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La maison du fantôme

De
147 pages
Pierre s'installe dans une vieille demeure avec l'intention d'y vivre loin de l'agitation de la ville. Et voilà qu'il découvre que cette maison bâtie aux pieds de la montagne est habitée par un fantôme. Plongé dans le désarroi, il se demande s'il doit s'en aller ou percer le secret qui s'y cache. Cette histoire policière raconte les intrigues habiles tissées autour d'un trafic inattendu qui a débuté au Sud de la France dans une région dont le calme semble n'être jamais troublé.
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La maison du fantôme

Irène Hegly
La maison du fantôme
ROMAN POLICIER
JEUNESSE













Le Manuscrit
www.manuscrit.com













© Éditions Le Manuscrit, 2005
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 08 90 71 10 18
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manum

ISBN : (fichier numérique) 2-7481-6445-8
ISBN : (livre imprimé) 2-7481-6444-X
7
8












J’ai longtemps attendu avant de vous raconter cette histoire
étrange qui m’est arrivée une certaine journée d’été. Ce n’est pas
que j’aie eu peur du fantôme qui apparut subitement devant
moi…Non…du moins je ne le crois pas.
Pour tous ceux qui aiment des histoires de fantômes.

L’auteur
9
10 IRENE HEGLY
1
Depuis que j’avais quitté mon emploi, je continuais à
me lever tôt le matin car je n’aimais pas les flots
lumineux du soleil qui envahissait ma chambre au lever
du jour et dont la chaleur me rendait paresseux pour
toute la journée. A peine l’aube apparue, je sautais de
mon lit, frissonnant mais plein d’entrain ; quelques
mouvements de jambes m’étaient suffisants pour me
réveiller complètement. Ensuite, je me précipitais dans
la cuisine pour préparer mon thé. De caractère
optimiste, je m’imaginais qu’en quittant la maison tôt, il
m’arriverait des événements heureux : par exemple,
rencontrer un ami qui m’inviterait à une surprise-partie ;
me faire aborder par des jeunes sympas qui me
demanderaient de partir avec eux en voyage ou trouver
un billet de loterie. Pourquoi pas ? Si je sortais par
contre une fois que la journée battait son plein, j’avais
l’impression que les gens intéressants s’étaient
rencontrés, que le billet de loterie avait été trouvé par un
autre et que ma chance était perdue à jamais.
Ce qui m’arriva par contre ce matin d’été dépassa
toute mon imagination et fit basculer mon existence
pour toujours.
Mais commençons par le commencement…
Mon père, petit horticulteur, aurait voulu me voir
suivre sa carrière. Seule ma mère me soutenait dans mes
ambitions de devenir ingénieur. A sa mort, mon père
voulut m’imposer son point de vue. Très vite, je partis à
Nice où je trouvai un poste d’apprenti garagiste.
J’avais travaillé sans répit en réparant les voitures du
matin au soir. Devenu mécanicien je me levais à six
11 LA MAISON DU FANTOME
heures et je me rendais au garage à pied. A sept heures,
je me faufilais sous le châssis d’une grosse machine et je
commençais à manipuler ses pièces avec le sentiment
que cette bête vibrante m’appartenait et qu’il n’y avait
que moi pour lui redonner vie. J’aimais ce que je faisais,
je ne peux pas dire le contraire, et même je regrette
parfois d’être parti. Ce que j’appréciais le plus, c’était
l’odeur de l’essence qui, dès l’arrivée dans le local,
envahissait mes narines. Mais voila que mon patron
apparaissait vers les dix heures et c’était là que mes
malheurs commençaient. Pourquoi n’avais-je pas
nettoyé la voiture de tel ami ? Je n’aurais pas dû
commencer par celle-ci, mais par cette autre. Ses
propos me désespéraient.
Puis j’appris la mort de mon père. Par le notaire. Je
dus me déplacer pour prendre connaissance du
testament. Je fus éberlué de voir l’importance de mon
héritage. Je savais le vieil ivrogne particulièrement avare
– ma mère en avait assez souffert – mais je l’ignorais
aussi riche.
Je ne modifiai pas pour autant ma manière de
vivre…
…Jusqu’au jour où j’en ai eu assez et où j’ai quitté
mon patron. Pour échapper à cette vie de contrariétés
quotidiennes, j’ai décidé de m’installer à la campagne,
dans une maison située à une dizaine de kilomètres de
Peyron. Avec l’argent que mon père m’avait légué, je
décidai d’acquérir une fermette peu coûteuse. Le notaire
chez qui j’avais laissé ma fortune me conseilla un
domaine bon marché - mais sans me donner la raison
de son faible prix. J’ai donc pu acheter la propriété où je
vis actuellement. Elle était en ruines et les travaux à
faire, considérables, mais je disposais de tout mon
12 IRENE HEGLY
temps. Je voulais petit à petit reconstruire l’ensemble
pour le rendre tel qu’il avait dû être au début du siècle :
une belle bâtisse.
Ce jour-là, je me suis réveillé comme d’habitude en
pleine forme. Je suis allé couper du bois pour en tirer
des poutres que j’aménagerais dans la cuisine pour
soutenir le plafond qui s’apprêtait à tomber.
En entrant dans le couloir avec le bois sur les bras,
j’entendis un léger bruit. Il était à peine perceptible.
Comme si une souris grattait le sol. Je ne lui prêtai
aucune attention. Le bruit persista. Je me suis approché
de l’endroit d’où il provenait, mais je ne vis rien de
suspect. Je fis cela plusieurs fois. Chaque fois que je
m’éloignais, le bruit recommençait. J’ouvris enfin la
porte du vestibule et, au fond de la pièce, dans le
pénombre, j‘aperçus une forme.
Un être terrifiant se trouvait là. Une lueur blanchâtre
entourait l’apparition. C’était un fantôme.
Mon cœur se mit à battre très fort. Des frissons
froids, parcoururent mon dos. Je lâchai tout et je me
précipitai vers la route qui, peu fréquentée à cette heure
par les habitants de la région, restait déserte. Je me suis
assis sur une borne, au bord du chemin, en espérant
rencontrer quelqu’un.
Je me suis mis à bâtir des projets. La première chose
à faire, c’était d’aller me confier à un copain. Ensuite, je
devrai me rendre à la police pour raconter mon histoire.
Au fond de moi-même, je doutais d’être pris au sérieux.
Une heure s’écoula et j’étais toujours au bord de la
route. Pour moi, il n’était plus question de retourner en
arrière. Tout en réfléchissant sur la future vie,
impossible dans cette maison hantée, une idée me vint à
l’esprit. Il me fallait trouver quelqu’un chez qui vivre
13 LA MAISON DU FANTOME
pendant un certain temps. J’avais peu de famille en ville.
La meilleure solution était de demander conseil à tante
Ginette. Je ne l’avais pas vu depuis mon retour. En fait,
j’avais perdu tout contact avec ma famille depuis mon
départ à Nice, persuadé que tout le monde devait avoir
adopté le parti de mon père. J’avais décidé de ne pas
renouer avec eux tant que ma maison ne serait pas en
état de les recevoir, mais les événements en avaient
décidé autrement.
Il me fallut plus d’une heure et demie pour me
rendre jusque chez elle à pied. Quand je frappai à sa
porte, il était déjà midi.
— Qui est-ce ? s’enquit une voix perdue dans le
bruit de vaisselle et les cris des enfants.
— C’est moi, Pietro.
Je me nomme Pierre mais, dans la branche italienne
de ma famille on m’appelait Pietro.
Tante Ginette apparut sur le seuil, le visage souriant
et un tablier bleu sur les épaules, telle que je la
connaissais depuis toujours. Ses cinq enfants se tenaient
déjà à table. J’avalai ma salive. L’odeur du pistou qui se
propageait dans la cuisine me rappelait que ma longue
marche m’avait donné faim.
— Tu arrives à temps, Pietro. Tu pourras manger
avec nous. On ne t’a pas vu depuis longtemps.
Je dois avouer que je passais pour un original dans la
famille depuis que j’avais abandonné mon emploi. On
n’arrivait pas à comprendre pourquoi je m’étais isolé si
jeune à la campagne. Je ne m’attendais cependant pas à
un accueil aussi immédiatement aimable.
— Il m’arrive quelque chose d’incroyable, tante
Ginette. J’ai vu un fantôme ce matin chez moi et j’ai
peur d’y retourner.
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