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Réussir sa première classe

De
256 pages
Quoi de plus émouvant mais aussi de plus stressant pour un jeune professeur débutant que de prendre en charge sa première classe à l’école !
À l’heure où de nombreux enseignants expriment leur désarroi, l’auteure propose un outil de soutien et de perfectionnement grâce à de nombreux témoignages, cas concrets ainsi que des activités pédagogiques reposant sur l’utilisation des outils numériques. Très opérationnel et synthétique, le lecteur trouvera dans cet ouvrage ce qui est essentiel pour enseigner : autant sur le savoir-être (accueillir les élèves, savoir gérer sa classe…) que sur le savoir-faire (quelles méthodes utiliser, comment gérer son temps, comment évaluer…).
À jour de la dernière réforme, Ostiane Mathon donne des clés aux professeurs confrontés à une nouvelle façon d’appréhender leur métier et la relation aux élèves, aux parents et à l’équipe pédagogique.
La nouvelle édition enrichie de Réussir sa première classe est le compagnon indispensable de l’enseignant pour mener à bien son travail pédagogique.
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Ostiane Mathon
Réussir sa première classe
Ostiane Mathon
Réussir sa première classe
© ESF éditeur, 2012 SAS Cognitia 20, rue d’Athènes 75009 paris www.esfscienceshumaines.fr e 2 édition actualisée 2017
ISBN :9782710132356 ISSN : 11584580
e e Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 1225, 2 et 3 a, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction inté grale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou ses ayants droit, ou ayants cause,est illicite » (art. L. 1224). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 3352 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Sommaire
Avantpropos, Philippe Meirieu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . .
Avant le grand jour… Démarrez du bon pied. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . .. . . . . . . . . . .
1. Le jour J Une étape, pas une fin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Jour J, heure H. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le temps de l’accueil  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Faire comprendre aux élèves le sens de l’école . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le contrat de vie collective. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2. S’organiser et planifier Une nécessité absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Délimiter sphère professionnelle et sphère privée. . . . . . . . . . . . . . . . . .Programmer sans se figer dans le programme. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Penser l’espace et le temps de la classe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Concevoir et mettre en place des situations d’apprentissage. . . . . . . . . .Les mots clés de l’apprentissage. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Deux idées pratiques pour aider les élèves à coopérer et à s’organiser .
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3. Observer pour mieux enseigner Face à la complexité d’enseigner 83  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Se connaître soi-même 84 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Connaître ses élèves 87 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Comprendre la complexité d’enseigner 92  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Comment faire face à cette complexité. . . .. . . .  100  . . . . . . . . . . . . . . . .
4. L’adaptation, un moyen au service de l’apprentissage Un principe clé 107 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Diversifier les approches pédagogiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107 Les consignes, base de la relation pédagogique. . . . . . . . . . . .  110 . . . . . . Moduler les rythmes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116 Personnaliser, individualiser et personnifier l’enseignement 122 . . . . . . . . . . .
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5. Faire équipe, une compétence essentielle Avec les élèves, les parents, l’établissement, les réseaux. . . . . . . . . . . . . 129 Fédérer le groupe-classe 129 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Travailler avec les parents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138 Collaborer en équipe d’école. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  155 Se joindre aux réseaux sociaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
6. Faire la classe au quotidien Aider les élèves à apprendre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167 Différencier enseigner et apprendre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167 Comment évaluer ? 183  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Oser des détours pédagogiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194 La question des devoirs à la maison 205  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
7. La discipline en classe Vers une autorité éducative 213  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Reconnaître les besoins des élèves 214 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Poser un cadre sécurisant 222 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Instituer la notion de contrat. .. . . . . . . .  231 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Exiger avec bienveillance. . .. . . . . . . . .  239 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Quatre clés pour une autorité éducative réussie 241 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
8. Le métier d’enseignant Représentations,tensionset enjeux . . . . 243 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Un métier soumis aux représentations 243 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Un métier en perpétuelle évolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245 Faut-il ou non se syndiquer ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
Pour conclure : un bouquet de paroles solidaires . . . . . . . . . . . . . . . . 253
Bibliographie – Webographie Bibliographie utile. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255 Webographie utile 257  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Index des notions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261
Index des auteurs cités 265  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Qu’estce que Le Café pédagogique ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  267
Avantpropos
n raconte qu’un jour, le grand acteur Louis Jouvet, O à la sortie d’un de ses cours de théâtre, fut abordé par une étudiante qui lui avoua : « C’est merveilleux, Maître… Vous savez, quand je suis en scène, je n’ai absolument pas le trac.» Et le Maître lui répondit, impassible : « Ne vous inquiétez pas… Avec le talent, ça viendra ! »
La leçon ne concerne pas que les arts de la scène ! Et tout enseignant chevronné pourrait la reprendre à son compte. Entrer dans une classe, faire face à une vingtaine ou une tren-taine d’élèves plusieurs heures par jour, s’imposer un devoir de transmission, d’appropriation, d’émancipation, sans jamais se résigner à l’échec d’un élève, gérer, au quotidien, un groupe toujours plus ou moins imprévisible, faire face, à la sortie, aux demandes de justification des parents, rendre régulièrement des comptes à son inspecteur… Voilà qui justifie, pour le moins, d’être inquiet ! Sigmund Freud a même parlé, à propos de l’édu-cation, d’un « métier impossible », l’assimilant aux deux autres métiers impossibles selon lui, la psychanalyse et la politique. Et il est vrai qu’éduquer est une gageure : c’est permettre à un « petit d’homme » de devenir un « petit homme », en sachant que lui seul peut apprendre et grandir, mais qu’il ne peut pas le faire sans l’aide des adultes.
Le grand mérite du livre d’Ostiane Mathon est de ne pas occulter la difficulté de l’entreprise, mais d’en faire, en quelque sorte, une chance pour débuter dans l’enseignement ! Elle ne croit pas à l’existence de recettes magiques qui permettraient de garantir la « tenue de classe » au moindre coût. Mais elle n’abandonne pas pour autant le jeune enseignant à l’improvisa-tion en misant sur son seul charisme, pas plus qu’elle ne le réduit
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Avantpropos
à une « machine à enseigner » chargé de mettre en application,de manière mécanique, des protocoles didactiques… C’est qu’Ostiane Mathon connaît la pédagogie de l’intérieur, d’abord comme praticienne, ayant acquis dans son domaine, une remarquable expertise, ensuite comme chercheuse, ayant assi-milé les principaux apports de la tradition et de la recherche pédagogique.
C’est pourquoi son livre comporte les trois caractéristiques essentielles qui permettent de « réussir sa première classe »… et toutes les autres. D’abord, une attention extrême à ce que Célestin Freinet a mis en lumière avec tant d’autres, le « maté-rialisme pédagogique ». Beaucoup de choses, dans l’enseigne-ment, se jouent dans la préparation technique de la salle, dans la préparation des matériaux et des outils, dans l’affichage des consignes, dans la mise en place de rituels. Il faut « instituer l’École » dans la classe avant même que les élèves y entrent… Ensuite, ce livre explique remarquablement que, tout en ayant tout préparé, il faut savoir accueillir ce qui vient, saisir les indices et les informations qui permettent de réguler au fur et à mesure le travail : « programmer sans figer », précise Ostiane Mathon… Enfin, on trouve dans cet ouvrage, en une trame structurante, le principe même de l’attitude pédagogique qui permet de « réussir toute classe » : associer étroitement, à l’égard de chaque élève, la bienveillance et l’exigence, prendre chacune et chacun « là où il en est », non pas pour le laisserlà où il est… mais pour l’accompagner le plus loin possible.« Il faut toujours se mettre à la portée des élèves, expliquait la grande pédagogue Maria Montessori. Mais jamais à leur niveau. » Je suis convaincu qu’elle aurait beaucoup aimé lelivre que vous allez lire.
Philippe Meirieu Professeur à l’universitéLumière-Lyon 2
Avant le grand jour…
adame, Monsieur, « M Démarrez du bon pied ! nous avons l’honneur de vous faire part de votre prochaine affectation au titre de professeurau sein de l’établissement… en charge d’une classe de… » Le facteur vient de passer, voilà qui est signifié et signé, cette lettre d’affectation en témoigne, vous êtes dorénavant enrôlé dans les effectifs officiels de la grande maison Éducation nationale. Certains en sortent, d’autres la quittent, vous y entrez ! Bravo !
Le début du commencement «On n’apprend pas à commencer, pour commencer, il faut simplement… du courage.» VladimirJankélévitch
Ce courage, chaque enseignant y fait face, non seulement lors de sa première classe mais également à chaque rentrée scolaire. Vais-je y arriver ? Suis-je suffisamment prêt ? Comment appréhender ce niveau de classe ? Vais-je réussir à tenir mes élèves ? Ces interrogations, tout comme le doute qu’elles traduisent, sont légitimes. Elles expriment à la fois la peur de l’inconnu et posent la question de la légitimité professionnelle. Lorsqu’on débute, on fait la dérangeante expérience du sentiment d’in-compétence consciente. Paradoxalement, c’est plutôt une bonne
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Avant le grand jour…
nouvelle ; cela signifie que vous avez dépassé le premier niveau, celui de l’incompétence inconsciente (voir page 72) ! Vous savez donc qu’il va vous falloir apprendre encore. Quoi de plus normal en fin de compte pour un enseignant ? En effet, quel serait cet enseignant, même « chevronné », qui ne continuerait pas d’apprendre, sous prétexte qu’il aurait acquis un degré cer-tain de maîtrise ? Et si tant est qu’il existât, serait-il vraiment digne et toujours apte à enseigner ?
Il va donc vous falloir apprendre encore. De manière à apai-ser l’appréhension des premiers pas, il convient peut-être de recadrer les termes du questionnement de départ en passant dujeaunous, c’est-à-dire en se positionnant davantage comme l’un des éléments d’un tout capable d’agir à la fois sur ce tout et sur chacun de ses éléments. 1. Vous n’êtes plus seul, vous faites désormais partie d’une équipe d’établissement. L’enseignant n’est pas unpoor lone-some cowboyenfermé dans la boîte noire de sa classe. En pas-sant d’une vision solitaire à une pratique solidaire du métier, on se sent bien plus fort ; plus encore, onestbien plus fort. 2. Vous n’êtes pas l’unique « responsable »vos pro- de chaines réussites ou de vos futures difficultés auprès des élèves. La communauté éducative tout entière en partage la responsabilité. Les collègues, les familles, les élèves, le per-sonnel d’éducation au sens large, tous y participent, chacun à sa juste place. Cette notion de partenariat éducatif et de co-responsabilité éducative permet de s’inscrire dans une démarche moins autocentrée, moins culpabilisante, moins angoissante aussi.
3. Vous débutez ? Et si c’était un atout ?Débuter, c’est regar-der les choses d’un œil neuf, c’est une chance formidable pour les élèves qui vous auront et une occasion inespérée pourles « anciens » de ré-oxygéner leur système de pensée et