Mémoires d'un cactus

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Au contact de ses grands-parents paternels, Léa - une petite fille solitaire - éprouve le désir d'écrire. Mais son parcours est ponctué de doutes et d'interrogations jusqu'à ce qu'elle trouve l'inspiration par le biais d'un livre oublié sur une étagère et d'une histoire qui, miraculeusement, a résisté au temps. La littérature lui donnera-t-elle les clés du monde adulte ?


Publié le : mardi 4 janvier 2011
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EAN13 : 9782313001493
Nombre de pages : 68
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ROMAN JEUNESSE

Mémoires
d’un cactus

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Jacqueline Dellatana
et Eglantine Bonetto
Éditions Chemins de tr@verse

Pour Loïc, Rémy, Clément et Pierre
Jacqueline

À ma mère, À mon père
Eglantine

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

LES BELLES DE NUIT

LE GOÛT DES MOTS

SUR LES TRACES DE LUCIE

LUCIE PERDUE ET RETROUVÉE

LE VERTIGE DE LA PAGE BLANCHE

LES CLÉS DU MONDE

Introduction

Je m’appelle Léa Durieux, j’ai neuf ans. À l’heure où je vous parle, papa et maman, tous deux ingénieurs en informatique, sont loin de moi. Après avoir longtemps été au chômage, ils ont trouvé un travail à Londres pour un an. Comme j’ai de l’asthme, ils ne m’ont pas emmenée avec eux et je suis allée vivre chez mes grands-parents paternels qui habitent Val Fleuri, aux portes de Marseille. Je n’étais pas d’accord. Mais alors pas du tout. Le docteur a eu beau affirmer que le brouillard était mauvais pour les asthmatiques, je ne l’ai pas cru. Je voulais absolument suivre mes parents en Angleterre.

Malgré mes cris et mes larmes, l’avion est parti sans moi.

– Je te téléphonerai, a dit maman.

Et papa a ajouté :

– Je t’enverrai des cartes postales.

Ah, j’en ai gros sur le cœur ! Je me sens abandonnée. Jamais ils n’auraient dû me laisser seule avec Florimond et Églantine.

Avant, j’habitais un vaste appartement avenue des Chartreux, près de l’ancien zoo de Marseille. J’avais une chambre rien que pour moi et tous les soirs, en sortant de l’école, mon copain Arthur me raccompagnait à la maison. On apprenait les leçons ensemble.

Aujourd’hui, on m’a changée d’école et je ne vois plus Arthur. Ses parents ne veulent pas qu’il prenne seul le métro. Alors pour lui, Val Fleuri c’est presque aussi loin que l’Angleterre. Je n’ai pas de chambre à moi et je dors sur le canapé du salon.

De plus, mon ordinateur est en panne, je ne peux même pas jouer aux jeux vidéo.

Heureusement, il y a Loulou, le chat malicieux qui fait ses griffes sur les chaises en paille. Parfois, il se frotte contre mes mollets et il ronronne. On dirait un ventilateur.

Il y a aussi le jardin fleuri en septembre et un olivier encore plus vieux que mes grands-parents. Planté en 1909, il vient d’avoir cent ans. C’est écrit sur la pancarte au pied de l’arbre.

– Cet olivier est un « rescapé », dit Florimond. En 1956, il a fait si froid que tous les arbres ont gelé. Sauf lui, à l’abri derrière son mur.

Avenue des Chartreux, j’étais toujours contente. Le mercredi, j’allais goûter chez Arthur ou il venait chez moi. On allait au cinéma d’en face. On attendait le feu rouge pour traverser.

À présent, je n’aime plus le mercredi. Assise sur ma chaise, je reste des heures immobile à regarder le ciel. Je pense à Arthur, au chocolat fumant qu’on buvait à quatre heures et aux séances de cinéma.

– Tu t’es vue dans la glace ? demande Églantine, l’œil pétillant de malice. Quand tu fronces les sourcils, tu ressembles à un cactus hérissé de piquants.

– Puisque je suis un cactus, je ne te parle pas.

– Tu as tort ! Moi, je leur parle à mes cactus. Pour me remercier, ils me donnent des fleurs. Des roses, des blanches, des jaunes.

Je hausse les épaules. Franchement, je préfère la compagnie d’Arthur à celle des cactus. Un copain, c’est plus important qu’une plante. Églantine est tellement vieille qu’elle ne doit plus s’en souvenir. Avec ses cheveux relevés en chignon, ses robes montantes et ses petites bottines, elle n’a rien de ces mamies élégantes qui font la pub à la télé.

Quant à Florimond, il m’impressionne. C’est un ancien chef de service à la mairie. Maintenant qu’il est à la retraite, il passe ses après-midi dans l’atelier mitoyen à la maison. Interdiction absolue de franchir le seuil de ce sanctuaire. Cela ne m’empêche pas de regarder par le trou de la serrure.

Assis à son bureau, grand-père lit le journal, prend des notes, consulte un dictionnaire ou remet à neuf de vieux livres jaunis.

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