Demain vient le printemps et je ne le verrai pas

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Publié le : lundi 1 janvier 0001
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EAN13 : 9782296162112
Nombre de pages : 190
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Collection «La légende des mondes»

Assadullah Raid et layla Raid

te

DEMAIN VIENT LE PRINTEMPS

ET JE NE LE VERRAI PAS»
ET
AUTRES HISTOIRES TRADITIONNEllES D'AFGHANISTAN

Editions l'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

@

L'Harmattan,

1988

ISBN: 2-7384-0217-8

L' AFGHANISTAN Carrefour de l'enseignement des Maîtres

L'Mghanistan est, aujourd'hui encore, frontière entre des mondes politiques et culturels profondément différents: les Républiques soviétiques au nord, la République islamique iranienne à l'ouest et au sud, l'immense sous-continent indien au sud-est, et même la Chine populaire aux confins du Pamir. Cette situation a toujours existé; de par sa position géographique, l'Afghanistan est, naturellement, un carrefour. Cela a valu à cette terre, depuis les temps les plus reculés, guerres et invasions. L'épreuve que vit à l'heure actuelle ce pays n'est, de ce point de vue, qu'un nouvel épisode d'une histoire, hélas, sans cesse recommencée. Déjà connu dans l'Antiquité comme le «Carrefour de l'Asie », l'Afghanistan a eu, dès cette époque, le triste privilège d'être objet de convoitise pour les peuplades venues du nord et de l'Asie centrale. Les envahisseurs ont, d'abord, détruit, puis se sont mêlés aux populations sédentaires qui avaient survécu à la tourmente. Ainsi s'est constituée, invasions après invasions, la souche de ce qui allait devenir le peuple afghan.
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A partir des années 500 avant Jésus-Christ, le danger est venu de l'est. D'abord, Darius 1er a fait de l'Afghanistan la province orientale de l'Empire perse. Puis, après deux cents ans de paix dans la soumission, l'Afghanistan a connu l'effondrement de cet empire et la fulgurante épopée d'Alexandre le Grand. Le conquérant de Macédoine a fait de cette terre son quartier général. Les textes attestent de la fondation de plusieurs Alexandries. Quand, trois ans plus tard, Alexandre décida de pousser sa marche plus à l'est, il laissa derrière lui des traces culturelles durables, particulièrement dans le Nouristan. Partagé entre l'Empire séleucide et l'Empire indien, l'Afghanistan a connu l'influence de l'hindouisme, puis du bouddhisme. C'est à cette époque que le «Kalila et Dimna », chef d'œuvre de la pensée hindoue, a été traduit en persan, et s'est progressivement intégré dans la tradition afghane. Vers le milieu du vne siècle, les Arabes entrèrent en Afghanistan à la fois par le nord et par le sud. L'islam devait supplanter rapidement les religions mazdéenne, bouddhique et brahmanique. En 997, Mahmoud le Grand acheva la conquête du pays, faisant de Ghazni une des capitales de l'islam. L'Empire ghaznévide s'effondra en 1148 sous les coups de Ala-ad-Din, qui devait, à cette occasion, se voir attribuer le surnom nullement usurpé d'« incendiaire du monde ». Les mongols de Ghengis Khan puis de Tamerlan étendirent leur domination à partir de 1219. Aussi grands destructeurs que bâtisseurs, ils construisirent un immense empire qui connut son apogée avec Babur puis Akbar. Akbar, le grand moghol, régnait sans partage jusqu'à la plaine du Gange quand il mourut en 1605. Souverain islamique, il a aussi laissé le souvenir d'un sage, chercheur de vérité. Faisant leur place à toutes les religions, y compris au christianisme venu du sud de l'Inde avec les jésuites portugais, il a favorisé pendant son règne la confrontation entre les grands enseignements.

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C'est Ahmad Shah Dourrani qui, à partir de 1747, a posé les bases de l'Etat afghan moderne. Ses successeurs s'entredéchirèrent pour le trône, et l'unité afghane ne put être partiellement rétablie que par Dost Mohammad en 1826. Mais, à peine constitué, le royaume, déjà divisé à l'intérieur, a été menacé au nord par les Russes et à l'est par les Anglais. Trois guerres successives angloafghanes ensanglantèrent le pays, avant la déclaration d'indépendance, puis l'instauration de la République en 1973. Indépendance de courte durée: le 27 décembre 1979, l'armée soviétique a franchi l'Amou Daria, frèle frontière naturelle, au nord du pays. Très heureusement, les invasions cycliques n'ont pas amené à l'Afghanistan que troubles et destructions; elles ont fait aussi - juste retour des choses - de ce pays, un carrefour de la sagesse des hommes. Terre d'affrontements, l'Afghanistan a été aussi, depuis toujours, terre de confrontation. Voie de passage obligatoire vers le monde indien, et étape sur la route de la soie, l'Afghanistan n'a cessé d'être parcouru par les nomades et les marchands. La plupart des grands courants spirituels ont imprégné la culture afghane. C'est en Bactriane, au nord du pays, que Zoroastre enseigna et jeta les fondements de ce qui allait être la religion mazdéenne. Transmis d'abord par tradition orale, ses hymnes et ses enseignements ont été traduits. C'est à travers l'Afghanistan que l'hindouisme puis le bouddhisme se sont répandus vers le nord. Les colossales sculptures de Bamiyan sont encore là pour témoigner d'une intense présence monastique. Des coutumes d'origine grecque se sont transmises, notamment au Nouristan, jusqu'à l'époque moderne. Mais c'est l'islam qui a marqué le plus profondément la majorité du peuple afghan, puisque aujourd'hui la religion musulmane est un des principaux ferments de la résistance et de l'unité nationale. 7

Ouverts par tradition immémoriale aux idées venues de tous les horizons, les conteurs, les poètes, les sages ont transmis une connaissance universelle. Rien d'étonnant, dans ces conditions, à ce que, dans les histoires traditionnelles d'Afghanistan, Alexandre côtoie Tamerlan et Haroun-al-Rachid, et à ce que Jésus et Rumi appellent pareillement à la vision de l'unité. La tradition afghane a su conserver l'essence du message des grands Maîtres. Au lecteur, à son tour, de faire l'expérience du
« pouvoir des mots».

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Simple héritier de la richesse de mon père, je voudrais vous présenter ces histoires, que j'ai entendues pendant toute ma vie. Ce sera pour moi une façon d'apporter à ce pays, où je vis actuellement en qualité de réfugié, quelques valeurs culturelles de ma patrie d'origine. Certaines de ces histoires traditionnelles prennent, à la lumière des épreuves que traverse mon pays, une valeur nouvelle, presque prophétique. En souvenir des miens, j'ai choisi, comme titre de ce recueil, la conclusion d'une de ces histoires: «Demain vient le printemps, et

je ne le verrai pas. »

D'autres histoires sont apparemment plus anodines; mais, derrière les facéties de «Mollah Nasredine », se cachent souvent des enseignements profonds. Toute une partie de ce recueil est consacré à des fables qui mettent en scène des animaux. La critique directe était souvent dangereuse, pour les sages et les conteurs. Beaucoup de ces fables, qui sont passées dans
la tradition orale d'Afghanistan, sont inspirées du « Kalila et Dimna », qui a été traduit en persan au VI"siècle. Ce livre se terminera par des histoires dont les sages mystiques se servaient pour transmettre toute la profondeur de leur expérience. Rumi, qui a vécu au XIIIe siècle,

a été un de ces sages, et son enseignement est resté vivant grâce à ces histoires. Ce sont des vérités universelles qui sont approchées grâce à ces paraboles orientales.
Assadullah Raid

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/

L'AVEUGLE ET L'ARTISTE OU LE POUVOIR DES MOTS

Un vieux mendiant traînait ses guenilles le long de sa longue route sans but. Une forêt de cheveux blancs enchevêtrés envahissait son visage ravagé par le temps. Ses yeux étaient morts à jamais. TIagitait désespérément sa sébile de fer devant les passants insensibles, égrenant d'une voix brisée et tremblotante les douloureuses péripéties que lui avait réservées le sort:
«

Donnez,donnez,s'il vousplait, à un pauvre et vieux

aveugle, qui n'a plus ni toit ni famille, qui doit sans cesse marcher, marcher avec la lèpre qui le ronge; une pièce seulement pour manger aujourd'hui. » La muraille égoïste qu'oppose chaque individu, obnubilé par ses peines et ses joies quotidiennes, abandonnait, . sans méchanceté franche et consciente, mais avec une indifférence démesurée, le mendiant aveugle à l'étau mortel de la faim. Et chaque jour nouveau accueillait, impassible, le soliloque patient de l'aveugle et la violente passivité des bien-nourris.
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La providence, cependant, mena les pas d'un poète vers l'amas de chiffons qu'était devenu le mendiant délabré et mourant de faim. «Ne dis plus rien, mendiant, dit doucement le poète, prends simplement ce petit morceau de papier et laisse-le

à la vue des passants. »
L'artiste inscrivit quelques mots sur la feuille et partit. L'aveugle attendit, silencieux. Bientôt des hommes et des femmes s'attardèrent en lisant le précieux message, sourirent et leur départ s'accompagna de grelots métalliques: le mendiant, surpris et heureux, remercia le ciel et put enfin se procurer le pain et l'eau qui l'avaient tant tourmenté. Sincèrement intrigué, il étonna un des généreux passants en lui demandant: «Que lisez-vous sur cette feuille? Depuis que je présente ces quelques mots, ils sont tous devenus subite-

ment bons!
« DEMAIN

»
ET JE NE LE VERRAI PAS. »

L'homme sourit et déclara:
VIENT LE PRINTEMPS

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LA MAISON OU LA NAISSANCE

SACRPJE DE JPJRUSALEM

Autrefois, sur la terre de Jérusalem, vivaient deux frères en compagnie de leur vieux père, blanchi par les années. Sa vie touchait à son terme et bientôt, courbé sous le poids des ans, le vieil homme quitta les siens. L'héritage, en cette terre généreuse et fertile, s'éleva à une maison cerclée d'un beau terrain arable pour chacun des fils. L'aîné était déjà marié et attaché à une famille qui ne cessait de grandir. Le cadet goQtait encore à la liberté du célibat. Le temps s'écoula. Les frères avaient aménagé leur maison, et cultivé leurs champs, sans paresse et sans plainte. Les beaux jours ensoleillés de la moisson se profilaient déjà. Bientôt les paysans eurent fauché, transporté, battu leur blé et amassé les beaux grains dorés en d'énormes tas. Les deux frères n'avaient pas méprisé le dur labeur agricole et l'année fut florissante. La joie du travail bien accompli règnait. Mais alors que les villageois engrangeaient leur pro. duction, ils se questionnèrent intrigués: 13

«C'est étrange! Les tas des deux frères intacts depuis la fin des moissons.

restent
»

La réalité, en effet, était singulière. Chaque soir, le frère cadet se laissait guider par les liens du sang. Sa générosité incitait son sincère amour à lui souffler:
«

-

Il doit se passer de singuliers événements!

Mon frère a le devoir de nourrir sa femme et ses

enfants; je n'ai à charge que mon propre corps. Ne serait-ce pas un crime de garder vainement et jalousement ce blé mûr? »
L'aîné
«

se berçait

des mêmes

pensées

douces:

Moi qui vis entouré d'une famille unie qui me prodigue tant d'amour et de soin, pourquoi m'approprier tout ce blé, quand mon frère n'a pour compagnie que les murs froids de sa maison? Je vais immédiatement lui

donner un gros sac de grains.

»

Et, aux dernières lueurs de la mort du jour, à l'abri des regards inquisiteurs, les deux hommes se chargeaient comme des mulets d'un sac prêt à craquer du fruit de leur travail patient et acharné. Et, subrepticement, afin de ne pas blesser la fierté naturelle de leur frère, ils déposaient le grain sacré; un fugace sourire angélique illuminait leur visage; puis, bienfaiteurs clandestins, ils regagnaient rapidement leur demeure, inondés de joie. Ainsi, de jour en jour, le crépuscule assistait au si simple miracle quotidien, perpétué par de tout simples paysans qui servaient un si simple et si grand amour. A chaque tombée du jour, le faible rayon de la lune impassible se posait, quelque part sur la terre, sur les frêles silhouettes difformes de deux êtres, vraiment

dignes du qualificatif « d'humain ». Cependant, les deux tas de blé demeuraient entiers. Chacun des deux frères, un peu étonné de voir leurs grains se multiplier n'en gardait pas moins leur secret, humblement, et simulait une totale indifférence. Or, l'inéluctable survint: alors que les deux frères accomplissaient leur rituel quotidien, le Destin voulut leur rencontre. Face à face, ils arrêtèrent leur voyage sacré de chaque nuit et, les sacs de blé, oubliés, répandirent à terre leurs nombreux grains si nourrissants et indispensables, qui avaient inspiré tant d'amour. Silence
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profond. Les paroles superflues perdent tout leur symbolisme conventionnel en de si précieux instants de joie intense. Un unique regard suffit et les deux frères, au comble de l'émotion, s'embrassaient déjà dans une étreinte bénie du ciel. Dieu, qui voyait tout, sourit et sanctifia la terre de Jérusalem. On l'appellerait désormais «La Maison Sacrée» .

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LE MAITRE ET L'ÉDUCATION DU PRINCE

Un roi désirait, pour le bienfait de son pays et aussi par orgueil personnel, que son fils bénéficie d'une édu. cation parfaite: il confia le prince à un pédagogue renommé. Le savant professeur lui fit don, plusieurs années durant, de toute la science qu'il avait lui-même acquise. Au terme du long apprentissage de son fils, le souverain dit au vénérable enseignant: «C'est aujourd'hui la dernière leçon que mon fils aura l'honneur de t'entendre énoncer. Demain, j'offre une magnifique cérémonie au palais pour célébrer la fin de son éducation; je te couvrirai d'or si tu as accom-

pli noblement ta lourde tâche. ~

Le pédagogue s'inclina. Et le beau soleil du lendemain salua les fastes de la cour du monarque: le .roi et son cortège de flatteurs s'apprêtaient à accueillir le prince. Tous les dignitaires, tous les princes, toute l'élégante noblesse du royaume venaient apprécier le gabarit de leur futur maitre. 17

Cependant, avant de remettre au souverain son héritier présomptif, le professeur dit au jeune prince: «Il manque encore à tes connaissances une notion capitale que je ne t'ai pas inculquée. - Quelle est-elle mon maitre? s'étonna le jeune prince. - Entre dans cette pièce et attends-moi. » Le jeune élève obéit. Le précepteur se hâta aussitôt dans la ville, vers le quartier des boutiques, et acheta au premier vendeur deux énormes gourdins de bois dense et lourd ainsi qu'une longue et solide corde. Il vola jusqu'au palais, chargé de son étrange outillage de tortionnaire. Quand il rejoignit le prince qui l'attendait sagement, il l'assit et le paralysa en le liant étroitement sur la chaise. Puis, sans pitié, il le roua de coups de matraque. Le malheureux prince perdit connaissance, laissant le professeur s'enfuir à toutes jambes. Deux années s'écoulèrent, à l'issue desquelles le maître réapparut au palais. La juste colère du roi s'était apaisée. Le maître expliqua au souverain indulgent son geste d'apparence ignoble.
«

Pourquoi avoir matraqué mon enfant chéri? ques-

tionna le roi. - Il manquait au prince une leçon essentielle qui avait pour tâche de lui faire comprendre dans son esprit et dans sa chair ces fléaux que sont la douleur, l'injustice et l'absurdité de la violence. Ce prince deviendra un monarque juste et équitable. »

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LE PARADIS TERRESTRE

Aux jours très reculés, de son palais titanesque, le roi Shaddad règnait sur la riche vallée de Babylone. Un beau matin, pour briser la monotonie de son règne florissant, la fantaisie le prit d'ériger, dans son royaume, un univers paradisiaque. Ce serait un univers de palais dorés aux salles de marbre, aux tapisseries finement tissées, aux ornements les plus raffinés et les plus divers, un univers de jardins, de fleurs au parfum subtil, de sources bienfaisantes, de bassins où évolueraient gracieusement des cygnes, de fontaines jaillissantes, d'oiseaux rares. Enfin, tout fut prêt. La dernière fleur ouvrit ses pétales au soleil, les dernières miniatures furent fixées aux murs; les derniers paons furent lachés dans les parcs. Fier de son œuvre qui avait donné tant de travail à des milliers d'esclaves, Sa Majesté convia toute la population, du plus grand seigneur au plus humble serviteur, du plus fortuné propriétaire au paysan le plus démuni, à venir admirer ses palais, ses jardins. Le peuple 19

se présenta en masse aux portes de la merveille. Chacun eut droit à la visite. Tous évaluèrent le paradis du roi Shaddad :
«

Des milliards!

La plus grande œuvre du monde! Quelle merveille! Quelle beauté! - Jamais le soleil n'a vu plus belle réalisation! - Un vrai paradis! » Or deux agriculteurs, après avoir fait le tour du pays enchanté du roi Shaddad, sortirent sans rien dire, sans formuler aucune louange à leur souverain. Les gardes remarquèrent seulement ceci: le fils du paysan montra ses deux mains ouvertes à son père. Le père dit « non» et lui présenta seulement une main ouverte. Les serviteurs, intrigués, rapportèrent l'étrange manège à leur maître, le roi. Outragé, celui-ci fit venir les deux agriculteurs: «Eh bien! Qu'est.ce donc paysans? Que signifie votre étrange comportement à la sortie de mon paradis, après avoir vu tant de merveilles, d'œuvres si inestimables. - Que Sa Majesté ne se mette pas en colère, répondit humblement le paysan, mon fils, que voici, avait estimé votre œuvre à dix jours de pluies de printemps en me montrant ses dix doigts; moi, j'ai dit non, seulement

-

cinq jours de pluies de printemps.

»

Sa Majesté, enchanté, récompensa les deux agriculteurs et dit : «De tout mon peuple, c'est vous qui avez fait la plus belle estimation. »

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LE REVE DU ROI

Un roi avait fait un songe. Un songe qui l'intriguait beaucoup et l'effrayait un peu. Il avait rêvé que toutes ses dents tombaient. Il appela donc des savants à la Cour, leur exposa son rêve et leur demanda une interprétation. Après mûre réflexion, les savants en vinrent à une conclusion et déclarèrent catégoriquement:
« Sa Majesté verra mourir devant elle toute sa famille. »

Le roi s'empourpra et, très en colère de cette réponse irrespectueuse, ordonna à ses esclaves de trancher la tête des savants. Il en fit venir d'autres, qui, instruits du rêve, se lancèrent dans des calculs et des délibérations. Enfin, un savant s'avança et annonça à Sa Majesté: «Votre Majesté vivra plus longtemps que toute sa

noble dynastie.

»

Le roi sourit et récompensa largement les savants.

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