Une sirène dans la ville (et autres contes)

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Connaissez-vous la ville de Nonima, ou bien l'origine du Tag ? Saviez-vous que Venise a été noyé par un jeune homme nommé Lacrimo, ou encore que le plus joli des petits caniches pouvait avoir le coup de foudre pour un chien de caniveau ?

Vous apprenderez tout cela et bien plus encore dans ce joli recueil de contes pour enfants, illustré par Maïté LABOUDIGUE.


Publié le : lundi 5 octobre 2015
Lecture(s) : 1
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782371690301
Nombre de pages : non-communiqué
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Illustration de couverture : Shafran, www.shutterstock.com.

Illustrations intérieures : Maïté LABOUDIGUE


Première Publication : 1996, Rageot Editeur.

Exploitation en vertu de la licence confiée par la SOFIA dans le cadre de la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012 relative à l’exploitation numérique des livres indisponibles du XXe siècle.

Directrice de collection ReLIRE : Cécile Decauze


ISBN : 978-2-37169-030-1

Dépôt légal internet : octobre 2015


IL ETAIT UN EBOOK
Lieu-dit le Martinon
24610 Minzac

« Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur, ou de ses ayants droit, ou ayants cause, est illicite » (article L. 122-4 du code de la propriété intellectuelle). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par l’article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle. Le Code de la propriété intellectuelle n’autorise, aux termes de l’article L. 122-5, que les copies ou les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, d’une part, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration.

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La sorcière du sixième

C'était un petit immeuble, simple, un peu vieillot, plein de charme.

Une cage d'escalier obscure, des marches qui craquent sous les pieds, une odeur de cire si forte qu'elle chatouille les narines, le courrier glissé sous le paillasson... Et des judas à chaque porte.

Derrière le judas, un œil qui épie. L'œil des voisins.

Au premier, il y avait M. Dubosse, colonel en retraite. Une vie réglée au quart de tour ! Rien qu'en l'entendant aller et venir, on savait l'heure qu'il était.

Au deuxième, la famille Bertrand et leurs quatre petits diables : pleurs, cris, jeux, bêtises diverses... Bref, beaucoup d'animation !

Au troisième habitait un couple de journalistes toujours en voyage. Leur courrier s'amoncelait sur le palier. Souvent, avec Valentin, mon copain du deuxième, on piquait les timbres...

Au quatrième, il y avait juste un panneau : À LOUER.

Au cinquième : nous.

Et au sixième, elle.

La sorcière du sixième 2

Dans l'immeuble, personne ne la connaissait vraiment.

« Elle est sale... Elle ne dit jamais bonjour... Elle fait du bruit... Qu'est-ce qu'elle peut bien trafiquer là-haut ? ... Jamais de visites, c'est louche... » murmuraient les locataires.

Pour les enfants, c'était une sorcière. Carrément. Qui transportait de drôles de choses dans son panier à provisions. Sans doute des bébés. Qu'elle dévorait...

Nous venions d'emménager. Moi, toutes ces histoires m'effrayaient.

- Fais gaffe ! me répétait Valentin. Gaffe au piège ! Si jamais elle te demande de lui monter ses courses, tu refuses. Parce que sinon, elle t'entraînera chez elle, elle refermera la porte et alors...

Et alors ? ... Valentin n'ajoutait pas un mot, mais sa grimace me donnait la chair de poule. Cependant je ne pouvais m'empêcher de demander plus de détails :

- Mais enfin, comment elle est, cette femme ? Tu l'as déjà vue, toi ?

- Oui, par le judas !

La sorcière du sixième 3

Comble de malchance : de ma chambre, j'entendais un bruit étrange, une espèce de bruissement, ou plutôt de sifflement, comme un bourdonnement continu. La nuit, dans le noir, c'était encore plus inquiétant. Impossible de trouver le sommeil.

Et les paroles de Valentin qui me trottaient dans la tête...

Un soir, j'ai surpris une conversation entre mes parents :

- Le gérant de l'immeuble veut expulser la locataire du sixième. Tu ne crois pas qu'on devrait signer la pétition ?

- Pourquoi est-ce qu'on la signerait ?

- Parce que tout le monde l'a fait !

La sorcière du sixième 2

Nous étions installés depuis un mois et je n'avais toujours pas croisé la mystérieuse voisine dans les escaliers. Mais j'entendais très souvent son pas, derrière la porte. Le bruit de sa respiration, rauque, saccadée. Je l'épiais par le judas, comme Valentin. Je l'apercevais dans l'ombre du couloir. Très maigre, très grande, vêtue de noir. Sous un immense chapeau à voilette, son profil se dessinait : un long nez, des joues creuses, un menton pointu...

Et puis un jour, ce que je redoutais est arrivé. Elle a sonné chez nous. J'étais seul... Ouvrir ? Laisser sonner ? Elle insistait. L' œil collé au judas, je tremblais de tous mes membres. Elle était si près de la porte que je distinguais son visage : en partie dissimulé par la voilette, déformé par l'effet de loupe du judas, il paraissait boursouflé, avec des yeux, des yeux ... prêts à sortir de leurs orbites !

J'ai essayé de ne plus respirer, car de l'autre côté elle guettait, figée... Combien de temps s'est écoulé ? Difficile à dire, mais ça m'a semblé très long. Tout à coup, j'ai entendu un bruit, un choc sourd contre la porte. Par le judas, je ne voyais plus rien : elle avait dû tomber. Alors sans réfléchir, j'ai ouvert.

Elle était accroupie sur le palier, pâle et immobile. Sous sa voilette, son visage n'avait rien de disgracieux. Au contraire.

- Tu veux bien m'aider ? Il ne me reste plus qu'un étage à monter, mais c'est au-dessus de mes forces.

Sa voix était douce. Elle souriait. Mais c'était peut-être un piège ?

Elle m'a indiqué du menton son panier. Que faire ? Elle était tout de même assez sale. Un point sur lequel le judas et les voisins n'avaient pas menti. Ses vêtements étaient souillés de taches.

J'ai pris le panier. Qu'est-ce qu'il était lourd ! Les paroles de Valentin me revenaient en mémoire... Y avait-il vraiment des bébés dans ce panier ? Mon sang n'a fait qu'un tour. J'ai monté l'escalier quatre à quatre et déposé l'horrible fardeau devant sa porte. J'allais filer, lorsqu'elle m'a attrapé par la manche.

- Ça te dirait de goûter chez moi ?

Elle a mis la clé dans la serrure. J'aurais pu prendre la poudre d'escampette. Détaler. Déguerpir. Mais je suis resté... La curiosité. Voir son appartement, savoir enfin d'où venaient les bruits que j'entendais de ma chambre. Quitte à avoir la plus grande peur de ma vie.

La sorcière du sixième 2

Je suis entré. J'ai esquissé quelques pas dans un long couloir obscur que j'ai suivi de bout en bout et là ... J''ai été si surpris par la luminosité que j'ai été obligé de fermer les yeux. Quant au bruit, c'était fou : battements d'ailes, roucoulements, claquements de becs. Petit à petit, j'ai rouvert les yeux. Et j'ai levé le nez... plein ciel...

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