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Extrait



Avant de s’évanouir, ses dernières paroles ont été : « Kalev, mon amour… »

– Elle va bien  ? demande Razan.

L’alter de Noah est toujours enchaîné dans sa cellule, de l’autre côté du couloir.

– Elle a de la difficulté à respirer, affirme Brutal tout en examinant le corps de sa maîtresse à travers les barreaux.

– Quelqu’un a parlé à travers elle, déclare l’alter de Noah. Cette possession l’a probablement épuisée.

– Qui a fait ça  ?

– Quelqu’un de très puissant.

– Peut-être ce Kalev dont elle a parlé  ?

– Non, le prince Kalev est un personnage de légende, l’assure Razan. La personne qui s’est servie du corps d’Arielle existe réellement quelque part.

– Tu as vu ce qui est arrivé à la vieille femme quand elle a voulu s’emparer du médaillon ? demande Brutal. Et cette marque en forme de lune noire sur sa main, ça signifie quoi au juste ?

Le jeune alter laisse s’écouler quelques secondes avant de répondre :

– Arielle et son médaillon demi-lune sont plus unis que jamais maintenant. À mon avis, plus personne ne pourra les séparer sans risquer d’y laisser sa peau. Quant à cette lune noire, je n’ai aucune idée de ce que c’est, mais ça n’a pas l’air très joli.

Brutal agrippe les barreaux de sa cellule et essaie de les écarter, exactement comme l’a fait Razan un peu plus tôt lorsqu’il est venu en aide à Arielle. L’animalter y met toute sa force, mais rien ne se produit ; les barreaux ne bougent pas d’un poil.

– Arrête, c’est inutile, lui fait remarquer Razan. Tu n’y arriveras pas.

– Si tu l’as fait, je peux le faire ! rétorque Brutal. Arielle a besoin d’aide  !

Il continue de s’acharner sur les barreaux rouillés.

– Je suis plus fort que toi, boule de poils, renchérit l’alter.

– On verra ça !

– Tu vas finir par te faire une hernie à forcer comme ça. Si j’ai réussi à écarter les barreaux tout à l’heure, c’est à cause de la maladie du berserk. Toi, t’as aucune chance d’attraper cette saleté : les animalters sont immunisés.

Brutal cesse ses efforts. Après avoir relâché les barreaux, il se tourne lentement vers la cellule de l’alter.

– La maladie du berserk ? C’est quoi, ça, encore ?

Razan tire violemment sur ses chaînes, pour lui montrer qu’il est incapable de les briser.

– Tu vois ? dit-il. Je n’y arriverai pas… à moins de me mettre en colère, ou d’être emporté par une violente émotion. Voilà ce que c’est, la maladie du berserk.

L’alter explique que les gens atteints de cette maladie sont consumés par la rage, mais qu’en contrepartie ils héritent d’une force musculaire incroyable. L’effet n’est que momentané cependant ; ça ne dure jamais longtemps, mais c’est suffisant pour écarter des barreaux de métal ou pour briser des fers d’acier.

– Une maladie génétique, ajoute Razan, aussi vieille que ces gros lourdauds de Vikings. Elle s’attaque aussi bien aux hôtes humains qu’à leurs alters.

Selon l’alter de Noah, la lignée la plus atteinte par cette maladie est celle des Davidoff. Les descendants de David le Slave se laissent gagner non seulement par la rage, mais aussi par la folie ; ils deviennent fous furieux et, bien souvent, ils le restent.

Brutal observe Razan pendant un moment avant de lui demander :

– Alors, ça veut dire que si je te mets en colère, tu réussiras à briser tes chaînes ?


Razan secoue la tête.

– Ce doit être soudain et imprévu. Si c’est planifié, rien ne se passe. J’ai bien essayé de me mettre en colère contre les elfes tout à l’heure, mais ça n’avait rien d’instinctif. Pour que ça fonctionne, je ne dois pas y penser, ça doit venir tout seul.

– Comme lorsque Arielle a suffoqué ?

– T’as tout compris.

– Génial. Comment on fait pour sortir d’ici, alors ?

Razan se met à rire.

– On pourra pas sortir d’ici, dit-il. À moins d’avoir de l’aide.

Cette réponse ne manque pas d’étonner Brutal.

– De l’aide ? Laquelle ? Je connais personne qui…