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Un conte pour ton prénom

De
201 pages
Pour la troisième fois partez à la découverte d'autres petits animaux qui ont la particularité d'avoir un prénom. Aventures, exploits, tous ces récits vous mèneront à travers les cinq continents. A la suite, découvrez un conte écrit et joué sur scène à Feisson - sur - Isère avec la participation de treize enfants qui vivent dans la région de Tarentaise en Savoie, intitulé les animaux se rebiffent ! Qu'ont-ils imaginé pour la prévention du parc de la Vanoise ? Vous le découvrirez en lisant cet ouvrage !
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2 Titre
Un conte pour
ton prénom

3Titre
Josèphe Gadois
Un conte pour
ton prénom
Tome 3
Littérature pour la jeunesse
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-02418-0 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304024180 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-02419-7 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304024197 (livre numérique)

6 .
8
ALLAN, LE KOALA AU GRAND CŒUR !
À la tombée de la nuit, en Australie, il est de cou-
tume, dans les maisons familiales, de raconter l’histoire
d’un gentil Koala, juste avant que les petits-enfants
s’endorment. Il faut dire que là-bas, c’est précisément le
pays où l’on peut apercevoir dans les arbres un drôle de
petit nounours aux oreilles rondes et au pelage très doux
de couleur argentée, très comiquement accroché aux bran-
ches. Il s’appelle Allan et voici son histoire :
Ce matin-là, juste à l’orée des eucalyptus, un
groupe de jeunes koalas faisaient la course pour
arriver le premier au plus haut de la cime des
immenses arbres que constituait cette forêt.
Depuis qu’ils avaient ouvert leurs yeux, au
lever du soleil, ils n’arrêtaient pas de se chamail-
ler pour savoir qui était, parmi eux, le plus ra-
pide.
Woulle le plus grand de tous certifiait qu’il
pouvait battre n’importe lequel de tous ! Walle
le plus jeune l’interpellait en disant :
– Même pas peur de Toi ! C’est moi qui arri-
verais le premier !
9 Allan, Le Koala au grand cœur !
Wolle un autre koala grand et mince par la
taille mais souvent très indécis se balançait
d’une patte sur l’autre sans savoir s’il devait oui
ou non prendre part à cette altercation.
Wille le cousin d’Allan essayait, tant bien que
mal, de calmer tous ces petits énergumènes
mais sans grande efficacité.
Woilly plus raisonnable proposa de faire une
course :
– Ainsi nous verrons bien lequel d’entre
nous qui sera le plus rapide ! avait-il dit
Woillou et Woilla, les deux plus petits koalas
s’en allèrent cueillir quelques branches
d’eucalyptus en fleur pour la remise du bouquet
au vainqueur pendant que le Woillon proposait
au groupe des concurrents pour acceptation les
règles du jeu. :
– Il est interdit de se mordre les pattes et de
faire tomber son adversaire !
– Je ne vais pas me faire ralentir par un
blanc-bec, tout de même ! répliqua Woulle
– Ben, si ! disait Walle pour lui tenir tête
– Non ! Non ! Le premier que je surprends
sera disqualifié ! insista Woillon
– J’ai une solution ! On n’a qu’à se choisir
chacun un arbre, il y en a bien assez pour tous !
Ainsi personne ne pourra dire qu’un autre l’a
gêné dans son ascension ! dit le cousin Wille
– Mais, on ne va pas faire la course mainte-
nant, il faut d’abord s’entraîner ! proposa, timi-
10 Josèphe Gadois
dement Wolle qui venait tout juste de se décider
à participer à la course.
Dans un coin, sur une branche, Allan obser-
vait ses amis. À côté de lui, son petit frère Ala-
nys regardait la scène avec envie. Il aurait bien
voulu participer à cette course, mais depuis
quelques semaines déjà, il toussait beaucoup et
malgré les remèdes que lui donnait sa maman, il
était bien fatigué. Par instants, il soupirait de
déception en disant tout bas :
– J’ai vraiment pas de chance ! Je suis tou-
jours malade, pourquoi ? Les autres sont là en-
trains de se disputer et ils sont tous en bonne
santé, eux ! Qu’ai-je donc fais de mal pour être
ainsi ?
En entendant ces mots, Allan regarda son
petit frère. Il s’approcha de lui et passant le bras
autour de ses épaules, il dit pour le réconforter :
– Non ! Ce n’est pas de ta faute ! Tu n’as rien
fait de mal ! Dans la vie, certains d’entre nous
n’ont pas les mêmes dispositions que les autres.
Cela ne veut pas dire que nous sommes moins
bien que les autres ! On est tous des êtres uni-
ques, c’est ce qui fait notre différence mais aussi
notre importance ! Si l’on veut vraiment quel-
que chose, on peut l’avoir ! Il faut en être
convaincu ! Rien n’est impossible ! Il suffit de
trouver les moyens de réussir et de s’en donner
la peine.
11 Allan, Le Koala au grand cœur !
Alanys regarda son grand frère avec de gros-
ses larmes dans les yeux :
– Oui ! Mais je ne pourrais pas faire cette
course avec eux même si je prends bien mes
médicaments. Le docteur a bien dit qu’il ne fal-
lait pas que je ne fasse d’effort ! Tu vas la faire
Toi, cette course, hein ?
Allan le petit koala sourit tout à coup :
– Oui ! Je vais la faire pour Toi ! Je n'en avais
pas envie mais pour Toi, je vais redoubler
d’efforts et Toi, Alanys, tu seras mon coach !
Es-tu d’accord ?
Alanys fit une grimace qui ressemblait à un
sourire. Il pensait déjà : Etre le coach d’Allan
c’était déjà bien et si grâce à mes encourage-
ments Allan était le premier, j’en serais très fier.
Comme toutes les règles avaient été énoncées
et que tout le groupe était satisfait, le rendez-
vous pour l’entraînement fut pris pour le len-
demain matin.
Toute la nuit, les petits koalas ne rêvèrent
que de leur réussite.
Alanys, lui, se voyait déjà entrain de houspil-
ler son grand frère en disant :
– Allez ! Plus vite ! Plus vite ! N’oublie pas
de souffler et de respirer régulièrement ! Ne te
précipite pas ! Ménages tes forces, l’arbre est
très haut ! Faite attention aux petites branches !
N’oublie pas de mâchouiller une feuille de
temps en temps pour t’hydrater !
12 Josèphe Gadois
Alanys n’avait pas dit à Allan son plus grand
souhait. Celui qu’il gardait bien secret au fond
de son cœur : il n’était jamais allé très haut dans
les cimes des arbres, même quand il était plus
petit et qu’il était juché sur le dos de sa maman.
Malade dès sa naissance, sa mère n’avait jamais
songé à lui montrer la beauté des lieux du
sommet des arbres, cet espace rouge par la
terre, ayant des couleurs vertes par les arbres et
les buissons, coloré par les oiseaux nichés sur
les branches et bleu par le ciel, sans oublier le
scintillement de l’eau, courant dans les ruis-
seaux ! Il avait entendu les siens parler de la
couleur du coucher de soleil se cachant à
l’horizon et de l’ombre grandissante à la tombée
de la nuit. Et lui n’avait jamais rien vu de tout
cela. Quand il pensait qu’il ne le verrait jamais,
un gros sanglot venait envahir sa poitrine et
bien souvent une larme glissait le long de sa
joue duveteuse jusque dans son cou. Parfois,
d’un geste rapide il l’essuyait surtout s’il aperce-
vait le regard de sa mère qui se posait sur lui.

Le lendemain matin, les rayons du soleil
n’avaient eu à peine le temps de sortir à
l’horizon que déjà les petites boules de poils ar-
gentés s’étaient réveillés et précipitées aux pieds
des arbres. Elles ne s’étaient pas engagées sur le
sol jonché d’herbe car elles auraient été une
proie facile pour les prédateurs qui les guet-
13 Allan, Le Koala au grand cœur !
taient à chaque instant. Les petits koalas étaient
bien plus habiles dans les arbres. Donc, puisque
chacun avait choisi le sien, Wille se proposa
d’être l’arbitre et, de ce fait, de donner le signal :
– Ceci n’est qu’un entraînement ! Le résultat
ne compte pas vraiment. La course réelle sera
pour demain. Pour cette course, il faut que nous
avertissions nos familles et tous ceux qui vou-
dront se joindre à nous pour voir cet exploit !
avait conclu Wille avant de siffler trois coups
successifs pour donner le départ.
C’est le grand Woulle qui arriva le premier :
– Je vous l’avais dit ! C’est même pas la peine
de faire la course demain. Je ferais comme au-
jourd’hui, je serais en tête ! criait-il perché tout
là-haut sur son arbre.

Quand le grand jour se leva, il n’y avait pas
un seul nuage à l’horizon et la journée
s’annonçait très chaude. Aux pieds des arbres,
une foule de spectateurs s’était installée : il y
avait là, outre les familles de koalas, plusieurs
familles de kangourous, des chiens de prairies,
des opossums, des familles au grand complet de
lièvres, quelques oiseaux dans les arbres limi-
trophes et bien d’autres encore.
Wille s’était fait une casquette de feuilles
d'eucalyptus pour que tout le monde sache que
c’était lui l’arbitre qui contrôlait la compétition
et sifflerait à la moindre incartade.
14 Josèphe Gadois
Alanys avait de grands cernes à ses petits
yeux. Il toussait beaucoup car il avait trop crié
pendant l’entraînement. Il ne le regrettait pas
puisque son frère Allan était arrivé le
deuxième ! Aujourd’hui, il pourrait peut-être
arriver le premier, qui sait ? Il l’espérait vive-
ment ! Il monta malgré sa fatigue quelques
branches avant d’être à bout de souffle. Puis
Alanys s’installa confortablement pour voir son
frère Allan le plus longtemps possible dans son
ascension.

Bientôt, tout la foule resta silencieuse durant
quelques instants à la demande de Wille. Il fal-
lait que les concurrents entendent le sifflet du
départ. Tous retenaient leur souffle. Et soudain,
les trois coups envahirent la forêt.
Alors le public se déchaîna pour encourager
leur idole. On entendait un vacarme assourdis-
sant où quelquefois, un nom ou bien une in-
jonction sortaient du flot de paroles :
– Allez, plus vite ! Hou ! Tu te traînes, fai-
néant ! Va-y ! Bouge-toi ! Attention à la bran-
che ! Allez grimpe…. !

Les petits koalas s’étaient jetés dans
l’ascension des branches à corps perdu, tous
bien décidés à être le premier. Ils ne ména-
geaient pas un instant leurs forces. Mais, petit à
petit, ils ralentirent, leurs pattes glissant énor-
15 Allan, Le Koala au grand cœur !
mément sur le tronc ou se trouvant coincé entre
deux branches. Certains n’avaient plus de souf-
fle. Ils abandonnaient les uns après les autres
pour s’être blessé, d’autres pour avoir les mem-
bres trop endoloris. Leur gorge sèche les brû-
lait. Les plus jeunes pleuraient à chaud de lar-
mes, déçus de ne pas pouvoir continuer.
Il ne resta bientôt en course que deux seuls
concurrents.
Woule, de temps en temps, jetait un regard
plein de haine sur Allan qui progressait avec
persévérance et conviction. Woule était un
mauvais perdant, il ne supportait pas que quel-
qu’un d’autres soit plus fort que lui. Il était près
à tout pour gagner.
Pendant ce temps, Allan, concentré sur ses
gestes, se remémorait les indications que lui
avait données Alanys son petit entraîneur. Il
pensait à tout ce que lui avait crié maintes fois
son jeune frère durant l’entraînement :
– N’oublie pas de mâcher quelques feuilles
d’eucalyptus pour te désaltérer ! Monte tranquil-
lement, ménage tes forces ! Inutile de se pres-
ser ! Contrôle chacun de tes mouvements !
Il avait pourtant comme tous les autres mal
dans les muscles de ses pattes, deux fois il s’était
griffé avec une branche lui occasionnant une
plaie qui par moments saignait un peu. Mais il
voulait gagner pour son petit frère. Grâce cette
pensée, il redoubla d’effort, tant et si bien qu’il
16 Josèphe Gadois
dépassa largement Woulle. Devant les clameurs
encourageantes de la foule, celui-ci lui jeta un
regard glacial en disant :
– Sale blanc-bec, tu te prends pour qui !
Le public était en délire ! Allan entendait son
nom scandé avec force. Il était presque à la
cime quand une pensée lui traversa l’esprit :
Encore un petit effort et je serais le premier, je
verrais l’horizon, la nature si belle ! Une énorme
bouffée de bonheur l’envahissait déjà quand
tout à coup, il revit les yeux de son petit frère
Alanys pleins de larmes qui n’avaient jamais eu
la chance de voir ce si beau paysage :
– Je ne peux pas en profiter tout seul ! Non !
C’est impossible !
Soudain, surprise, la foule resta sans voix.
Elle venait de constater qu’au lieu de grimper
sur la dernière branche, et de crier victoire, Al-
lan était entrain de faire demi-tour et de redes-
cendre en direction de Alanys.
Le cri de victoire de Woulle n’eut aucun écho
car tous les spectateurs suivaient du regard la
progression d’Allan. Interloqués, ils pensaient :
– Mais ! Mais ! Il est fou ! Qu’est-ce qu’il fa-
brique ?
La réponse fut donnée quand ils aperçurent
Allan reprendre son ascension avec sur son dos,
son petit frère Alanys.
Mais personne ne parlait. Même la brise avait
cessé !
17 Allan, Le Koala au grand cœur !
Woulle, en silence, perplexe ne comprenait
toujours pas pourquoi Allan avait fait demi-
tour :
– Il devait gagner normalement, il est fou !
Pourquoi a-t-il…
Mais il ne termina pas sa phrase car tous les
regards suivaient le petit koala qui emmenait
son frère voir pour la première fois ce si beau
paysage vu des cimes !
Allan déposa son petit frère à côté de lui et il
perçut immédiatement l'immense étonnement
d’Alanys. La vue lui coupait le souffle. Ses yeux
s’agrandissaient par le spectacle, qu’il découvrait
au fur et à mesure qu’il portait son regard au
loin. Il ne cessait de répéter :
– Oh ! Que c’est beau ! Que c’est beau ! Oh !
C’est magnifique ! C’est grandiose !
Son cœur explosait de joie ! Son voeu était
devenu réalité. Alanys se demandait s’il n’était
pas entrain de rêver quand la voix grave de son
grand frère lui dit :
– J’ai compris, tout à l’heure que ce n’est pas
la réussite de cette course qui était importante,
c’était plutôt que tu partages avec moi cette joie
de voir tout ce qui existe jusqu’à l’horizon pour
la première fois !
Alanys se jeta alors dans les bras d’Allan qui
le berça tendrement en disant :
18 Josèphe Gadois
– Tu vois, c’est ce que je t’avais dit : il y a
toujours un moyen de réaliser ses rêves, il suffit
de le trouver et de s’en donner la peine !
Woulle, à quelques mètres de là, avait enten-
du la conversation des deux frères. Il se sentait,
à présent, très gêné d’être le vainqueur ! Le plus
méritant, il en convenait tout au fond de son
cœur, c’était Allan qui avait sacrifié sa victoire
pour réaliser et faire partager cette si grande joie
à son petit frère malade.
Alors, à la surprise de tous, Woulle s’écria :
– Le vainqueur, c’est Allan ! Bravo ! Tu es le
plus gentil koala que je connaisse car tu as un
grand cœur ! Et c’est ce qui est le plus impor-
tant dans la vie !
Toute la foule salua cette juste décision !
Allan, avec toujours son petit frère accroché
sur son dos, reçu donc le titre de vainqueur de
la course de la plus haute cime et quatre gros
bisous de Woilou et Woilla ainsi qu’un énorme
bouquet de fleurs d’eucalyptus tout fraîchement
cueilli.

Conte écrit pour Allan, juin 2008
19 Allan, Le Koala au grand cœur !
Tu peux dessiner, sur cette page, les per-
sonnages de ce conte.


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