Une école, des écoles

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Une éducation au désir : telle est la mission dévolue par Françoise Dolto à l'école. Elle rêvait d'une école qui se régule sur les lois du désir inconscient, qui aide l'enfant à grandir à son rythme de motivation dans l'apprentissage et dans la curiosité. C'est comme l'enseignement. C'est là où éduquer comme enseigner mobilisent notre désir, dans cet impossible à savoir comment l'autre reçoit le savoir. Alors, désir de transmettre et désir d'apprendre ne se tissent-ils pas au risque de l'insu comme de l'accueil de l'imprévu ?
Publié le : mardi 15 mars 2016
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EAN13 : 9782140003967
Nombre de pages : 130
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sous la direction de Françoise Chébaux et Daniel Olivier
Une école, des écoles
Du désir de transmettre au désir d’apprendre
Éducations et sociétés
Une école, des écoles
Du désir de transmettre au désir d’apprendre
Educations et Sociétés Collection dirigée par Louis Marmoz La collectionEducations et Sociétés propose des ouvrages, nés de recherches ou de pratiques théorisées, qui aident à mieux comprendre le rôle de l’éducation dans la construction, le maintien et le dépassement des sociétés. Si certaines aires géographiques, riches en mise en cause et en propositions, l’Afrique subsaharienne, l’Europe du Sud et le Brésil, sont privilégiées, la collection n’est pas fermée à l’étude des autres régions, dans ce qu’elle apporte un progrès à l’analyse des relations entre l’action des différentes formes d’éducation et l’évolution des sociétés. Pour servir cet objectif de mise en commun de connaissances, les ouvrages publiés présentent des analyses de situations nationales, des travaux sur la liaison éducation-développement, des lectures politiques de l’éducation et des propositions de méthodes de recherche qui font progresser le travail critique sur l’éducation, donc, sans doute, l’éducation elle-même... Dernières parutions Miriam APARICIO et Françoise CROS,Le doctorat et son avenir incertain. Trajectoires et identités : comparaison entre la France et l’Argentine (Cnam et Université Nationale de Cuyo), 2015.Innocent FOZING,L’éducation au Cameroun, entre crises et ajustements économiques, 2015. Vladislav RJÉOUTSKI et Alexandre TCHOUDINOV,Le e e précepteur francophone en Europe, XVII – XIX siècle, 2013. Reine GOLDSTEIN,Eveilleurs d’espoirs. Makarenko, Garric, Freinet…,2013. Gaston MIALARET,Pour la recherche et la formation, 2013. Gilles BOUDINET,Deleuze et l’anti-pédagogue, Vers une esthétique de l’éducation, 2012. Salé HAGAM,Le développement de l'éducation en Afrique subsaharienne, 2012. Guy BERGER et Augustin MUTUALE,Conversations sur l’éducation. S’autoriser à éduquer, 2012. Gaston MIALARET,Pour l’éducation. Recueil de quelques textes significatifs sur les aspects actuels, souvent méconnus, de l’éducation, 2012.
Sous la direction de Françoise Chébaux & Daniel OlivierUne école, des écoles Du désir de transmettre au désir d’apprendre
Des mêmes auteurs Françoise Chébaux,La question du sujet entre Alain Touraine et Françoise Dolto,L'Harmattan, 1999. Françoise Chébaux,Françoise Dolto et l'éducation, L'Harmattan, 1999.Françoise Chébaux,L'éducation au désir,L'Harmattan, 2001. Françoise Chébaux,30 mots de Françoise Dolto à l'usage des parents et des éducatifs,PUF, 2001.Françoise Chébaux,A l'école de la parole, Les jeunes et la loi à l'école de La Neuville,L'Harmattan, 2006.Françoise Chébaux,La pensée unique à l'université, Alice au pays des ténèbres,L'Harmattan, 2010.Daniel Olivier,De plus en plus de lieux d'accueil, de moins en moins de psychanalyse ?Ères, 2012.Françoise de Gandt-Gauliard, Radu Turcanu, Daniel Olivier (ed),Freud s'invite dans les lieux d'accueil parents-enfants,Ères, 2013. © L'HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06539-7 EAN : 9782343065397
Les voix de Philippe Béague et de Laurent Cornaz se sont éteintes en plein mitan de l'édition de cet ouvrage collectif. Elles avaient déjà gonflé nos voiles de leurs souffles. Bon vent à eux... Ce livre n'aurait pu prendre forme sans la générosité et la rigueur de Brigitte Keters.Nous la remercions vivement.
L'école ? Laquelle ?
Préface
Nos ministres de l'Éducation nationale (en France comme en Belgique) ont, j'imagine, en face de leur bureau une photo de Robert Doisneau qui les conforte dans l'illusion que l'école n'a pas changé, que la plume ballon se trempe toujours dans l'encrier (accompagnés des pâtés d'usage), que les enfants sont toujours les mêmes et qu'il est du devoir de l'école publique, fleuron de la modernité, de déverser le savoir dans l'entonnoir de leurs cerveaux vides, hélas, mais heureusement avides, certainement, d'emmagasiner toutes les perles que les enseignants ont hâte de transmettre... Certes, nos ministres sont quelquefois un peu secoués par les retours du terrain qui semblent remettre en cause quelques certitudes qui leur paraissent inébranlables. Alors ils montrent leurs biscoteaux, empoignent le taureau par les cornes, « Je vous ai compris » comme disait le Grand Charles et accouchent de quelques mesurettes par ci, de quelques changements d'horaires par là, de quelques introductions de nouveaux manuels (sur la question fondamentale du genre par exemple) et les voilà rassurés ! « Le monde bouge, Monsieur, il faut s'adapter, innover, réinventer l'école, être à l'écoute des enseignants ». Et, si cette nouvelle réforme porte mon nom, je l'accepterai en toute humilité et n'en serai que plus fier d'y attacher mon nom pour les siècles des siècles ! Et les professionnels, les enseignants, les éducateurs, tous ceux qui vivent au jour le jour la réalité de l'école, le nez dans le guidon se sentent grugés, maltraités, mal aimés, désespérés, impuissants, dégoûtés.
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50% des nouveaux profs, pourtant motivés au départ, lâchent le métier dans les cinq (5 !) premières années de leur entrée en fonction. C'est dire... Il y en a qui résistent ! Qu'ils en soient loués ! Les auteurs de ce livre « Du désir de transmettre au désir d'apprendre » osent appeler un chat un chat, remettre l'école au milieu du village, parler vrai comme le dirait Françoise Dolto et montrer ce que l'école pourrait être, devrait être, pour qu'elle soit vraiment ce qu'elle est : le fleuron de la modernité sans doute, mais aussi le tremplin des jeunes qui demain affronteront un monde qui, n'en déplaise aux ministres, n'aura plus rien à voir avec les images certes magnifiques, mais devenues d'Épinal de Robert Doisneau. Et c'est d'abord Françoise Chébaux qui, en fine connaisseuse de la pensée de Françoise Dolto, nous montre l'étoile qui s'appellerait l'École du Respect. Respect de l'enfant d'abord puisque c'est bien pour lui que l'école devrait être conçue, remaniée, réinventée, et avec lui, car, en tant que Sujet (avec un grand S) il n'est pas une pâte à modeler, mais Sujet pensant, acteur de son désir d'apprendre (ou pas), on le verra plus loin, de sa motivation, de sa vie. Respect de l'enseignant ensuite qui peut enfin lâcher la position intenable de toute puissance, de tout savoir, qui à terme ne peut que s'écrouler lorsque l'autre (ici l'élève) ne répond pas aux attentes et provoquer chez l'enseignant sentiment d'impuissance et d'auto dénigrement. École du respect aussi dans (je cite l'argumentaire) « L'apprentissage de la langue de l'Autre, de la différence, de la citoyenneté, apprentissage, oui, mais sur fond du vivre ensemble » ou la compétitivité - maître mot de cette société managériale qui broie le sujet - cède la place à la coopération entre enfants, entre adultes, entre enfants et adultes. Une école qui permet à chacun de se sentir lui-même avec l'autre, d'avoir comme le disait Françoise Dolto « La société à la bonne » !
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Et pour que l'école, représentante princeps de ce qu'est cette société, ne soit pas d'entrée de jeu un repoussoir, il est primordial de s'interroger sur ce qui, chez un jeune, suscite le Désir. C'est ce à quoi s'attache Laurent Cornaz, en repartant à juste titre de ce que disent les jeunes et constatant à quel point enseignants et élèves sont aux antipodes. Nous sommes là au cœur de ce que S. Ferenczi appelait « la confusion des langues » entre adultes et enfants. Le désir de l'enseignant est, pour prendre une image, de grimper jusqu'au col à pied alors que les élèves n'ont qu'une envie : de prendre le télésiège ! Ce qui oblige l'enseignant, conscient de la nécessité de passer par la difficulté, de désirer pour l'autre, de désirer pour deux ! Échec garanti ! Et découragement pour les uns comme pour les autres. Le Désir de transmettre ne fera jamais l'économie de la confiance sans laquelle celui qui doit apprendre ne peut comprendre les efforts qu'on lui demande. Mais la confiance elle-même ne suffit pas. Accepter la réalité, c'est une autre paire de manches. D'autant plus aujourd'hui. Les enfants de Doisneau ne rigolaient sans doute pas tous les jours, mais la vie « c'était comme ça ! » Face à l'autorité des parents et des enseignants main dans la main, hormis la cour de récré et le terrain vague, il n'y avait pas beaucoup d'alternatives. Mais quel crédit ont-ils encore aujourd'hui face à l'envahissement des médias omniprésents dans la vie des enfants et, de plus, dans une « désalliance » éducative les renvoyant dos à dos sinon dans une rivalité ouverte qui dessert à la fois les parents, les enseignants et par ricochet les enfants bien évidemment. C'est bien ce que pointe Christophe Yvetot qui introduit son exposé par cette question (je cite) : « Quand il semble peu contestable que n'importe quel enfant, à l'aube de sa vie, ale désir de savoir', ça vaut la peine de prendre un peu de temps pour tenter de cerner ce qui a mis ce désir en panne, cette sinistrose scolaire qui fait dire au philosophe Miguel Benasayag « qu'enseigner est d'abord une résistance contre la tristesse ». Comment en est-on arrivé là ? Une école qui efface le désir non seulement chez les enfants, mais aussi (et ceci explique cela) chez les enseignants ! Et Christophe Yvetot de pointer la formation « trop souvent insignifiante », « la frénésie évaluative », « l'obsession des programmes », « l'ingurgitation
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