorporées (art. L. 122-4, L. 122-5 et L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle).

Chapitre 1

Le temps vécu, une approche philosophique

Introduction

Texte 1

Dans un passage célèbre de ses Confessions, Saint Augustin écrit :

Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus. Pourtant, je le déclare hardiment, je sais que si rien ne passait, il n’y aurait pas de temps passé ; que si rien n’arrivait, il n’y aurait pas de temps à venir ; que si rien n’était, il n’y aurait pas de temps présent.

Comment donc, ces deux temps, le passé et l’avenir, sont-ils, puisque le passé n’est plus et que l’avenir n’est pas encore ? Quant au présent, s’il était toujours présent, s’il n’allait pas rejoindre le passé, il ne serait pas du temps, il serait l’éternité. Donc, si le présent, pour être du temps, doit rejoindre le passé, comment pouvons-nous déclarer qu’il est aussi, lui qui ne peut être qu’en cessant d’être ? Si bien que ce qui nous autorise à affirmer que le temps est, c’est qu’il tend à n’être plus1.

Ainsi le temps échapperait à toute définition car son être serait de passer au néant. Au sens strict du mot, le temps n’existerait pas vraiment !

Le temps se présente d’un côté comme une expérience commune, que chaque homme éprouve au plus profond de lui-même. Il n’est pas besoin d’avoir lu Héraclite, Kant ou Bergson pour parler du temps avec profondeur, pour le sommer éventuellement, comme le poète, de suspendre son vol (« ô temps, suspends ton vol », s’écrie Lamartine). Ce temps-là, ce temps de la subjectivité et de l’expérience commune, n’écoute pas les objurgations. C’est le temps représenté par une flèche qui pointe dans une seule direction et poursuit sa course en nous emportant, inexorablement, vers notre terme.

Mais la subjectivité humaine, celle dont le temps semble la condition la plus fondamentale, n’est pas seulement individuelle, elle se pose comme subjectivité générale de l’humanité, elle se pose comme histoire. Nous ne pouvons vivre que dans une histoire. Nous naissons dans un monde déjà vieux. Comme le dit Marx, « La tradition de toutes les générations mortes pèse d’un poids très lourd sur le cerveau des vivants2. »

D’un autre côté, le temps est mesure ; il est l’éternel retour du jour et de la nuit, le battement régulier des saisons, le cycle des astres. Aristote lie le temps et le mouvement : le temps est « le nombre du mouvement ». Il est aussi mesure technique : c’est le temps défini par les battements de l’horloge, celui de l’isochronisme des petites oscillations de Galilée et Huyghens.

C’est un temps abstrait, qu’on peut découper en unités aussi petites qu’on le veut, ce fameux dt qui figure au dénominateur des équations différentielles. C’est un temps qu’on peut représenter par une ligne droite munie d’une origine et d’un vecteur-unité, un temps spatialisé comme le dira Bergson.

Est-il possible de surmonter la contradiction qui se manifeste entre ces deux aspects opposés de l’idée de temps ? Faut-il opposer la science et la vie, à la manière d’un Bergson ? Ou bien, au contraire, doit-on se résigner à faire entrer notre expérience intime dans le lit de Procuste du temps normé de la science et de la technique, ce temps des ordinateurs et des systèmes de communication que les spécialistes nomment bizarrement « temps réel » ?

Cette difficulté – « cette croix séculaire » dont parle Husserl (Husserl, 1964, 3) – dans la définition du temps parcourt toute l’histoire de la pensée humaine – au moins dans l’ère de la culture occidentale, issue de la Grèce antique : que le temps soit une réalité objective, existant indépendamment du vécu des êtres humains nous ne cessons de buter sur cette énigme. Une énigme que la physique contemporaine a redoublée avec la théorie de la relativité dont les équations (vérifiées largement par l’expérience) indiquent que le temps n’est pas le même suivant les repères : le temps « s’écoule » plus lentement dans un avion qui fait le tour de la Terre que sur terre. C’est encore la théorie cosmologique la plus largement répandue aujourd’hui, connue sous le nom de « big bang », qui énonce que le commencement temporel de l’univers est aussi le commencement du temps : l’univers serait né il y a 13 ou 17 milliards d’années et avant cet évènement initial il n’y aurait pas de temps ! Idée que nous pouvons accepter, mais sans pouvoir véritablement la comprendre.

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