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Un conte pour ton prénom - Tome 2

De
199 pages
Que d'aventures avec ces petits animaux méconnus vivant à travers le monde et qui ont la particularité d'avoir un prénom. Saurons -nous si Jasmin est un poussin poête ? Emma, le puma chasse-t-elle vraiment la nuit ? Que cherche Thomas le wombat ? Comment Jade la loutre joue-t-elle du piano au fond de l'océan ? Que va faire Camille le polatouche pour aller à l'école ? Cyprien, le woodchuck siffle pourquoi ? Mathis, le pica fait ses provisions à quel endroit ?Lili-Rose la mangouste retrouvera-t-elle ses cousins ? Loïs-Loup serait-il fabulateur ou un petit comique? Les réponses sont dans ce deuxième tome.
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prénom Josèphe Gadois
Un conte pour ton
prénom
Tome 2
Jeunesse



Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com
ISBN : 2-7481-8071-2 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748180718 (livre numérique)
ISBN : 2-7481-8070-4 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748180701 (livre imprimé)




Pour ceux qui ont gardé une âme d’enfant






« RAPHAËL » LE TAPIR TRÈS CURIEUX.

Tous les animaux sont en émoi dans la jungle
brésilienne, car ce matin, un petit est né. Et quel
drôle de petit phénomène que voilà ! Tout mi-
gnon certes, il fait la curiosité de tous. Assis sur
une branche, un perroquet converse avec une
perruche :
– Je te dis que c’est un zèbre, vois comme il
est rayé ! J’en ai déjà vu un, comme cela, dans
un livre qu’un touriste a laissé traîné dans le
dernier bosquet de droite ! Sauf que celui de la
photo, il ressemblait un peu plus à un âne !
– Non ! C’est un croisé rhinocéros cheval !
Ou bien, c’est une nouvelle espèce de cochons
sauvages ! Tu ne crois pas ? Au fait, je l’ai re-
gardé aussi ce journal, il y avait plein d’animaux
d’Afrique ! Ils sont bien différents de ceux qui
habitent en dessous de nous ! continuait la per-
ruche.
Derrière eux, un singe se mit à rire bruyam-
ment :
– Tu parles ! Ce petit rayé, on dirait un me-
lon d’eau sur pattes ! Et il s’en alla pris d’un fou
11
rire. Un big horse-killingcat « lion des montagnes » qui
passait par là, en levant la tête, répliqua :
– Vous n’avez pas fini de vous moquer !
Bande d’ignorants que vous êtes !
Et à son tour, il partit vers son repaire.
Caché derrière une grande feuille de fougère,
le petit animal se demandait bien de qui tous
ces animaux parlaient. Lui, sa première préoc-
cupation, c’était de se mettre debout ! Il avait
bien du mal à tenir sur ses quatre jeunes pattes
et il n’arrivait pas à comprendre ce qui se pas-
sait réellement. Il fit quelques pas et… Patatras,
il s’aplatit le museau dans le ruisseau :
– Attention, mon petit Raf ! Tu vas te faire
mal ! résonna derrière lui une voix qu’il trouva
toute douce.
– Viens ! Viens Raphaël tout près de moi !
Surtout ne t’éloigne pas, il y a plein de dangers
dans cette forêt. Tu dois apprendre à reconnaî-
tre tout ce qui t’entoure afin de vivre le plus
longtemps possible. Si tu ne deviens pas ma-
lade, si tu déjoues tous les pièges qui te seront
tendus et que tu manges bien trois fois par jour
les herbes que tu trouveras pour ton repas, tu
pourras fêter tes trente années allègrement,
sois-en certain !
C’était la maman de Raphaël le petit tapir.
Tout là-haut, le vilain perroquet continuait
ses moqueries :
– Tu sais ce que dit la légende ?
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– Non ! Répliquait la perruche toujours aus-
si attentive aux commérages.
– On raconte, hi ! hi ! hi !
Le perroquet avait à son tour le fou rire.
– Il paraît que ce petit animal curieux a été
créé par erreur ! Oui ! Le créateur étant un peu
étourdi, se serait trompé dans les proportions,
regarde-le bien ! Il a une trompe semblable à
celle d’un éléphant, un corps de porc, des sa-
bots de bœuf et des pattes de rhinocéros ! Sans
parler de sa peau ! Les hommes en font du bon
cuir !
Et le perroquet glissa de sa branche, secoué
par ses rires. Il battit des ailes rapidement et re-
vint se mettre à sa place. En entendant cela,
Raphaël se regarda dans les eaux tranquilles du
ruisseau. Oui ! Oui ! Il ressemblait bien à tout
cela apparemment, mais qu’est-ce que cela pou-
vait bien faire ! Il n’était pas le seul, puisque sa
maman lui ressemblait comme deux gouttes
d’eau. Il ne trouvait pas matière à rire. Aussi se
ressaisit-il et en conclut-il que ces deux oiseaux
n’étaient guère intéressants. Raphaël préféra
sans aller sur les sentiers, précédé par sa ma-
man.
– Viens ! Je vais te faire visiter notre terri-
toire, tu pourras l’explorer à ta guise après ! Tu
sais, ici, les hommes ne viennent pas ! Il n’y a
pas de danger pour notre peau ! Personne ne
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nous chasse ! Tu peux te faire des amis, si tu le
veux ! Et surtout, n’écoute pas les sots !
Raphaël le tapir arriva près d’un petit lac. Il
scintillait sous le soleil et une petite loutre était
en train de se baigner. Elle plongeait, revenait
vers le rivage, puis replongeait en disparaissant
pendant quelques minutes sous l’eau. Raphaël
se dit qu’il pourrait faire de même et d’un seul
bon, il plongea à son tour. Un énorme plouf re-
tentit! Et il s’enfonça dans les eaux fraîches. Ses
pattes touchèrent le fond. Pris de panique, le
petit tapir se mit à gesticuler en tout sens. Et ce-
la lui permit de remonter à la surface. Quand sa
tête fut hors de l’eau, par instinct, il avala une
grande goulée d’air. Son corps, devenu comme
un bouchon, flotta comme il faut.
– C’est pas mal ! Je ne savais pas qu’un petit
tapir savait si bien nager ! Cela est super agréa-
ble de se baigner, n’est-ce pas ! Au fait, c’est
quoi, ton nom ? dit la loutre qui nageait main-
tenant en faisant des ronds autour du petit tapir
qui regagnait la rive, tant bien que mal, la peur
au ventre et pourtant fier de son exploit.
Le petit tapir sortit du lac et s’ébroua, éclabous-
sant ainsi la loutre et un raton laveur qui net-
toyait ses fruits et dont il n’avait pas remarqué
la présence.
– Oh là là ! Tu ne peux pas faire attention !
bougonna le raton laveur.
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– Oh ! Pardon ! Je ne l’ai pas fait exprès ! Ce
n’était pas mon intention de vous nuire ! Je
vous l’assure ! certifia Raphaël le petit tapir.
Le raton laveur accepta ses excuses et dit :
– Bon ! Je comprends ! Mais au fait vous
êtes nouveau ici, je ne vous ai encore jamais vu
dans les parages ! Moi ! C’est Patalo, mes amis
m’appellent « Pat » et toi ! C’est quoi ton nom ?
La loutre avait rejoint sur la berge les deux ani-
maux qui conversaient :
– Moi, je m’appelle Raphaël ! Je viens
d’arriver. Il y a seulement cinq heures que je
suis sorti du ventre de ma mère. D’ailleurs, elle
est là-bas en train de manger des fruits ! répon-
dit le jeune tapir.
– Moi, je t’appellerai Raf ! J’aime bien les
diminutifs ! Tope-là ! dit Pat en lui tendant la
patte.
– Va pour Raf ! dit le jeune tapir en levant le
sabot que le raton laveur saisit à pleine patte en
le secouant très fort.
– Moi ! C’est Framboise ! Pat m’appelle
Fram ! dit la loutre en prenant la parole.
Le tapir leva aussi sa patte en direction de la
loutre qui la saisit à son tour.
– Nous voilà des vrais potes ! On va bien
s’amuser ! dit Pat le raton laveur, très heureux
de se faire un nouveau copain.
Le lendemain, ils se donnèrent donc ren-
dez-vous pour une exploration en profondeur
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de tous les alentours. Fram la loutre se faufilait
sous les grandes fougères, Pat le raton laveur
ouvrait le chemin. Mais dès qu’une branche
bouchait le passage, Raf passait dessous pour la
soulever ou bien en mâchouillait les feuilles. Ils
arrivèrent ainsi dans une clairière ; par endroits,
en son milieu, une vapeur nauséabonde
s’élevait.
– Qu’est-ce que c’est ? demanda Raf. Fram
le prévient :
– Surtout ne t’approche pas ! C’est du gou-
dron liquide, si tu t’en approches de trop près,
tu risques d’être enlisé et tu mourras ! Ne tra-
verse jamais la clairière, contourne-la !
Mais le poids de Raf était déjà trop important
à l’endroit où ils se tenaient. Tout à coup Raf
sentit ses sabots s’enfoncer. Il réussit à lever
une patte, mais l’autre s’enfonçait de plus belle.
– Sors ! Sors de là tout de suite ! cria Pat
– Je n’y arrive pas ! cria en pleurant Raf.
– Je vais chercher de l’aide ! proposa Fram
en détalant à toute allure.
En entendant crier ainsi, un tapir pincha-
que qui descendait tranquillement du haut de
ses deux mille quatre cent mètres d’altitude se
dirigea vers ce brouhaha.
– Mais qu’est-ce qu’il se passe encore ici !
demanda-t-il
– C’est ! C’est. !
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Patalo, apeuré, en avait oublié le nom du
jeune tapir. Mais le cousin pinchaque comprit
très vite la situation. Il se dirigea vers des lianes,
en détacha plusieurs et les lança à la tête de Raf.
– Attrape ça ! Petit ! Enroule-les autour de
ta trompe ! Je vais te tirer de là ! Et c’est ce qui
fut fait. Avec grande force, le tapir pinchaque
réussit à tirer Raf de sa mauvaise posture.
– Alors ! Plus de peur que de mal ! Hein ! Il
va falloir que tu fasses attention ! Sans quoi tu
risques de te retrouver dans de drôles de situa-
tions ! Au fait je me présente, je suis Ed, ton
cousin. J’habite dans les Andes, là-bas, un peu
plus haut. Je suis venu rendre visite à ta mère !
Raf lui demanda :
– Tu veux un apéro ?
Et il présenta à son cousin, une fleur dont le
nectar embaumait la forêt.
– Non ! Non ! Petit ! C’est trop tôt ! Merci
d’y avoir pensé ! Au fait ! Tu peux me dire où je
peux la trouver, ta mère !
Raf baissa la tête :
– Ben ! Heu ! Je ne sais pas ! Je suis parti
avec mes copains et je n’ai rien dit de peur
qu’elle ne le veuille pas !
– Ah ! Là ! Là ! Ce n’est pas bien du tout !
Elle doit s’inquiéter ! T’es un polisson ! Allez !
Zou ! Viens avec moi sacripant ! Si tu veux aller
te promener, il faut toujours demander la per-
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mission et dire exactement où tu es. Si l’on te
cherche, on te retrouvera facilement !
– C’est de ma faute ! Je n’ai pas pensé à le
prévenir ! Excusez-le, il est tout jeune encore !
dit Fram pour prendre la défense de son ami.
– Mais n’importe comment, ce n’est pas un
endroit pour vous tous ! Allez faites demi-tour !
Les trois compères suivirent le grand ta-
pir jusqu’au croisement d’un chemin.
– On peut aller par là, Ed ? demanda Pat en
désignant une petite rivière où d’innombrables
grenouilles avaient élu domicile. Ed regarda un
instant les grenouilles qui sautaient dans l’eau en
coassant.
– C’est Ok ! Je vois ce que vous voulez faire
avec les grenouilles ! Quand j’avais votre âge,
j’ai fait de même ! Allez ! Amusez-vous bien !
Et il s’éloigna en faisant un clin d’œil.
Comme il disparaissait dans les fourrés, ils en-
tendirent Ed le tapir pinchaque qui parlait tout
seul :
– Ah ! Ces mômes ! Il faut toujours qu’ils se
mettent dans de drôles de situations, c’est pas
possible ! Tous les mêmes !
Ils se regardèrent et éclatèrent de rire.
– Bon ! À nous ! On va follement s’amuser !
cria Pat et il sauta dans l’eau. Raf, un peu trop
curieux, se demandait ce qu’il pouvait bien y
avoir dans le trou de ce gros arbre en face de la
rivière. Il s’y dirigea et mettant ses deux pattes
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sur le tronc, il enfonça sa trompe dans le trou.
La ressortant, il constata qu’un liquide jaunâtre
en coulait. Il passa sa langue dessus et dit :
– Hum ! C’est bon ! C’est sucré ! Hé ! Les
copains ! Venez voir ! C’est rudement bon, ce
truc !
– Levant la tête, Pat lui répondit :
– Ouais ! C’est du miel ! Mais, moi, à ta
place, je m’en méfierais!
– Pourquoi ? questionna Raf.
La réponse fut bourdonnante, car l’essaim,
se sentant agressé, se rua sur le jeune tapir. La
première abeille piqua son train arrière, mais
Raf, avec sa peau très épaisse, ne sentit rien. Les
autres se jetèrent sur ses pattes, là encore, Raf
ne perçut pas la moindre douleur. Mais l’une
d’elles le piqua à l’oreille et là, Raf fit un bond :
– Ouille ! Ouille ! Elles me font mal, ces bê-
tes !
Il se précipita vers ses amis et plongea la tête
dans la rivière. Voyant l’essaim à sa poursuite,
les deux amis s’enfoncèrent la tête et tout le
corps sous l’eau. L’essaim voleta en stationne-
ment pendant quelques instants et repartit vers
son trou d’où le miel s’écoulait, à présent,
abondamment sur le tronc. À bout de souffle,
les amis refirent surface :
– Ouf ! On a eu chaud ! s’exclama Fram.
– Tu pourrais un peu nous demander, avant
de faire de telles bêtises ! ronchonna Pat, qui se
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frictionnait énergiquement la queue, de peur
d’avoir dans ses poils, une abeille.
– Ben ! J’explorais ! s’expliqua Raf :
– Il est temps de rentrer à la maison ! dit
Fram en regardant, à travers le feuillage, le soleil
qui rougissait au loin. Chemin faisant, Raf re-
marqua derrière un fourré, quelque chose qui
avançait en contre - sens.
– Tiens ! On dirait un buisson sur patte !

Alors, il fonça dans sa direction. La bête dis-
parut dans un trou. Avant que ses amis le pré-
viennent, Raf avait déjà enfoncé sa trompe la
plus profondément possible. Et ce qui devait
arriver, arriva : Raf hurla de douleur et ressortit
sa trompe avec, plantés sur son groin, trois gros
piquants noirs et blancs. Puis quelques instants
après, apparut, à l’entrée du terrier, un gros
porc-épic en colère qui cria :
– Tu n’avais qu’à pas fourrer ton nez dans
ma maison ! Sale moufflet !
Pat et Fram soignèrent la blessure du jeune ta-
pir avec quelques poignées d’argile, et le rac-
compagnèrent auprès de sa maman :
– Voilà où ta curiosité te mène ! Tu n’es pas
un ami de tout repos ! constata Pat.
– Tu vois bien qu’il est jeune ! Nous aussi, à
son âge, on a fait des bêtises ! dit Fram qui avait
peur que leur récente amitié s’arrête là.
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Cependant, ses amis lui pardonnèrent très vite
ses excès de curiosité.

Raf, depuis, a appris deux choses : ne pas
mettre son nez partout et surtout poser des
questions avant de toucher à quoi que ce soit !

Conte fait pour Raphaël le 24 août 2006
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