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Yves Palazzeschi
Lectures de la formation
Copyright © Yves Palazzeschi 2012 Livre numérique YouScribe (2013) ISBN : 9791090048300
Avant propos
Cette étude est la note de synthèse présentée pour l'obtention de l'Habilitation à diriger des recherches en sciences de l'éducation à l'Université Paris X en décembre 2000, version intégrale sans aucune modification.
Introduction
Pour évoluer depuis vingtcinq ans dans le champ de la formation, et vingt ans plus particulièrement dans l’activité de formation de formateurs, j’ai eu des occasions multiples d’en percevoir la diversité. Mon travail universitaire depuis vingt ans est une mise en lectures de la formation. «Phénomène complexe, polysémique, ambigu» (Fabre 1994, p. 14), la formation ne se définit pas facilement – beaucoup ont renoncé à juste titre à une désignation panoptique –, et ne se lit pas facilement. Peutêtre l’aide la plus utile dans mon travail a été la réflexion constante de mon directeur de thèse de 3ème cycle (1984), un philosophe, qui me disait régulièrement : «je ne comprends pas de quoi vous parlez». Aussi mon travail suivant (1998) commencetil par cette interrogation : «de quoi parlet on lorsqu on parle de formation ?» Après 247 textes et 800 pages, il ne prétend pas répondre. Le chantier suivant, cette présente note de synthèse, remet la lecture en chantier, proposant une lecture des lectures.
L’objet : lectures et lectures des lectures
L’objet de cette note de synthèse est double. Il s’agit en premier lieu de revenir sur les lectures historiques et sociologiques que j’ai livrées, et à l’occasion sur ma thèse : opérer une mise en perspective de mon cheminement et me risquer à une critique portant sur ce qui me paraît être les apports de mes recherches, les faiblesses de leurs conduites, les nouvelles interrogations et développements qu’elles appellent. En second lieu il s’agit de resituer mes lectures dans les lectures existantes. Il faut pour cela les identifier et les caractériser, tenter en quelque sorte un essai d’épistémologie. Je propose une classification de ces lectures, et j’en traite trois : la lecture du discours idéologique, la lecture de l’approche sociologique, la lecture du propos phénoménologique. J’expliquerai la dénomination de cette dernière catégorie que j’ai créée. J’ai également en chantier une quatrième lecture portant sur le discours méthodologique, que j’avais prévu initialement de faire figurer dans cette note de synthèse. Elle n’est pas suffisamment aboutie pour que j’en rende compte aujourd’hui. Trois lectures font donc l’objet d’un examen. Cette catégorisation de la littérature est bien sûr un construit que l’on peut à tout moment critiquer et/ou enrichir. Elle vise à sérier des corpus de nature et de facture différentes. Le discours idéologique se caractérise par son immédiateté et sa profusion. Il est ancien, articulé comme il se doit à la dynamique des groupes sociaux engagés idéologiquement dans la construction sociétale. Il exprime des valeurs, comme tout discours imbriqué à une pratique sociale,a fortiori éducative. Il ne suffit pas d’en rendre compte pour ce qu’il est. Mon propos est aussi de rappeler que la formation est d’abord d’essence idéologique, ce qui n’est pas aujourd’hui un regard très courant. L’approche sociologique est d’une autre nature puisqu’elle vise une scientificité. Rendre compte comment les sociologues et les sociologies ont observé la formation relève de l’inventaire utile. Mais utile est aussi sa problématisation. Fait social, la formation intéresse donc les sociologues. Phénomène complexe, polysémique, ambigu, quelles sociologies peuvent (quelle sociologie peut) en rendre compte ? La question est là proprement épistémologique. Le propos phénoménologique est plus récent et plus confidentiel. Il renoue avec une approche d’essence philosophique : il est de fait plus difficile d’accès et sa vulgate est risquée. Mais son émergence est chargée de sens.