Le peuple divisé

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Il était une fois une race d’êtres à la fois fabuleux et si proches de nous, les sharkas… Le jeune Aolitte a vécu la Grande Discorde, il sait bien que pour son peuple, l’avenir est synonyme de division. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est le rôle qu’il aura à jouer dans cet affrontement, cette guerre civile qui les conduira, lui et Ayleen, sa compagne, à prendre des décisions pour le meilleur ou pour le pire… Mais Aolitte n’est pas seul , il pourra toujours compter sur le soutien de son frère, le fougueux Janis, et de Vatam, « Celui qui détient le Secret ». Parmi ses adversaires, le Prince lui donnera du fil à retordre ! Quant à Jonas, le médecin, est-il vraiment le traître que tous supposent ? Attention, Aolitte, rien n’est jamais tout à fait blanc ou noir…
Publié le : lundi 12 juillet 2004
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EAN13 : 9782748144321
Nombre de pages : 170
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Le peuple divisé
Sonia Alvarado
Le peuple divisé
Livre I
JE UNE SSE
Le Manu scr it w w w . m an uscr it . com
© É ditions Le Manuscrit, 2004 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@ manuscrit.com ISBN : 2748144333 (fichier numérique) ISBN : 2748144325 (livre imprimé)
A mon père, pour qu’enfin il soit fier de moi…
S O N I A A L V A R A D O
PROLOG UELe vieux sharka aux sourcils blanchis s’assit en remerciant de sa voix aimable la main qui l’avait aidé à parvenir jusqu’à son siège. Ses yeux d’un bleu délavé, cerclés de rides profondes, scrutèrent l’auditoire qui n’attendait que lui. Il fit claquer sa langue avant d’entamer son récit. « Il y a de cela de nombreuses lunes, tous les individus de notre race vivaient en paix dans la Ville… » Pendant une seconde, il observa ses congénères avec tendresse. « Le Prince était intelligent et plein de bonté, aimant son peuple et aimé en retour. Je fis sa connaissance alors que je n’étais qu’un jeune écervelé – des rires vite étouffés fusèrent dans l’assistance, mais l’Ancien fit mine de ne rien entendre – je fis sa connaissance, disais je, grâce à mon père, boulanger à la Cour. Le Prince aimait venir le voir faire le pain car, tel qu’il l’affirmait souvent, un dirigeant qui ne sait rien du travail de ses sujets ne peut être juste dans ses décisions. Malheureusement – son regard s’assombrit – il mourut très jeune, des suites d’une étrange maladie qu’aucun médecin ne sut soigner, et dont il fut la seule victime… On raconte même – sa voix devint un souffle – que certains ambitieux l’avaient quelque peu aidé. » Le vieux s’arrêta un instant, jaugeant l’impact de ses paroles sur ceux qui l’entouraient. Un silence absolu
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régnait parmi l’assistance. Souriant tristement à ce douloureux retour en arrière, il reprit le fil de son récit. « L’élection du Prince suivant ne posa aucun problème. A la mort de notre bienaimé Souverain, tous les regards s’étaient naturellement portés sur le Premier Conseiller, un homme de lettres cultivé et sérieux. Il avait été le soutien incontesté de son prédécesseur, un ami fidèle qui lui tint compagnie jusqu’au bout. Néanmoins il ne fit pas un geste, ne dit pas un mot dans le but de briguer le pouvoir : le peuple clama donc haut et fort son nom... Oh, au début, tout se passa pour le mieux. Le nouveau Prince se comportait avec nous comme un père, et l’on se sentait en sécurité dans les rues de la Ville. Mais peu à peu, son caractère paternaliste se durcit. Il se mit à présider les Comités de Métiers, choisissant la voie que devait prendre chaque jeune mâle ; il fit rédiger deux Livres des Lois afin d’établir une frontière entre ceux qui travaillaient de leurs mains et ceux qui n’utilisaient que leur tête… Bientôt les salaires des « Manuels » diminuèrent de moitié par ordre du Prince. Désormais, on nous reconnaissait aussi à nos vêtements, plus sombres, à ces lieux publics qui nous furent interdits, aux marques exagérées de respect que l’on devait aux « Pensants ». Puis, comble de malchance, l’hiver de ce cycle solairelà se présenta plus rigoureux que les précédents. Le bois de chauffage des Manuels fut rationné, et il y eut des morts… Ce fut le début de la Grande Discorde ». Un mouvement inquiet parcourut les jeunes sharkas assis à même la terre battue. Il y en avait parmi eux qui avaient perdu un proche, père, mère, frère ou sœur, lors du terrible hiver de cette décade.
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