Le départ de Julie

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Du lever au coucher du soleil, Julie vivait son quotidien. Chaque lundi, elle faisait son lavage. Avec la complicité de mère nature et un « Salut, Marie », les nuages gris disparaissaient. Mais un insecte à six pattes l'observait et attendait son heure. Puis, un jour, les draps blancs de Julie furent noirs de fourmis... Mais où emmène-t-on Julie et sa petite ?
Texte poétique magnifiquement illustré. Il a été inspiré par la Déportation des Acadiens de 1755, mais il peut fort bien s’appliquer aux nombreux départs forcés ou déplacements de population actuels.
Publié le : lundi 8 août 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782896825929
Nombre de pages : 28
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e départ de JulieL
Texte de Marie-France Comeau
Illustrations de Réjean Roy
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texte de Marie-France Comeau
illustrations de Réjean Roy
À tous les lundis d’avant, Julie faisait son lavage. Julie a
toujours eu un rapport particulier avec le linge sale. Lorsque la
veille au soir le bas du ciel était rouge, ce qui signifiait qu’il ferait
beau le lendemain, Julie prenait le temps de préparer une brassée
de quelques vêtements. Dans sa bassine d’eau chaude, elle laissait
tremper les robes de sa petite, ses tabliers de grosse besogne et les
chemises de son mari.
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Julie aimait penser que la rosée du matin ferait disparaître
les peines de son enfant, que le vent en secouant ses tabliers
emporterait la fatigue de la journée, que la chaleur des premiers
rayons de soleil ferait disparaître la sueur des chemises de son mari.
Mais surtout, Julie croyait que la rosée du matin soufflerait
le bonheur dans cette première cordée de vêtements et que ce
bonheur se transmettrait à celui et celles qui les portaient toute la
journée.
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À tous les lundis d’avant, Julie faisait son lavage.
Elle étendait ses grands draps blancs sur la corde à linge que
son mari Alcide lui avait installée. À chaque coudée, Julie pinçait
une épingle, faisait glisser ses mains sur le tissu mouillé, pinçait
une autre épingle, et une autre. À la toute dernière, Julie prenait
une perche à bout fourchu et remontait son précieux butin vers le
ciel. Le moindre nuage la rendait inquiète. Elle récitait un « Salut,
Marie » et rentrait à la maison pétrir sa pâte à pain.
8
Sa petite, elle, n’était jamais bien loin. Son passe-temps
favori était de surveiller une fourmilière. Elle prenait plaisir à voir
se démener tous ces insectes à six pattes et restait intriguée par la
grosse fourmi : c’était la seule qui avait des ailes et elle ne bougeait
pas du tout. Elle faisait la morte.
Julie, elle, essayait d’ignorer la grosse qui ne bougeait pas,
comme si elle hésitait à prendre une décision qui changerait sa vie
et celle des siens.
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Du lever au coucher du soleil, Julie vivait son quotidien. Chaque
lundi, elle faisait son lavage. Avec la complicité de mère nature et
un «Salut, Marie», les nuages gris disparaissaient. Mais un
insecte à six pattes l'observait et attendait son heure. Puis, un
jour, les draps blancs de Julie furent noirs de fourmis... Mais où
emmène-t-on Julie et sa petite?
Texte poétique magnifiquement illustré. Il a été inspiré par la
Déportation des Acadiens de 1755, mais il peut fort bien
s’appliquer aux nombreux départs forcés ou déplacements de
population actuels.
Marie-France Comeau est originaire de « Terre-Libre » (Free
Grant), au Nouveau-Brunswick. Elle a une formation en
communication et en éducation de la petite enfance. En 2005, elle fut
récipiendaire du prix Marilyn Trenholme Counsell dans la
catégorie Auteur pour son premier album, L’étoile dans la pomme.
Ses animations dans les écoles lui rappellent toujours une
qualité importante : le sens de l'émerveillement. Le départ de Julie est son
quatrième album publié chez Bouton d'or Acadie.
Réjean Roy a grandi à Petit-Rocher, au Nouveau-Brunswick. Il a
fait des études en biologie au Québec, où il s’est aussi inscrit à des
cours de beaux-arts. Il a également suivi des cours d’estampe à
l'Université de Moncton. Après avoir vécu une dizaine d'années
en Gaspésie, il est revenu vivre au Nouveau-Brunswick en l'an
2000. Le dessin a toujours fait partie de sa vie, et la nature reste
la grande inspiratrice de son apprentissage artistique.

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