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Transmission

De
127 pages
La transmission n'est pas l'aboutissement de la vie, elle est la vie même. Elle est présente dans tout ce que l'on fait ou exprime. Elle est cette continuité, cette trace que l'on aurait laissée dans la neige et que l'on espère infinie. Cet ouvrage traite du fonctionnement et du pouvoir de la transmission à travers l'évocation, l'éducation, le legs, l'héritage, les traditions, le partage.
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Transmission
La vie enrichie

Philippe Foubert

Transm.ission
La vie enrichie

L 'HARMATTAN

Du MÊME AUTEUR

Le Malaise enchanté ou l'enseignement dans tous ses états, L' Harmattan, Paris 2001.

cg L'HARMATTAN,

2008

5-7, rue de l'École-Polytechnique,

75005 Paris

http://www .Iibrairieharmattan. COIn diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-05802-6 EAN : 9782296058026

à Archimède Inventeur de la vis sans fin

Table des matières:
Avant-propos

p:

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1ère partie
Toute transmission est interprétation (rôle de la narration). L'identité personnelle ne peut être qu'essentiellement culturelle... L'universalité de la transmission (tout message est (un) révélateur) Transmission et éducation (l'engagement dans le partage) Le risque dans la transmission L'organisation du legs Faire fructifier son héritage Entre traditions, reconstruction et création Transmission et responsabilité de mémoire Le rôle social et politique de la transmission Le « pouvoir» de l'évocation (entre enracinement et envol) 2ème partie P: 17 p: 23 p: 27 p: p: p: p: p: p: p: 33 45 49 53 57 61 65

p: 71

Créer la surprise
Introduction Prendre et donner sa parole Transmettre avec un «je» La confiance « inconsciente » On découvre et on se découvre... Nos peurs peuvent aussi servir à avancer Thésée, Ariane et le désir La parole tient. .. parole Le mouvement. .. fait avancer Ecrire. .. donne la parole On peut aussi analyser, réfléchir et imaginer. .. ! La profonde solitude du transmetteur de fonds L'effet boomerang Conclusion Bibliographie

p: 79 p: 81 p: 83 p: 85 p: 87 p: 91 p: 95 p: 97 p : 99 p : 103 P : 107 P : 111 p : 115 p : 119 p : 125

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Avant-propos
« L'espoir se transmet, la peur se communique. »
Transmettre c'est communiquer mais communiquer n'est pas forcément transmettre. Pour transmettre il faut laisser de la place au récepteur. Il faut créer des conditions pour que ce récepteur puisse recevoir. Il faut donner envie d'imiter, il faut surprendre, il faut considérer le regard de l'autre et laisser l'autre se voir dans votre regard. La réciprocité, le désir, les hallucinations sont nécessaires et indispensables. Toute transmission commence par une croyance, qu'elle soit « fabuleuse» ou morale, historique ou symbolique, représentée ou seulement évoquée, fictive ou documentaire, cette croyance pousse la nature humaine, avec des desseins souvent différents et parfois non avouables, à partager ou à expliciter pour ne pas dire imposer cette conscience. Cette forme plus ou moins « virile}) de reproduction, une grosse part de ce qui se transmet est le fait de la femme (religion, éducation, traditions, valeurs sociales, langage, goût...), permet de maintenir un lien, une logique, entre les générations et d'entretenir, parfois artificiellement, un plaisir de vivre induit par le plaisir d'apprendre ou de découvrir. Toute transmission passe par la curiosité qui n'est autre que la prise de conscience de ses lacunes et le désir de combler ses manques, qu'ils soient affectifs, relationnels, culturels ou pulsionnels... La transmission est le véhicule de la pensée, et ce véhicule est un 4X4. Pour être efficace, pour ne pas dire intégrale, cette transmission a besoin: 9

- d'un support - d'une croyance - d'une autorité - d'une légitimité
Le support est sans doute le moins important de ces quatre éléments. Que l'histoire soit vraie ou symbolique, l'indispensable est de la rendre vivante afin qu'elle soit « adoptée» et qu'elle puisse, comme le dit Paul Ricœur, « donner à penser ». Ce que révèle ce support n'est sans doute pas plus important que ce qu'il voile, l'essentiel est qu'il donne envie d'aller plus loin avec ses propres «armes ». C'est un travail d'évocation, « d'ouverture des consignes». La croyance est capitale pour trois raisons: 1) Elle est la source de la passion, qui seule peut générer une (des) autre(s) passion(s), qui entraînera le réflexe d'appropriation de ce qui se transmet. 2) Elle est d'une franchise et d'une droiture à toute épreuve. Nul ne peut simuler ou dissimuler une passion qui ne serait pas sincère, l'élève le moins attentif de la classe s'en rendrait compte immédiatement. 3) La croyance et la passion sont les nourritures qui permettent au petit d'homme de se sustenter l'esprit. Elles lui servent de carburant du raisonnement. La nécessaire présence d'une autorité dans la transmission est sans doute due à une autre transmission, celle de «notre» éducation. Celle-ci est en effet jusqu'à maintenant essentiellement basée sur des rapports qui s'opposent au lieu de s'additionner. L'autorité est toujours arbitraire, elle ne se discute pas, ne s'argumente pas, ne se justifie pas, sauf à ne plus être l'autorité. Les sociétés traditionnelles avec leurs différentes hiérarchies sont étroitement liées à l'autorité et à l'autoritarisme. La transmission traditionnelle est donc également attachée à cette forme d'enseignement et à ses valeurs. Il est encore à l'heure actuelle très difficile de faire l'impasse sur « l'Autorité» dans la transmission parce qu'aussi bien du 10

côté de la hiérarchie que de celui des «découvrants », bien qu'infondée, elle reste une valeur sûre, fiable, rassurante et un refuge. Bien des enseignants confondent par ailleurs autorité et maintien de l'ordre. Hugo Pratt fait dire à son héros Corto Maltese: «l'autorité, on la garde jusqu'au moment où on est obligé de l'exercer». Beau sujet de réflexion... On peut néanmoins dans nos démocraties modernes (!), sans renier certaines valeurs, accepter et faire accepter une relation bi-latérale éducative et apaisante parce qu'appropriée au vécu de chacun. Il serait alors souhaitable de parler de charisme ou de « leadership» pour signifier la dimension pédagogique d'un individu au sein d'un groupe. La légitimité est souvent confondue avec l'autorité ou avec la hiérarchie. Elle devrait progressivement, naturellement et irrémédiablement remplacer le pouvoir dont la place n'est pas dans les établissements d'enseignement par le seul fait qu'il fi'est ni le meilleur ni le plus conseillé des modes de relations sociales. Sans révolutionner ni bouleverser le monde de l'éducation, il est bien évident que c'est la croyance, l'énergie communicative, le chemin tracé vers l'espérance, la façon de donner du sens à ses propos, le fait de s'adresser à l'être dans son entier (émotion, imagination, réaction, sensibilité discernement. ..), qui donnent la recevabilité et le « prestige» à notre narration et fait accepter une part du réel. Sans cela, notre discours, forcément interprétatif, ne touche que l' infnne minorité d'élèves qui marchent à la flatterie en exploitant, pour des raisons souvent lointaines du but recherché, une mémoire auditive et sélective dont la principale caractéristique est qu'elle est effaçable et éphémère. La transmission commence par la vie. Dès la naissance l'individu est projeté hors de sa propre sphère d'autonomie, dans un monde où les transmissions lui servent d'abord de canne blanche pour ne pas s'égarer prématurément, puis lui permettent d'imiter les autres et ensuite, si la réciprocité éducative est acceptée, de gravir les marches vers l'ouverture et le progrès. Il

Le petit d'homme doit comprendre très vite qu'il est un être multidimensionnel qui ne prendra ses véritables dimensions qu'à travers le regard de l'autre, qui ne participera à la construction de l'humanité qu'en bâtissant sa propre personne en équilibrant comme le disait Nietzsche, «ses pulsions, son affect et ses désirs ». Lui doit le comprendre et ses éducateurs doivent déterminer un parcours permettant de révéler cette identité personnelle essentiellement culturelle. La transmission est toujours un échange entre deux êtres. S'il y a échange, il y a réciprocité, il y a identification, il y a investissement, il y a désir, il y a parfois refoulement, il y a influence, il y a lutte, il y a hallucination, imagination, information, amplification, fonne, réforme, confiance, méfiance, acceptation, discussion, négociation, ... il Ya vie. On peut transmettre à partir de tout. D'une vérité consensuelle, c'est souvent plus facile; d'une histoire ou de l'Histoire, c'est souvent accepté; d'un mythe, c'est toujours intéressant; mais aussi à partir d'une erreur ou d'une négation. Même une contrevérité peut être le tremplin d'un apprentissage accepté. L'organisation du «legs» se fait alors par une prise de conscience positive du négatif ( un manque, un défaut...). On retrouve là ce va-et-vient indispensable à tout élargissement du savoir, ce chemin tracé entre l'acceptation et le renoncement, entre l'initiation « sacrilège» et le respect des traditions, entre la répétition et la création. Schéma (simplifié) de la transmission et ses diverses interactions: tronc commun: disponibilité <=> modèle <=> identification <=> manœuvres éducatives <=> prise de conscience <=> action <=> imitation <=> interprétation <=> échanges <=> aboutissement: confiance <=> sécurité <=> acceptation <=> responsabilisation <=> désir <=> plaisir = continuité du message. .. espoir.

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