Amour et Papillons : Seconde B - Tome 1

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Camille, quinze ans, est en seconde à Toulouse. Son quotidien s’organise autour de sa bande de copines, du lycée et de sa famille. Ce n’est pas toujours simple avec un père souvent absent et une grand-mère trop curieuse mais Camille maitrise son petit monde. Enfin, jusqu’au jour où elle tombe amoureuse du beau Julien, s’empêtre dans ses mensonges et découvre l’existence de drôles de papillons. La vie n’était déjà pas simple au collège, mais cette année c’est pire !


Amour et Papillons est une histoire adolescente entre rires, larmes et frissons, bien ancrée dans son époque.
Publié le : lundi 31 août 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791094725825
Nombre de pages : 89
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Extrait

Samedi 20 septembre


— Alors, tu veux ou pas ?

Ça y est, j’ai posé ma question. C’est sorti d’une traite. Entre deux backflips. Pas eu le temps d’hésiter ou de bredouiller, pourtant une de mes grandes spécialités. De toute façon, ça fait des jours et des jours que j’y pense. Alors, franchement, c’est tout réfléchi, pensé, ressassé, pesé et repesé. C’est la seule solution. Mais je ne suis pas fière de moi, loin de là, et, maintenant que je l’ai dit, je ne suis même plus sûre de vouloir qu’il accepte. Il, c’est Ludo, mon meilleur ami, qui se tient devant moi et me regarde avec de grands yeux étonnés, effaré par l’énormité de ma demande. Je viens quand même de lui demander de coucher avec moi. Rien que ça !

Il y a encore une minute, il enchaînait les figures de style sur son skate ? il est carrément doué ? et tentait de me motiver à l’imiter ? sans succès. Pour être honnête, je ne suis pas vraiment un as à roulettes. Sur une planche, je suis même une vraie catastrophe, je n’ai aucun sens de l’équilibre. Et côté prise de risque, ce n’est pas ça non plus. Pourtant s’il y a quelqu’un en qui j’ai toute confiance, c’est vraiment Ludo. Nous nous connaissons depuis la maternelle et notre complicité n’a jamais cessé de grandir avec les années. Je peux tout lui dire, tout lui demander, même des trucs de filles. Je lui confie toutes mes joies, tous mes chagrins et tous mes secrets, les petits et les grands. Il sait vraiment m’écouter. Enfin, d’habitude, car cette fois-ci je suis allée un peu trop loin.

Pourtant, j’avais prémédité ma question. Et ce matin, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour convaincre mon père de me déposer à Blagnac avant d’aller travailler. J’aurais pu prendre le bus bien sûr, mais, même dans les situations extrêmes, je suis plutôt paresseuse et puis Ludovic n’habite pas vraiment près d’un arrêt de bus. Alors il m’aurait fallu marcher, toute seule, dans les rues désertes de Blagnac. Je l’aurais fait si ça avait été la seule possibilité, mais les parents sont là pour être exploités, non ? Un brin de culpabilité – vu que mon père est très souvent absent, il ne manque jamais de se sentir coupable ? et hop, on les tient. Alors, autant en profiter.

Avant, moi aussi, j’habitais là-bas, à Blagnac, mais ça fait déjà plusieurs années que papa et moi avons déménagé au centre de Toulouse. Du coup, ce n’est pas toujours simple de passer du temps avec Ludo. Quoi qu’il en soit, il fallait que je le voie et que je lui parle. Il était impossible d’attendre qu’il se décide à venir à Toulouse et encore plus impensable de lui poser cette question par SMS.

Alors voilà, je suis là. Et pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai proposé qu’on aille au parc faire du skate. Ça l’a étonné parce que d’habitude je traîne les pieds pour y aller, je préfère passer des heures dans sa chambre à écouter de la musique. Mais je voulais absolument le mettre en confiance. Parce que le parc, c’est l’endroit où il se sent vraiment chez lui. Là où il rencontre ses copains, où il travaille ses figures, où il va aussi parfois pour réfléchir quand les disputes de ses parents le rendent trop malheureux. Ils ont déjà failli se séparer des centaines de fois, mais quelque chose les retient toujours et les oblige à se rabibocher. Ludo dit qu’il ne croit pas vraiment à un divorce, mais qu’il a l’impression de vivre sur le fil d’un rasoir. Moi, je n’ai pas ce problème bien sûr.

Nous sommes donc au parc, tous les deux. Et la chance me sourit : aujourd’hui, il n’y a personne d’autre sur la rampe. Quelques promeneurs avec leurs chiens, deux ou trois gamins dans le bac à sable avec leurs mères qui papotent sur un banc, mais pas l’ombre d’un autre skateur. Enfin là, plus personne ne skate. Même pas Ludo. Il est trop étonné pour ça. Et je dois dire qu’en ce moment, avec les yeux écarquillés et la bouche ouverte, il n’est pas franchement sexy ! On dirait presque Bulle, le poisson rouge que j’avais reçu pour mon sixième anniversaire. Je l’aimais beaucoup, mais il avait un air particulièrement ahuri, Bulle. Ce n’est pas le cas de Ludo d’habitude. Il est plutôt mignon pour un rouquin à lunettes, avec sa casquette à l‘envers. J’en connais une qui craque sur ses taches de rousseur. Ma copine Oumy. Elle me parle de lui tout le temps et pourtant elle ne l’a rencontré qu’une ou deux fois chez moi. Ceci dit, Oumy parle beaucoup, mais elle ne peut pas faire grand-chose sans déclencher une alerte rouge avec Tidiane, son frère. Il la surveille comme du lait sur le feu. Vivement qu’il ait son bac et qu’il quitte le lycée, qu’elle puisse enfin respirer. Donc même si elle en rêve, elle a peu de chances de séduire Ludo dans l’immédiat et si elle le voyait là maintenant, avec son air de poisson rouge ahuri, elle en rêverait peut-être un peu moins. À la décharge de mon copain, il faut avouer que je l’ai vraiment pris par surprise et que rien dans nos relations ne l’avait préparé à ma proposition. Il était en train de m’expliquer pour la centième fois comment faire un backflip avec mon skate – c’est vrai qu’il a l’air super-cool quand il fait ce genre de démonstration – et voilà que je l’agresse avec ma question.


— T’es folle ?

— Non, je te pose une question, tu me réponds, c’est tout.
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