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Ours bleus et compagnie

De
121 pages
Des situations périlleuses et rocambolesques Des histoires amusantes et pédagogiques Chimiste de formation, Jean-Marc Corpart est cadre dans une grande entreprise internationale. Ces cinq histoires courtes construites à partir d'entrefilets de journaux pour enfants mettent en scène des héros tour à tour sympathiques et attachants. Un poney guide d’aveugles sauve une petite fille perdue dans la forêt. Ours blancs et bleus apprennent à s'aimer malgré leurs différences. Erica, fillette déterminée, échappe à ses ravisseurs. On y constate que les hommes n'ont décidément rien compris à la vie des antilopes sacrées. Quant à Slavek l'hippopotame, il nous enseigne que tolérance et amitié rendent la vie plus belle.
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2 Titre
Ours bleus et compagnie

3Titre
Jean-Marc Corpart
Ours bleus et compagnie
Histoires (presque) vraies
Littérature pour la jeunesse
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01148-7 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304011487 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01149-4 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304011494 (livre numérique)

6





A Lise et Amélie

Dans le journal pour enfants de 8 à 12 ans que li-
sent mes filles, des articles très courts résument les nou-
velles du jour. C’est très bien fait mais il n’y a pas beau-
coup de détails. On ne sait pas pourquoi les éléphants
ont délivré les gazelles ni comment vivent les ours bleus
en Alaska. On ne dit rien sur Tonto, le poney guide
pour aveugles alors qu’il doit être forcément exception-
nel…
Trop frustrant ! Je n’ai pas pu en rester là. Les his-
toires que vous allez lire ont toutes été écrites en partant
de l’un ou l’autre de ces entrefilets. Bien sûr, la réalité
devinée dans les quelques lignes du journal s’est considé-
rablement enrichie mais tous les récits qui suivent ne sont
pas totalement imaginaires.
Bonne lecture !
.
8
UN GUIDE D’AVEUGLE INATTENDU
1
– Qui veut lire maintenant ?
La question de Mademoiselle Kraus traversa
la salle de classe en rencontrant un succès miti-
gé. La plupart des yeux se baissèrent, jouant
l’indifférence. Seule, Catherine, comme toujours
volontaire, leva la main et l’institutrice, avec un
petit sourire de satisfaction, se tourna vers elle
et lui donna la parole :
– Oui, très bien Catherine ! Nous
t’écoutons !
Les doigts de la petite fille se mirent immé-
diatement à courir sur les signes en relief de son
livre et sa voix claire s’éleva. Elle détachait par-
faitement chaque mot et se mit à décrire avec
application et entrain les aventures de la petite
princesse enlevée par les méchants pirates. Ce-
pendant, la matinée arrivait à son terme et la
cloche retentit bientôt mettant fin au récit.
9 Ours bleus et compagnie
Avant de libérer les élèves, Mademoiselle
Kraus leur imposa le silence et leur donna le
programme de l’après-midi :
– Comme c’est le dernier jour de l’année sco-
laire, nous ne travaillerons pas cet après-midi. Si
vous voulez apporter des jeux de société, ils se-
ront les bienvenus et il y aura un goûter sur-
prise. J’espère que vous allez bien vous amuser.
Allez, à tout à l’heure ! Vous pouvez vous lever
et sortir. Dans le calme bien entendu ! Ah, une
dernière chose ! Rappelez bien à vos parents
que la cérémonie de remise des prix de l’école a
lieu demain et qu’il faut qu’ils soient impérati-
vement présents.
Comme d’habitude, Catherine resta assise à
sa place alors que le brouhaha qui régnait au-
tour d’elle la renseignait sur l’évolution de la si-
tuation. Un à un, ses camarades de classe quit-
taient leur place et s’éloignaient. Bientôt, il ne
resta plus que l’institutrice avec elle. Alors, un
bruit de pas familier résonna discrètement vers
la porte. Le visage de la petite fille aveugle
s’éclaira et ele sourit à sa mère qui venait
d’entrer dans la pièce.
2
La directrice de l’école, Madame Callais remit
le prix de mathématique à Laura Bishop qui
descendit de l’estrade sous les applaudissements
10 Un guide d’aveugle inattendu
de l’assistance. Catherine ne tenait plus en
place. Elle allait enfin savoir si son application
tout au long de l’année scolaire avait payé.
Après deux ans passés dans une institution spé-
cialisée pour les petits aveugles où elle se lan-
guissait, elle avait voulu revenir étudier dans
l’école communale comme tous les autres en-
fants de Dalton City, son village. Elle avait ré-
ussi à persuader ses parents et l’institutrice, Ma-
demoiselle Kraus que ça marcherait et ils
avaient tous accepté de jouer le jeu. Ils avaient
rapidement admis que, finalement, seul son ma-
tériel de classe était un peu différent de celui de
ses camarades car adapté à son handicap mais
que, pour le reste, le contenu de ses livres était
bien le même.
L’essai avait été couronné de succès et Ca-
therine avait eu d’excellentes notes pendant
toute l’année. Cependant, elle allait savoir,
maintenant, si la réussite était vraiment totale.
Après les applaudissements, le silence se fit.
Madame Callais s’éclaircit la voix et annonça :
– A présent, je vais procéder à la remise du
prix d’honneur qui récompense le meilleur élève
de la classe de Mademoiselle Kraus. J’appelle
donc sur l’estrade, Catherine Kenneth !
De nouveau, les applaudissements éclatèrent
et le cœur de la petite aveugle se mit à battre
plus fort. Elle se sentit entraînée par sa mère
vers l’avant et monta quelques marches. Le
11 Ours bleus et compagnie
reste de la cérémonie lui échappa quelque peu.
Dans un état second, elle entendit vaguement
que la directrice disait quelques mots. Puis un
morceau de papier enroulé et tenu par un ru-
ban, qui devait être un diplôme, glissa dans sa
main alors que deux bises résonnaient sur ses
joues.
Elle ne commença à percevoir à nouveau
pleinement la réalité qu’une fois revenue au mi-
lieu des spectateurs. C’était la fin de la distribu-
tion des prix et les personnes assemblées dans
la cour de l’école se dispersaient lentement, en
discutant. Avant de partir, de nombreux amis
ou voisins des Kenneth s’arrêtaient pour félici-
ter Catherine. Celle-ci reconnaissait chacun à sa
voix et le remerciait chaleureusement, touchée
par toute cette attention.
Au bout de quelques minutes, leur dernier in-
terlocuteur les ayant quitté, les Kenneth, à leur
tour, s’éloignèrent pour regagner le ranch où ils
habitaient. Quand ils furent installés dans leur
vieille voiture, John le père n’alluma pas tout de
suite le moteur et se tourna vers sa fille. Il se
racla la gorge et dit, l’air ému :
– Catherine, ma chérie, ta maman et moi
sommes vraiment très fiers de toi. Nous vou-
lons te récompenser de tes efforts et nous
avons décidé de t’offrir un chien, mais pas
n’importe quel chien, un chien guide qui puisse
12