Arielle Queen, Bunker 55

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Tome 5

Arielle est toujours enfermée dans le mystérieux asile où elle s'est éveillée après avoir utilisé la vade-mecum des Queen pour quitter le manoir Bombyx en compagnie de sa grand-mère. Un homme et une femme jurent d'être ses parents et prétendent qu'elle est Hélène Stewart, une jeune fille dont l'esprit malade aurait créé toutes pièces le personnage d'Arielle Queen.



Pendant ce temps, Belle-de-Jour est mise en quarantaine par les autorités. Un groupe terroriste y aurait propagé un dangereux virus. Nayr et Xela, de puissants alters infiltrés au sein du gouvernement, seraient-ils à l'origine de cette machination?


Noah et Brutal demandent à Bryni, la guerrière walkyrie, de leur ouvrir le Passage qui leur permettra de rejoindre Abigaël Queen dans le Berlin assiégé de 1945. Ils veulent tenter de retrouver Arielle et Révélation, le verset manquant de la prophétie, qui doit aider la jeune élue à démasquer le traître évoqué dans le livre sacré des Lios Alfes.

L'accomplissement de la prophétie et la survie d'Arielle dépendent désormais d'Abigaël, de Brutal et de Noah. Mais une question demeure: Noah pourra-t-il échapper à son destin qui, selon ses ennemis, doit faire de lui... l'assassin d'Arielle Queen?
Publié le : mardi 26 février 2008
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EAN13 : 9782895495178
Nombre de pages : 280
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Extrait


Une main se pose sur son bras. Arielle prend une profonde inspiration et ouvre lentement les yeux. Sa tête est posée sur un oreiller humide, et ses tempes lui font mal. Une couche de sueur froide recouvre son visage et son cou. Ses cheveux sont mouillés et des mèches ­rousses lui collent au ­visage ; le vêtement qu’elle porte, trempé, est ­plaqué contre sa peau. Elle a eu une poussée de fièvre pendant son sommeil, mais ­maintenant la fièvre semble être tombée. Elle est encore étourdie, mais la température de son corps a diminué. ­Arielle voudrait que Noah et ­Brutal ­soient là, avec elle. Elle essaie de s’imaginer les traits de Noah, toutefois ce sont ceux de Razan qui ­prennent forme dans son esprit. Les deux ­garçons ont un visage ­semblable, mais leurs expressions sont ­différentes : les traits de Noah sont calmes et posés, et son regard dégage ­douceur et ­tendresse, ­contrairement à celui de Razan, dont l’œil ­malicieux exprime la fougue et la rudesse. Noah est le gentil, le sage qui réfléchit avant d’agir ; quant à Razan, c’est la bête, le voyou, celui qui fonce tête baissée et qui ne craint rien ni personne, mais qui bien souvent doit payer le prix de sa témérité. Leurs baisers aussi sont ­différents : ceux de Noah sont doux et amoureux, tandis que ceux de Razan sont brusques et passionnés. Arielle se demande lequel des deux garçons lui manque le plus en moment. Elle ne saurait le dire.


– Hélène, vous m’entendez  ? demande une voix inconnue.

Arielle tourne la tête vers l’endroit d’où elle provient. Ses yeux rencontrent ceux de l’homme en sarrau blanc qui se tient debout près d’elle. Après avoir observé l’homme un moment, elle baisse les yeux et examine le lit sur lequel elle est étendue… et immobilisée. D’épaisses sangles de cuir passées à ses poignets, à sa taille ainsi qu’à ses chevilles la maintiennent solidement attachée au lit. Un système de ­contention, se souvient-elle. Ce n’est pas l’unique chose qui remonte à la surface. Je me suis ­retrouvée ici, ficelée sur ce lit, après avoir quitté le garage du ­manoir Bombyx en ­compagnie de ma grand-mère ­Abigaël. Avant son départ, elle se rappelle aussi avoir passé le médaillon demi-lune au cou de Razan, ce qui a provoqué le retour de Noah. Regrette-t-elle de l’avoir fait ? S’en veut-elle d’avoir chassé Tom Razan pour libérer Noah Davidoff ? Razan ! Toujours cet idiot de Razan ! râle-t-elle intérieurement. Elle en veut à l’alter d’occuper ainsi ses pensées. C’est Noah qui mérite toute son attention et toute son ­affection. Après tout, c’est lui, le ­second élu, non ? Non, pas si l’on en croit Razan. Mais comment se fier à ce que dit Razan ? C’est un démon ! Un vaurien d’alter !


– Vous avez soif, Hélène ? Vous voulez de l’eau ? lui demande l’homme en saisissant la carafe en plastique sur la table de chevet.

Cet homme est le docteur Stevenson, se ­rappelle Arielle, celui qui affirme que je suis folle. Elle se demande où sont les deux autres, la femme et l’homme, qui se prennent pour ses parents. Tout juste avant qu’elle ne perde ­connaissance, l’homme, Robert, lui a crié : ­« Arielle Queen n’a jamais existé, tu m’entends ? ! JAMAIS ! » Selon le docteur Stevenson, la jeune Hélène ­Stewart ­souffre d’une maladie mentale, une forme de psychose qui lui fait perdre contact avec la réalité. C’est cette maladie qui a fait éclore chez Hélène une personnalité alternative qu’elle utilise comme mécanisme de défense. « Tu n’es pas ­Arielle Queen ! a prétendu Robert. Tu ne l’as jamais été ! Elle est le produit de ton imagination, vas-tu enfin le comprendre ? ! »


Arielle Queen, une invention de mon cerveau malade ? songe la jeune fille. Elle n’en croit rien. Elle est plus que jamais convaincue qu’elle est bien la vraie Arielle Queen, et qu’elle le demeurera jusqu’à la fin de ses jours. Hélène Stewart ? Connais pas !

Arielle est sur le point de demander au docteur Stevenson de la libérer de ses sangles, mais elle se ravise, se souvenant de ce que le médecin lui a dit plus tôt : « La dernière fois que nous vous avons retiré ces sangles, mademoiselle, vous vous êtes attaquée à votre père. Vous avez bien failli le tuer, vous vous en souvenez ? » Il refusera de me les enlever, se dit Arielle.

– Je m’adresse bien à Hélène Stewart ? lui demande le docteur Stevenson.

Après avoir rempli un verre d’eau, le ­médecin repose la carafe. Il ouvre ensuite le tiroir de la table de chevet et en sort une paille, qu’il plonge dans le verre.

– Faux numéro, docteur, répond Arielle. Il n’y a aucune Hélène Stewart ici.

– Alors, qui est là ?

– La fée Clochette.

Le docteur Stevenson se penche et approche le verre de la bouche d’Arielle.

– De l’eau ? propose-t-il en orientant la paille vers les lèvres gercées de la jeune fille.

Arielle a soif, la fièvre l’a déshydratée. Elle s’empresse de tirer de l’eau dans la paille. Le ­liquide est tiède, mais lui fait quand même du bien. Une fois désaltérée, Arielle repose sa tête sur l’oreiller, sans remercier le médecin. Stevenson pose le verre sur la table, près de la carafe, puis tourne les talons et s’éloigne.

– Attendez, dit Arielle.

Stevenson s’arrête et fait demi-tour. Il incline la tête, l’air de dire : « Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »

– Où sont les deux autres ? lui demande ­Arielle.

– Qui ? vos parents ?

– Ce ne sont pas mes parents.

– Hélène, écoutez…

– Ma mère était une nécromancienne et mon père…

Arielle hésite un instant, puis continue :

– Enfin, je croyais que mon père était un elfe noir et qu’il était mort, mais apparemment, c’est un plutôt un dieu, et il est bien vivant. Le dieu du mal, vous connaissez ? Son nom est Loki.

Arielle admet que ces révélations peuvent paraître absurdes, mais il n’en reste pas moins que c’est la vérité. La seule et unique vérité.

– Vous prétendez que votre père est le dieu du mal, c’est bien ce que j’ai compris ?

Le ton du médecin n’a rien de sarcastique. Il ne se moque pas d’Arielle, au contraire : il ­considère ses affirmations avec le plus grand ­sérieux et ­souhaite de toute évidence qu’elle poursuive sur le sujet.

– Ça peut sembler ridicule, dit comme ça, mais je vous assure que c’est vrai. Et moi, comme je vous l’ai déjà mentionné, je suis une élue de la lignée des Queen. En fait, je suis l’une des deux élus de la prophétie, ceux qui devront un jour sauver le monde.

Stevenson hoche la tête, tout en continuant d’écouter Arielle avec le plus grand intérêt.
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