Seuls contre tous

De

À Whitfield County, la réputation sulfureuse des Rhodale, trafiquants notoires, n'est plus à faire. Et personne ne les déteste plus que les Whitfield, l'une des familles les plus puissantes de la région.


Dernier né de la lignée Rhodale, Mickey, lui, fait de son mieux pour ne pas suivre l'exemple de ses demi-frères trafiquants.


Après des années de pensionnat, loin des tensions de la petite ville, la très sage Victoria Whitfield, elle, revient vivre dans le ranch familial.


Entre Mickey et Victoria, c'est le coup de foudre.


Cependant, leurs origines ne tardent pas à se rappeler à eux et l'évidence s'impose : un Rhodale et une Whitfield ne peuvent s'aimer en paix. En tout cas, pas ici, à Whitfield County.


Ni sans une rupture douloureuse avec les coutumes familiales...


Publié le : jeudi 5 février 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782732469355
Nombre de pages : 400
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Lucy Connors
Traduit de l’anglais (ÉtatsUnis) par AnneJudith Descombey
Photographies de couverture : © solominviktor/Shutterstock ; © iurii/Shutterstock Arrièreplan : © American Spirit/Shutterstock ; © Lucy Liu/Shutterstock ; © Roman Tsubin/Shutterstock
Édition originale publiée en 2014 sous le titreThe Lonesome Young par Razorbill, un département de Penguin Young Readers Group, Penguin Group (USA) LLC, New York. © 2014 Penguin Group (USA) LLC Tous droits réservés.
Pour la traduction française : © 2015 Éditions de La Martinière Jeunesse, une marque de La Martinière Groupe, Paris. ISBN : 9782732469348
www.lamartinierejeunesse.fr www.lamartinieregroupe.com
Conforme à la loi n° 49956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse.
chapitre premier victoria
l arrive que même les échecs des autres vous fassent joIurs, et un reste de cette honte troublait encore mes pensées honte. C’est ce que j’avais appris à mes dépens ces derniers tandis que je regardais le soleil descendre et les kilomètres défiler sur le trajet de l’aéroport de Louisville au ranch. — Alors, quelle impression ça fait d’avoir toute la famille à plein temps au ranch ? demandaije à Pete, l’intendant de ma grandmère, et je remarquai alors sur son visage bronzé des rides que je ne me rappelais pas avoir vues seulement quelques mois plus tôt, pendant notre habituel séjour en été. Estce que papa t’explique comment tu dois faire ton travail, pour changer ? Les sirènes d’un essaim de voitures de pompiers l’empê chèrent de me répondre. Après le virage qui contournait la colline, il ralentit, puis se gara sur le bascôté. De là, on avait une vue dégagée sur les environs, sur le rougeoiement d’un feu gigantesque dans le lointain et sur un nuage de fumée noire qui se détachait dans la lumière du crépuscule. — Bon sang, qu’estce que c’est ? fit Pete en allumant ses clignotants d’urgence avant de prendre son téléphone. Qu’estce qui peut brûler comme ça ? Il n’y a que des
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arbres sur cette colline, mais on ne dirait pas que ce sont des arbres qui brûlent. Quatre voitures de pompiers passèrent en trombe devant nous. Je profitai de ce que Pete bombardait de questions son interlocuteur au téléphone pour descendre de voi ture. J’avais besoin de dégourdir mes jambes restées à l’étroit plusieurs heures dans l’avion, puis dans la vieille camionnette. La puanteur me frappa en premier. Même à cette dis tance, la fumée me brûlait les yeux et les narines à chaque respiration. Elle avait une âcreté et une odeur différentes de celles des feux de forêt que je connaissais bien, avec des relents métalliques et presque acides qui me rappelaient davantage mes cours de chimie qu’un incendie. Le rugissement de motos, d’abord assourdi par le flanc de la colline, monta à la sortie du virage. Je reculai par réflexe alors que j’étais loin de la chaussée. Le motard de tête, dont le long corps mince était penché comme s’il éperonnait sa moto, tourna vers moi son visage casqué, et je sentis un frisson – d’angoisse ou d’excitation ? – courir le long de mon dos. Les motards me dépassèrent et la fugitive sensation de danger éprouvée à leur approche disparut avec eux, me laissant vide et désemparée. Je secouai la tête, agacée par ces divagations qui ne me ressemblaient guère. — Victoria ! Il faut repartir. Je tournai la tête vers la camionnette, dans laquelle Pete me faisait signe de me grouiller, selon une de ses expressions favorites. Je remontai sans traîner et attachai ma ceinture. — Que se passetil ? demandaije. — Un grand incendie à l’ancienne baraque des Light water. Il faut aller làbas, et vite. À son expression sinistre, je compris que c’était grave.
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Nous filions maintenant vers les flammes lointaines dans le sillage des motards. Pour la première fois depuis que papa m’avait téléphoné pour me dire que je devais quitter le pensionnat, j’eus l’impression qu’un trait de lumière dissipait mes idées noires au souvenir de ce jeune homme à moto qui avait tourné la tête pour me dévisager sous l’anonymat de son casque, et cette vision persista à l’arrièreplan de ma conscience pendant le reste du trajet.
chapitre 2 mickey
e fonçai vers l’incendie en emportant l’image de cette J fille entrevue au bord de la route. Elle m’avait regardé, les lèvres entrouvertes, ses cheveux blond pâle voletant autour de son visage. Elle était splendide. Et élégante, même en jean et en polo. Je n’avais aucune idée de qui il s’agissait, même si la camionnette m’était vaguement familière. Ici, dans le comté de Whitfield, on reconnaît ses voisins à leurs voitures et à leurs camionnettes avant même d’avoir vu leurs visages. La Ford Focus bleu délavé avec l’éraflure près du feu arrière gauche, c’est le gars qui boit un peu trop et qui traîne toujours un peu trop longtemps au pub irlandais. La Chevy rouge et blanc superpuissante, c’est celui qui aime tabasser ses petites amies. L’Escape vert menthe, c’est celle de ces petites amies qui a riposté un jour. Le nez du gars à la Chevy a maintenant moins fière allure. Mais cette fille… j’étais incapable de l’associer au moindre véhicule. Elle avait visiblement de l’argent. Elle était élé gante, mais avec discrétion. Sûrement riche, malgré cette camionnette cabossée. Et pratiquement inaccessible, en tout cas pour quelqu’un comme moi. Cette idée me rendit furieux, je pris le virage suivant trop vite, faillis déraper et
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