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JEUNESSE
Éditions Le Manuscrit 20, rue des Petits-Champs 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.comÉditions Le Manuscrit, 2005 ISBN : 2-7481-5667-6 (Fichier numérique) ISBN : 2-7481-5666-8 (Livre imprimé)
Pour Laure et Jean-David
MA R C-H E N R ISA N D O Z
Chapitre zéro où l’on se demande ce que le dentier de Madame Duchemu vient faire dans cette histoire ? Madame Duchemu ouvre à moitié les yeux. Elle se retourne dans son lit douillet, savourant cet état de demi-sommeil bienheureux qui précède l’éveil complet. Elle se laisse aller encore quelques minutes dans la douce chaleur de ses draps et le moelleux de son oreiller en duvet d’oie véritable. Le soleil d’un radieux matin brille derrière ses volets mi-clos. Nageant dans le bien-être, elle ouvre complètement les yeux. Son radioréveil indique huit heures dix-neuf, il va s’enclencher dans une minute exactement. Elle se prépare avec délices à se réveiller tout à fait et à entrer dans cette nouvelle journée. Et quelle journée : elle a rendez-vous avec ses deux meilleures amies dans le tea-room qui leur sert de quartier général, pour se livrer en leur compagnie à son passe-temps favori : dire du mal des autres. Tout le mal possible. De tous les autres. Tous ceux qu’elles trouvent à se mettre sous la dent. Et la dent, elles l’ont dure, et gourmande avec ça. Rares sont ceux et celles qui échappent à leur passion commune pour la médisance, la calomnie et la suspicion. Des trois, Madame Duchemu est la championne.
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LE S DM E S A V E N T U R E S 'M A G E M A N Q U EU N
Depuis la crise cardiaque de son défunt mari, Albert, il y a quinze ans, Madame Duchemu vit les plus belles années de sa vie : plus de mari à supporter, plus d’enfants à charge, une aide ménagère subventionnée par l’état pour faire son ménage deux fois par semaine et supporter ses plaintes et ses caprices, une petite rente pas énorme mais suffisante. Elle a tout le temps de faire ce qu’elle aime par-dessus tout, et même les petits tracas de santé liés à l’âge lui donnent des occasions de pratiquer son méchant hobby. Elle peut se plaindre du manque d’attention de ses proches, les regarder de haut, et mieux encore, attendre et exiger beaucoup de leur part tout en les critiquant un maximum. Huit heures vingt, la radio se met en marche. Madame Duchemu se réveille tout à fait. Elle s’assied au bord du lit, cherche du pied ses pantoufles roses et tend la main vers sa table de nuit, tâtonnant à la recherche de son dentier, instrument de travail nécessaire pour la journée qui l’attend. Il s’est reposé toute la nuit à côté d’elle, le fidèle croque-mots, dans un liquide désinfectant. C’est alors que Madame Duchemu a un choc, le premier depuis bien longtemps : le dentier n’est plus là. Elle pense d’abord qu’elle l’a oublié sur le coin de son lavabo (la pensée en elle-même n’est pas agréable, elle n’a nulle envie de devenir comme cette vieille radoteuse de voisine de palier qui oublie tout et dont elle parlait justement avec ses amies l’avant-veille). Elle le cherche ensuite dans tout l’appartement, au milieu des livres et des bibelots qui témoignent d’une longue vie sage et raisonnable. Mais Madame Duchemu ne devait jamais retrouver son dentier, de même qu’elle ne devait jamais comprendre ce qui avait pu causer sa disparition. Cela
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