Université et entrepreneuriat

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La place de l'entrepreneuriat au sein de l'université se généralise de plus en plus et ce quelque soit le pays, en revêtant souvent des formes différentes. Cet ouvrage s'intéresse à huit pays (Iran, Vietnam, Maroc, Turquie, Mexique, Belgique, Québec, France). Voici donc une vitrine des pratiques dans les domaines de la formation, de la recherche, et de la valorisation de l'entrepreunariat au sein de l'université. Une réflexion sur le rôle de l'université dans le développement économique local et national.
Publié le : jeudi 1 décembre 2005
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EAN13 : 9782336276335
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Université et entrepreneuriat
une relation en quête de sens

site: www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr e.mail: harmattanl@wanadoo.fr @ L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-9627-3 EAN : 9782747596275

Sous la direction de Christophe Schmitt

Université

et entrepreneuriat

Une relation en quête de sens

Collection Mouvements Economiques

et Sociaux

L'

H~mattan

INSTITUT CEDIMES

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L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris FRANCE
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Collection

Mouvements

Economiques

et Sociaux

Dirigée par Claude ALBAGLI
La collection «les Mouvements Economiques et Sociaux» présentée par l'HARMATTAN et l'INSTITUT CEDIMES se propose de contribuer à l'analyse des nouveaux aspects de la mondialisation en embrassant les phénomènes économiques, sociaux et culturels. Elle vise à faire émerger des recherches et des contributions originales sur les mutations du développement et de la mondialisation. ALBAGLI

jouissance

Claude, « le surplus agricole, De la puissance », L'Harmattan, Coll. M.E.S., 2001

à la

DELlVANIS-NEGREPONTI
RUBY

Maria,

« la

mondialisation

conspiratrice », L'Harmattan, Coll. M.E.S., 2002
Marcel (sous la direction) « Une mondialisation », Préface du Ministre Délégué de la Coopération et de la Francophonie, Pierre-André WIL TZER L'Harmattan, ColI. M.E.S., 2003

humaniste

RAJEMISON Sahondravololona et ALBAGLI Claude, (sous la direction) «Mutations contemporaines et développement », Préface du Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Jean-Théodore RANJIVASON, L'Harmattan, ColI. MES, 2003 MA YOUKOU Emmanuel Célestin, ALBAGLI Claude, TORQUEBIAU THUILLlER Jean-Pierre (Coordonnateurs), «Gouvernance du Développement local », CIRAD, L'Harmattan, ColI. MES. 2003 et ALBAGLI L'Harmattan, Claude, (Coordonnateur) 2003

«Alter-Développements, et
AUSTRUY »,

développements

altérés, Hommage à Jacques

ColI. M.E.S.

KIM Yersu & ALBAGLI Claude (Coordonnateurs), « Corée du Sud, le modèle et la crise », Commission Nationale Coréenne pour l'UNESCO, Coll. MES, L'Harmattan, 2004 TREMBLAY L'Harmattan, Rodrigue 2004 « l'Amérique impériale» Coll. MES

RICHET Xavier et HUCHET « Transformations et stratégies L'Harmattan, Coll. M.E.S., 2004

Jean-François des entreprises

(Coordination) chinoises »,

DUPRIEZ Pierre (Sous la direction), « Entreprises transition, Etudes de cultures organisationnelles L'Harmattan, 2005 COURTHEOUX Jean-Paul, « la socio-euphémie déguisée», ColI. MES, L'Harmattan, 2005 AUSTRUY Jacques, « Islam face MES, L'Harmattan, 2005 (en cours)

roumaines en », ColI. MES,

ou l'action

au Développement»

ColI.

GERN Jean-Pierre (sous la Direction), « les sciences sociales confrontées au défi du développement », L'Harmattan, ColI. M.E.S., 2005 (en cours) PATUREL Robert (sous la Direction), entrepreuneuriale et développement L'Harmattan, Coll. M.E.S., 2005 (en cours)
« Dynamique économique

»

RICHET Xavier et GUERRAOUI Driss (Coordination) « l'intelligence économique », L'Harmattan, Coll. M.E.S., 2005 (en cours)
En préparation

DELlVANIS-NEGREPONTI Maria (sous la direction) « Euro, convergences et divergences européennes», Préface du Recteur Jean-Claude Dischamp, AELF, ColI. MES, L'Harmattan, 2005

6

DUPRIEZ Pierre et VANDERLINDEN «Balises pour le management L'Harmattan ALBAGlI Claude développement, L'Harmattan

Blandine (sous la direction) interculturel », ColI. MES

« Inventaire et itinéraire de la pensée en De Bandung à Cancun» ColI. MES,

DUPRIEZ Pierre (sous la direction) «Perspectives latinoaméricaines du management interculturel» Coll. MES L'Harmattan

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Ori.: CEDIMES-BARNAOUL CEDIMES-NEUCHATEL CEDIMES-ALEP CEDIMES-TUNIS CEDIMES-IZMIR CEDIMES-KIEV CEDlMES-HANOï

Nina SLANEVSKAYA Vitali MITCHENKO Jean-Pierre GERN Hassan HAZZOURI Abderrazak ZOUARI Neçati TASK/RAN Petro SAPOUN Vu Luan PHAM

10

REMERCIEMENTS

Nous tenons tout particulièrement à remercier: . Thierry VERSTRAETE, qui dès le début, nous a encouragé à persévérer dans cette problématique de recherche; 81 Malek BOURGUIBA, doctorante au GREFIGE, pour son travail minutieux de mise en forme; .. Isabelle SCHMITT, Claude PARADEIS et Olivier PORTENSEIGNE pour les différentes relectures du manuscrit.

SOMMAIRE
Introduction. Université et Entrepreneuriat, un panorama international (Christophe SCHMITT). . Partie 1. L'initialisation de la relation entre Université et Entrepreneuriat Chapitre 1. Quels rôles pour les universités iraniennes dans le développement de l'entrepreneuriat du pays? (Robert PATUREL) Chapitre 2. La place de l'entrepreneuriat et la relation UniversitéEntrepreneuriat au Vietnam (Robert PATUREL)

15

...41

61

Chapitre 3. Université et Entrepreneuriat au Maroc: état des lieux et perspectives d'évolution (Abdelhamid SKaURI) 81 Partie 2. L'institutionnalisation de la relation entre Université et Entrepreneuriat Chapitre 4. Que font les universités turques dans le domaine de l'entrepreneuriat ? (Robert PATUREL)

.123

Chapitre 5. Les différentes réalités de la relation entre Université et Entrepreneuriat au Mexique (Carlos LaPEZ MONSALVa, Carlos TELLEZMARTINEZet Christophe SCHMITT) 155

Chapitre 6. Université et Entrepreneuriat : Vers le développement d'une relation paradoxale? (Christophe SCHMITT, Sandrine BERGER-DOUCEt Mohamed BAYAD) e 181 Partie 3. L'intégration de la relation entre Université et Entrepreneuriat Chapitre 7. L'interdisciplinarité dans les programmes universitaires de formation à l'Entrepreneuriat: le cas de l'Université catholique de Louvain (Frank JANSSEN Valérie EECKHOUT) et 219
Chapitre 8. Actionnabilité de la recherche universitaire: Du temps long au temps allongé. Le cas québécois de la Chaire Bombardier (Pierre-André JULIEN) .251

Conclusion. Université et Entrepreneuriat: la diversité des modèles (Mohamed Bayad et Christophe Schmitt) .29 Présentation des auteurs .303

14

INTRODUCTION UNIVERSITE ET ENTREPRENEURIAT, UN PANORAMA INTERNATIONAL Christophe SCHMITT

Longtemps, université et entrepreneuriat ont été séparés. Les personnes intéressées, indirectement ou non, par l'entrepreneuriat, devaient choisir entre un parcours diplômant ou sortir de l'université pour se lancer dans les affaires. Cette situation se retrouvait aussi pour le chercheur qui voulait valoriser ses propres travaux de recherche. Sur bien des points, cette situation de dilemme, entre université et entrepreneuriat, est le reflet de ce que l'on pouvait trouver dans un grand nombre de pays jusque dans les années 80 et encore actuellement dans certains autres. De façon générale, ces dernières années la relation entre Université et Entrepreneuriat s'est largement modifiée pour prendre différents sens. En effet, dans bien des pays, l'entrepreneuriat a pris une place de plus en plus importante au sein de l'université non seulement au niveau de la formation mais aussi au niveau de la recherche. Concernant la formation cela se traduit par différents types d'action allant de la simple sensibilisation à la mise en place de programme complet de formation en passant par le développement d'outils de simulation à l'entrepreneuriat. Du côté de la recherche, l'engouement pour l'entrepreneuriat au niveau de l'université

se concrétise par la multiplication du nombre d'articles, d'ouvrages, d'associations, de sites Internet ou encore de colloques sur cette thématique. En plus de la formation et de la recherche, le rapprochement entre université et entrepreneuriat a permis l'émergence de nouveaux métiers et de nouvelles structures autour de la valorisation, comme les incubateurs. En ce sens, les actions et les moyens développés au sein de l'université dans le domaine de l'entrepreneuriat permettent de dépasser le dilemme évoqué précédemment. Dans une certaine mesure, l'université a même un effet attracteur dans la mesure où elle permet à des personnes, porteuses de projet, sorties de l'université, de pouvoir bénéficier des actions menées par celle-ci dans le domaine de l'entrepreneuriat. A travers cet ouvrage, le lecteur est convié à un périple afin d'appréhender la construction de sens de cette relation entre Université et Entrepreneuriat à travers huit pays différents: la Belgique, la France, l'Iran, le Maroc, le Mexique, le Québec, la Turquie et le Vietnam. L'objectif de cet ouvrage n'est pas de présenter les meilleures pratiques dans le domaine de l'entrepreneuriat au sein de l'université, mais plutôt de présenter des réflexions par rapport à ces différentes pratiques. Cet ouvrage se veut donc être une vitrine des pratiques dans les domaines de la formation, de la recherche et de la valorisation de l'entrepreneuriat au sein de l'université. Le recours à un panorama international pour aborder la relation entre Université et Entrepreneuriat n'est pas neutre. En effet, nous avons cherché à proposer une vision originale, par rapport à ce qui existe déjà dans le domaine, en présentant des expériences menées dans différents pays afin de faire émerger non seulement des similitudes mais aussi, voire surtout, des divergences. Ces divergences sont autant de pistes potentielles de réflexions pour les différents acteurs universitaires, ou non, liés à l'entrepreneuriat.
16

Au regard de la pluralité de ces travaux, cet ouvrage vise à créer un espace d'échange facilitant la diffusion des infonnations qui s'y rapportent. Son objectif est aussi de pennettre de rendre visible des initiatives collectives se rapportant aux enjeux: de la société actuelle s'exprimant de différentes façons à travers le développement des pays évoqués dans cet ouvrage; du rôle que peut jouer l'université dans le développement économique local et national à travers l'entrepreneuriat. A la lumière de ces différents enjeux, cet ouvrage se veut critique, cherchant à discerner les qualités et les défauts des pratiques développées ces dernières années dans le domaine de l'entrepreneuriat, au sein de l'université. Cet ouvrage se propose de participer à une démarche de veille autour du thème de la relation entre Université et Entrepreneuriat. Pour cela, nous présenterons, dans cette introduction, le canevas général qui sous-tend la réflexion de cet ouvrage. Ainsi, en premier lieu, nous évoquerons les éléments favorisant l'émergence de la relation entre Université et Entrepreneuriat. Nous avons donc identifié, à travers les différentes contributions, différents éléments qui semblent être récurrents et moteurs dans le développement de cette relation. En second lieu, nous reviendrons sur la double opposition sur laquelle cette relation s'est construite à travers le temps et les différents pays, par rapport l'approche retenue (endogène versus exogène) et la finalité retenue (résultat versus processus) de la notion d'entrepreneuriat. En troisième lieu, nous présenterons le questionnement sur lequel nous nous sommes appuyés pour aborder cette relation. Ce questionnement a pennis de s'interroger non seulement sur la façon dont s'est construite cette relation dans chaque pays à travers le temps mais aussi sur les constructions et les actions actuelles. Nous tenninerons cette introduction en présentant 17

l'articulation de cet ouvrage autour des différents sens que peut prendre la relation entre Université et Entrepreneuriat.

L'émergence de la relation entre Université et Entrepreneuriat : des points communs entre les différents pays
Bien que chaque pays soit différent et que la relation entre Université et Entrepreneuriat renvoie à des expériences largement différentes et uniques, il est possible, dans un premier temps, de faire ressortir un certain nombre de points communs. Ils concernent principalement l'absence puis l'émergence de cette relation. La construction de sens entre université et entrepreneuriat se concrétise, dans un second temps, par des éléments moteurs qu'il convient de présenter. Un point de départ commun: l'absence de relation entre l'université et l'entrepreneuriat Initialement, université et entrepreneuriat étaient envisagés comme des notions difficilement conciliables. En effet, l'université s'est souvent cantonnée à ses métiers historiques: la formation et la recherche. Comme le montre cet ouvrage à travers des expériences menées dans plusieurs pays, l'entrepreneuriat n'était pas intégré à l'université, et ce quelle que soit la finalité retenue pour aborder la notion d'entrepreneuriatl. En effet, que l'on considère l'entrepreneuriat de façon restrictive comme un résultat (la création d'entreprise) ou de façon extensive comme un processus (Albert et Marion, 1998), souvent il a été relégué à un niveau post-diplôme, ne relevant plus de l'université. De façon générale, il est possible d'avancer que l'entrepreneuriat a été longtemps considéré comme la "cinquième roue du
1 Sur ce point voir plus loin dans l'introduction, l'opposition des finalités liées à l'entrepreneuriat au sein de l'université. 18

carrosse"

dans la mesure où les métiers de l'université, la

formation et la recherche, se sont orientés vers le modèle de la grande entreprise. De plus, il convenait avant tout de former les futurs chefs d'entreprise à la gestion quotidienne et pas forcément à développer une vision stratégique de leur activité même si les petites structures représentaient et représentent toujours un pourcentage très important de l'ensemble des entreprises existantes 1. L'université aurait pu encore longtemps fonctionner sur ce modèle si un certain nombre d'éléments n'avaient pas écorné ce modèle dominant. Les éléments moteurs dans le développement relation entre Université et Entrepreneuriat de la

Plusieurs phénomènes semblent être moteurs dans le rapprochement entre université et entrepreneuriat. Sans vouloir tous les citer, mentionnons-en trois qui sont présents dans les différents pays évoqués dans cet ouvrage: les limites du modèle de la grande entreprise. Pour un grand nombre de pays, les problèmes économiques ont été l'occasion de remettre en cause des modèles existants, notamment celui de la grande entreprise, au profit de modèles en émergence. Ces phénomènes sont datés historiquement en fonction des pays considérés. Les premiers pays concernés furent ceux qui ont été affectés durant les années soixante-dix par la crise économique. Pour les autres pays, cette remise en cause a eu lieu en fonction d'un contexte économique plus local. Concrètement, cela se traduit, selon l'expression de C. Juma (1996), dans la plupart des cas, par le passage d'une économie

1

Si on se limité au critère de taille, les chiffres avancés par Marchesnay
des entreprises

et Julien (1996, p. 28), montrent que la taille moyenne dépassent rarement 10 personnes.

19

newtonienne1 basée entre autres sur la certitude et la planification à une économie non newtonienne intégrant cette fois l'incertitude et la difficulté de planification. En d'autres termes, il ne s'agit plus au sein de l'université de former ni de mener des recherches sur le "bon" fonctionnement d'une entreprise mais plutôt de mettre l'accent sur la capacité des personnes à manager" dans un univers instable" (Boisanger, 1990), c'est-à-dire à avoir une vision (Filion, 1991, Bayad et Garand, 1998) et à la partager (Schmitt et Bayad, 2002). Dans ce cadre, il n'existe pas UN modèle mais DES modèles. Ainsi, nous sommes passés d'une approche universaliste à une approche contingente de l'organisation. Si le modèle de la grande entreprise n'est pas la panacée, alors les petites structures peuvent aussi avoir leur place. Dans ces conditions, l'entrepreneuriat, à travers notamment l'esprit d'entreprise, la création et l'entrepreneur (Marchesnay et Julien, 1996), s'est petit à petit immiscé, par l'intermédiaire de modèles supplémentaires2, dans les métiers traditionnels de l'université. les limites du modèle du salariat. Parallèlement à la relativisation du modèle de la grande entreprise, un autre modèle a été largement écorné ces deux dernières décennies: le salariae. Cette fois-ci, il ne s'agit plus d'un modèle renvoyant à la structure de l'organisation, mais plutôt aux modes de régulation entre les personnes. En d'autres termes existe-il
1 Selon cet auteur, la réification du modèle newtonien a laissé une série d'instruments analytiques inappropriés face aux réalités complexes de l'évolution économique. 2 Nous considérons ici qu'il n'y a pas qu'un modèle de la petite entreprise et que cette dernière renvoie à des réalités très hétérogènes.
3

Il ne s'agit pas d'évoquer la fill du salariat au sens marxiste du terme,
avec l'entrepreneuriat. 20

mais plutôt sa cohabitation

d'autres fonnes de travail que le salariat? La réponse est bien sûr positive. En ce qui nous concerne, tout comme les auteurs qui ont participé à cet ouvrage, nous pensons que l'entrepreneuriat est une voie de professionnalisation à part entière et surtout à ne pas négliger. Etant donné qu'une des missions de l'université est de favoriser le passage des étudiants vers le monde professionnel, l'entrepreneuriat peut donc avoir une place au sein de l'université. Au-delà de l'entrepreneur-créateur, on demande aux jeunes diplômés arrivant sur le marché de l'emploi d'avoir un "comportement entrepreneurial" (Hernandez, 2004). Sans volonté de définir ce comportement, soulignons toutefois ce que cela induit par rapport à un "comportement salarial". Il s'agit non pas simplement de gérer le quotidien mais aussi de construire l'avenir, d'avoir un goût pour le risque, le changement et l'innovation. Derrière cela, il ne s'agit pas de créer des entreprises, mais plutôt de faire entrer les étudiants dans une logique de dynamique organisationnelle nécessaire à la pérennité de toute organisation. le rôle de l'Etat. Avant une prise de conscience par les pouvoirs publics du rôle de l'entrepreneuriat sur l'économie locale et nationale, ce sont avant tout des actions isolées qui se sont développées. Par rapport à cet isolement, l'intérêt de l'Etat est de fédérer et de développer des actions pennettant de faciliter l'expression entrepreneuriale. A la lumière des différents cas présentés dans cet ouvrage, il convient de constater l'importance jouée par les pouvoirs publics, et principalement l'Etat, dans le développement de l'entrepreneuriat à l'université. C'est le cas notamment en France avant la loi sur l'innovation, au Mexique avant le lancement du Programme National d'Education ou encore, au 21

Maroc avant la Charte Nationale sur l'Education et la Formation. Sans organisation publique de la relation entre Université et Entrepreneuriat, ce sont avant tout des universités privées qui ont été moteur du développement de cette relation. On trouve des traces de la place de ces universités privées non seulement au Maroc 1 et au Mexique, mais aussi en France2. Dans bien des cas, l'Etat a renforcé la place de l'université dans le développement économique local et national. Ce renforcement s'est fait autour de ces métiers historiques mais surtout à travers le développement de nouveaux métiers. En effet, que ce soit le développement des incubateurs universitaires en France ou au Mexique, la Charte Nationale sur l'Education et la Formation au Maroc, le développement de centres de développement technologique en Turquie, ou encore la création de "business center" en Belgique, ces différentes structures initiées par les pouvoirs publics ont favorisé le développement de l'entrepreneuriat au sein des universités. Ainsi, il ne s'agit plus d'enseigner et de faire de la recherche mais aussi de sélectionner, d'accompagner, d'évaluer des projets entrepreneuriaux. De façon générale, il est possible de résumer ces différentes actions autour du métier de valorisation. Ce métier est important car il assure le lien entre les métiers historiques de l'université et le monde des organisations publiques et privées. La présence de ce lien semble être un indicateur important de l'actionnabilité des savoirs issus de
1 Au Maroc, l'ISlAM d'Agadir a été la première université à se lancer dans ce domaine. Sur ce point, voir l'annexe consacrée à cette école dans le chapitre présentant le cas du Maroc. 2 Comme le souligne A. Fayolle (2000), en France HEC a mis en place en 1978 une formation centrée sur la création d'entreprise, puis suivie par l'EM Lyon en 1984. 22

l'université (Schmitt, 2004)1. Il s'agit bien de "construire" un pont entre universitaires et praticiens (Avenier, 2004 et Avenier et Schmitt, 2005). Concrètement, ce lien pose la question du rôle social de l'université (Ouellet, 2004). Les différents éléments présentés ont été des moteurs importants dans le développement, au sein des universités, de programmes de formation, de recherche et d'actions dédiés au soutien à l'entrepreneuriat. Nous verrons plus en aval, comment il est possible de caractériser cette relation à partir des différents sens qu'elle peut prendre. Ces différents sens peuvent se caractériser autour des "3 l'' : Initialisation, Institutionnalisation et Intégration.

La construction de sens de la relation entre Université et Entrepreneuriat autour d'une double opposition
Toutefois, l'existence d'une relation entre Université et Entrepreneuriat ne se suffit pas à elle-même, encore faut-il développer des actions et des moyens à mettre en place. Ce développement s'est traduit et se traduit encore autour d'une double opposition: approche endogène versus approche exogène de l'entrepreneuriat. Selon E.-M. Hernandez (1999), une approche endogène de l'entrepreneuriat s'articule en deux temps. Le premier temps correspond au repérage dans une population des personnes qui sont les plus susceptibles de créer une entreprise. Le deuxième temps doit permettre de faire émerger les caractéristiques des créateurs ayant réussi par rapport à ceux qui échouent. L'université, autour des métiers de la formation et de la recherche, s'est largement
I Sur le thème de l'actionnabilité voir le numéro thématique de la Revue Internationale PME (voI17, n03-4, 2004) 23

nourrie de ces deux temps. Cette approche s'inscrit dans une compréhension déterministe de la création d'entreprise. L'essentiel se situe dans les capacités et les compétences des porteurs de projet. Finalement, l'entrepreneuriat est centré sur la relation individuprojet de création. En réponse aux limites des approches "internalistes", s'est développée une approche centrée sur l'externe, c'est-à-dire sur l'environnement du porteur de projet et du projet luimême. Elle s'inscrit dans ce qu'il est convenu d'appeler l'école de la contingence. L'entrepreneuriat est envisagé comme une réalité polymorphe et protéiforme (Verstraete, 1999). La problématique de l'entrepreneuriat est d'abord un problème d'adaptation du projet de création à cet environnement conçu comme une donnée non modifiable. Du point de vue de l'université, les répercussions sont là aussi importantes. Cela se traduit, par exemple, par le développement de formations basées sur l'acquisition de connaissances fondamentales comme le marketing, la comptabilité, le contrôle, les ressources humaines ou encore les aspects juridiques. L'entrepreneuriat est abordé de façon linéaire et saucissonnée à partir d'un savoir de type encyclopédique. A la lumière de ces différents éléments, l'entrepreneuriat à l'université offre un visage de dualité pas facilement conciliable. Cette dualité se retrouve principalement lors de l'initialisation des relations entre université et entrepreneuriat. En effet, il convient de faire un choix au niveau de l'orientation des actions à mener. Il apparaît aussi que l'institutionnalisation de la relation entre les deux va permettre de dépasser cette dualité en enrichissant les actions menées au sein de l'université;
24

la fmatité de l'entrepreneuriat : résultat versus processus. Par rapport à ces différentes approches, l'entrepreneuriat s'est souvent développé au sein de l'université autour d'une finalité: la création d'entreprise. Le réduire à la création d'entreprise oblige à envisager l'entrepreneuriat comme un fait objectif, délimité par une forme juridique et non comme un état d'esprit se mettant en œuvre en amont et en aval de la création d'entreprise elle-même. Cela sous-entend que la formation et la recherche dans le domaine de l'entrepreneuriat ne sont destinées quasi exclusivement qu'aux créateurs mais aussi qu'elles sont liées à un objectif de réussite: la création. Cette finalité correspond aussi à l'initialisation de la relation entre Université et Entrepreneuriat. En effet, dans ce cas de figure, l'introduction de l'entrepreneuriat est une réponse apportée pour aider la création d'entreprise et favoriser le développement économique local et national. L'évolution de cette finalité peut se traduire aussi autour du développement de structures, comme c'est le cas par exemple en France et en Turquie. Ainsi, l'entrepreneuriat à l'université s'inscrit dans une logique de création de créateurs (Saporta et Verstraete, 2000). Face à cette finalité largement répandue, un certain nombre d'auteurs (Hernandez, 1999, Fayolle, 2004, Schmitt, 2005) s'entendent pour caractériser l'entrepreneuriat sous l'angle processuel. Cela revient à considérer l'ensemble des activités permettant à des ressources, indépendantes à l'origine, d'être réorganisées d'une nouvelle façon pour saisir une occasion d'affaires (Johannisson, 2003). Les programmes de formation et de recherche s'orientent donc vers le développement de projets,

25

permettant d'introduire la notion de processus 1. Cela se traduit, par exemple, au niveau de la formation, par le développement d'actions portant directement sur les projets des participants et leur conduite dans le temps. Les différents cas présentés dans cet ouvrage nous montrent donc que la relation entre Université et Entrepreneuriat se développe souvent autour de cette double opposition. Mais cette relation cherche à s'en affranchir afin de développer un panel d'actions et de moyens relativement complet.

Le sens de la relation entre Université et Entrepreneuriat : un questionnement commun autour du "quoi" et du "comment"
A travers la relation entre Université et Entrepreneuriat présentée dans cet ouvrage, nous avons demandé à chaque contributeur de répondre à deux questions essentielles: la question du "quoi" et la question du "comment". Les réponses à ces deux questions apparaissent en filigrane de chaque cas évoqué. Avant de détailler chaque question, il est possible de renseigner rapidement le lecteur sur les orientations qui jalonnent les différentes contributions. La question du "quoi" renvoie à la construction historique et contextuelle du sens de la relation entre Université et Entrepreneuriat. Quant à la question du "comment", elle s'intéresse aux moyens mis en œuvre pour développer un sens à cette relation.

I

Bien que le lien entre entrepreneuriat et projet soit un élément

important dans une approche par les processus, il est à noter que peu de travaux traitent de ce lien. 26

La question du "quoi" ou le statut de la relation entre université et Entrepreneuriat Cette question s'intéresse tout particulièrement à la construction de la relation entre Université et Entrepreneuriat. A partir de cette question sont évoquées, dans chaque contribution, les périodes charnières qui retracent les grandes lignes de la construction du sens de la relation entre Université et Entrepreneuriat dans les différents pays présentés. A travers cet ouvrage, le lecteur est convié à un voyage dans les huit pays évoqués précédemment: la Belgique, la France, l'Iran, le Maroc, le Mexique, le Québec, la Turquie et le Vietnam. Bien que les raisons du rapprochement entre université et entrepreneuriat ont déjà été évoquées précédemment, il s'agit à travers cette question plutôt de faire émerger la dimension contextuelle. Ce travail permet de souligner qu'il n'existe pas de règles universelles pour construire et gérer la relation entre Université et Entrepreneuriat. La finalité de cette question, à laquelle les différents contributeurs ont cherché à répondre, est de donner aux lecteurs des clés de compréhension des éléments qui ont permis la construction de la relation entre université et entrepreneuriat dans les différents pays. La question du "comment" ou le développement de méthodes favorisant la relation entre Université et Entrepreneuriat Cette question permet de faire un focus sur un point particulier du développement de la relation entre Université et Entrepreneuriat au niveau de chaque pays. Il s'agit plus particulièrement de s'intéresser, cette fois-ci, au sens donné à la relation, afin de comprendre les actions et les moyens mis en œuvre pour favoriser localement le développement de l'entrepreneuriat à l'université. L'idée est de proposer non seulement une palette relativement large d'expériences 27

menées sur ce thème mais aussi un regard critique sur ces expériences. En effet, malgré la facilité de communication de notre époque, il convient de reconnaître qu'il existe une certaine méconnaissance par rapport à la richesse et à la variété des cas existants. De plus, concernant notre réflexion sur la relation entre Université et Entrepreneuriat, il ne s'agit pas d'un thème de recherche reconnu en tant que tel, il n'est donc pas toujours facile d'avoir accès à des expériences dans ce domaine. A partir de ce constat, cet ouvrage a pour finalité de proposer non seulement un espace d'expression pour les auteurs afin qu'ils puissent présenter la relation entre Université et Entrepreneuriat dans les pays qu'ils présentent mais aussi et surtout un espace d'échanges différés avec le lecteur, amené à découvrir des cas qu'il ne connaissait pas forcément. Au-delà de ces éléments, il s'agit aussi de donner un sens aux différentes formes de relations existantes entre l'université et l'entrepreneuriat. A travers ces cas, il s'agit bien de traduire nos expériences en sciences avec conscience. De plus, cette construction de sens doit nous amener à sortir des découpages classiques existants entre les différents pays, comme les découpages entre les Pays du Nord et les Pays du Sud ou encore les Pays Développés et les Pays en Voie de Développement et proposer des voies de compréhension plus fines.

L'articulation

de l'ouvrage

Cet ouvrage est composé de huit chapitres. Chaque chapitre correspond à la présentation de la relation entre Université et Entrepreneuriat au sein d'un pays. Les différents sens que peut prendre cette relation nous ont amené à organiser l'ouvrage autour de trois parties.

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Présentation des parties: les différents sens de la relation entre Université et Entrepreneuriat autour des "3 l'' Pour évoquer ces différents sens, il est possible de parler des "3 I" (pour initialisation, institutionnalisation et intégration) de la relation entre Université et Entrepreneuriat. La première partie correspond donc à l'initialisation de la relation entre Université et Entrepreneuriat. Cette initialisation se traduit dans les faits par une impulsion forte donnée souvent par l'Etat dans le développement d'actions spécifiques dédiées à l'entrepreneuriat, par incitation, voire obligation dans certains cas. Cette impulsion se répercute aussi au niveau universitaire amenant à engager des actions (formations, conseils, . . .) et des moyens (enseignants, chercheurs, locaux, ...) en faveur de l'entrepreneuriat. Dans cette partie, nous avons cherché à privilégier les pays qui commencent à initialiser une relation entre Université et Entrepreneuriat, c'est le cas de l'Iran, du Maroc, du Vietnam. Ces pays composent donc les différents chapitres de cette première partie. La deuxième partie aborde l'idée d'institutionnalisation de la relation entre Université et Entrepreneuriat. Il faut comprendre que l'entrepreneuriat tend à s'établir de façon permanente au sein de l'université. Pour y parvenir, cela nécessite le développement d'actions et de moyens permettant de continuer les constructions entamées précédemment. La traduction du point de vue universitaire se fait à travers la mise en place de structures, permettant l'accompagnement par exemple de la recherche, de l'innovation et de la création d'entreprise. A travers le sens de cette relation, il est possible de constater la multiplication des actions et des moyens dédiés à l'entrepreneuriat au sein de l'université sans qu'il existe une articulation, voire une cohérence entre ces différents éléments. Dans le sens de cette relation, l'Etat est toujours présent. Il joue un rôle important, direct ou non, par rapport notamment au financement de ces structures. La France, le Mexique et la Turquie, sous 29

certaines modalités, se trouvent dans cette situation, avec la mise en place de structures plus ou moins différentes selon les pays. La relation Entre Université et entrepreneuriat devient souvent un pilier du développement économique et technologique du pays. Elle s'inscrit aussi dans une perspective de pérennité du fait de l'importance des structures développées. Celles-ci jouent souvent un double rôle, comme cela a été montré dans le chapitre portant sur la France. Elles jouent le rôle, tout d'abord, d'intermédiaire entre le monde universitaire et le monde des entreprises, ensuite de catalyseur des projets émergents. La troisième et dernière partie envisage la relation entre Université et Entrepreneuriat sous l'angle de l'intégration. Cela signifie rapprocher des actions et des moyens dédiés à l'entrepreneuriat qui sont plus ou moins éparpillés au sein de l'université. Cela signifie aussi, comme nous le montrent les différents pays dans le domaine, décloisonner les programmes de formation et de recherche. Dans ce cas de figure, il a fallu développer des formes nouvelles d'organisation au sein de l'université, modifiant partiellement son organisation classique. Ces expériences sont souvent des îlots d'innovation au sein de l'université dans lesquels elles se déroulent. Encore une fois, sans rechercher l'exhaustivité des expériences existantes, nous présentons dans cette troisième partie, le cas de la Belgique et du Québec. A travers ces différents sens que peut prendre la relation entre Université et Entrepreneuriat, se développe une certaine orientation pragmatique. Pour conclure par rapport à cette articulation, il convient de renseigner le lecteur sur le fait que chaque chapitre se suffit à lui-même permettant ainsi, parallèlement à une lecture par thème, une lecture par pays.

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Présentation des chapitres: un périple international dans la relation entre Université et Entrepreneuriat La première partie s'intéresse donc à l'initialisation de la relation entre Université et Entrepreneuriat et regroupe l'Iran, le Vietnam et le Maroc. Le premier chapitre présente un pays encore peu connu autant du point de vue de l'entrepreneuriat que de l'activité universitaire: l'Iran. A travers ce chapitre, Robert PA TUREL nous fait découvrir un pays qui s'engage ouvertement dans cette relation entre Université et Entrepreneuriat. Le point de départ de cette relation est essentiellement économique et conjoncturelle: le chômage et l'importance d'une population jeune en âge de travailler. Concrètement, cela se traduit par le développement d'activités de sensibilisation, de formation et de recherche. L'auteur dresse un bilan au niveau des douze universités iraniennes en ce qui concerne l'ensemble des activités mises en place dans le domaine de l'entrepreneuriat. L'Iran, à la différence d'autres pays, comme le Maroc, construit cette relation petit à petit. Le deuxième chapitre traite de l'entrepreneuriat au Vietnam. A travers ce chapitre, Robert PATUREL retrace les principales étapes de l'évolution de l'entrepreneuriat au sein du pays. A la lumière de cinq périodes importantes de son histoire, il insiste sur les obstacles pour l'entreprise privée à trouver une place dans la société vietnamienne. Au-delà de cette place, l'auteur montre la difficulté d'être entrepreneur au Vietnam à ces différentes périodes. Concrètement, cela se traduit jusqu'à une date récente par l'absence de relation entre Université et Entrepreneuriat. La fin des années 80 a vu le début d'un changement important vis-à-vis des entreprises privées au Vietnam qui s'est concrétisé, depuis le début des années 2000 par le développement, au sein des universités du pays, d'actions en faveur de l'entrepreneuriat. 31

Le troisième chapitre s'intéresse au développement de cette relation au niveau du Maroc. Abdelhamid SKOURI nous décrit le développement de la relation entre Université et Entrepreneuriat dans son pays autour notamment des récentes réformes qui touchent directement l'université et l'entrepreneuriat. L'auteur va jusqu'à évoquer la notion d"'université entrepreneuriale" pour montrer l'importance de ces réformes du point de vue de l'entrepreneuriat. Il nous invite à découvrir le nouveau dispositif permettant de relier université et entrepreneuriat. Ce dispositif a vu le jour en 1998 et fait l'objet de collaborations internationales notamment avec la France. Pour conclure, il propose de porter un regard critique sur ce dispositif et de présenter une expérience, mise en place ces dernières années, dans le domaine de la formation à l'université de Fès. La deuxième partie aborde un niveau différent dans la relation entre Université et Entrepreneuriat l'institutionnalisation. Dans cette partie, sont présentés les cas de la Turquie, du Mexique et de la France. Le quatrième chapitre aborde la relation entre Université et Entrepreneuriat essentiellement sous l'angle des structures. En effet, la Turquie a pour particularité d'avoir développé à partir des années 90 une politique dédiée à l'entrepreneuriat et plus particulièrement à l'accompagnement de l'entrepreneuriat. A travers ce chapitre, Robert PATUREL présente les différentes structures permettant de pérenniser la place de l'entrepreneuriat au sein des universités turques. De plus, il convient de préciser que les actions et les moyens mis en place sont largement orientés "technologie innovante". Par rapport à cette concentration des actions et des moyens autour des structures, l'auteur souligne les principales limites, notamment en termes de fonctionnement. Il faut remarque toutefois les difficultés de lien pouvant exister entre ces structures et les actions de formation déjà existantes. 32

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