Un conte pour ton prénom - Tome 1

De
Publié par

Envie de voyage et de dépaysement ? Rejoignez Damiano et son troupeau dans l’immensité de la toundra. Découvrez l’étrange village de glace. Remontez les cours d’eau jusqu’à la montagne avec Océane. Emerveillez-vous devant un splendide coucher de soleil aux côtés de Delphine la dauphine. Partez à la découverte du trésor des profondeurs de la Mer Rouge… Evadez-vous le temps d’un conte !
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 193
Tags :
EAN13 : 9782748161229
Nombre de pages : 147
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Un conte pour ton prénom
Josèphe Gadois
Un conte pour ton prénom
TOME 1




JEUNESSE












Le Manuscrit
www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2005
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-6123-8 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-6122-X (livre imprimé)







À tous les enfants, qui ont rêvé d’avoir une histoire pour eux !

JOSÈPHE GADOIS





DELPHINE LA PETITE DAUPHINE



Il était une fois, une famille de dauphins qui
vivait tranquillement dans la Mer Egée entre la Grèce et
la Turquie. Le papa dauphin, Prince, était très comblé
car bientôt sa compagne, Douceline, allait mettre, une
nouvelle fois, au monde, un petit bébé !
Pour cet heureux événement, toute la famille
attendait impatiemment. Elle s’était rassemblée, joyeuse
et les plus habiles faisaient des concours de sauts en
hauteur. Quand ils retombaient dans les flots, de
grandes gerbes jaillissaient comme des énormes
bouquets de fleurs de mimosas mais de couleur blanche.
Ils étaient tellement absorbés par leurs jeux qu’aucun
d’eux ne vit arriver les chalutiers draguant la mer à la
recherche de ces mammifères pour les vendre à des
propriétaires d’aqualande, peu scrupuleux.

Quand les guetteurs donnèrent l’alerte, il était
déjà trop tard. Certains sautèrent au-dessus des grands
filets, et Douceline fit beaucoup d’efforts pour se
délivrer mais hélas, restant prisonnière le grand chalut la
remonta dans ses flancs. Toute la famille se mit à la
poursuite du bateau en poussant de grands cris, en
évitant, cependant, les marins et leurs filets.
Quand le soir arriva, les pêcheurs s’en
retournèrent au port avec leurs butins. Là-bas, de
11 UN CONTE POUR TON PRÉNOM
grands camions attendaient leur cargaison pour s’en
aller aux quatre coins du monde.

Douceline avait très peur et le voyage lui parut
une éternité. Sans cesse, elle appelait sa famille, mais
personne ne pouvait plus l’entendre, désormais. C’est
dans la nuit que des hommes la déposèrent dans un
grand bassin. Seule, isolée, pleine de tristesse, elle
tournait en rond, sans un son. Mais voici qu’au lever du
soleil, elle ressentit les premiers signes de la venue de
son bébé.
Quelques instants plus tard, jaillit de son ventre, une
toute petite dauphine, d’un gris perle avec une tache
blanche sur le devant de son aileron, qui lui donnait un
air très coquin.

La petite dauphine pleine de vie se mit à nager
autour de sa maman à la recherche de son premier
repas. Repue, elle frétilla vivement pressée d’aller à la
découverte du monde qui l’entourait. Mais, elle n’osa
pas, instinctivement s’éloigner de sa maman.
Douceline était souvent mélancolique en pensant
à son compagnon et tous les autres membres de sa
famille. La petite dauphine, elle, ne connaissait que le
bassin et bien-sûre ne comprenait pas les excès de
tristesse de sa maman : « Viens zouer avec Moi ! » disait-
elle avec le petit défaut de langage des enfants qui n’ont
pas encore toutes leurs dents.

Au-dessus du bassin, une fillette observait
souvent la scène. De temps en temps, elle trempait ses
doigts en les agitant pour faire venir la maman dauphin
et son bébé. Mais la maman restait le plus loin possible.
12JOSÈPHE GADOIS

Elle qui pensait que les hommes étaient tous ses amis !
Comment pouvaient-ils l’avoir emmené si loin de sa
maison !

Quand la petite fille posa doucement sa main en
une caresse sur le flanc de Delphine, elle ressentit, après
la surprise de ce contact, une tendre chaleur qui lui
procura beaucoup de plaisir. La petite fille lui
murmurait des mots gentils qui la rassuraient. Moins
craintive désormais, elle nagea à toute vitesse dans le
bassin. La petite fille riait aux éclats devant les prouesses
de la petite dauphine : « Tu vas devenir mon amie, lui
assura-t-elle, mais pour cela, il te faut un prénom, Moi,
je m’appelle Kary ! » Alors, la fillette commença par
énoncer quelques prénoms, attentive à la réaction de la
petite dauphine :
« Rajad ! » « Mais, ze suis pas un très gros
tigre ! »s’exclama la petite dauphine.
« Mimisicu ! » « Mais, ze ne suis pas un
Indien ! »continuait-elle. « Josette, Charlotte, Odile,
Suzanne ! » « Non ! Non ! » gémissait la petite dauphine,
j’en veux un mieux que ceux-là ! Kary répondit : « Oh !
Là ! Là ! Que tu es compliquée petite dauphine !
Dauphine ! Dauphine ! Ah ! Mais oui ! Pourquoi pas !
Et Delphine ! ce prénom te plairait-il ? » questionna-t-
elle, un peu agacée de ne pas trouver un nom
rapidement et surtout qui plaise à sa future amie. La
petite dauphine répéta le prénom lentement et plusieurs
fois : « Delphine, Delphine ! » et puis plus fort : « Oui !
Oui ! Oh ! Oui ! Je veux bien m’appeler Delphine ! »
Et elle jaillit hors de l’eau pour donner son approbation.

13 UN CONTE POUR TON PRÉNOM
Delphine, la petite dauphine s’amusait
énormément. Maintenant, elle apprenait à faire des sauts
retournés sous la direction de son amie, Kary, qui,
comme elle, grandissait beaucoup : « Pourquoi es-tu
toujours aussi triste, Maman ! » questionnait Delphine,
parfois inquiète devant la mélancolie de sa mère.
« C’est que je pense souvent à notre maison et à notre
famille ! » répondait-elle doucement.

« Raconte-moi donc ! Comment c’est là-bas chez nous ?
Ai-je beaucoup de frères et de sœurs et de cousins et
d’oncles et de tantes ? » continuait-telle inlassable et
curieuse de la vie de sa famille, qui pour elle était si
mystérieuse.

Sa maman, dans ces moments-là, s’agitait, sautait et
montrait toutes les figures que faisait sa famille en
bondissant et retombant dans la mer, comme de véritables
acrobates : « … Et puis, si tu nous avais vu coursant les
bateaux à toute allure, ou bien fendant la mer devant leur
proue, je suis sûre que cela t’aurait plus ! »

Pendant ses récits, Douceline, la Maman de
Delphine devenait si enjouée et même très euphorique :
« …Et nos descentes dans le monde du silence, parfois,
nous avons accompagné les immenses tortues luths qui
traversent les océans, de part en part et aussi les gros
cétacés. À cette époque, nous défendions les hommes
qui étaient attaqués par les requins ou bien, nous les
ramenions vers le rivages, lorsque leur bateau avait été
englouti ! Mais, tu vois, rien n’est plus beau que nos
bonds hors de l’eau, au moment du coucher du soleil !
Avec cette parade, nous saluons l’astre lumineux et le
14

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.