Hadidouane et la sorcière

Publié par

Publié le : lundi 1 janvier 0001
Lecture(s) : 372
EAN13 : 9782296192836
Nombre de pages : 144
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Hadidoua et la sorciè]

Un premier livre, Lundjo, contes du Maghreb, réalisé par S.A.H.Y.K.G.o. 1, est paru aux Editions L'Harmattan en janvier 1988.

Ce second livre, Hadidouane et la sorcière, est réalisé par S.A.H.Y.K.O.B.O.2. Les six premiers contes de ce livre ont été enregistrés sur cassette.

1. Mot composé à l'aide de la première lettre de chaque nom de famille. 2. Mot enrichi par la participation d'une nouvelle conteuse.

S.A.H.Y.K.O.B.D.

Hadidouane et la sorcière
Contes du Maghreb

Éditions L'Harmattan
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

~

L' Hannatlan,

1990

ISBN: 2-7384-0514-2

Nous remercions: les conteurs et conteuses, les enfants des écoles primaires de Montferré et de la Cotonne, du groupe d'Action pédagogique de Tardy, du Centre Social de Montferré, Monsieur Pisani, directeur de l'Institut du Monde Arabe, à Paris, Madame Decourt, formatrice au CEFISEM Lyon, de Hariba Ghitane, rédactrice des textes arabes, Gilbert Brossard, marionnettiste - metteur en scène, Bernard Peyrol, technicien du son, et toutes les personnes qui ont collaboré à l'enregistrement de la cassette et à la réalisation de cet ouvrage.

Joëlle Tronchet, Présidente

Denise Peillon, Animatrice

Centre Social de Montferré, Saint-Etienne

Djouher

YAHIAOUI

née en 1936 en Grande Kabylie Algérie arrivée en France en 1964 4 enfants 8 petits-enfants

Fatima

BOUACHIR

née en 1952 en Tunisie arrivée en France en 1970 3 enfants

Cheba

SAF SAF

née en 1938 en Grande Kabylie Algérie 8 enfants 4 petits-enfants

Ak]j HAMITOUCHE

né en Algérie

Zakiya

OMEIR

née en 1925 dans la région de Sétif en Algérie arrivée en France en 1944 7 enfants 5 petits-enfants

Messéouda

AMMAM

née en 1947 dans la région de Blida en Algérie arrivée en France en 1962 6 enfants

Houria

KHALlDE

née en 1930 au Maroc arrivée en France en 1964 7 enfants 7 petits-enfants

Ali né en Turquie

A nos enfants A nos petits-enfants A tous les enfants du monde

Ulli''J,

~:>

~

\~

;w\ jlli\ ~

Ce que vivent les conteuses maintenant... Leurs témoignages

Il était une fois des femmes qui venaient de là-bas, de l'autre côté de la Méditerranée, des jeunes, des plus âgées, des femmes immigrées. Des femmes « qui ne savaient ni lire ni écrire ». Des femmes «qui ne pouvaient raconter à leurs enfants qu'une seule histoire, car elles n'en connaissaient qu'une» ! Des femmes «qui n'osaient pas sortir », « qui avaient» terriblement « honte devant les gens ». Mais, un jour, elles « se sont mises à conter» et elles « ont été écoutées ». Ainsi, sollicitée, leur mémoire «s'est remise à travailler». « De nouvelles histoires» ont été retrouvées au fur et à mesure «qu'elles se souvenaient de leur enfance». «Elles progressaient dans la langue française» et exprimaient «ces nouvelles histoires» dans « un nouveau vocabulaire, au cours des veillées, avec leurs enfants et petits-enfants », celles de là-bas, retrouvées, elles aussi. Aujourd'hui, celles qui« n'auraient jamais cru qu'un jour leur nom serait marqué dans un livre» ont relevé le défi. Elles sont devenues «écrivains» pour «la plus 11

grande fierté de leurs enfants» qui, comme leurs petits

copains, ont maintenant

«

une maman qui surveille leur

travail scolaire », «vont chercher des livres à la blibliothèque depuis que Lundja est avec le nom de leur mère écrit» et qui, grâce à cela, « ont fait de très gros progrès en orthographe ». Et puis il y a aussi celles dont « les petits enfants ont fabriqué un nouveau jeu de cartes appelé Lundja », celles qui, « passionnées de théâtre, ont pu réaliser leur

rêve dans le travail d'enregistrement des cassettes », et
toutes celles qui ont encore des choses à dire... Ainsi « reconnues », ces femmes n'en resteront pas là ! Une porte a été ouverte. Certaines «ont soif de voyager, de connaître beaucoup de personnes », d'autres «s'intéressent à toutes les présentations de livres à la télé et ont envie de les acheter bien que ne sachant pas lire ». Et toutes font des projets... Elles ont appris à « s'exprimer en public », car elles aiment parler «de leurs rêves, de leurs projets »... afin que tous sachent de quoi des « femmes reconnues» sont capables. Elles en sont si «fières»! «Maintenant, on ne pourra plus se moquer de nous! » se plaisent-elles à répéter. CI. Dubost Enseignante

12

Préface

Se découvrir en se racontant et, du même coup, révéler aux autres, par la cassette ou par le livre, la richesse d'une enfance dans le village, celle d'une mémoire collective, celle d'une culture. Ainsi ouvrir au monde le cœur intime et quotidien d'une société qui risquait de disparaître faute d'avoir été dite. La démarche dont ce livre est le résultat est exemplaire à plus d'un titre: parce qu'elle ressuscite et parce qu'elle transmet, parce qu'elle fait naître des êtres à eux-mêmes, un pont entre une culture ignorée mais présente et une culture recherchée mais difficile. Il est bon que les jeunes arabes vivant en France, quels que soient leur avenir et d'abord leur choix, quel que soit le milieu dans lequel ils vivent, connaissent leurs racines et la terre dans laquelle elles se sont développées. Rien n'est plus fragile qu'un être de nulle part, rien n'est plus sec qu'un arbre sans racines. Et ces racines, ce ne sont pas seulement l'histoire, l'architecture, la philosophie à quoi on limite trop souvent la culture. Ce sont les contes qui se transmettent, les comportements qu'on n'apprend pas et que pourtant on sait, les 13

relations subtiles qu'on entretient avec les autres, dans la famille et hors de la famille. C'est l'odeur, la couleur, le son, et ses échos. C'est la nourriture prise ensemble. Ce sont les roueries et les tendresses qui sont le propre de chaque village, de chaque tribu - c'est l'humour. Et tout cela, chacun doit le savoir, non point pour en être encombré, mais pour comprendre le monde et pour se situer dans le monde. C'est de cela aussi que l'Institut du Monde Arabe doit avoir souci: non point seulement que la France comprenne les Arabes mais que les Arabes qui y vivent comprennent la France et s'y intègrent sans se nier. Ne l'oublions jamais: deux cultures mises ensemble constituent une contradiction dangereuse ou une double richesse. Il n'est pas nécessaire d'oublier son passé pQur construire son avenir. Edgar Pisani Président de l'Institut du Monde Arabe

14

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.