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Adieu sortilège!

De
127 pages
La princesse Annie a déjà trouvé le prince bien-aimé de sa soeur Rosalie qui a su la réveiller d’un sommeil qui devait durer cent ans. Et maintenant, qu’est-ce que Rosalie attend d’elle? Eh bien, Annie doit trouver le nain maléfique qui a jeté un sort au prince… et l’a transformé en ours! Heureusement, Annie a plus d’un tour dans son sac et son propre prince charmant à ses côtés. Cette quête va l’entraîner au coeur d’un territoire habité par des nains maléfiques, des fées bagarreuses et des méchantes sorcières. Annie est certaine de pouvoir aider sa soeur, mais va-t-elle trouver le chemin qui mène à son propre coeur?
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Copyright © 2012 E. D. Baker Titre original anglais : Unlocking the Spell Copyright © 2015 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Bloomsbury Publishing Plc Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Jo-Ann Dussault Révision linguistique : Daniel Picard Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Audrey Faulkner Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89752-888-1 ISBN PDF numérique 978-2-89752-889-8 ISBN ePub 978-2-89752-890-4 Première impression : 2015 Dépôt légal : 2015 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Baker, E. D. [Unlocking the Spell. Français] Adieu sortilège ! (Série La princesse éveillée ; 2) Traduction de : Unlocking the Spell. Pour enfants de 8 ans et plus. ISBN 978-2-89752-888-1 I. Dussault, Jo-Ann. II. Titre. III. Titre : Unlocking the Spell. Français.
Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99
PZ24.B34Ad 2015 j813’.6 C2015-941361-3
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Ce livre est dédié à Ellie, ma première lectrice ; à Kim, mon assistante de recherche ; à Kevin, qui est plus intelligent que la moyenne des ours ; à mes lecteurspour leur soutien et leur enthousiasme ; et à Victoria,pour ses conseils et sonpoint de vue.
*** CHAPITRE 1
Y a-t-il quelqu’un d’autre demanda Annie à Horace, le garde aux cheveux gris qui faisait entrer les demandeurs dans la pièce. — Plus qu’une seule personne, votre Altesse, répondit-il. Un marchand qui s’appelle Bartholomé et qui vient de Champtourbe. Annie hocha la tête. La plupart des gens qui étaient venus la voir ce jour-là avaient été des marchands qui voulaient savoir si leur or était véritable. — Combien de visiteurs ai-je reçus en tout ? — Deux le premier jour, cinq hier et douze aujourd’hui. Cela fait donc dix-neuf, votre Altesse. Comme le mot se répand, j’imagine qu’il va y en avoir davantage demain. — Je n’arrive toujours pas à croire ce qui arrive, dit Annie. Après toutes ces années où la plupart des gens ont refusé de m’approcher, voilà qu’ils viennent des quatre coins du royaume pour me demander de les toucher. Qui aurait cru qu’il y aurait autant de gens qui voudraient faire disparaître la magie afin d’être en mesure de voir ce qu’il y a réellement ? Annie regarda en direction de la fenêtre. Elle aurait préféré aller faire une randonnée à cheval avec William, le long de la rivière, mais elle avait dit à ses parents qu’elle rencontrerait les demandeurs avant de faire autre chose. Bien entendu, elle l’avait dit le premier jour, quand seulement deux personnes s’étaient présentées. Si elle avait su qu’il en viendrait autant, elle aurait été tentée de refuser de les rencontrer, même si, au fond, elle savait qu’elle les aurait reçus de toute manière. Après tout, Annie ne pouvait les blâmer de vouloir découvrir la vérité qui se cache derrière la magie. Peu de temps après la naissance d’Annie, une fée marraine lui avait donné un don magique spécial : aucune autre magie ne pourrait avoir d’effet sur elle. Mais ses parents ont vite compris que ce don était accompagné d’un sort particulier : toute personne qui la toucherait ou serait près d’elle durant un certain moment verrait disparaître les effets magiques qui l’avantageaient. Bien sûr, ceux-ci se feraient de nouveau sentir lorsque la personne ne serait plus en présence d’Annie, mais, entre-temps, les personnes qui étaient belles et talentueuses grâce à la magie devenaient d’apparence quelconque et ordinaires. C’est une vérité à laquelle peu de personnes veulent être confrontées. Annie se tourna vers la porte quand Horace l’ouvrit et fit entrer un homme de petite taille, au corps bien enrobé et aux cheveux grisonnants. L’homme d’âge mûr était accompagné d’une jolie jeune femme aux longues boucles brun pâle et aux courbes douces. Quand l’homme s’inclina pour lui faire une courbette, la jeune femme fit une révérence. — Oui, monsieur Bartholomé ? dit Annie en poussant un soupir. — Votre Altesse ! dit l’homme en se redressant. Je sais que vous êtes occupée ; alors, je ne vais pas abuser de votre temps. Je veux seulement savoir une petite chose. Voici ma fiancée, Édith. Nous allons nous marier dans une quinzaine de jours, et j’ai besoin de savoir si elle est belle de nature ou si c’est grâce à la magie. — Bartholomé ! s’exclama la jeune femme. Tu m’as dit qu’elle nous avait invités ici pour te remettre une médaille. — Tais-toi, Édith ! lui dit Bartholomé en lui jetant un regard fâché. Pas devant la princesse ! Il se retourna vers la princesse en haussant les épaules. — Elle aurait refusé de venir si je lui avais dit la vérité. Vous comprenez, il ne me serait jamais venu à l’idée de vous la présenter si je n’avais pas vu un portrait de sa grand-mère.
C’était une vieille chouette laide, et je veux savoir si Édith va me donner des enfants laids. — Comment peux-tu dire une chose aussi affreuse ! dit sa fiancée en haussant le ton. — Tends ta main, Édith, dit Bartholomé en voulant la saisir. Édith retira sa main et la cacha derrière son dos. — Pas question ! Pendant que le couple se querellait tout bas, Annie jeta de nouveau un coup d’œil en direction de la fenêtre et elle entendit quelqu’un, dans la cour, laisser tomber une caisse. Des hommes crièrent, et Annie aurait aimé aller regarder par la fenêtre les travailleurs qui déchargeaient les rouets qui venaient d’être livrés. Mais, si elle se fiait à la façon dont les choses se passaient, elle risquait de devoir rester assise dans son fauteuil jusqu’à la tombée de la nuit, à moins que… Annie se leva de son fauteuil et elle s’approcha du couple qui continuait de se quereller. Quand elle posa sa main sur l’épaule d’Édith, la jeune femme cessa de se défendre contre son futur époux et elle regarda Annie avec désarroi. Bartholomé examina Édith, la mine sombre, sans remarquer qu’Annie avait posé son autre main sursonépaule. Les changements s’effectuèrent rapidement. Alors que le visage d’Édith demeura aussi joli qu’à son arrivée, son corps perdit ses courbes et devint maigre et anguleux. Au même moment, les cheveux sur la tête de Bartholomé disparurent et firent placent à un crâne rose et brillant, avec des touffes de poils qui sortaient des oreilles. Ses sourcils devinrent hirsutes au-dessus de son nez qui était soudainement devenu gros et crochu. Quand il ouvrit la bouche, ses dents étaient aussi croches qu’une clôture de saule après une grosse tempête. — Euh…, dit Bartholomé en regardant Édith de haut en bas. Au moins, tu n’es pas devenue laide. J’imagine que tu vas me convenir. Édith eut un hoquet d’horreur et elle écarquilla les yeux. — Toi, par contre, tu ne me conviendras pas du tout ! Tu m’as accusée d’améliorer mon apparence avec la magie alors que tu l’as toi-même fait. Et tu as osé me faire vivre cela… Le souffle coupé, elle se retourna et quitta la pièce en courant. — Édith ! cria Bartholomé en courant derrière elle. — Il n’a même pas dit merci, dit Annie en arborant un large sourire. Puis, elle se tourna vers le garde. — Horace, cela suffit pour aujourd’hui. Si jamais quelqu’un vient, dites-lui de revenir demain. — Bien sûr, votre Altesse, dit-il en lui rendant son sourire. * * *
Annie se précipita en direction de l’écurie dans l’espoir d’y trouver William. Elle croisa des membres de la petite noblesse qui étaient venus présenter leurs respects au roi de Castelin. Pendant des années, les visiteurs avaient dû rebrousser chemin par crainte qu’ils essaient de faire entrer des rouets dans le château afin que tout le monde tombe endormi. Maintenant que Rosalie, la sœur d’Annie, s’était réveillée en rompant le sortilège et que les rouets ne pouvaient plus la blesser, le roi Albert s’était empressé d’en commander des centaines. Le royaume était redevenu prospère, et les visiteurs des autres royaumes affluaient au château dans l’espoir de gagner les faveurs du roi. Un homme vêtu d’une cape bordée de fourrure malgré la température agréable leva les yeux au moment où Annie essayait de se frayer un chemin à travers le groupe qui bloquait la porte de l’écurie. — Toi, jeune fille, va nous chercher à boire. Ne vois-tu pas que nous sommes assoiffés après avoir effectué tout ce parcours ? — Annie, te voilà ! lança Rosalie d’un ton mélodieux, debout au milieu du groupe. Je t’ai cherchée partout. Annie se demanda ce qui était pire : avoir été prise par erreur pour une servante par un étranger ou avoir été trouvée par sa sœur. Elle songea brièvement à s’enfuir, mais cela aurait été lâche de sa part. Malgré tout… Annie maugréa en voyant Rosalie venir vers elle et en se
rendant compte qu’elle avait hésité trop longtemps. — Comte de Bellegarde, j’aimerais vous présenterma sœur, la princesse Annabelle, dit Rosalie en entraînant vers Annie l’homme vêtu d’une cape ornée d’une bordure en fourrure. — Votre sœur… dit-il en avalant difficilement sa salive. Veuillez me pardonner, votre Altesse. Le soleil a dû m’aveugler. — Je comprends, dit Annie tout en essayant de s’éloigner lentement de Rosalie. Annie n’était pas surprise que l’homme n’ait pas deviné qu’elle était une princesse. Contrairement aux princesses rendues belles par la magie, elle était aussi normale qu’à sa naissance. Rosalie était la plus belle princesse de tous les royaumes, avec ses cheveux blonds dorés et ses yeux violets. Mais les cheveux d’Annie étaient jaunis par le soleil ; ses yeux étaient d’un brun ordinaire et, parce qu’elle avait passé beaucoup de temps au soleil pendant qu’elle était à la recherche d’un prince pour embrasser sa sœur, sa peau était maintenant recouverte de taches de rousseur. Annie trouvait irritante la beauté parfaite de sa sœur, mais elle trouvait encore plus exaspérant que Rosalie soit soudainement devenue plus gentille et attentionnée qu’elle ne l’était auparavant. Avant de se piquer le doigt au fuseau d’un rouet et de tomber endormie, Rosie n’aurait pas remarqué que le comte avait manqué de respect envers sa sœur. Mais, après qu’Annie eut travaillé si fort pour rompre le sortilège, l’attitude des membres de sa famille avait changé, comme s’ils savaient à quel point ils lui étaient redevables et combien elle les aimait. Ils ne la traitaient plus en parente pauvre et agissaient vraiment comme s’ils l’aimaient, un fait nouveau qui ne cessait d’étonner Annie. Cela lui rappelait aussi combien ils s’étaient mal comportés avec elle auparavant. Durant la majeure partie de la vie d’Annie, Rosalie avait gardé ses distances face à sa sœur ; elle ne voulait pas que sa beauté — qui lui avait été offerte par une fée — se dégrade. Mais, maintenant que Rosalie était amoureuse d’un prince enchanté qui avait été transformé en ours, elle ne semblait plus se soucier autant de son apparence. Il lui arrivait même de chercher Annie parce qu’elle voulait que sa sœur pose sa main sur le prince ours et diminue les effets magiques de l’enchantement afin que son côté humain puisse transparaître. Rosie ne semblait pas remarquer que le prince Godefroy avait l’air d’un étrange monstre à demi humain quand il était partiellement transformé. Son apparence ne dérangeait pas Annie, mais elle était tellement ennuyée de devoir demeurer assise, avec sa main posée sur l’homme qui n’avait pas vraiment l’air d’un humain et qui embrassait sa sœur, qu’elle en était venue à regretter les jours où tout le monde l’évitait. Elle se remémorait ce à quoi ressemblait sa vie avant tout ce changement quand le comte de Bellegarde sa racla la gorge et dit : — S’il s’agit de votre sœur, alors elle est… Quand il recula, l’air paniqué, Annie vit qu’il était au courant de sa réputation. Elle était la princesse dont le contact amoindrissait les effets de la magie. Ainsi, ce n’était pas tout le monde qui avait changé d’idée à propos de la présence d’Annie. — Si vous voulez bien nous excuser, dit Rosalie au comte de Bellegarde. Tout en saluant de la tête les compagnons de voyage de ce dernier, elle entraîna Annie de l’autre côté de l’écurie, à un endroit où elles pourraient être seules. — Je dois te parler, dit-elle. Les bûcherons sont revenus sans avoir vu le moindre signe de cet affreux nain qui a transformé mon Godefroy en ours. Mère et père ont promis que nous l’aiderions, mais nous ne pouvons rien faire tant que nous n’aurons pas trouvé ce nain. — Oui, je sais, répondit Annie. — Et tu sais que je ne vais pouvoir l’épouser que lorsque le sortilège sera rompu. — Mmh, mmh. — Alors, tu dois savoir que tu dois nous aider ! Godefroy et moi, nous nous aimons mais cela ne peut pas continuer ainsi ! Chaque fois que je veux l’embrasser ou tenir sa main, ou le regarder dans ses yeuxhumains, je dois te chercher partout dans le château pour que tu
viennes t’asseoir avec nous et tenir l’autre main demonafin qu’il puisse redevenir prince humain. — Je sais cela aussi, tu peux me croire, répliqua Annie. — Tu m’as emmené Godefroy ; alors, tu es responsable de la situation. Je sais que tu l’as fait pour qu’il me réveille et pour sauver le royaume, mais je n’aurais jamais su qu’il était l’amour de ma vie si tu ne nous avais pas présentés l’un à l’autre. Tu ressens sûrement une certaine obligation de nous aider, n’est-ce pas ? — Tu sembles oublier que cela ne fait qu’une semaine que je suis revenue à la maison après avoir parcouru la campagne à la recherche de princes pour t’embrasser, dans l’espoir que tu te réveillerais et que nos vies reviendraient à la normale. La dernière chose que j’ai envie de faire, c’est de partir à la recherche de quelqu’un d’autre ! Je veux seulement rester ici et prendre plaisir à ce que tout le monde soit réveillé au lieu d’être étendu par terre et d’avoir l’air mort ! — Je sais que cela a dû être affreux pour toi, dit Rosalie en ayant l’air si compatissante qu’Annie ressentit un peu de culpabilité. Mais ne pourrais-tu pas revenir sur ta décision ? — Je vais y penser, grommela Annie. Elle s’éloigna et essaya d’effacer de son esprit les larmes qu’elle avait aperçues dans les yeux de sa sœur. Elle songea à suggérer que Godefroy et Rosie partent à la recherche du nain sans elle, mais elle savait que le prince ours l’avait cherché en vain pendant des années. Et puis, Rosie était trop habituée à se faire dorloter pour être d’une quelconque aide. La meilleure personne pour cette tâche serait quelqu’un qui ne craindrait pas de marcher dans la forêt et que le nain ne pourrait pas transformer avec sa magie. Même Annie devait admettre qu’une seule personne correspondait à cette description : Annie, elle-même.