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Je ne tiens qu'à un fil mais c'est un très bon fil

De
77 pages
Avec sensibilité et humour, Sylvie Laliberté remonte le fil de sa vie, depuis son enfance rêvée dans les livres jusqu'à aujourd'hui, alors qu'elle côtoie la vieillesse de son père. Se jouant des conventions, elle nous livre par petites touches un récit à propos de l'identité, du bonheur, de l'amour et de toutes ces grandes et petites choses du quotidien.
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je ne tiens qu’à un fil mais c’est un très bon fil Sylvie Laliberté
JE NE TIENS QU’À UN FIL MAIS C’EST UN TRÈS BON FIl a été publié sous la direction littéraire de Jeanne Painchaud.
Conception de la couverture: Sarah Marcotte-Boislard Design graphique: Sarah Marcotte-Boislard Direction de l’édition: Renaud Plante Direction de la production: Marie-Claude Pouliot Révision: Marie Lamarre Correction: Fleur Neesham Conversion numérique:marieBdesign.com
© 2015 Sylvie Laliberté et Les éditions Somme toute
ISBN papier : 978-2-924606-00-1 epub: 978-2-924606-02-5 pdf : 978-2-924606-01-8
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e Dépôt légal – 3 trimestre 2015 Bibliothèque et Archives nationales du QuébecBibliothèque et Archives Canada
Tous droits réservés Imprimé au Canada
je ne tiens qu’à un fil
Sylvie Laliberté
mais c’est un très bon fil
L’identité, c’est très important, c’est ce qui fait la différence.
Mais il ne faut pas trop de différence, parce que cela fait trop d’identité et que la planète n’est pas assez grande pour ça.
Je suis une . Du plus loin que jeme souvienne,j’aitoujoursétéune .Tous les jours et toutes lesnuits, mêmequandjedors,jesuis une .Mais le matin quand jeme lève, je ne suispastoutàaitune .
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Je suis
une femme
du soir :
9
ça me prend
la journée
pour devenir
moi.
Enant, j’étais la sorte dequi avait peur si c’était ce que vous vouliez etquidisaitmercisic’était ce que vous vouliez. Et qui essayait toujours de aire sonpossible. J’étais une sorte de bonne .La sorte qui ne vous cause pas de soucis, quipeutrestertoute seule bien tranquille cachée derrière un livre.
Je vivais dans une maison déposée sur une pelouse. Dans la maison, il y avait : un père absent, une mère à la cuisine et un rère qui jouait avec ses Lego. Et à chacun de nos anniversaires, il y avait un gâteau pour le prouver.
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11
La première journée d’école, je ne comprenais pas ce qui se passait. On est rentrés dans l’école. Il y avait beaucoup d’enants et du bruit par-dessus. On nous séparait, on nous alignait, on nous mettait en ran:gs, on aisait des tas les petits par ici, les grands par là.s’est retrouvée en dessous.
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À cinq ans, mon grand-père m’apprenait la gauche et la droite. Je voyais bien que je n’avais qu’à changer de côté, et que la gauche serait à droite et la droite à gauche.
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Les écoles sont souvent laides. J’ai réquenté une vieille école et ça n’avait même pas le charme du vieux : cétaitade, brun, gris et vert. Mais c’est là quea appris que peu importe le décor, quelquechosepeutarriver,et souvent ça n’arrive même pas.
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Non seulement j’étais une bonne enant, j’étais aussi une enant qui ondait en larmes si on parlait ort. C’était automatique. J’imagine que j’étais une enant au bord de la crise. Plusieurs petites filles étaient en ormation pour devenir emmes au bord de la crise de ners.
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Donc enant, pour ne pas pleurer sans cesse, j’évitais les situations où les gens criaient. J’évitais aussi de aire ce qui les aurait ait crier. Donc, j’ai bougé le moins possible ou quand il était absolument péremptoire et impérieux de le aire. Comme dans les cours de ballet. Même si je voyais bien que j’avais zéro chance côté ballerine : je n’avais pas le talent mais, surtout, je voyais bien qu’il allait être au moins jolie pour jouer au ballet. Et puis, à la fin des leçons, les autres filles (oui, c’est étrange, il n’y avait pas de petits garçons), elles avaient des parents qui venaient les chercher.Pas moi. Je devais aller attendre le bus toute seule. À huit ans,a commencé à réfléchir aux arrêts d’autobus.Donc,je savais bien que je ne erais pas ballerine ; une ballerine n’attend pas l’autobus.
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Le ballet,
c’est pour apprendre
à marcher
sur la pointe des pieds.
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Tous les étés dans la banlieue, et les fins de semaine aussi, je lisais comme une orcenée. La banlieue était désertée. Les gens avaient des chalets en plus de leur maison. J’avais la permission de prendre le bus toute seule pour aller à la ville chercher des livres à la bibliothèque. Le chaufeur du samedi matin me reconnaissait toujours et ça me gênait beaucoup, à cause de mes pieds qui, une ois assise, ne touchaient pas le plancher. Mais je me plaçais toujours devant pour la bonne vue d’ensemble.
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Je suis très bonne dans l’attente. J’ai attendu à peu près tout ce qu’il est possible d’attendre : un avion, un bus, à la caisse, un rendez-vous. Attendre ne me ait pas peur. Et j’ai compris que plus une personne me ait attendre, plus elle est importante.
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