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Le secret de la rue des tourmentées

De
123 pages
L’école des Trèfles cache un étrange secret qui plonge ses racines dans un passé lointain. Pierre et Lisa, des jumeaux de 10 ans qui résident à l’école avec leurs parents, doivent faire face à des accusations de vol et tenir tête à leur ennemi irréductible, Victor. Pour s’innocenter, ils affrontent des ombres mystérieuses qui les entraînent dans une quête souterraine et dangereuse dans les catacombes. Aidés de leurs meilleurs amis, ils vont découvrir que les apparences sont souvent trompeuses.
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tourmentees Colette Boulet
Le secret de la rue des
tourmentees





JEUNESSE









Le Manuscrit
www.manuscrit.com

© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com
communication@manuscrit.com

ISBN ; 2-7481-6361-3 (livre numérique)
ISBN 13 ; 9782748163612 (livre numérique)
ISBN ; 2-7481-6360-5 (livre imprimé)
ISBN 13 ; 9782748163605 (livre imprimé)













CHAPITRE 1


La torche éclairait en tremblotant le bas des murs
jaunis. Emmitouflée dans sa cape grise, Brigitte
s’efforçait d’assourdir le bruit de ses pas. C’était
tellement ennuyeux, ces rondes de nuit à l’intérieur de
l’école ! Même un adulte pouvait prendre peur dans ces
locaux lugubres, immenses et désertés, où le clair de
lune allumait des reflets étranges.
Dehors, un brouillard humide ouatait de silence les
grands arbres immobiles du parc.
Au sol, les derniers marrons de l’automne achevaient
de pourrir.
Brigitte consulta sa montre-bracelet ; il était presque
21 heures. Il lui fallait finir sa tournée bien vite pour
remonter coucher ses petits. Les «petits», des faux
jumeaux de presque 10 ans, nommés Pierre et Lisa,
fréquentaient depuis la maternelle, l’école des Trèfles,
qui regroupait dans trois antiques bâtiments les classes
des cycles « maternelle », « primaire » et « secondaire ».
Leur mère y officiait en qualité de gardienne, tandis que
leur père, François, travaillait à la poste du quartier.
Allons ! Un dernier tour du côté des sous-sols, et des
salles pluridisciplinaires, et ce serait fini !
Courageusement, Brigitte prit sa respiration, empoigna
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fermement sa torche, et descendit les 45 marches qui
desservaient les longs sous-sols.
Les veilleuses dardaient leurs yeux globuleux tout au
long des couloirs nus. Quatre énormes portes vertes à
deux battants s’ouvraient sur les salles flambant neuves
où l’on enseignait pêle-mêle les arts plastiques ou les
sciences naturelles, le théâtre et la technologie avec du
matériel dernier cri.
« Page 23 ! » ; la voix grave et assurée fit sursauter
Brigitte qui cria. La torche se brisa à ses pieds dans un
fracas assourdissant. Brigitte secoua la tête, repoussa du
bout du pied les débris de sa lampe ;
– « Zut ! J’entends des voix, maintenant ! »,
Elle jeta machinalement un œil par la petite lucarne
encastrée dans le battant gauche de la porte ; les bancs
s’étalaient en demi-sphères de chaque côté de l’estrade
de la salle majestueuse. Dans la lumière pâle des
veilleuses, il lui sembla que des feuilles blanches
jonchaient le sol ;
– « Il faudra que je dise aux filles de faire le ménage
plus soigneusement » se dit Brigitte, machinalement.
Mais n’était-ce pas le bout d’une écharpe flottant telle
une plume, que son œil avait capté dans la pénombre ?
Une porte claqua, au loin.
Brigitte resserra les pans de sa cape sur ses épaules ;
– « Je suis fatiguée, j’ai des visions et j’entends des
bruits qui n’existent pas, remontons ! » ironisa-t-elle.
Puis elle fit demi-tour, mal à l’aise malgré tout, et
pressa le pas le long des couloirs obscurs.
Dehors, le brouillard étendait ses nappes grises dans
un silence total. Brigitte monta quatre à quatre l’escalier
privé qui conduisait à son appartement. Elle entra d’un
pas vif dans le couloir accueillant, puis se figea ; pas une
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lumière n’était allumée, aucun bruit ne se faisait
entendre ! Jetant sa cape au sol, elle s’engouffra dans la
chambre de Pierre et Lisa ; vide ! Elle hurla dans le
silence, prise malgré elle d’une folle terreur ;
– « Pierre, Lisa, où êtes-vous, répondez, je vous en
prie ! »
Une sueur froide coulait dans son dos, collant à ses
omoplates son fin cardigan de laine.
– « HOUOUUUUUOUHHH ! ! ! ! »
Sautant comme des diables, Pierre et Lisa surgirent
soudain du placard de l’entrée ;
– « On t’a bien eue, hein m’man !? »
D‘une taille nettement plus petite que la normale, et
d’allure fluette, les deux enfants se distinguaient par une
chevelure flamboyante et exubérante, dont aucun
peigne ne venait à bout.
Lisa exhibait une frimousse mince, au nez pointu,
aux yeux ronds et vifs de souris, d’un beau brun
mordoré. Pierre, lui, montrait deux bonnes joues de
hamster sous des yeux noirs frondeurs, et n’était pas
peu fier de la fossette qui lui creusait le menton, digne
héritage de son père !
Prenant conscience du silence et du teint blême de
leur mère, les deux enfants se calmèrent rapidement,
puis la couvrirent de bisous ;
– « C’était juste une blague, tu sais ? »
François, leur père, surgit à son tour de la salle de
bain, l’air penaud.
Mais Brigitte ne sourit pas et expédia les enfants au
lit sans mot dire.
– « Qu’est-ce qu’elle a maman ? » chuchota Pierre à
l’oreille de son père venu les embrasser,
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– « Elle doit être fatiguée, ne t’inquiète pas ! » dit
François, et bientôt les enfants sombrèrent dans un
profond sommeil.
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