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Ange gardien I

De
156 pages
Transporté dans une série d’aventures abracadabrantes, à la recherche de la vérité et de sa vision de la justice, il sera confronté à ses peurs et à lui-même à travers le reflet de son étrange ménagerie avec laquelle il partage ses souvenirs dispersés. Autour de lui gravitent une série de personnages aussi originaux et uniques les uns que les autres. Il apprendra à redécouvrir son père avec qui il entretient une relation difficile et avec qui il vivra des expériences hors de l’ordinaire, sa grand-mère Rose une femme exceptionnelle d’une sagesse simple, de Louis, son fidèle ami mécano et sa copine Laura.

Résumé Après avoir été expulsé de l’Académie des Sciences pour une raison injustifiée, remettant en question du même coup son avenir académique, Jordan Reilly est de retour à la maison ou l’attend une relation père-fils un peu compliquée. Cette situation fera en sorte que le jeune homme cherchera la solitude auprès de ses animaux préférés plutôt qu’un retour au manoir familial.
Jordan avait besoin de s’éloigner, prendre du recul et oublier les études pour quelques temps. Réfléchir à son avenir, s’occuper à ses lectures favorites, regarder des reprises de séries de fiction à la télé ou encore faire quelques parties de pêche en compagnie de son vieux copain Louis qui eut l’idée géniale de lui proposer d’habiter le petit chalet en sa compagnie pour quelque temps.
C’était ça le plan de départ…
Puis, une chasse à l’homme pour couvrir les implications de criminels véreux, des agents secrets, un commando suicide, des poursuites, des explosions, des enlèvements, sans oublier des Trix’s et les dangereuses sentinelles de Sécurité Prime et un méli-mélo d’aventures en compagnie de jeunes et mystérieuses créatures sorties tout droit d’un conte de science-fiction seront au menu…
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ROMAN À Myriam et Sara, mes filles, mon inspiration, mes anges à moi… La vérité et la justice sont souveraines, car elles seules assurent la grandeur des nations.Émile Zola
P*ologue
L’année ? Qui s’en soucie ? Personne n’en tient plus vraiment compte depuis « l’unification des Amériques ! ». Depuis que le Canada et les États-Unis ont commis l’impensable, les choses ont considérablement changé. Tout ça a commencé avec l’appui à la guerre pour une énergie éphémère, puis le terrorisme s’est retrouvé dans nos rues. Ensuite, ce fut la mort du premier ministre Cartier et le reste a chaviré, en pleine heure de gloire et en direct sur la chaîne la plus regardée des nouvelles de dix-huit heures. Une exécution aussi tragique qu’inutile, un coup d’éclat qui avait couvert le globe en quelques minutes. Qui aurait cru qu’un peu moins de 500 ans après que ce célèbre explorateur découvre le er Canada pour François 1 , l’histoire serait marquée à nouveau par un autre Cartier, mais cette fois pour annoncer la fin de ce pays sous ce nom. Notre beau pays était devenu la porte d’entrée d’un fléau. À la veille d’une guerre civile menaçant la division de ses provinces, le choix logique d’un peuple voué à sa propre autodestruction le poussa vers un allié pour de l’aide. Les États-Unis et le Canada fusionnèrent alors pour ne devenir qu’une seule entité… Une seule Amérique,AMÉRICA PRIME. Pour une Amérique plus forte, disaient les politiciens, une nation plus grande et unie comme jamais auparavant face à l’oppresseur. Une bataille sans fin contre un ennemi invisible, mais si redoutable : LA PEUR ! Mesures temporaires ou permanentes, les citoyens se retrouvèrent devant le fait accompli. Mais les citoyens d’un petit état du nord de la capitale se dressèrent obstinément et refusèrent de se joindre au consortium unifié. Opposés à l’alliance, clamant haut et fort leurs différences et leur statut d’indépendance, ils bâtirent ce qu’on appelle désormais la province d’ESPERIA,état d’espoir et de libertéplus de huit millions d’habitants, dont la moitié vivent dans la comptant grande métropole d’Ange Gardien, la cité des anges. Tel un souvenir, un hommage à tout ce qui leur restait de fierté et de dignité. Mais si la présidente d’América Prime, la femme politique la plus puissante au monde, Martha S. King, consentait une faveur à cet état libre, il y avait un prix à payer en retour.Sécurité Prime assurerait conjointement une supervision de sa protection. Dès ce moment, le colonel Nick Falcon, envoyé spécial représentant le consortium unifié, allait tisser une toile invisible et prendre emprise sur la cité, laissant ses habitants vivre dans une peur continue et sous l’oppression de sa brigade protectrice bienveillante, les sentinelles. Cette Amérique, qui promettait l’unification pour une meilleure qualité de vie, avait en fait trouvé une façon d’imposer sa loi plutôt que de la servir. Et pourtant, hier encore tout semblait si normal. - Le Renard -
* 0 *
e jeune garçon quitta la serviette chaude à sa sortie du bain, il courut dans le couloir en riant Ltrès fort et sauta directement dans son lit. Sa maman le suivit avec le pyjama que le petit fugueur avait, dans sa hâte, oublié d’enfiler. Quand Élisabeth arriva dans la chambre, il n’y avait qu’un petit nez qui dépassait de sous la couette de duvet. Elle prit un instant pour chatouiller sa petite terreur et lui enfiler sa chemise de nuit. — Quand papa va téléphoner, tu vas lui dire, tu vas lui dire ? — Oui, je vais lui dire, répéta la maman, quand papa va téléphoner, je vais lui dire que tu l’aimes gros comme ça, dit-elle en étirant ses mains. — Il revient quand à la maison ? — Quand il aura aidé ses amis médecins à guérir un patient bien malade à Ange Gardien, d’ici quelques jours tout au plus. — C’est quoi maman un ange gardien ? — C’est hum… quelqu’un qui veille sur le bien-être des autres. — Comme papa ? — Oui, comme papa ! — Moi aussi, je veux être un ange gardien ! — Pour l’instant, tu es déjà mon bel ange à moi, allez, ferme les yeux et fais de beaux rêves. — Bonne nuit, maman. — Je t’aime, mon cœur…
*1* Ange Gardien, Espéria, la nuit…
ne allée sombre, un endroit propice pour un rendez-vous clandestin, deux ombres se Urejoignent sous un escalier de secours. — Monsieur le renard ? chuchota le premier. — Toujours attiré par l’odeur du fromage, répondit le second sortant de sous l’escalier. Le vieil homme aux traits fatigués força un sourire, son contact était au rendez-vous, sa nervosité monta d’un cran, il se dépêcha de lui tendre une petite boîte. — Veuillez remettre ce colis au maître corbeau, vos instructions sont à l’intérieur. — Pas d’inquiétude… Ce sera dans les mains de son destinataire dans les prochaines heures. — J’ai aussi une petite faveur à vous demander, j’ai glissé une note et un truc pour mon petit-fils. — Je vais m’en occuper, soyez sans crainte. — Maintenant, ne traînons pas ici… Si on apprenait quoi que ce soit à propos de nos rencontres, je ne donnerais pas cher de nos vies ! L’homme n’eut pas le temps de terminer sa phrase que derrière lui une voix résonnant comme le métal le surprit et le figea sur place. — Oh ! Mon ieu ! es sentinelles ! déclara le renard, son visage soudainement blême. — Partez vite, mon garçon, je vais les retenir pour couvrir votre fuite, livrez ce colis, je vous en prie ! Le messager hocha la tête et disparut, se fondant dans la nuit. Le vieil homme se retourna, la lumière des deux vigiles l’aveuglant, il plissa les yeux, sourit et tenta une diversion. — Messieurs ! Quelle belle surprise de vous voir ici, j’ai perdu mon portefeuille un peu plus tôt dans la soirée en me rendant au restaurant, vous pouvez peut-être m’aider à le retrouver ? Les sentinelles s’approchèrent d’un pas régulier, presque militaire. Leurs visages couverts par des visières ne dégageaient aucune expression. — Citoyen, veuillez vous identifier, claironna l’un des deux gardiens, tenant dans sa main une matraque crépitant d’une énergie électrique bizarre. La seule pensée du fautif trouvé dans une allée sombre après la fermeture de l’établissement fut, bien entendu, de gagner du temps. Avouer à ces brutes son identité était une information incriminante dont ils pouvaient se passer. — Ah ! Le voilà ! dit-il, ignorant la requête et faisant semblant de retrouver son portefeuille. C’est beau, je vais pouvoir rentrer maintenant… Merci et bonne fin de soirée ! Le vieil homme tourna des talons et commença à marcher d’un pas rapide dans le sens inverse, espérant que les gardiens le laissent partir. — Halte ! ordonna la sentinelle. — Merrrrde… La marche devint de plus en plus rapide, la fuite devenant l’unique option envisageable. L’ordre d’obtempérer résonnait derrière lui, le fugitif courait du mieux qu’il le pouvait malgré un genou fatigué. «Si je peux juste les semer », pensait-il, sachant très bien que c’était peine perdue et qu’il serait rattrapé. Sa jambe le ralentissait et son souffle devenait plus court, il s’arrêta soudainement surpris par un bruit au-dessus de sa tête. e longues tiges tombèrent devant lui, coupant ainsi sa fuite. Ces interminables tentacules s’enroulèrent rapidement autour de lui tel un serpent surprenant sa
proie. Le vieil homme se débattait, essayant de se dégager de l’emprise de la bête, mais sans succès. Le métal froid contre sa peau augmentait son sentiment de panique, puis le sol se déroba sous ses pieds. Il tenta désespérément de libérer son bras, mais l’unité de surveillanceTRIX détecta le mouvement et n’était pas dupe des intentions du fugitif. L’homme arrêta finalement de bouger lorsqu’il sentit l’étreinte se resserrer, il poussa un couinement, mais à sa grande surprise, la bête continua de serrer. …Serrer… …Serrer… Jusqu’à ce qu’un bruit sec résonne à travers son corps, un son de craquement retentit dans le silence de la ruelle… Le son de ses os, éclatant tout le long de son bras. Puis le vieil homme perdit conscience. * Le messager courait dans la ruelle sans se retourner, sautant par-dessus les poubelles renversées, évitant les débris de toute sorte sur sa route, ses mains agrippées au précieux colis pour ne pas l’échapper. Il était rapide, mais la seconde sentinelle se rapprochait derrière lui en gagnant du terrain avec chaque enjambée. La course dura encore un petit moment jusqu’à ce que l’allée devienne de plus en plus étroite, annonçant la fin du parcours… Quand le gardien de Sécurité Prime arriva au bout du cul-de-sac, il ne trouva personne, sauf un parapluie abandonné. La sentinelle leva les yeux vers le ciel, rien… es draps dansaient dans le vent, laissés à sécher sur une corde à linge improvisée, se moquant presque de lui. Pas de traces, le renard était tout simplement disparu dans la nuit.
*2 *
(Quelques heures plus tôt…)
Tour Premium, Ange Gardien, Espéria ans l’édifice de l’état-major de Sécurité Prime, dernier étage de la tour d’ivoire surplombant D la cité des anges, à l’intérieur des laboratoires identifiés « Recherche et développement -Sécurité nationale », le colonel Falcon se croisa les bras après un discours qui dura moins de cinq minutes, attendant maintenant la réplique de son auditoire. La nouvelle venait de s’abattre sur l’équipe de scientifiques, spécialisée en biotechnologie cybernétique (étude et manipulation génétique à l’échelle moléculaire), aussi appelée « ingénierie liquide ». Un bien grand titre en nanoscience, mais qui, en ce moment, n’apportait aucun privilège décisionnel. Le vieux savant en charge passa instinctivement la main sur son crâne dégarni, par réflexe ou simple habitude de chercher des cheveux depuis très longtemps disparus. Choqué par l’annonce, il protesta devant l’intervention du militaire galonné devant lui, mais le colonel Falcon restait de marbre. Le dirigeant de Sécurité Prime se tenait droit, sans broncher, conservant une posture froide et imperturbable. Les gens, pour la plupart, grimaçaient à la simple idée de son nom ; c’était un homme dont la personnalité rimait avec la peur, un type sans humour et de peu de plaisir. Seul le professeur Hudson semblait peu intimidé, refusant d’accepter l’annonce du militaire. — Qui a pris cette décision ? Ça n’a aucun sens ! L’instabilité des sentinelles est aussi évidente que votre nez au milieu de votre visage ! Ce serait insensé d’abandonner les recherches maintenant ! — La seule chose que je suis autorisé à vous dire est que le projet est interrompu. Toutes les informations relatives aux recherches en cours doivent être mises sous scellés, il en va de la sécurité nationale. Vous comprenez, je suis sûr, les multiples précautions que nous devons prendre. Pour le reste, ce n’est plus de mon ressort, mais de celui des dirigeants du comité de direction eux-mêmes. Je ne fais qu’exécuter les ordres. Le vieux professeur déballa en vrac d’autres arguments qui demeurèrent tout simplement ignorés, le colonel faisant la sourde oreille aux nouvelles remarques du savant. Falcon se retourna vers un groupe de soldats attendant patiemment devant l’entrée et fit un signe de la main à l’officier responsable. Le sergent Bogus, son bras droit s’il en avait un, un type costaud, ressemblant à un gorille en uniforme obtempéra aussitôt à l’ordre reçu. Il confirma le commandement à son unité et les soldats s’activèrent à prendre possession de tous les documents éparpillés reliés au projet, poussant à l’écart et de façon peu respectueuse les responsables scientifiques. L’équipe de savants était composée de quatre membres, parmi lesquels se trouvait la microbiologiste Juliet Boyer, une femme solide toute en rondeur, à la fois maternelle et bienveillante et dotée d’une intelligence surprenante. Tout près d’elle, Kaï Lin Yen, le savant asiatique manchot était silencieux et observait. C’était un petit bout d’homme calme d’un mètre cinquante aux insupportables proverbes ancestraux, mais d’une expertise incomparable. Un peu plus loin, le docteur Pavel Kozlov marmonnait pour lui-même des mots dans une langue slave. Il maîtrisait le français avec une étonnante facilité à l’exception de certains mots dans lesquels les « r » déboulaient en avalanche, mais en ce moment ses origines refaisaient surface. Et puis Arthur Hudson, responsable du groupe et précurseur des percées scientifiques de la prochaine ère. Un homme possédant une forte personnalité et une confiance inébranlable dans son équipe. Il se tenait droit comme un chêne et dans son regard brillait toujours cet éclat de combativité malgré les printemps qui s’accumulaient au compteur. Sa réputation avait fait le tour du monde, il était un membre encore très actif de l’Académie des sciences d’Ange Gardien où