Dans les yeux de Nathan

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Le 24 décembre au matin, Nathan a découvert qu’il avait enfin neigé. Il sort dehors à l’insu de ses parents pour aller admirer la blancheur et la douceur de la neige. Des surprises l’attendaient…
Publié le : lundi 8 août 2011
Lecture(s) : 63
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782896825882
Nombre de pages : 36
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Dans les yeux de Nathan
texte de Pauline Gill illustrations de Réjean Roy
Dans les yeux de Nathan
texte de Pauline Gill illustrations de Réjean Roy
Mot de l’auteur
Sans doute as-tu le cœur en fête quand vient la première neige. Parce qu'elle te par le du plaisir de te rouler dedans, de glisser en traîneau, de patiner, de lancer des mottes à tes amis et quoi encore ? Mais je crois que la neige t'excite surtout parce qu'elle annonce la venue de Noël. Les congés, les cadeaux, les bons repas… Nathan aussi avait très hâte à la premièr e bordée de neige. Elle
se fit beaucoup attendre cette année-là. Elle ne vint que la veille de Noël. Mais elle lui r éservait plus d'une sur prise…
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Il était là, Nathan, seul dans l'aube. Un manteau d'hiver par-dessus son pyjama, les pieds nus dans ses bottes. Il avait senti tomber cette première neige. Juste à temps pour Noël. Une grande fébrilité s'était emparée de lui, l'avait délogé de son lit. Poussé dehors. Là, sur le trottoir. Avant le soleil. Avant les adultes. Avant que leurs pas et les pneus des voitures aient maculé l'immense drap bleuté qui couvrait le sol.
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Elle avait bien choisi son jour, la neige. Samedi, congé d'école. Congé des parents qui, ce jour-là, aiment dormir longtemps…
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À pas de velours, il était sorti de la maison, l'enfant. Pour être le premier à ouvrir les br as à cette fée de la beauté. Pour être le premier à laisser l'em preinte de ses semelles sur les marches au dos arrondi. Pour s'amuser, sous la lumière du réverbèr e, à offrir sa chevelure d'ébène, son visage rose de sommeil et ses mains en calice aux dessins que la neige voulait bien y tracer, effacer puis redessiner sans jamais s'en lasser.
Nathan huma l'air frais. S'imbiba de silence. Ouvrit les bras. Ils étaient trop petits pour tant de beauté. Son cœur, trop petit lui aussi pour tant de bonheur. Il fut surpris, l'enfant, de voir le jour s'y prendre de cette façon pour chasser la nuit.
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Le matin de son anniversaire, en plein cœur de mai, il s'était levé avant l'aurore et avait d'abord aperçu un ruban violacé qui ceinturait la ville. Qui s'élargissait, coulant vers le rose. Qui teintait de bleu foncé tout ce qui pointait vers le ciel. Les clochers d'église qui, hier, étaient d'argent. Les cheminées d'usine, grises de mépris, qui crachaient des volutes bleu pervenche. Puis, le ruban s'était enflammé, tirant de derrière l'opacité une traînée d'or. « C'est le chariot du soleil », s'était dit Nathan qui regardait cet astre faire le dos rond avant de se lever pour de bon. Comme son chat. — Pure magie ! Pour moi tout seul, avait-il murmuré.
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