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Les guidouilles

De
184 pages
Difficile de quitter ses parents pour trois semaines de camp scout, surtout quand on arrive en cours d'année. Heureusement, chez les guidouilles, les petites peurs ont vite fait de s'envoler. Il n'y a pas une minute à perdre pour vivre l'aventure, et ne faire qu'un avec la nature. Les garçons, l'amitié, Dieu… tout est prétexte à discuter et à chanter autours du feu de veillée. Chloé et ses amies ont de l'énergie plein les gambettes, et des idées plein la tête!
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2 Titre
Les guidouilles

3Titre
Chloé Caffarel
Les guidouilles
Le cirque Brousse
Jeunesse
5Éditions Le Manuscrit
Paris























© Éditions Le Manuscrit 2009
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-02894-2 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304028942 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-02895-9 (livre numérique) 028959 (livre numérique)

6 8 E






A vous toutes, que j’aime tant




Il y a très longtemps, très loin d’ici…

9 E
Les équipes
LES DAUPHINS LES PANTHÈRES LES TOUCANS
Charlotte Gabi Laure
Marta Astrid Leo
Madeleine Marie Juliette
Lisa Laetitia Aurélie
Virginie Adeline Marie-Cha
Chloé Elo

LES ECUREUILS LES CHEFTAINES
Margueritte Marine
Julie Violaine
Inès Fabienne
Ségolène France (intendante)
Flo
Nathalie-Anne

11 Les guidouilles
Petits portraits de quelques guides
Marta
Seconde des Dauphins
Age : 14 ans
Signes distinctifs : garçon manqué
Elle aime : les copains, la pension, ma cou-
sine, la liberté, l’insolence
Elle n’aime pas : les ordres, son frère, les
cours

Madeleine
Nouvelle chez les Dauphins, ma cousine,
également appelée Mad
Age : 12 ans
Signes distinctifs : menue, cheveux bruns,
nonchalante
Elle aime : les aînées, Marta, la psychologie,
flâner
Elle n’aime pas : le réveil, les ordres, les cor-
vées, les cheftaines, la psychologie

Gabi
Age : 15 ans
Signes distinctifs : noire, grande, cheveux
courts, experte en clins d’oeil
Elle aime : l’école, le sport, les guidouilles, le
jeu des 7 erreurs, sa maman
Elle n’aime pas : les cartes, les boussoles, les
mensonges, qu’on l’appelle Gabrielle
12 Les guidouilles

Astrid
Age : 14 ans
Signes distinctifs : yeux bleus, zozotement,
col de chemise relevé
Elle aime : chanter, rigoler, se moquer
Elle n’aime pas : la mollesse, la timidité, les
jeannettes, les livres de la Bibliothèque rose

Marie
Age : 13 ans
Signes distinctifs : lunettes vertes, queue de
cheval
Elle aime : les guidouilles (mais c’est un se-
cret), son amie Laetitia
Elle n’aime pas : les fortes têtes, « Petite Ma-
rie » (le surnom et la chanson), l’intrusion dans
sa vie privée, les tantes éloignées

Laetitia
Age : 12 ans
Signes distinctifs : taches de rousseur, bou-
cles d’or, un peu boulotte
Elle aime : les chaussures à scratch, progres-
ser, Marie
Elle n’aime pas : son appareil dentaire, déso-
béir



13 Les guidouilles

Adeline
Age : 12 ans
Signes distinctifs : grande, menue, cheveux
courts
Elle aime : répondre à tout, qu’on l’appelle
R.A.T., en prononçant toutes les lettres, pour
« Réponse à tout », les devinettes
Elle n’aime pas : se moquer des autres, ré-
pondre à tout, qu’on l’appelle R.A.T. en pro-
nonçant « rat »
14 E
MOI, CHLOÉ
Aux jeannettes, c’était moi la grande. Size-
nière (*) des Coquelicots, j’avais cueilli ma fleur
d’or (*) au tout début du camp. J’amusais la ga-
lerie et j’aidais les petites. Tout cela, c’est du
passé. Maintenant j’ai peur. Maman a coupé le
moteur et se tourne vers moi, toute souriante.
Je prends mon temps pour retarder les adieux.
J’ai peur. Les autres se connaissent déjà, elles
ont participé à plein d’activités pendant l’année,
alors que moi j’arrive tout juste dans la compa-
gnie. J’avais arrêté les scouts car Papa trouvait
que cela bloquait trop les week-ends. Cette fois,
ils sont bien contents que je parte trois semai-
nes en juillet. Ils s‘offrent quinze jours tous les
deux, soit disant en amoureux. Bizarre cette his-
toire de vacances en amoureux, je sens bien que
l’ambiance est tendue à la maison.
Ma cousine Madeleine fait déjà partie de la
compagnie. Elle a plein d’amies. J’espère qu’elle
ne me laissera pas trop tomber, qu’elle m’aidera
à m’intégrer dans le groupe. J’ai demandé à en-
trer dans son équipe.
15 Les guidouilles
Maman glisse quelques mots aux cheftaines
et m’embrasse très fort. Je ne lui dirai pas mais
j’ai quand même un gros coup de cafard. La
maîtrise (*) était à moitié d’accord pour que je
rejoigne la compagnie, j’ai un peu honte car
Maman a beaucoup insisté.
Mon sac pèse trois tonnes. J’ai pourtant es-
sayé de me limiter. J’ai trois tenues d’uniforme,
les vielles Pataugas de ma sœur aînée, un cou-
teau suisse énorme qui déchire les poches, une
lampe torche, mon dizainier (*)...
Bouh, je n’aime pas ces moments de flotte-
ment. On attend tout le monde. C’est affreux
quand on ne connaît personne. Et ma cousine
qui n’est toujours pas là. Je voudrais disparaître,
au moins quelques minutes.
La voici enfin. Plus menue que son sac à dos,
elle traîne des pieds, les bras ballants. Un épi
dans ses cheveux bruns, les yeux brillants, les
paupières lourdes et ses lèvres fines serrées tra-
hissent un réveil difficile. Ma cousine aime les
grasses matinées. Même la journée la plus pro-
metteuse ne saurait la tirer du lit. En apercevant
ses amies, elle finit par s’animer et vient enfin
me sauver de l’embarras.
Dans le car, je m’assieds à côté de Madeleine,
sur la banquette du fond. L’ambiance com-
mence fort : quelques bans (*), et nous passons
déjà aux chansons interdites. Je sais que je
16 Moi, Chloé
chante faux, on n’arrête pas de me le dire à la
maison. Alors je reste discrète.
Après deux heures de route, nous arrivons au
lieu de camp. Un endroit idéal : un pré peu ac-
cidenté, un gros chêne au milieu, la forêt der-
rière, un vallon, un ruisseau. Une aire de jeu, de
l’ombre pour les tentes, du gros bois, du petit,
de l’eau glacée… La compagnie apprécie, et le
fait savoir. « Par saint Georges, vive les gui-
des ! » Je me demande d’où sort ce ban. « Pour
le lieu, hip hip hip ! Houra ! » M’égosiller ainsi
me soulage. Je me sens moins seule.
Premier rassemblement chez nous. Les gui-
des s’alignent en équipe et lancent leurs cris.
« Nous sommes heureuses d’accueillir Chloé
dans la compagnie. Elle rejoindra les Panthè-
res », dit Marine, la cheftaine principale.
Et voilà, j’en étais sûre. Les cheftaines nous
ont séparées. Toutes ces filles sûres d’elles
m’impressionnent, je préfèrerais rester avec ma
cousine.
Nous déjeunons en équipe, l’occasion de se
présenter : Gabrielle, la CE (*), dans la paroisse
depuis huit ans, Astrid, la seconde, l’air hautain,
Marie, dont c’est la troisième année, Laetitia et
Adeline, des nouvelles un peu timides. Et moi
qui bafouille quelques mots pour expliquer
pourquoi je débarque en fin d’année. Elles ont
quand même l’air sympa, ces Panthères. Nous
parlons très vite « installations ». Astrid, la plus
17 Les guidouilles
bavarde, veut monter une tente surélevée, à plu-
sieurs mètres du sol. Je n’ai jamais entendu par-
ler d’une telle construction. Nous allons jouer
les Tom Sawyer, dormir dans les arbres ? Le
rêve. J’espère qu’elle a son badge campisme (*).
Il ne faudrait pas construire une cabane bricolée
n’importe comment.
« Impossible ! », s’exclame Laetitia, l’une des
nouvelles de cette année. Je suis somnambule.
Chez moi, je dois dormir la fenêtre fermée pour
éviter tout accident. Alors, pas question de pas-
ser la nuit dans une tente surélevée... »
Cela me semble en effet plus raisonnable
d’oublier un projet si ambitieux.
– Pfff, s’emporte Astrid. Ses yeux bleus vi-
rent au noir. Quelle idiote cette Laetitia. Som-
nambule ! Elle aurait pu garder cela pour elle.
– Nous avons fait une réunion de prépara-
tion du camp, les cheftaines n’ont pas parlé de
ça, s’étonne Gabrielle, notre chef d’équipe.
C’est le genre de détails qu’elles ne laissent pas
passer.

Les petites joues de Laetitia rougissent. On
ne voit presque plus ses taches de rousseur. Sa
gêne l’a trahie, tout le monde a compris : elle
tremble à l’idée de dormir à deux mètres du sol.
Comme moi. Astrid, qui fait deux têtes de plus,
ne laisse pas passer une occasion de se moquer.
18