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Attends qu'Helen vienne...

De
197 pages

Heather n'accepte pas le remariage de son père, encore moins la présence des enfants de sa belle-mère. Alors que la famille recomposée s'installe dans une église désaffectée, la petite fille devient insupportable, inquiétante. Elle disparaît des heures durant et semble se confier à une certaine Helen, qui repose dans l’ancien cimetière caché au fond du jardin. Mais Helen est un fantôme maléfique, et Heather est en danger. Un roman qui joue à faire peur, un vrai roman d'horreur, qui se termine bien.


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Par ses mensonges,ses jérémiades, ses comédies, Heather empoisonne la vie de sa famille recomposée. Mais aprèsle déménagement à la campagne dans une église désaffectée, c’est pire. Heather passe son temps seule au fond du cimetière.

Bientôt, elle raconte qu’elley bavarde avec le fantôme d’une enfant de son âge : Helen. Fantôme maléfique qui manipule Heather et menace la famille.

Un jour, Helen arrive…

Collection animée par Soazig Le Bail,
assistée de Charline Vanderpoorte.

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Mary Downing Hahn vit dans le Maryland, aux États-Unis.

Ancienne libraire, elle est l’auteur de nombreux romans pour la jeunesse, tous couronnés de prix littéraires : The Doll in the Garden, A Time for Andrew, The Old Willis Place… Dans ses récits fantastiques, toujours étranges mais jamais simplement effrayants, les fantômes se mêlent aux histoires de vie des adolescents. Wait Till Helen Comes est son plus grand succès à ce jour.

Valérie Dayre, la traductrice, écrit des romans pour enfants et pour ados, pour adultes aussi, publiés à L’École des loisirs, La Joie de lire et L’Atelier du poisson soluble.

1

– Vous avez acheté une église ? s’est exclamé Michael.

Nous avions lui et moi levé le nez de nos devoirs étalés sur la table de la cuisine. J’étais en train d’écrire un poème demandé par M. Pelowski, mon professeur d’anglais, tandis que Michael traçait allègrement sa route à travers une vingtaine d’exercices de maths.

Notre mère remplit d’eau la bouilloire qu’elle posa sur la cuisinière. Le vent de mars lui avait rosi les joues.

– Vous allez adorer, Molly et toi, assura-t-elle à mon frère. C’est exactement le genre d’endroit que Dave et moi avons cherché durant tout l’hiver. Il installera son atelier de poterie dans l’ancienne remise à voitures, moi j’aurai tout l’espace nécessaire pour peindre dans la galerie du chœur. Mon loft ! C’est parfait.

– Mais comment peut-on habiter dans une église ? persista Michael qui refusait de se laisser gagner par l’enthousiasme maternel.

– Oh, ce n’est déjà plus vraiment une église, dit Mum. Des gens de Philadelphie l’avaient achetée l’an dernier, ils ont construit une extension sur le côté, pour faire un logement. Ils avaient l’intention d’ouvrir un magasin d’antiquités dans l’église proprement dite mais, après avoir procédé à ces gros travaux, ils se sont aperçus que, finalement, ils n’aimaient pas vivre à la campagne.

– Parce que c’est carrément la campagne ? demandai-je en fixant d’un œil noir le chaton que je venais de griffonner dans la marge de mon cahier.

Mum sourit et son regard vola au-delà de ma petite personne, à travers la fenêtre de la cuisine et droit sur celle de Mme Overton de l’autre côté de la rue. J’eus l’impression qu’elle se voyait debout devant son chevalet, travaillant à l’un de ses gigantesques tableaux, très très loin de ce qu’elle appelait « la-vie-urbaine-tueuse-d’âme ». Elle a l’habitude exaspérante de glisser dans son monde imaginaire perso au moment précis où on a le plus besoin d’elle.

– Où est cette église ? questionnai-je encore à haute et intelligible voix.

– Où est-ce ? répéta Mum.

Elle versa de l’eau bouillante dans sa tasse puis y ajouta du miel.

– C’est à Holwell, dans le Maryland, pas loin des montagnes. C’est beau. Simplement beau. Le lieu idéal pour peindre et faire de la poterie.

– Qu’est-ce qu’on devient, Molly et moi ? voulut savoir Michael. On sera censés faire quoi pendant que Dave et toi vous vous adonnerez à la peinture et à la poterie ?

– Tu as promis que je pourrais suivre l’atelier d’écriture créative cet été, fis-je. Ce sera encore possible ?

– Et moi ? Je me suis déjà inscrit au Club de science, renchérit Michael. M. Phillips va nous emmener à l’Aquarium, au Science Center, et même à la Smithsonian Institution à Washington.

Mum soupira.

– J’ai peur qu’il vous faille prévoir d’autres activités pour l’été. Nous allons déménager en juin, et je ne peux raisonnablement pas envisager de vous conduire chaque jour en voiture à Baltimore.

– Mais j’ai attendu les sorties du club toute l’année !

Michael avait élevé la voix ; je me rendis compte qu’il retenait ses larmes.

– Tu auras une multitude de bois à explorer, rétorqua calmement Mum. Pense au fourmillement de vie sauvage que tu pourras observer, la faune, la flore, sans compter les insectes que tu ajouteras à ta collection. Figure-toi que le jour où nous étions là-bas, Dave et moi, nous avons vu un raton laveur, un opossum, une marmotte et des dizaines d’écureuils.

Souriante, elle s’était accoudée à la table, pleine de l’espoir de convaincre Michael qu’il allait adorer vivre dans une église au fin fond de la campagne, à des kilomètres de M. Phillips et du Club de science.

Malheureusement pour elle, Michael n’était pas facile à gagner à sa cause. Effondré sur sa chaise, il marmonna :

– Je préférerais rester à Baltimore, même si je n’y vois rien d’autre que des cafards, des pigeons et des rats.

– Oh, je t’en prie, Michael ! s’exclama Mum d’un air excédé. Tu as dix ans. Sois un grand garçon !

Alors qu’il ouvrait la bouche pour se défendre, Heather apparut sur le seuil de la cuisine, certainement guidée par son radar interne qui lui permettait de détecter la moindre tension familiale. Ses yeux gris pâle allèrent de Mum à Michael, puis à moi, et retour à Mum. L’expression de son visage me donna le sentiment qu’elle espérait assister à un carnage, des hurlements, une épouvantable scène de violence domestique.

– Tiens, Heather, je me demandais où tu étais ! dit Mum en insufflant de nouveau une copieuse dose d’enthousiasme dans sa voix. Devine un peu ! Ton papa et moi on a trouvé un nouvel endroit où habiter, nous cinq, à la campagne. Ça va être amusant, n’est-ce pas ?

Elle conclut par un éblouissant sourire de super-nounou de téléréalité et tendit les bras vers Heather. Celle-ci, avec la souple vivacité d’un chat, échappa d’un pas de côté à l’étreinte et regarda par la fenêtre de la cuisine.

– Voilà Papa, annonça-t-elle sans nous accorder un coup d’œil.

– Oh, mince, j’ai oublié de mettre le plat au four !

Mum se précipita sur le réfrigérateur d’où elle sortit une préparation d’aubergines, fromage, tomates et boulgour mélangés, qu’elle enfourna à l’instant où Dave ouvrait la porte de derrière. La froide bise de mars s’engouffra avec lui dans la cuisine.

Après avoir embrassé Mum, il souleva Heather dans ses bras.

– Comment va ma pitchoune ? rugit-il.

D’un mouvement possessif, Heather enroula les bras autour de son cou et afficha son sourire de sainte nitouche.

– Ils se disputaient, déclara-t-elle en nous décochant une œillade à Michael et moi.

Dave quêta du regard une explication auprès de Mum. Celle-ci sourit avec indulgence.

– Nous discutions simplement de notre installation à la campagne, rien d’autre. Personne ne se disputait, Heather.

Elle ouvrit le robinet d’eau froide et entreprit de laver des feuilles de laitue.

– Je n’aime pas quand ils se disputent, continua de geindre Heather en resserrant son étreinte autour du cou de son père.

Je me levai de ma chaise, commençai à rassembler mes livres et mes cahiers.

– Viens, Michael. On va finir nos devoirs en bas.

– Le dîner sera prêt dans une demi-heure environ, nous lança Mum au moment où nous nous engagions dans l’escalier du sous-sol.

Sitôt hors de portée d’oreilles indiscrètes, je me tournai vers Michael.

– Qu’est-ce qu’on va faire ?

Il s’affala dans le vieux canapé qui faisait face à la télévision.

– Rien. C’est trop tard, Molly. Ils ont acheté l’église et on va déménager là-bas. Point barre.

Il s’empara d’un coussin et le balança à travers la pièce, manquant de peu l’un des tableaux de Mum, un gros plan géant sur un tournesol.

– Dire qu’il a fallu qu’elle se marie avec ce type ! Pourquoi ? On était parfaitement heureux avant que Heather et lui rappliquent.

Je m’écroulai à côté de lui et acquiesçai :

– Ils ont tout gâché.

Je jetai un œil en direction de l’escalier afin de m’assurer que Heather ne s’était pas faufilée en douce sur les marches pour nous espionner, et ajoutai :

– Si au moins c’était une gamine normale. On dirait qu’elle a deux ans et non sept. Et avec ça méchante, cafteuse, menteuse. Elle fait son possible pour nous causer des ennuis avec Dave. Pourquoi est-ce qu’ils prennent toujours son parti… même Mum ?

– Tu sais ce que dit Dave, grimaça Michael.

Adoptant une voix grave et sérieuse, il poursuivit :

– « Heather est une enfant dotée d’une imagination et d’une sensibilité exceptionnelles. Et qui a subi une perte immense. Vous devez être patients avec elle, Molly et toi. »

Je poussai un gémissement.

– Combien de temps peut-on être capable de compatir et de se montrer gentil ? D’accord, ça doit être affreux de voir sa mère mourir dans un incendie et d’être trop petite pour la secourir, mais elle avait à peine trois ans. Elle devrait s’en être remise, maintenant.

– Si Dave l’emmenait consulter un psy, répliqua Michael, je parie qu’elle irait mieux. Le petit frère de mon copain Martin va voir un type à Towson, ça l’aide beaucoup. Il joue avec des poupées, il dessine et il fait des trucs avec de la terre glaise.

– Tu sais bien ce que Dave pense des psychiatres, soupirai-je. Je l’ai entendu dire à Mum qu’ils ne font que semer la pagaille dans les têtes.

Michael se redressa et alluma la télé sur Speed Racer. Un œil sur l’écran, il reprit ses exercices de maths. De mon côté, je me remis à griffonner des chats au lieu de terminer ma poésie.

Au bout de quelques minutes, je le poussai du coude.

– Dis, tu te rappelles ce film qu’on a vu à la télé, l’histoire d’une petite fille qui faisait des choses horribles à ses ennemis ?

– La Mauvaise Graine ?

– C’est ça. Eh bien, parfois je pense que Heather ressemble à cette gosse, Rhoda. Suppose qu’elle ait fait brûler sa mère volontairement, de la même façon que, dans le film, Rhoda fait brûler le gardien…

Michael m’examina par-dessus ses verres de lunettes.

– Tu dérailles, Molly. Aucun enfant de trois ans ne ferait une chose pareille.

Il avait davantage le ton d’un scientifique expliquant quelque chose à une môme que celui d’un garçon de dix ans s’adressant à sa sœur de douze.

Je compris que j’avais l’air ridicule.

– Je blaguais, dis-je en riant.

Sauf que ce n’était pas tout à fait vrai. Quelque chose chez Heather me mettait profondément mal à l’aise. J’avais beau m’évertuer, je ne parvenais pas à ressentir la moindre sympathie pour elle, sans parler de l’aimer ainsi que Mum m’y exhortait avec insistance. Il m’était difficile d’éprouver de la pitié ou autre chose que de l’antipathie.

Ce n’était pas faute d’avoir essayé. Au début, lorsque Heather était venue s’installer chez nous, j’avais fait mon possible pour être une gentille grande sœur, mais elle m’avait clairement signifié qu’elle ne voulait nouer aucun lien avec moi. Si je tentais de la peigner, elle filait brusquement pour aller se plaindre en pleurnichant auprès de Mum que je lui tirais les cheveux. Si je proposais de lui lire une histoire, elle bâillait après la première ou deuxième phrase, et déclarait que le livre était aussi ennuyeux qu’idiot. Un jour, j’avais commis l’erreur de lui prêter mes vieilles poupées Barbie, celles que je conservais pour mes enfants quand je serais maman ; sous prétexte de jouer au salon de coiffure, elle leur avait coupé les cheveux, et elle avait déchiré leurs plus jolies tenues. Elle avait également déchiqueté une famille de figurines en papier que j’avais fabriquée à son intention, prenant grand plaisir à les décapiter sous mes yeux. Après quoi elle les avait dédaigneusement jetées à la poubelle avant de quitter la pièce.

Pour couronner le tout, elle racontait des mensonges sur Michael et moi, sous-entendant qu’on la martyrisait chaque fois qu’on était seuls avec elle. La plupart du temps, Dave la croyait, certaines fois Mum aussi. En l’espace de six mois depuis le mariage de Mum et Dave, les choses n’avaient fait qu’empirer, les relations étaient devenues très tendues à la maison et, à mon avis, Heather était largement responsable de la mauvaise ambiance. Voilà en plus que nous allions déménager dans une ancienne église à la campagne où, pendant un été entier, il n’y aurait aucun moyen d’échapper au petit monstre. Qu’y avait-il d’étonnant à ce que ça me flanque le cafard ?

Je regardai brièvement Michael, toujours concentré sur ses exercices de maths. Mon poème était à présent presque recouvert par les chats et chatons que j’avais dessinés partout sur ma page de cahier. Je le contemplai tristement, plus vraiment d’humeur à continuer de rimailler à propos de licornes, d’arcs-en-ciel et de châteaux perdus dans les nuages. J’arrachai la page, la chiffonnai en boule et la lançai sur Speed Racer qui fonçait dans sa petite voiture. Puis je me mis à un autre poème, sur la vraie vie celui-ci. Un truc bien déprimant qui parlait de solitude, de chagrin, du malheur d’être incomprise et mal aimée.

2

Le premier jour des vacances d’été, Dave et une bande de copains à lui chargèrent la totalité de nos affaires dans un camion de location et prirent la direction de notre nouveau foyer à Holwell, Maryland. Dave conduisait le camion, Heather assise à côté de lui, l’air très satisfaite d’elle-même. Mum, Michael et moi suivions dans notre vieille camionnette. Derrière, venait une autre camionnette, beaucoup plus déglinguée que la nôtre, occupée par les amis de Dave.

Quand on fut sorti de l’agglomération, les routes devinrent plus étroites et plus pentues ; elles montaient à l’assaut des collines, redévalaient, viraient devant des fermes, traversaient des forêts. Alors que nous rebondissions d’ornière en nid-de-poule, Mum s’attachait à nous désigner les panoramas pittoresques.

– Regardez cette vieille grange là-bas ! s’exclamait-elle en pointant l’index vers une bâtisse sur le point de s’écrouler. N’est-ce pas un sujet parfait pour un tableau ?

Si Michael et moi marmonnions que des tas de peintres avaient déjà immortalisé des tas de granges semblables à celle-ci, elle repérait sur-le-champ un autre sujet passionnant – un vieil arbre aux branches tordues, un fil à linge ponctué de vêtements battant au vent, un troupeau d’oies se pavanant dans un jardin – et son exaltation repartait de plus belle.

– Vous allez adorer vivre ici, nous répéta-t-elle plusieurs fois, sans jamais perdre espoir que nous finirions par en convenir.

Au bout de deux heures de route, elle se gara derrière le camion de location et annonça : « Nous y voilà ! » avant de désigner la petite église blanche.

– N’est-ce pas magnifique ?

C’était joli, en effet. Quel que soit mon regret d’avoir quitté notre maison en ville, je devais admettre que Mum et Dave avaient choisi un endroit charmant. Silencieux et paisible, le petit édifice se dressait en retrait de la route, ombragé par deux érables majestueux. Malgré l’absence de clocher, les hautes fenêtres en ogive et la porte rouge à double battant ne laissaient aucun doute quant à sa destination initiale. D’un côté se trouvait l’extension-logement, conçue pour s’harmoniser avec le bâtiment d’origine dont elle était mitoyenne, de l’autre un bâtiment isolé, l’ancienne remise à voitures que Dave avait l’intention de reconvertir en atelier de poterie.

Derrière, s’étendaient des bois au feuillage vert sombre ; et, de part et d’autre, des champs de maïs qui se doraient au soleil du matin. De l’autre côté de la route, quelques vaches nous observaient de leurs grands yeux bruns attentifs.

– Vise un peu le comité d’accueil, fit Michael en me montrant le troupeau.

– Où sont les autres maisons ? demandai-je.

Je regardai aux alentours, avec l’espoir de découvrir les habitations qui m’auraient jusque-là échappé.

– Il y a une ferme à environ un kilomètre et demi plus bas sur la route, dit Mum.

– Mais je croyais qu’on allait habiter à Holwell…

– C’est notre adresse postale, répliqua-t-elle en se regardant dans le rétroviseur et en se lissant les cheveux.

Je la devinai un tantinet mal à l’aise de m’avoir, délibérément ou involontairement, induite en erreur jusqu’à me laisser supposer qu’au moins nous aurions des voisins et la possibilité de nous faire de nouveaux amis.

– L’agglomération proprement dite ne se trouve qu’à trois kilomètres, ajouta-t-elle d’un ton d’excuse.

– Tu avais dit qu’il y avait une bibliothèque, fit Michael, la voix vibrante de colère. À t’entendre, j’avais compris que ce n’était qu’à quelques pâtés de maisons.

– Vous pourrez vous rendre à Holwell à vélo. Ce n’est pas le bout du monde, répondit Mum.

Elle ouvrit sa portière et, s’apprêtant à descendre, conclut :

– Je vous ai dit que nous nous installions à la campagne.

Avant qu’on puisse ajouter quoi que ce soit, les copains de Dave arrivèrent dans l’allée derrière nous et pilèrent dans un nuage de poussière blanche. Au même moment, Dave et Heather descendirent du camion de location et vinrent à notre rencontre. Je ne pus m’empêcher de remarquer que Dave paraissait un peu crispé et que Heather se cramponnait à sa main comme si elle voulait le tenir à distance de Mum. Notre premier jour à Holwell ne commençait pas très bien.

– Allez, Jane, dit Dave à Mum. Commençons à décharger.

– Je vais transporter mes affaires moi-même, fit Michael en sautant de la fourgonnette.

Il craignait que quelqu’un fasse tomber sa collection d’insectes ou entasse ses bouquins n’importe comment.

– Si tu t’occupais de Heather ? me suggéra Dave.

Il poussa l’intéressée dans ma direction. La mine renfrognée derrière les mèches de cheveux qui lui mangeaient le visage, celle-ci semblait bien décidée à ne pas décoller ses talons de la terre battue.

– Qu’est-ce que je fais ?

J’avais posé la question à Mum, dans l’espoir qu’elle me suggérerait de l’aider à ceci ou cela, un truc important mais, comme d’habitude, elle se rangea à l’avis de Dave.

– Tu pourrais l’emmener en promenade, répondit-elle en me tapotant l’épaule. Il y a un joli petit sentier qui part dans les bois.

Elle désignait la droite de l’église.

– Le chemin mène à un ruisseau. Vous pourriez barboter un peu dans l’eau.

– Sans aller trop loin, ajouta Dave qui essayait de se défaire de son crampon.

Comprenant que je n’avais pas le choix, je tentai de prendre l’autre main de Heather, mais elle me la déroba d’un geste vif et me fusilla du regard comme si j’avais voulu la pincer.

– Maintenant, va avec Molly, ordonna Dave qui avait enfin réussi à se libérer. Papa a beaucoup de travail, mon cœur. Vous pouvez faire une très jolie promenade, Molly et toi.

– Je ne veux pas aller avec elle, geignit Heather, la voix gagnant crescendo les aigus. Je veux rester avec toi, Papa. Je n’aime pas être ici.

– Tu m’as entendu, Heather. Ne m’oblige pas à me fâcher.

– Viens, Heather.

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