JE(H)AN

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Imaginez. Imaginez qu'un jour vous vous trouviez face à face avec vous-même. Non pas dans le reflet de votre miroir, mais dans la pénombre d'un vieux tableau. Un portrait vieux de plusieurs siècles. C'est vous. C'est un autre. Vous ne le savez pas vraiment. Alors vous partez sur les traces de cet ancestral vous-même. C'est ce qu'entreprend Jean durant ces vacances d'été qui l'ont conduit vers un château à l'attrait irrésistible. Cela le ménera de montagnes en forêts jusqu'à la rencontre avec cette ancienne existence.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 259
EAN13 : 9782748171686
Nombre de pages : 157
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JE(H)AN
JF LASNO
JE(H)AN
ROMANLe Manuscrit
© ÉDITIONSLEMANUSCRIT, 2006 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-7169-1 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748171693 (livre numérique) ISBN : 2-7481-7168-3 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748171686 (livre imprimé)
LE CHÂTEAU.
Jean sortit de l’hôtel des Bois vers huit heures, le matin. En cette fin du mois d’avril, le soleil perçait à peine au-dessus de la forêt. L’odeur du café et des croissants chauds se mêlait à celle de l’humus fumant dans les sous-bois. Jean respira avec satisfaction. L’air pur, frais et humide, le fit tressaillir d’allégresse. Une bonne journée commençait. Casque à la main, il se dirigea vers sa moto. Elle stationnait sous un abri à bois, presque vidé de sa matière première en cette fin d’hiver. Parvenu à sa monture, Jean ferma soigneusement son blouson de cuir noir. Lourd et épais, le vêtement formait avec le pantalon assorti un équipement sobre mais efficace. Une paire de bottes, noire également, le complétait. Il passa la main dans ses cheveux sombres, les ramenant en arrière avant de mettre son casque. Ce heaume du vingtième siècle cacha son visage et on ne distingua plus de lui que deux yeux ténébreux. Il remonta son écharpe sur la barbe noire qui dissimulait son menton afin de maintenir l’étoffe dans cette position au moyen de la jugulaire. Puis il passa ses gants et fit jouer ses doigts
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pour bien coller cette seconde peau intermédiaire vitale entre lui et sa moto. Le gros onze cent centimètres cube s’ébroua sous l’action du démarreur. Jean recula l’engin avec précaution puis s’installa aux commandes. Il enclencha la première et s’avança en douceur vers la départementale. A cette heure, la circulation ne le gênerait pas. Les travailleurs passaient plus tôt. Les promeneurs viendraient plus tard. Jean engagea la roue avant sur le goudron, sentit le pneu arrière chasser légèrement sur le gravier du parking puis récupérer l’adhérence de l’asphalte. La moto se propulsa vigoureusement vers l’avant, la seconde claqua un peu. Troisième, quatrième à bas régime ; Jean laissait sa monture chauffer tranquillement, au rythme des grandes courbes qui le menaient vers les contreforts des bois. La route séchait sous les premiers rayons du soleil. Les plaques d’humidité, plus sombres, devaient être nombreuses sous les épicéas. Petit à petit, les deux cylindres montaient en température et le fonctionnement du gros cube se faisait plus onctueux. Jean appréciait la force tranquille qui émanait du propulseur. Il pouvait rouler avec nonchalance, tout en sachant qu’en cas de besoin, ou d’envie, la poignée droite lui procurerait immédiatement cette délicieuse poussée propre aux moteurs gorgés de couple à bas régime. Pour l’heure cependant, il enroulait sagement les virages. Ceux-ci se resserrèrent tandis qu’il attaquait la grimpette dans la forêt. La route des hauts plateaux, bien revêtue, s’élevait en courbes de plus en plus prononcées pour finir en lacets. Pour Jean l’instant
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