Amies sans frontières

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Laure, 13 ans, habite en France et partage sa vie entre le collège, ses amis et sa famille. Aussi, lorsque son oncle, médecin sans frontières, lui propose de correspondre avec une jeune Thaïlandaise de son âge, elle hésite. Qu’a-t-elle en commun avec Moodame qui vit à des milliers de kilomètres ? Pourtant les deux jeunes filles s’écrivent et, très vite, une relation forte s’installe. Laure découvre un nouvel univers fait de beauté et de simplicité, mais aussi de pauvreté et de douleur. Un jour, Moodame ne répond plus à ses lettres…

Une intrigue sensible et grave qui, par touches légères, confronte deux cultures et deux modes de vie.
Publié le : mercredi 7 mai 2008
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EAN13 : 9782700245424
Nombre de pages : 128
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ISBN 978-2-7002-4542-4

ISSN 1951-5758

 

© RAGEOT-ÉDITEUR, PARIS, 1996-2004-2008.

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Loi n° 49-956 du 16-07-1949 sur les publications destinées à la jeunesse.

 

Du même auteur, dans la même collection :

L’agenda

Les chevaux n’ont pas d’ombre

Un chien contre les loups

En grand format :

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La prophétie des oiseaux

Horizon blanc

Sur les ailes du vent

 

 

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– Une correspondante thaïlandaise ???

Dans la voix de Laure, il y avait de la surprise, une touche d’incrédulité et une nuance d’indécision ; l’air de dire : « Tu crois m’avoir, mais j’ai bien compris que tu plaisantes. »

Sur les lèvres de Robert, le sourire était joyeux. Gai. Trop gai pour qu’il s’agisse d’une plaisanterie. Et au fond de ses yeux brillait une lueur pleine de persuasion, comme un message : « Si, je t’assure. C’est bien, il faut le faire… »

– Mais en quoi on va s’écrire ? Qu’est-ce qu’on parle en Thaïlande ? Et puis d’abord, c’est où la Thaïlande ?

Là, Laure exagérait. Robert lui avait déjà montré, sur le globe terrestre installé dans sa chambre, une tache rose au bord de l’immense continent asiatique. C’était cela la Thaïlande, cette masse coincée entre le Laos, la Birmanie et la mer de Chine, d’où son oncle revenait régulièrement, épuisé, amaigri, et dont il parlait avec une passion qui faisait vibrer sa voix.

Mais ce pays restait bien abstrait. Pour Laure c’était si loin ces contrées de l’autre côté du globe. Les peuples qui vivent là-bas, au milieu de paysages qui ne ressemblent pas aux nôtres, lui paraissaient si différents. Ils parlent une langue qui sonne de façon étrange à nos oreilles ; leur histoire n’a rien de commun avec la nôtre ; leurs vêtements, leurs coutumes, leur façon de vivre : tout est pour nous objet de curiosité. Et inversement sans doute.

Robert disait le contraire. « Ces gens sont comme nous. Ils vivent en famille. Ils ont des enfants. Des garçons et des filles qui grandissent comme toi, Laure. La vie y est peut-être plus difficile ; ils ont moins de ressources. Surtout dans le nord, là où habite ta correspondante… »

TA correspondante ! Comme si elle avait déjà dit oui. Comme si elle allait se laisser influencer bêtement par une idée de Robert et écrire à une inconnue à qui elle n’avait rien à dire.

– Elle s’appelle Moodame, avait conclu Robert.

Journal de Laure

28 septembre

Mon oncle a parfois de drôles d’idées. Je parle de mon oncle Robert, le petit frère de maman. Il est médecin et il travaille pour une association qui va soigner les malades dans les pays en voie de développement. Ça fait deux ans qu’il est parti.

Parfois, nous recevons des mails. Ils sont toujours courts, c’est juste pour nous signifier qu’il va bien. Nous savons alors qu’il est dans une ville où il a accès à Internet.

D’autres fois, ce sont des lettres, longues, pleines de détails. Il les a rédigées durant ses déplacements dans la montagne, là où peu de moyens de communication existent, et postées dès qu’il en a trouvé l’occasion. Sur les enveloppes, il y a des timbres superbes. Maman découpe le morceau de l’enveloppe sur lequel est collé le timbre et me le donne pour ma collection. Les lettres de mon oncle font toujours plusieurs feuillets. Il utilise un papier très fin, parce qu’il les envoie par avion et que cela pèse moins lourd. Maman les lit lentement. Puis, pendant le repas, elle raconte. D’autres fois, elle les lit à haute voix, pour tout le monde.

Alors nous découvrons ensemble ce qu’il a à nous dire. Il a une drôle de vie, mon oncle. Il voyage. Il n’a pas forcément un lit pour dormir. Et il y a la misère. Pas la sienne, celle des autres. Des autres qu’il est venu aider.

De temps en temps, il rentre en France et vient nous voir. C’est la fête. Il rit souvent et il apporte plein de cadeaux bizarres : des robes en soie, des bijoux, des foulards de couleurs vives, des parfums, des vases ou de drôles de statuettes.

Il dit qu’elles représentent des dieux et qu’en Thaïlande, des temples somptueux abritent des statues comme celles-ci mais gigantesques.

L’année dernière, il m’a offert ce gros livre. La couverture est vert et or, en soie brodée. L’intérieur est vide. Je veux dire qu’il n’y a que du papier ; rien n’est écrit dessus.

Un beau papier, crème, épais, un peu rugueux, aux bords mal coupés, comme un parchemin. J’aime bien y promener mes doigts. J’ai parfois l’impression que ce papier a une histoire à raconter, malgré l’absence de mots. Une histoire qui n’existe pas mais qui ne serait que pour lui. Alors je tourne les pages, juste pour le plaisir de sentir les feuilles craquer dans mes mains.

Au début, je me suis demandé ce que j’allais faire de ce livre. C’est à la rentrée que j’ai eu l’idée : j’ai décidé d’écrire un journal.

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